ébahir (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

XII e siècle. Dérivé de baer ( XII e siècle), ancienne forme de bayer. Jeter dans un grand étonnement. Il nous a ébahis par son assurance et sa mauvaise foi. J'en suis resté tout ébahi. Il avait l'air ébahi. Pron. Être saisi d'étonnement. Il n'y a pas là de quoi s'ébahir. S' d'une nouvelle. S' devant un tour de prestidigitation.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Étonner fortement. "Il m'a ébahi par ses raisonnements. Je restai ébahi. Il n'y a point là de quoi s'ébahir." Il est familier.



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 


Rester la bouche ouverte, s'étonner, être surpris. On s'ébahit à la vue d'un événement imprévu ou d'un spectacle agréable.

REMARQUE
    L'ancien français faisait ébahir actif ; il est fâcheux qu'il ne soit plus que réfléchi.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Ronc. p. 72: Mout fu vassaus [brave] qui n'i fust esbaïs
     Couci, v: Moult [j'] ai esté longuement esbahis, Qu'onques n'osai chanson à faire emprendre
     ib. XIX: Car sa beautez me fait tant esbahir, Que je ne sai devant li nul langage
     Rois, 268: E cist temples lur iert [sera] en essample, si que tuit icil ki i passeront, forment se esbaïrunt
    XIIIème siècle
     Rose, 2964: Lors s'en est Bel-accueil foïs [fui], Et je remès [restai] tous esbahis, Honteux et mas [abattu]
     ib. 6136: [La maison] tremble toute effraée, Tant se sent foible et esbaée, et pourfendue de crevaces En plus de cinq cens mile places
    XIVème siècle
ORESME: « Or est celui qui est fort ou preuz, de tele condicion que il ne s'esbahist pas et est sans paour en la maniere que bon homme peut estre »
ORESME: « Et parceque tristece esbahit, l'on pert son jugement »
     Guesclin. 18385: Aiez bon cuer en vous, pour Dieu le fruit de vie ; Car homs qui s'esbahit, il est mors à moitié
     Girart. de Ross. V. 1389: Cilz parla hautement si que tuit l'ont oï, Ne fut couars ne nices, ne fist pas l'eboï
    XVème siècle
FROISS.: « À l'endemain la truie [machine de siége] fut levée au plus près qu'ils purent de Bergerac, qui grandement esbahit ceux de la ville »
COMM.: « Et si les esbahyssoit l'yver qui s'approchoit »
    XVIème siècle
AMYOT: « Ils s'esbahissoient comment il laissoit ainsi eschapper le poinct de son occasion »

ÉTYMOLOGIE
    Wallon, esbawi ; provenç. esbair ; ital. sbaire ; de es- préfixe, et le radical baïr, étonner, qui est dans le rouchi bahi, étonnant, dans l'espagnol em-bair, faire illusion, et dans l'italien baire, étonner, et que les étymologistes regardent comme dérivé de bah, exclamation naturelle d'étonnement. Comp. pourtant BAYER, BÉER.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


S'étonner, être surpris. "Il n'y a point là de quoi s'ébahir." Il est familier.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)



ÉBAHIR, v. n. S'étonner, être surpris. Il vieillit.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


S'étonner, être surpris. Il vieillit.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)


ÉBAHISSEMENT, s. m. ["Eba-i", "iceman": l'"h" s'aspire: 4e "e" muet au 2d.] S'étoner, être surpris. Étonement, surprise. = L'"Acad." dit que ces deux mots vieillissent. On disait dans "Trév." dès le commencement du siècle, qu'"ébahissement" était vieux. Pour le verbe, on avertit qu'il ne se dit guère qu'avec le pronom personel, "s'Ebahir", et dans presque tous les exemples qu'on done, il est employé au passif: "être ébahi:" Je "suis" tout "ébahi": c'est-là en éfet son unique emploi.
   "Rem." Jacques "Grevin" dona en 1561 une Comédie, qui avait pour titre: "Les Ébahis". Ce verbe s'est maintenu, dit "La Monnoie", jusqu'au milieu du siècle dernier. Il a depuis insensiblement vieilli, et il ne trouve plus sa place que dans le burlesque.
- "St. Amant" s'en est servi dans son "Moyse Sauvé", où décrivant les Israélites, qui passaient la Mer Rouge à pied sec, il dit:
   Les poissons "ébahis" les regardent passer.
Vers dont, pour une autre raison, "Boileau" s'est moqué dans sa Poètique. "La Monn."
- On se sert encôre du partic. dans le st. fam., mais il est un peu bâs et populaire. Il a le régime d'"étoné:" 'Je la laissai tristement "ébahie de" tout ce qu'elle voyoit. "Mariv."




Emplacement dans le dictionnaire :

eagle
eau
eau bénite
eau douce
eau-de-vie
eau-forte
eaux et forêts
ébahi
ebahi
ébahir
ébahir (s')
ébahissement
ébalaçon
ébarber
ébarboir
ébardoir
ébarouissage
ébat
ébattement
ébattre
ébattre (s')


Autres Recherches
Synonymes
Conjugaisons
Synonymes : cliquez ici
Conjugaison du verbe : cliquez ici


Accès direct à ptidico.com: cliquez ici...