éducation (nom féminin, subst. féminin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom féminin 

XV e siècle. Emprunté du latin educatio, « action d'élever (des animaux, des plantes) » ; puis « instruction, formation de l'esprit ».
1. Action d'élever, de former, d'instruire une personne (enfant, adolescent, adulte), en cultivant ses qualités physiques, intellectuelles et morales. Se consacrer à l' des jeunes enfants. L' façonne la personnalité. Éducation sévère, classique, libérale, traditionnelle. Maison d'éducation, établissement où l'on reçoit en internat des enfants, des adolescents, pour les instruire et les éduquer. Les maisons d' de la Légion d'honneur. Par ext. L' de la jeunesse. L' du public. Titre célèbre : Émile ou De l'éducation, de Jean-Jacques Rousseau (1762).
2. Développement et affinement d'une aptitude particulière, d'une qualité, d'un sens. L' de la mémoire, de la volonté. L' du goût, de l'œil.
3. Formation dans un domaine que définit l'épithète ou le déterminant. Éducation morale et civique, partie des programmes scolaires consacrée à la formation du futur citoyen. Éducation politique. Éducation esthétique, musicale. Éducation sexuelle. Éducation sanitaire et sociale. Une salle d' physique. Éducation professionnelle, qui a pour objet de préparer à l'exercice d'un métier. Éducation permanente, qui permet à tout âge l'accès à de nouvelles connaissances. Spécialt. L'Éducation nationale, l'ensemble des services ministériels chargés de la direction, de l'organisation et du contrôle de l'enseignement ; l'ensemble des établissements d'enseignement. Le ministre de l'Éducation nationale arrête les programmes d'enseignement des écoles, des collèges et des lycées. L'Éducation nationale décide, chaque année, de la date des congés scolaires. Les inspecteurs généraux de l'Éducation nationale. Les inspecteurs départementaux de l'Éducation nationale. L' surveillée, l'ensemble des organismes dont la mission est de préparer la réinsertion sociale de jeunes délinquants. La direction de l'Éducation surveillée au ministère de la Justice.
4. Connaissance et pratique des usages de la société, des bonnes manières, de l'urbanité. Elle a reçu une excellente . Un brave homme sans grande . Titre célèbre : L'Éducation sentimentale, de Gustave Flaubert (1869).


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Action d'élever, de former un enfant, un jeune homme, une jeune fille, de développer ses facultés intellectuelles et morales ou Résultat de cette action. "Système d'éducation. Traité d'éducation. Se livrer, se consacrer à l' de la jeunesse. Bonne éducation. Éducation soignée. Mauvaise . Il n'a guère profité de son ."
"Maison d'éducation," Maison où l'on prend en pension des enfants ou des adolescents pour les élever et les instruire. "Tenir une maison d' pour les jeunes filles."
"Éducation professionnelle," Éducation qui a pour objet de préparer à un métier, à une profession.
Il s'emploie aussi dans un sens plus large et en parlant des Hommes de tout âge ou d'une collectivité. "L' de la démocratie. Il se voue à l' du peuple."
Il se dit aussi du Développement donné méthodiquement à une faculté déterminée. "L' de l'oeil, de l'oreille, du goût."
Il signifie encore Connaissance et pratique des usages de la société, relativement aux manières, aux égards, à la politesse. "Il n'a point d'éducation. C'est un individu sans . Il manque tout à fait d'éducation."
Il se dit, par extension, en parlant de Certains animaux, de l'Action de surveiller leur développement, leur reproduction. "L' des abeilles, des vers à soie."
Il se dit, par analogie, en parlant des Végétaux. "L' de cette plante est difficile."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Action d'élever, de former un enfant, un jeune homme ; ensemble des habiletés intellectuelles ou manuelles qui s'acquièrent, et ensemble des qualités morales qui se développent.
FLÉCH.: « C'est ainsi qu'on l'accoutumait dans son enfance à craindre Dieu et à l'aimer ; et l'on peut dire d'elle ce que l'Écriture a dit d'une autre reine, qu'elle ne changea pas son éducation »
FONTENELLE: « Ni la bonne éducation ne fait les grands caractères, ni la mauvaise ne les détruit »
FÉN.: « L'éducation qu'il faisait donner aux enfants »
FÉN.: « Jeunes hommes qui n'avaient eu aucune éducation »
FÉN.: « Rien n'est plus négligé que l'éducation des filles ; la coutume et le caprice des mères y décident souvent de tout ; on suppose qu'on doit donner à ce sexe peu d'instruction ; l'éducation des garçons passe pour une des principales affaires par rapport au bien public, et, quoiqu'on n'y fasse guère moins de fautes que dans celle des filles, du moins on est persuadé qu'il faut beaucoup de lumières pour y réussir »
ROLLIN: « L'éducation est une maîtresse douce et insinuante, ennemie de la violence et de la contrainte, qui aime à n'agir que par voie de persuasion, qui s'applique à faire goûter ses instructions en parlant toujours raison et vérité »
Mme DE CAYLUS: « Mme de Maintenon avait un goût et un talent particulier pour l'éducation de la jeunesse »
HAMILTON: « Dans cette cour indigente et vagabonde, la nécessité, qui fait mille biens malgré qu'on en ait, leur tenait lieu d'éducation, et l'on ne voyait que de l'émulation parmi eux sur la gloire, sur la politesse et sur la vertu »
BONNET: « L'éducation perfectionne l'instinct comme elle perfectionne la raison »
M. J. CHÉN.: « Leur donner la vie [à des fils], est un présent cruel, Sans l'éducation, sans ce bien plus réel »
Mme DE GENLIS: « Quand on a reçu une mauvaise éducation, on garde, en grandissant et même en vieillissant, tous les défauts de l'enfance »
Mme DE GENLIS: « Je ne confondrai plus les éducations qui ne sont que brillantes avec les bonnes éducations, c'est-à-dire avec celles qui rendent bon et vertueux »
    Par extension.
MARIVAUX: « Donner de l'éducation à son esprit »
    Maison d'éducation, maison où l'on prend des enfants pour les instruire.
    Éducation professionnelle, éducation qui a pour but d'enseigner un art, un métier, une profession.
    Première éducation, soins et enseignements qui se donnent dans la première enfance.
MASS.: « [Louis XIV] Recommandant votre enfance [du jeune roi Louis XV] à la tendre et respectable dépositaire [Mme de Ventadour] de votre première éducation, laquelle, en formant vos premières inclinations et, pour ainsi dire, vos premières paroles, fut sur le point de recueillir vos derniers soupirs »
J. J. ROUSS.: « La première éducation est celle qui importe le plus, et cette première éducation appartient incontestablement aux femmes.... parlez donc toujours aux femmes, par préférence, dans vos traités d'éducation »

 2   En parlant des animaux domestiques, l'ensemble des moyens auxquels on a recours pour les rendre de bonne heure dociles à la volonté de l'homme et pour développer en eux les facultés de l'instinct et celles du corps, de manière qu'ils soient le plus utiles qu'il est possible.
    Soin que l'on prend pour produire et entretenir certains animaux, certaines plantes. L'éducation des abeilles, des vers à soie. L'éducation de cette plante est difficile.
BLANCHARD: « Les indigènes [de Madagascar], qui font de deux à quatre éducations par année, surveillent l'accouplement des papillons, la ponte et l'éclosion des jeunes chenilles [vers à soie] qu'aussitôt la naissance ils transportent.... »

 3   La connaissance et la pratique des usages du monde. Ce jeune homme est sans éducation.
DANCOURT: « Elle paraît avoir de l'éducation »

REMARQUE
    Éducation est un mot récent ; autrefois on disait nourriture.

SYNONYME
    ÉDUCATION, INSTRUCTION. L'instruction est relative à l'esprit et s'entend des connaissances que l'on acquiert et par lesquelles on devient habile et savant. L'éducation est relative à la fois au coeur et à l'esprit, et s'entend et des connaissances que l'on fait acquérir et des directions morales que l'on donne aux sentiments.

ÉTYMOLOGIE
    Lat. educationem, de educare, éduquer.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
    ÉDUCATION. - SYN. ÉDUCATION, INSTRUCTION., Ajoutez : ' M. H. Martin rappelle que la substitution du terme ' d'instruction publique ' à celui ' d'éducation nationale ' est toute récente. Le second était seul employé en 89, et on le trouve dans tous les cahiers des États généraux.
ARTH. MANGIN: « ... M. Vacherot voudrait qu'on s'attachât à considérer l'instruction dans son vrai sens, en ne la séparant point de l'éducation ; car elle n'est, en réalité, autre chose que l'éducation de l'esprit Mais il faut remarquer que l'instruction s'enseigne, et que l'éducation s'apprend par un autre mode d'action du maître, quel qu'il soit. »


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Action d'élever, de former un enfant, un jeune homme, de développer ses facultés physiques, intellectuelles et morales. Il signifie aussi, Le résultat de cette action. "Éducation physique. Éducation morale. La première . Éducation nationale. Système d'éducation. Traité d'éducation. Règle d'éducation. Se livrer, se consacrer à l' de la jeunesse. Prendre soin de l' des enfants. Bonne . Éducation soignée. Mauvaise . Faire l' d'un jeune homme. Donner de l' à ses enfants. Il n'a guère profité de son . Son a été négligée. Il se sent de la bonne qu'il a reçue. La bonne rectifie les dispositions vicieuses."
"Maison d'éducation," Maison où l'on prend en pension des enfants, pour les instruire. "Tenir une maison d' pour les jeunes demoiselles."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie quelquefois, La connaissance et la pratique des usages de la société, relativement aux manières, aux égards, à la politesse. "Il n'a point d'éducation. Il est sans . Il manque tout à fait d'éducation."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit, par extension, en parlant De certains animaux, tels que le cheval, le chien, etc., et signifie, L'action de les dresser à certains exercices. "L' d'un cheval."
Il se dit également, surtout en Économie rurale, Du soin qu'on prend pour élever certains animaux, de l'art de les multiplier, et d'en tirer le plus grand avantage qu'il est possible. "L' des troupeaux. L' des abeilles, des vers à soie. Ce fermier entend bien l' des bêtes à laine."
Il se dit quelquefois, dans un sens analogue, en parlant Des végétaux. "L' de cette plante est difficile."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)



s. f. Le soin qu'on prend de l'instruction des enfans, soit en ce qui regarde les exercices de l'esprit, soit en ce qui regarde les exercices du corps, et principalement en ce qui regarde les moeurs. "Bonne éducation. Mauvaise . Prendre soin de l' des enfans. Il se sent bien de la bonne qu'il a recue, qu'il a eue. La bonne rectifie le mauvais naturel."
On dit, "Il n'a nulle ," pour dire, Il est incivil et grossier.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


Le soin qu'on prend de l'instruction des enfans, soit en ce qui regarde les exercices de l'esprit, soit en ce qui regarde les exercices du corps, & principalement en ce qui regarde les moeurs. "Bonne . Mauvaise . Prendre soin de l' des enfans. Il se sent bien de la bonne qu'il a reçue, qu'il a eue. La bonne rectifie le mauvais naturel."




Emplacement dans le dictionnaire :

éditorial
éditorialiste
édolie
édossoyer
édredon
éducable
éducateur
éducatif
education
éducation
éducte
édulcoration
édulcorer
éduquer
éfaufiler
effaçable
effaçage
effacé
effacement
effacer
effaçure


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