éloquence (nom féminin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom féminin 

XII e siècle. Emprunté du latin eloquentia, « facilité à s'exprimer, talent de la parole ».
1. Art de bien parler, de persuader, d'émouvoir, d'entraîner par le discours. Parler avec , avec une naturelle. Des paroles pleines d'éloquence. Avoir le don de l'éloquence. Mercure était le dieu de l'éloquence. Il y eut longtemps des chaires d' dans les universités. Litt. Éloquence du cœur, sans fard, inspirée par la seule sincérité des sentiments. Parfois en mauvaise part. Une verbeuse, grandiloquente. Déverser des flots d'éloquence.
2. Ensemble des procédés rhétoriques définissant un genre oratoire déterminé. L' de la chaire, du barreau, de la tribune. L' sacrée, judiciaire, politique.
3. Qualité de ce qui peut émouvoir, persuader, convaincre. Il y avait je ne sais quelle dans le ton de sa voix, dans l'expression de son regard. La physionomie, le geste ont leur . L' des faits. L' des chiffres.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Don de la parole, talent de bien dire, d'émouvoir, de persuader, art d'entraîner. "Éloquence naturelle. Éloquence entraînante. Éloquence persuasive. Le pouvoir de l'éloquence. La vraie . La fausse . L' de la chaire. L'éloquence du barreau. L' de la tribune. Un discours plein d'éloquence."
Il désigne encore, par extension, la Qualité de ce qui produit ou peut produire sur l'auditeur ou le spectateur les mêmes effets, les mêmes impressions que l'éloquence. "Il y avait dans le ton de sa voix, dans son regard je ne sais quelle , plus forte que ses paroles mêmes. La physionomie, le geste ont leur . Les faits ont leur . Rien ne vaut l' des chiffres."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Facilité à s'exprimer.

 2   Par antonomase. L'art, le talent d'émouvoir et de persuader par le bien dire.
MAIR.: « Vive source autrefois d'amour et d'éloquence »
LA FONT.: « Je hais les pièces d'éloquence Hors de leur place et qui n'ont pas de fin »
LA FONT.: « À ces mots, il se couche ; et chacun, étonné, Admire le grand coeur, le bon sens, l'éloquence Du sauvage ainsi prosterné »
PASC.: « L'éloquence est un art de dire les choses de telle façon, 1° que ceux à qui l'on parle puissent les entendre sans peine et avec plaisir ; 2° qu'ils s'y sentent intéressés, en sorte que l'amour-propre les porte plus volontiers à y faire réflexion ; elle consiste donc dans une correspondance qu'on tâche d'établir entre l'esprit et le coeur de ceux à qui l'on parle d'un côté, et de l'autre les pensées et les expressions dont on se sert »
LA BRUY.: « L'éloquence est un don de l'âme, lequel nous rend maîtres du coeur et de l'esprit des autres »
RAC.: « Que dis-je ! en ce moment Calchas, Nestor, Ulysse, De leur vaine éloquence employant l'artifice »
TURGOT: « L'éloquence est un art sérieux et qui ne joue point un personnage ; jamais un homme de génie, pour faire parade d'éloquence, ne perdit son temps à invectiver Tarquin ou Sylla, ou à s'efforcer d'engager Alexandre à vivre en repos »
VOLT.: « Cicéron, qui d'un traître a puni l'insolence, Ne sert la liberté que par son éloquence »
VOLT.: « Si nous avons d'autres lois de physique que celles de votre temps [le temps de Cicéron], nous n'avons point d'autre règle d'éloquence ; et voilà peut-être de quoi terminer la querelle entre les anciens et les modernes »
GILBERT: « Mais de la poésie usurpant les pinceaux, Et du nom de vertus sanctifiant sa prose, Par la pompe des mots l'éloquence en impose »
MIRABEAU: « Ils ont senti que l'éloquence était une puissance dont il fallait se défier comme de toutes les autres »
LEMERC.: « Venez, votre éloquence, auguste, charitable, Peut-être amollira cette âme impitoyable »
VILLEMAIN: « C'est après soixante ans que, par curiosité, par étude, ouvrant un livre [de J. J. Rousseau] dont les pages sont encore animées d'une éloquence qui ne passera pas.... »
    Le dieu de l'éloquence, Mercure.
LA FONT.: « Il [Jupiter] part avec son fils, le dieu de l'éloquence »
    L'éloquence du coeur, langage éloquent, qui émeut, qui persuade, et qui est suggéré non par l'esprit, mais par le coeur.
RAC.: « Croyais-tu que son coeur.... Pour la persuader trouvât tant d'éloquence ? »
C. DELAV.: « Ah ! que la vérité nous donne d'éloquence ! »
    Par extension. La physionomie, le geste ont leur éloquence.
    On dit qu'une chose a de l'éloquence, quand l'aspect seul parle pour ainsi dire. Les faits ont leur éloquence.
SÉGUR: « Puis il regagna Maloiaroslavetz, où le vice-roi lui montra les obstacles vaincus la veille ; la terre elle-même en disait assez : jamais champ de bataille ne fut d'une plus terrible éloquence »

 3   Il se dit d'un genre d'élocution. L'éloquence de la chaire, du barreau, de la tribune.

 4   Eloquence est quelquefois pris dans le sens de rhétorique. Quand on parle des règles de l'éloquence, c'est d'une science qu'il s'agit, non d'un talent ou d'une disposition innée.

 5   Dans quelques circonstances l'éloquence s'oppose à la poésie, et signifie l'ensemble des ouvrages en prose écrits dans une langue. Un cours d'éloquence latine.

SYNONYME
    ÉLOQUENCE, RHÉTORIQUE. L'éloquence est proprement l'art ou le talent de parler ; la rhétorique est l'ensemble des préceptes ou des exemples qui font apprendre cet art.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
WACE: « Si esteit de grant eloquence, Et parleit par grant sapience »
    XIIIème siècle
MARIE: « Ki [celui à qui] Deus ad doné en science De parler la bone eloquence, Ne s'en deit taisir ni celer »
    XVème siècle
     Perceforest, t. III, f° 55: Il me semble que autres fois vous ay veu ailleurs que cy. Sire, dist Estonne, que pensez-vous que je soye ? Certes, sire, à vostre eloquence [parler], il m'est advis que vous estes Estonne, le conte des deserts d'Escosse
    XVIème siècle
PASQUIER: « Je ne douteray de donner ici à chacun d'eux son eloquence [éloge] »

ÉTYMOLOGIE
    Provenc. eloquencia, eloquensa ; espagn. eloquencia ; ital. eloquenzia ; du latin eloquentia, d'eloquens (voy. ÉLOQUENT).


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


L'art, le talent de bien dire, d'émouvoir, de persuader. "Haute, sublime . Éloquence mâle, rapide. Douce . Éloquence naturelle. Éloquence persuasive. Les charmes de l'éloquence. La force, le pouvoir de l'éloquence. La vraie . La fausse . L' de la chaire. L' du barreau. L' de la tribune. Cet homme a beaucoup d'éloquence. Un discours plein d'éloquence."
Il signifie quelquefois, par extension, La qualité de ce qui produit ou peut produire sur l'auditeur ou le spectateur, les mêmes effets, les mêmes impressions que l'éloquence. "Il y avait, dans le ton de sa voix, dans son regard, je ne sais quelle , plus forte que ses paroles mêmes. La physionomie, le geste, ont leur ."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


L'art, le talent de bien dire, d'émouvoir, de persuader. "Haute, sublime . Éloquence mâle, rapide. Douce . Éloquence naturelle. La vraie . La fausse éloquence. L' de la Chaire. L' du Barreau. Cet homme a beoucoup d'éloquence. Un discours plein d'éloquence. La force de l'éloquence. La véritable consiste encore plus dans les choses que dans les paroles".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


L'art de bien dire & de persuader. "Haute, sublime . Éloquence mâle, rapide. Éloquence naturelle. La vraie . La fausse . L' de la Chaire. L' du Barreau. Cet homme a beaucoup d'éloquence. Un discours plein d'éloquence. La force de l'éloquence. La véritable consiste encore plus dans les choses que dans les paroles."




Emplacement dans le dictionnaire :

eloigné
éloignement
eloignement
eloigner
éloigner
élongation
élongis
éloquemment
eloquemment
éloquence
eloquence
éloquent
eloquent
élu
élucider
elucider
élucubration
élucubrer
éludable
éluder
eluder


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