émouvoir (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

(se conjugue comme Mouvoir, mais ne prend pas d'accent circonflexe au participe passé masculin : ému ). XII e siècle. Du latin populaire * exmovere, réfection du latin classique emovere, « remuer, ébranler ».

I. Mettre en mouvement.
1. Très vieilli. Faire bouger. Émouvoir une porte. Par ext. Émouvoir les humeurs. Par anal. Émouvoir le pouls de quelqu'un. Un vent léger émouvait les bois. Un fleuve ému, agité de tourbillons. Pron. La mer commence à s'émouvoir.
2. Vieilli. Provoquer des mouvements publics, pousser à l'émeute, à la sédition. Les factieux tentèrent d' la multitude. Pron. La foule s'émeut.

II. Toucher la sensibilité.
1. Provoquer un trouble intérieur souvent accompagné de manifestations physiques. Cette nouvelle l'a si profondément ému qu'il s'est mis à trembler. Par son éloquence, le tribun émut l'auditoire. Être ému de colère, d'indignation. Pron. S' de frayeur. Fig. À l'annonce de ces évènements, l'Europe s'est émue.
2. Exciter un sentiment de sympathie, de compassion. Ses larmes m'ont ému. C'est un homme que rien ne peut . Absolt. On peut sans être ému soi-même. Cet auteur a l'art d'émouvoir. Pron. S' à la vue des souffrances.
3. Toucher et séduire. Ce spectacle l'émeut et le charme. La beauté de cette femme l'a ému. Par méton. Litt. Elle a ému son cœur. Il sait les passions.
4. Expr. vieillie. Émouvoir les pierres, les pierres du chemin, être capable de toucher les cœurs les plus insensibles. Il ne faut pas les frelons, il faut éviter d'irriter les gens irritables.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

(Il se conjugue comme MOUVOIR.) Exciter quelque mouvement, quelque passion dans le coeur, causer du trouble, de l'altération dans l'âme. "Il sait l'art d' les passions. Émouvoir la colère." Par extension, "Émouvoir quelqu'un. C'est un homme que rien ne peut . Il s'émeut à la vue de la souffrance. Être ému de compassion. Être ému de joie." Absolument, "C'est un" "maître dans l'art d'émouvoir. On n'émeut pas sans être ému."
Fig. et fam., "Émouvoir la bile de quelqu'un," Exciter sa colère.
Il signifie quelquefois Agiter, disposer à la sédition. "Les factieux tentèrent d' la multitude. Émouvoir les esprits. Le peuple commençait a s'émouvoir."



Dictionnaire d'Emile Littré




 1   Mettre en mouvement.
BOILEAU: « Six chevaux attelés à ce fardeau pesant Ont peine à l'émouvoir sur le pavé glissant »

 2   Agiter, troubler. Cette drogue émeut les humeurs. Cela lui émut un peu le pouls.
TRISTAN: « Ayant ému les flots, apaisez la tempête »
MOL.: « Il ne faut rien pour vous émouvoir en l'état où vous êtes »
    Fig. Émouvoir la bile, exciter la colère.
REGNARD: « Et je vais lui dicter une lettre d'un style Qui de madame Argante émouvra bien la bile »

 3   Faire naître, susciter.
MOL.: « Souffrez qu'on vous appelle Pour être entre nous deux juge d'une querelle, D'un débat qu'ont ému nos divers sentiments Sur ce qui peut marquer les plus parfaits amants »
SÉV.: « Si je ne vous vois arriver, je croirai que cela vient de la guerre que cette préférence aura émue entre eux »
BOSSUET: « On émeut des troubles contre eux »
BOSSUET: « S'était-on avisé d'émouvoir une question si frivole ? »
RAC.: « Ces jours passés, chez un vieil histrion, Un chroniqueur émut la question, Quand dans Paris commença la méthode De ces sifflets qui sont tant à la mode »
VOLT.: « On a ému la question si.... »

 4   Pousser au soulèvement, à la sédition.
RETZ: « M. de Beaufort ne savait pas que qui assemble le peuple l'émeut toujours »
CORN.: « [Ils] courent parmi la ville Émouvoir le soldat et le peuple imbécile »
CORN.: « Il lui faut me bannir, de crainte que mes cris Du peuple et de la cour n'émeuvent les esprits »
BOSSUET: « Antoine émut le peuple contre ceux qui l'avaient tué [César] »
LEMERC.: « La guerre émut l'Asie et l'Égypte alarmée ; Et la terreur s'accrut comme ta renommée »
    Exciter des troubles, des séditions.
CORN.: « Si tu n'étais qu'un lâche, on aurait quelque espoir Qu'en fin tu pourrais vivre et ne rien émouvoir »

 5   Fig. Produire sur l'âme un mouvement comparé au mouvement physique.
CORN.: « Mais mon déplaisir ne vous peut émouvoir »
CORN.: « Il émut le sénat pour des rois outragés »
MOL.: « Je ne saurais voir d'honnêtes pères chagrinés par leurs enfants que cela ne m'émeuve »
TH. CORN.: « .... Le coeur qu'un vrai mérite émeut »
RAC.: « Ces yeux que n'ont émus ni soupirs, ni terreur »
RAC.: « Quand mes larmes en vain tâchaient de l'émouvoir »
RAC.: « Mais, si mes voeux ardents vous peuvent émouvoir »
    Émouvoir à, porter à un sentiment.
DESC.: « On prend plaisir à se sentir émouvoir à toutes sortes de passions »
PERROT: « Pour vous émouvoir à compassion »
CRÉBILLON: « Si rien à la pitié ne peut vous émouvoir »
    Absolument.
TURGOT: « On n'émeut point sans être ému ; et le langage de l'enthousiasme a cela de commun avec toutes les passions, qu'il est ridicule lorsqu'il n'est qu'imité »
    Il se dit aussi des sentiments qu'on met en mouvement.
CORN.: « Mon père tout caduc émouvant ma pitié »
CORN.: « Mon crime redoublé n'émeut point ta colère »
RAC.: « Je pourrai de mon père émouvoir la tendresse »
Mme DE GENLIS: « Je ne cherche qu'à émouvoir sa sensibilité, et je ne veux point exciter sa crainte »

 6   S'émouvoir, v. réfl. Éprouver une émotion. à ces souvenirs de son enfance il s'émut.
CORN.: « L'un s'émeut de pitié, l'autre est saisi d'horreur »
LA FONT.: « L'orateur recourut à ces figures violentes Qui savent exciter les âmes les plus lentes ; Il fit parler les morts, tonna, dit ce qu'il put ; Le vent emporta tout, personne ne s'émut »
RAC.: « Tantôt à son aspect je l'ai vu s'émouvoir »
VOLT.: « Votre coeur malgré vous s'émeut et s'adoucit »
    Par extension.
RAC.: « La terre s'en émeut, l'air en est infecté »

 7   S'emporter, s'irriter.
LA FONT.: « Le jeune homme s'émeut voyant peint un lion : Ah ! monstre ! cria-t-il, c'est toi qui me fais vivre Dans l'ombre et dans les fers »
BOSSUET: « Rebuté, il s'émeut contre eux »
RAC.: « Sans doute à cet aspect sa rage s'est émue »

 8   S'inquiéter.
CORN.: « Cléopatre s'enferme en son appartement, Et, sans s'en émouvoir, attend son compliment »
CORN.: « Viriate, il est vrai, pourra s'en émouvoir »
SÉGUR: « Le lendemain, il apprit qu'on disputait à Delzons la possession de Malo-Iaroslavetz ; il ne s'en émut guère, soit confiance, soit incertitude dans ses projets »

 9   S'agiter, s'insurger.
BOSSUET: « À ce spectacle, le peuple s'émut : les statues de l'empereur furent renversées en divers endroits »
BOSSUET: « Tout l'empire s'émeut contre l'Église naissante »
BOSSUET: « On vit les Gaules, les Espagnes, tous les royaumes dont l'empire était composé, s'émouvoir tout à coup »

 10   S'élever, être suscité.
LA FONT.: « Entre deux bourgeois d'une ville, S'émut jadis un différend »
    Impersonnellement.
MONTESQ.: « Son voisin devint amoureux de sa femme et l'enleva ; il s'émut une grande querelle »

 11   On dit que la graine des vers à soie s'émeut quand elle commence à blanchir.

PROVERBE Il ne faut pas émouvoir les frelons, c'est-à-dire il ne faut point aller irriter des gens irritables.

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Ch. de Rol. CXCVII: Li amirals qui trestouz les esmut [mit en mouvement]
    XIIème siècle
     Sax. XX: [Cil] Qui plus ont esmeü la tanson [querelle] et l'envie
     Rois, p. 237: Cume ço vit la mere que l'um l'enfant dut detrenchier, tut le quer [coeur] li fud esmeüd
    XIIIème siècle
VILLEH.: « La comtesse Marie.... si acoucha d'une fille, et après, quant ele fu relevée, si s'esmut [se mit en marche] et ala outre-mer après son seigneur »
VILLEH.: « Et par ce que cis pardons fu si grans, s'esmurent moult li cuer des gens, si que maint s'en croisierent par le monde »
     Chr. de Rains, 192: Quant la roine vit que li rois s'esmevoit, si l'en pesa
     la Rose, 10388: Raison ne s'esmovra jamais à chose qui contre vous aille
     Psautier, f° 115: Ne m'esmovez pas à ire
JOINVILLE: « À l'esmouvoir l'ost le roy, r'ot [il y eut de nouveau] grant noise [bruit] de trompes et de cors sarrazinois »
JOINVILLE: « Garde toy de esmouvoir guerre, sanz grant conseil, contre home crestien »
    XIVème siècle
     Beaud. de Seb. VII, 783: Et la ville s'esmuit ; cascuns keurt [court] tangrement, Pour assalir le [la] tour, que Bauduin deffent
     ib. IX, 800: Frere, dit Gloriant, par Dieu vous dites voir ; Pensons de nous haster et de nous esmouvoir ; Car, s'il se ravisoit, trop nous porroit doloir
    XVème siècle
FROISS.: « Et voyoient tout le pays tourner avec la roine et son ains-né fils, et dresser et emouvoir contre eux »
EUST. DESCH.: « L'un ravist tout, l'autre pert son demaine ; Peuples s'esmuet, l'eglise est subournée ; Noblece fault, tant est mal ordonnée »
COMM.: « Guerre s'esmeut entre eulx pour leur auctorité, qui a duré par longues années »
COMM.: « [Louis XI avait recommandé que quand on le verrait en danger de mort] on ne luy dist fors tant seullement : parlez peu, et que on l'esmeut seullement à soy confesser sans luy prononcer ce cruel mot de mort »
LOUIS XI: « Elle alloit et venoit, maintenant ci, maintenant là, tant emue qu'il sembloit qu'elle fust ravie de son sens »
    XVIème siècle
CALV.: « Charger la parole de Dieu des seditions qu'esmeuvent à l'encontre d'icelle les fols et escervelez - On accusoit les apostres comme s'ils eussent esmeu le populaire à tumulte - Ce ne sommes pas nous qui esmouvons les troubles »
CALV.: « Il estoit esmeu comme la fueille de l'arbre »
MONT.: « Esmouvoir à commiseration et à pitié - Un trouble s'estant esmeu pendant ce parlement »
CALV.: « Preparé d'une belle oraison pour l'esmouvoir à la guerre contre.... »
CALV.: « Socrates va tousjours demandant et esmouvant la dispute, jamais l'arrestant »
AMYOT: « Et s'estant esmeu d'adventure quelque debat et different entre les pasteurs »
AMYOT: « Amulius, esmeu de ces raisons, luy livra entre ses mains Remus pour en faire punition »
AMYOT: « Il ne s'esmeut point autrement de cette nouvelle »
AMYOT: « Il se levoit un grand vent du costé de la mer, qui emouvoit de grosses vagues dedans le canal »
MAROT: « Les fondements des plus hautes montagnes Tous esbranlés s'esmurent grandement »

ÉTYMOLOGIE
    Berry, émouver ; provenç. esmover, esmovre ; du latin emovere, de e, et movere, mouvoir (voy. MOUVOIR).


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


(Il se conjugue comme "Mouvoir.") Mettre en mouvement, agiter, troubler. Il se dit en parlant D'une agitation inaccoutumée dans les humeurs, dans l'économie animale. "Cette drogue émeut les humeurs, la bile, et ne purge pas. Cette médecine n'a fait que l'émouvoir, elle ne l'a pas purgé. Émouvoir les sens. Il est facile, difficile à ."
Fig. et fam., "Émouvoir la bile de quelqu'un," Exciter sa colère. "C'est un homme dont il est aisé d' la bile," On dit de même, "Sa bile est aisée à ;" et, avec le pronom personnel, "Sa bile s'émeut aisément, promptement."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie également, Exciter, soulever, en parlant Des flots de la mer, d'une tempête, etc.; et, dans cette acception, on l'emploie souvent avec le pronom personnel. "Il ne faut que le moindre vent pour les flots. La mer commence à s'émouvoir."
Fig., "Émouvoir une sédition, une querelle, une dispute, etc.," Exciter, faire naître une sédition, une querelle, etc. On dit de même, familièrement, "C'est lui qui a ému la noise."
Impersonnellement, "Il s'émut une grande tempête, une grande querelle."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie encore figurément, Exciter quelque mouvement, quelque passion dans le coeur, causer du trouble, de l'altération dans l'âme. "Il sait l'art d' les passions. Émouvoir la colère. Émouvoir de compassion. C'est un homme que rien ne peut . Ce spectacle émeut fortement. Émouvoir le coeur. Elle sut l'émouvoir" (le toucher) "par ses larmes et ses prières."
Il signifie quelquefois, Agiter, disposer à la sédition. "Les factieux tentèrent d' la multitude. Émouvoir les esprits."
"Émouvoir à compassion, à sédition," Toucher de compassion, exciter à la sédition. Ces manières de parler ont vieilli.
Prov. et fig., "Il ne faut pas les frelons," Il ne faut point se faire d'ennemis, quelque petits qu'ils soient.



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie aussi avec le pronom personnel, dans les deux sens qui précèdent. "Il s'émeut à la vue du péril. Il ne saurait voir cet homme sans s'émouvoir. C'est un homme qui ne s'émeut de rien. Il lui répondit, sans s'émouvoir, que... Le peuple commençait à s'émouvoir."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


(Il se conjugue comme "Mouvoir".) Mettre en mouvement, faire mouvoir. Il ne se dit guère que Des parties les plus subtiles et les plus mobiles d'un corps, comme sont les humeurs, les vapeurs, les esprits. "Cette drogue émeut les humeurs, la bile, et ne purge pas. Le vin blanc émeut".
Il se dit aussi De l'homme. "Cette médecine n'a fait que l'émouvoir, elle ne l'a pas purgé. Il est facile, difficile à ".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Émouvoir, signifie aussi, Exciter, agiter, soulever, et se dit en parlant Des flots de la mer, d'une tempête, etc. Alors on s'en sert dans l'actif et dans le réfléchi. "Il ne faut que le moindre vent pour les flots. La mer commençoit à s'émouvoir. Il s'émut une grande tempête".



3ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Émouvoir, signifie aussi, Exciter quelque mouvement, quelque passion dans le coeur, causer du trouble, de l'altération dans les esprits. "Émouvoir la colère. Émouvoir le coeur de compassion. Être ému de crainte et de pitié. Il sait l'art d' les passions. C'est un homme qui ne se trouble de rien, que rien n'émeut".
On dit aussi avec le pronom personnel: "Le peuple commençoit à s'émouvoir. Il s'émut à la vue du péril. Il ne sauroit voir cet homme sans s'émouvoir".
On dit proverbialem. "L'objet émeut la puissance," pour dire, que La présence de l'objet excite le désir.
On dit d'Un homme prompt, que "Sa bile est aisée à ," pour dire, qu'Il se met en colère pour peu de chose.
On dit, "Emouvoir une sédition, une querelle," pour dire, Exciter, faire naître une sédition, une querelle.
On dit, "Émouvoir une noise", pour dire; Faire naître une querelle, une contestation. "C'est lui qui a ému la noise". Il est familier.
On dit encore, "Émouvoir une dispute," pour dire, Commencer une dispute, la faire naître.
On dit figurément et proverbialem. "Il ne faut pas les frelons," pour, Il ne faut point se faire d'ennemis, quelque petits qu'ils soient.
On dit quelquefois, "Émouvoir à compassion, à sédition," pour dire, Porter à.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

["É-mou-voar".] Il n'est guère usité qu'à l'infinitif et au présent, soit de l'indicatif, soit du subjonctif, et aux temps composés. '"Émouvoir", j'"émeus", nous "émouvons", ils "émeûvent"; qu'il "émeûve", que nous "émouvions", qu'ils "émeûvent". j' "ai ému", j'"avois ému", j'"aurois ému", etc. * M. l'Ab. "du Bos", dit au futur, "émouvra", et "Regnard", "émouvera". 'Une action qu'on nous montre dans un récit, nous "émouvra" moins que ne le ferait une action, qui se passerait sous nos yeux.
- On disait aûtrefois, dans la traduction gauloise de la Bible. 'Ils "m'ont ému" à jalousie, ainsi les "émouvrai-je" à colère. 'Qu'alors il "émouvroit" les Nations, et qu'il feroit venir celui que les Nations devoient desirer.
   Et je vais lui dicter une lettre d'un style,
   Qui, de Madame Argante, "émouvera" la bile.
       "Lég. Univ."
L'"Acad." dit, qu'"émouvoir" se conjugue comme "mouvoir" et à "mouvoir;" elle met, je "mouvrai". Il me parait que le futur et le conditionel, tant du simple que du composé, sont~ peu en usage.
   ÉMOUVOIR, 1°. Mettre en "moûvement". 'Le vin blanc~ "émeut", done de l'émotion. 'Ces pillules "émeuvent les" humeurs, "la" bile et ne purgent pas. 'Cette médecine n'a fait que l'"émouvoir".
- 2°. Exciter, agiter, en parlant des flots de la mer, d'une tempête. 'Le moindre vent "émeut" les flots. 'La mer comence à "s'émouvoir": 'Il "s'émut" une grande tempête.
- 3°. Dans le moral, exciter les passions. 'L'art d'" les" passions
   D'un Dieu jaloux, " la" colère.
   'Rien ne trouble cet homme, rien ne "l'émeut". 'Il "ne s'émeut", il "n'est ému de" rien.
- "Émouvoir une" sédition, "une" querelle "une" dispute; et en style proverbial, " une noise".
   "Rem." 1°. On trouve, dans un ouvrage de M. Linguet, "émouvoir" pour "mouvoir". 'Athénée cite un vaisseau construit en Égypte, qui ne pouvoit "s'émouvoir" (se mouvoir) qu'à l'aide de quatre mille hommes, divisés en quarante rangs.
- On doit croire que c'est une faûte d'impression.
   2°. Quoiqu'on dise, " une" querelle, "une" dispute, je ne crois pas qu'on doive dire, " des" questions, "des" dificultés. '"La question émue par" les ennemis de l'Eglise. "Bossuet". '"Emouvoir de" nouvelles "difficultés". Id.
   3°. Ce verbe régit quelquefois la prép. "de". '"Emouvoir les" coeurs "de" compassion. Ce régime a sur-tout lieu avec le passif. 'Il "est ému de" crainte et "de" pitié. = Un Poète tragique lui fait régir la prép. "à":
   - - - Si rien, "à la" pitié, ne vous peut "émouvoir".
L'Auteur du "Dict. Néol." le condamne. Je ne serais pas si sévère. Je pense que ce régime est utile, et qu' il est dans l'analogie de la Langue.
- Suivant l'"Acad." on dit quelque-fois "émouvoir" (porter) "à compassion", "à sédition". Il est vrai que ce sont des phrâses comme consacrées, et qui ne paraissent pas tirer à conséquence pour d'aûtres mots. Je m'en raporte.




Emplacement dans le dictionnaire :

émouchoir
emouchoir
émoudre
émoulu
émoussé
émousser
émoustillant
émoustiller
émouvant
émouvoir
empaillage
empaillé
empailler
empailleur
empalement
empaler
empan
empanacher
empanner
empaquetage
empaqueter


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