étaler (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

I.
XIII e siècle, astaler, « assigner une place ». Dérivé d' étal .

I. V. tr.
1. Exposer des marchandises ou des denrées destinées à la vente. Étaler des légumes. Étaler des chaussures, des vêtements. Étaler des livres, des disques. Absolt. Les marchands n'ont pas fini d' (vieilli). Fig. et fam. Étaler sa marchandise, tirer vanité de ce qu'on fait, de ce qu'on a de rare, de singulier, en faire parade.
2. Disposer sans ordre sur une surface plane. Étalez ces bijoux, afin qu'on les voie mieux, qu'on en juge mieux. Il renversa le tiroir et en étala le contenu sur le bureau. Étaler les feuillets d'un dossier. Étaler des draps sur l'herbe. Ces plantes entassées ne sècheront jamais, il faut les sur cette table. Étaler des fruits au soleil. Expr. Étaler son jeu, montrer toutes ses cartes, les étendre sur la table ou, fig., montrer clairement ses intentions.
3. Déployer, étendre, mettre à plat. Étaler des journaux sur la table. Étaler une carte de géographie. Étaler une nappe, un tapis. Elle étala sa robe sur le lit. Fam. Étaler ses jambes, les étendre. Étaler quelqu'un, le faire tomber de tout son long sur le sol. Un coup de poing a suffi pour l' par terre.
4. Étendre une matière en couche uniforme sur une surface. Étaler du beurre sur du pain. Étaler de la confiture sur une tartine. Étaler de la peinture sur un mur.
5. Péj. Faire voir, faire parade de, montrer sans retenue, dévoiler complaisamment. Il étale son argenterie. Cette femme étale tous ses joyaux. Fig. Étaler un grand luxe. Il aime trop à son esprit, son savoir. Étaler ses titres. Étaler ses goûts, ses opinions. Étaler ses amours. Étaler un scandale. Étaler une querelle au grand jour.
6. Répartir dans le temps. Étaler ses dépenses. Étaler un remboursement. Étaler des paiements. Étaler sur deux ans la préparation d'un concours. Étaler ses vacances sur trois mois.

II. V. pron.
1. S'étendre, se déployer. De grandes flaques d'eau s'étalaient sur la chaussée. Peu à peu la buée s'étalait sur les vitres. Sa barbe s'étalait largement sur sa poitrine. Fam. Prendre ses aises en s'allongeant, en s'étendant. S' sur l'herbe pour se reposer. S' dans un fauteuil, sur un canapé. Pop. Tomber de tout son long. Il a fait un faux pas et s'est étalé.
2. S'imposer à la vue ; être montré ou se montrer sans retenue ou avec ostentation. Le nom de cet imposteur s'étalait en gros caractères à la première page des journaux. Le luxe s'étalait impudemment dans ce quartier.
3. Loc. fam. S' sur, parler trop longuement de. Elle s'étalait sur les malheurs de ses voisins.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Exposer en vente, dans une boutique ou dans quelque autre lieu, des marchandises, des denrées, etc. "Étaler des chaussures, des draps, des toiles, des livres." Absolument, "Les marchands n'ont pas encore étalé. Il est défendu d' les jours de fêtes."
Fig. et fam., "Étaler sa marchandise," Tirer vanité de ce qu'on fait, de ce qu'on a de rare, de singulier, en faire parade.
Il signifie aussi Mettre à plat sur une table, sur le sol, sur une muraille, etc., une chose ou plusieurs choses de même nature. "Étaler une carte de géographie. Ces plantes entassées ne sécheront pas, il faut les sur cette table. Étalez ces bijoux, afin qu'on les voie mieux, qu'on en juge mieux."
"Étaler son jeu," Montrer toutes ses cartes, les étendre sur la table.
Il se dit aussi figurément et familièrement des Personnes qui, de leur plein gré ou involontairement, sont étendues sur le sol. "Un coup de poing a suffi pour l' par terre. En faisant un faux pas, il s'est étalé tout de son long. Étalons-nous sur l'herbe pour nous reposer." On dit dans un sens à peu près analogue "S' dans un fauteuil."
Il signifie encore figurément Montrer avec ostentation. "Cette femme étale tous ses joyaux. Étaler un grand luxe. Il aime trop à son esprit, son savoir. Le vice s'étale impudemment dans ce pays."
Il s'emploie aussi dans le sens de Se tenir étale contre. "Étaler la marée," Se tenir au mouillage en dépit de la marée contraire. "Étaler le vent," Lui opposer une force égale à la sienne. "Étaler un navire," L'égaler en vitesse. On dit aussi intransitivement : "La mer étale," La mer ne monte ni ne descend.



1ère définition d'Emile Littré

Verbe 



 1   Exposer pour vendre. Les marchands étalent leurs marchandises les plus nouvelles.
    Fig. et familièrement. Étaler sa marchandise, tirer vanité de ce qu'on sait, de ce qu'on possède.
    Absolument.
LA BRUY.: « L'endroit du Pirée où les marchands étalent »
    Fig.
FONTEN.: « Le savant qui ne parle que pour instruire les autres, et qu'autant qu'ils veulent être instruits, fait une grâce ; au lieu que, lorsqu'il ne parle que pour étaler, on lui fait une grâce si on l'écoute »
MASS.: « Gens à qui une communion ne coûte qu'une journée de gêne et de réserve, qui ce jour-là ne jouent pas, n'étalent pas, ne médisent pas, ne s'assemblent pas »

 2   Étendre, déployer. Étaler une carte de géographie. Étaler une robe.
LA BRUY.: « Il étale son cordon bleu ou le cache par ostentation »
DELILLE: « Étalant toutes deux l'or, la pourpre et l'hermine »
    Étaler son jeu, montrer toutes ses cartes.
    Disposer sans ordre, mais de manière à faire voir. Étaler des livres sur un bureau.

 3   Faire voir, montrer avec l'idée d'éclat, de solennité.
D'ABLANCOURT: « J'ai horreur de leur infamie, car ils étalent ici partout leur mollesse et leur lâcheté »
CORN.: « Ainsi [flatteuses voluptés] n'espérez pas qu'après vous je soupire ; Vous étalez en vain vos charmes impuissants »
IT.: « Il [Dieu] étale à son tour des revers équitables, Par qui les grands sont confondus »
CORN.: « Celle que j'étale N'est pas tant qu'il vous semble une vertu brutale »
CORN.: « Quelque ravage affreux qu'étale ici la peste.... »
LA FONT.: « Par ce trait de magnificence Le prince à ses sujets étalait sa puissance »
SÉV.: « Elle m'étale avec plaisir toute sa belle âme »
BOSSUET: « La fortune, trompeuse en toute autre chose, est du moins sincère en ceci, qu'elle ne nous cache pas ses tromperies ; au contraire, elle les étale dans le plus grand jour »
RAC.: « Dans le moment fatal Où j'étale à ses yeux les pleurs de mon rival »
MASS.: « Le monde étale des prospérités ; le monde ne fait pas d'heureux »
VOLT.: « Égisthe.... Étalerait en vain l'orgueil de sa naissance »
VOLT.: « Un des premiers qui étala dans la chaire une raison toujours éloquente, fut le P. Bourdaloue vers 1668 »
VOLT.: « Jamais écrivain n'avait étalé des idées politiques, en prose, aussi fortement que Corneille les approfondit en vers »
DUCIS: « Quand j'étale à tes yeux ton crime et ma misère »
    Présenter.
CORN.: « ....Le sénat Dont plus de la moitié piteusement étale Une indigne curée aux vautours de Pharsale »
    Fig. En parlant de choses qui étalent pour ainsi dire.
CORN.: « ....La perte de sa vie Étalera sa gloire et ton ignominie »
BOSSUET: « Ce discours vous fera paraître un de ces exemples redoutables qui étalent aux yeux du monde sa vanité tout entière »
RAC.: « Les spectacles pompeux que ces bords nous étalent »
HAMILT.: « L'Angleterre, si fertile en beautés, étalait ce qu'elle avait de plus rare dans la cour du roi »
J. J. ROUSS.: « Le petit terrain où nous étions étalait les charmes d'un séjour riant et champêtre »

 4   Il se dit quelquefois dans le sens de faire paraître sur le théâtre.
CORN.: « Ces beautés étaient de mise en ce temps-là et ne le seraient plus en celui-ci.... elles ont fait leur effet en ma faveur, mais je me ferais scrupule d'en étaler de pareilles à l'avenir sur notre théâtre »
BOILEAU: « Voulez-vous sur la scène étaler des ouvrages Où tout Paris en foule apporte ses suffrages »
BOILEAU: « Qui sait bien ce que c'est qu'un prodigue, un avare, Un honnête homme, un fat, un jaloux, un bizarre, Sur une scène heureuse il peut les étaler »

 5   Exposer en un langage qui fait valoir les choses.
RÉGNIER: « Et d'abord leur étale Tout ce que la faveur départ aux favoris »
CORN.: « ....Quoi que nous étale un langage si doux, Elle a tout fait pour elle, et n'a rien fait pour nous »
CORN.: « J'ai voulu de Léonce étaler le courage »
LA FONT.: « Ils tombèrent sur la morale ; Il n'est pas besoin que j'étale Tout ce que l'un et l'autre [Hippocrate et Démocrite] dit »
BOILEAU: « Que j'allais à tes yeux étaler de merveilles ! »
MASS.: « Je ne me propose pas cependant de vous étaler ici l'histoire de cet événement »
VOLT.: « En vain ta politique Vient m'étaler ici ce tableau fanatique »
J. J. ROUSS.: « Phénix voulut lui représenter que c'était avilir la magistrature à pure perte et jeter un comique extravagant sur tout le cérémonial de la cour que d'aller en grand appareil étaler du phébus à un petit marmot, avant qu'il le pût entendre ou du moins y répondre »
BARTHÉL.: « Comme un jour il [Platon] étalait à leurs yeux [des prêtres égyptiens] les anciennes traditions de la Grèce.... »

 6   Faire parade, déployer avec vanité.
CORN.: « [Ces secours].... Qu'avec tant de pompe à vos yeux elle étale »
BOSSUET: « Plus soigneux d'étaler de l'érudition et de jeter en l'air de grands mots, que de parler avec précision dans leurs décrets »
RAC.: « Jusque-là je vous laisse étaler votre zèle »

 7   Populairement, jeter par terre. D'un coup de poing il l'a étalé.

 8   S'étaler, v. réfl. Se montrer avec ostentation.
SCARRON: « Tant sa présomption incessamment le presse De venir s'étaler aux pieds de sa maîtresse »
VOLT.: « Mais on ne peut souffrir ces bruyants téméraires, Sur la scène du monde ardents à s'étaler »
J. J. ROUSS.: « Il aimait à s'étaler noblement aux yeux des voisins »
    Être montré avec ostentation.
J. J. ROUSS.: « Plus savant que moi, du moins de cette science qui s'étale »

 9   S'étendre. S'étaler sur l'herbe.
    Familièrement, prendre une posture trop abandonnée. Il ne faut pas s'étaler comme cela sur son fauteuil.
    Populairement. S'étaler, se laisser tomber. Il faisait très glissant, et il s'est étalé.
    Se dit des métaux qui s'étendent sur des corps durs à l'aide de fondants, de mordants.
    Être étalé, déployé. J'ai une grande carte qui s'étale facilement. Son cordon s'étale sur sa poitrine.

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
CORT D'ART.: « Se vos volés là fors aler En cest jardin pour estaler [pour vous y tenir] »
    XVIème siècle
DU BELLAY: « Il fait soudain ses vaisseaux envoiler, Guinder au mast, les verges estaler »
MONT.: « Un medicament a charge d'aller droict aux reins, sans estaler ailleurs ses operations »
MONT.: « Après avoir estalé les noms des plus grands Romains »

ÉTYMOLOGIE
    Étal.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
    ÉTALER. Ajoutez : - REM. Dans le moyen âge, étaler a eu un sens singulier ; il a signifié cracher : XIVème siècle
     Mss. 503, Bibl. de Montpellier: Faites le malade estaler en un bacin [cracher, par euphémisme étaler le crachat]
     ib.: Li malades ki poi ad de salive e ne pot estaler, ço est mal signe


2ème définition d'Emile Littré

Verbe 


Terme de marine. Étaler la marée, mouiller pendant la marée contraire.
    Étaler un bâtiment, l'égaler en vitesse.
    Étaler le vent, le courant, la marée, opposer une résistance égale à leur effort.

ÉTYMOLOGIE
    Étaler en ce sens, c'est ce qu'on disait jadis faire estal, résister, tenir tête (voy. ÉTAL, à l'historique) :
G. GUIART: « À l'estaler et au poursivre »

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE 2. ÉTALER. Ajoutez :

 2   Étaler une voie d'eau, l'empêcher de faire des progrès.
     Rev. des Deux-Mondes, 1er déc. 1867, p. 699: Pompes assez puissantes pour étaler la voie d'eau


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Exposer en vente, dans une boutique ou dans quelque autre lieu, des marchandises, des denrées, etc. "Étaler des marchandises, des draps, des toiles, etc."
Il s'emploie quelquefois absolument. "Les marchands n'ont pas encore étalé. Il est défendu d' les jours de fêtes."
Fig. et fam., "Étaler sa marchandise," Tirer vanité de ce qu'on fait, de ce qu'on a de rare, de singulier, en faire parade.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Étendre, déployer, montrer en détail. "Étaler une carte de géographie. Ces plantes entassées ne sécheront pas, il faut les sur cette table. Étalez ces bijoux, afin qu'on les voie mieux, qu'on en juge mieux."
"Étaler son jeu," Montrer toutes ses cartes, les étendre sur la table.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie encore figurément, Montrer avec ostentation. "Cette femme étale tous ses joyaux. Étaler un grand luxe. Il aime trop à son esprit, son savoir."
Il s'emploie quelquefois avec le pronom personnel, et alors il signifie, S'étendre de son long. "S' sur l'herbe, pour se reposer. Il est tombé, et s'est étalé par terre tout de son long." Dans cette acception, il est familier.



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Exposer en vente dans une boutique, ou dans quelque autre lieu. Il ne se dit que Des marchandises, des denrées, et autres choses semblables. "Étaler des marchandises, des draps, des toiles, etc".
Il se met quelquefois absolument. "Les Marchands n'ont pas encore étalé. Il est défendu d' les jours de Fétes".
On dit à peu près dans le même sens, "Étaler son jeu," pour dire, Montrer toutes ses cartes, les étendre sur la table.



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Étaler, signifie aussi, Étendre, déployer, montrer en détail. "Ces plantes entassées ne sécheront pas, il faut les sur cette table. Étalez ces bijoux, afin qu'on en juge mieux".



3ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Étaler, signifie figurément, Montrer avec ostentation. "Cette femme étale tous ses charmes. Il aime trop à son esprit, son savoir".
On dit figurément et familièrement, "Étaler sa marchandise," pour dire, Faire parade de ce qu'on fait, de ce qu'on a de rare, de singulier.



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Exposer en vente dans une boutique, ou dans quelque autre lieu commode. Il ne se dit que des marchandises, de denrées, & autres choses semblables. "Étaler des marchandises, des draps, des toiles, &c."
Il se met quelquefois absolument. "Les Marchands n'ont pas encore étalé. Il est défendu d' les jours de Fêtes."
On dit à peu près dans le même sens, "Étaler son jeu," pour dire, Montrer toutes ses cartes, les étendre sur la table.



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



signifie figurément, Étendre, déployer, montrer avec ostentation. "Cette Demoiselle étale" "tous ses charmes. Il aime trop à son esprit dans la conversation."
On dit figurément & familièrement, "Étaler sa marchandise," pour dire, Faire parade de ce qu'on fait, de ce qu'on a de rare, de singulier.
On dit aussi, "Étaler ses raisons, son éloquence, ses talens, son savoir."



3ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Terme de Marine. "Étaler la marée," C'est mouiller pendant un vent & une marée contraire à la course du vaisseau, en attendant une marée favorable.




Emplacement dans le dictionnaire :

étaiement
étaim
étain
étal
étalage
étalagiste
étale
étalé
étalement
étaler
étalier
étalingure
étaloir
étalon
étalonnage
étalonnement
étalonner
étalonneur
étalonnier
étamage
étambot




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de René BOYLESVE (La Leçon d'amour dans un parc)

...une autre figure que celle-là, et qui l'ont pu toucher sans se salir ni se déshonorer. Mais si c'est vous qui avez raison, que ne laissez-vous caché dans l'ombre ce vilain démon, au lieu d'en étaler la crudité au grand jour, comme un objet propre à frapper d'horreur ? Exposer la jeunesse à l'émotion de la rencontre brutale, au bord d'un chemin, à la brune, me paraît moins cruel que de...


Citation n°2 de Émile ZOLA (La Débâcle)

...terrain bas et marécageux ; et le pis était qu'un autre convoi y ayant campé la veille, le sol disparaissait sous l'ordure : un véritable cloaque, d'une saleté immonde. Il fallut, pour se protéger, étaler à terre de larges pierres plates, qu'on eut la chance de découvrir près de là. La soirée, d'ailleurs, fut moins dure, la surveillance des prussiens se relâchait un peu, depuis que le capitaine avait...


Citation n°3 de Pétrus BOREL (Rhapsodies)

...: je dis ce qui est vrai ; pour m'arracher une plainte, il faut que mon mal soit bien cuisant ; jamais je ne me suis mélancolié à l'usage des dames attaquées de consomption. Si j'ai pris plaisir à étaler ma pauvreté, c'est parce que nos bardes contemporains me puent avec leurs prétendus poèmes et luxes pachaliques, leur galbe aristocrate, leurs momeries ecclésiastiques et leurs sonnets à manchettes...


Citation n°4 de Armand SULLY PRUDHOMME (La Justice)

...les astres : un jour de calme y coûte un âge de désastres ! Je le sais, car le prisme, interrogeant leurs feux, à ces faux paradis arrache des aveux... j'ai vu chaque élément de leur essence vraie étaler sur l'écran sa redoutable raie ; je sais que leur matière est terrestre, et qu'ainsi l'on y pourra souffrir tout ce qu'on souffre ici ! Leur soyeuse lueur, qui baise la prunelle, est d'un possible...


Citation n°5 de Auguste BARBIER (Iambes et poèmes)

...la chair : nous manger notre pain, et jusque dans la bouche s'en venir respirer notre air ; j'ai vu, jeunes français ! Ignobles libertines, nos femmes, belles d'impudeur, aux regards d'un cosaque étaler leurs poitrines, et s'enivrer de son odeur. Eh bien ! Dans tous ces jours d'abaissement, de peine, pour tous ces outrages sans nom, je n'ai jamais chargé qu'un être de ma haine... sois maudit,...


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