étancher (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

XII e siècle, estanchier, « apaiser la soif » et « arrêter l'écoulement d'un liquide ». D'origine incertaine.
1. Faire cesser. Ne s'emploie plus que dans l'expression Étancher la soif, l'apaiser. Il n'y avait pas assez d'eau dans ce bassin pour la soif de tout un troupeau. Étancher sa soif, se désaltérer. Fig. Parviendrait-il jamais à sa soif de découvertes ?
2. Arrêter l'écoulement de. Étancher une source. En creusant les fondations, ils trouvèrent un courant d'eau qu'ils ne purent . Étancher le sang qui s'écoule d'une plaie. Étancher ses larmes, cesser de pleurer. Fig. Étancher les larmes de quelqu'un, le consoler. Par méton. . Étancher une voie d'eau, boucher le trou par où un navire fait eau.
3. Rendre étanche. Étancher une cuve. Étancher un tonneau. Étancher une embarcation.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Arrêter un liquide qui s'écoule. "En creusant les fondations, ils trouvèrent un courant d'eau qu'ils ne purent . Étancher une voie d'eau." Fig., "Étancher les larmes. Étancher ses larmes."
Il signifie aussi Rendre étanche. "Étancher une cuve. Étancher un tonneau."
Par extension, "Étancher la soif," Apaiser la soif.



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Arrêter l'écoulement d'un liquide. Étancher une source.
DELILLE: « Des plus fraîches beautés une foule choisie Vient étancher leur sang, leur verser l'ambroisie »
    Étancher ses larmes, cesser de pleurer. Étancher les larmes de quelqu'un, le consoler.

 2   Terme de marine. Étancher une voie d'eau, la boucher, l'arrêter.

 3   Étancher la soif, l'apaiser en buvant.
BOSSUET: « Dans une extrême disette d'eau que Marc Aurèle souffrit en Germanie, une légion chrétienne obtint une pluie capable d'étancher la soif de son armée »
BOILEAU: « Et de l'eau de ce puits sans relâche tirée, De ce sable étancher la soif démesurée »

 4   S'étancher, v. réfl. Être arrêté, en parlant d'un liquide qui coule. Le sang s'est étanché. Ses larmes se sont étanchées.
    Être apaisé, en parlant de la soif. La soif de l'hydropique ne s'étanche jamais.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Ronc. p. 97: Se jà vos plaies se pourront estanchier
     Rois, 219: E jo i leverai un altel à nostre Seignur, si estancherad à tant la murine [mortalité] e l'ocision
    XIIIème siècle
     la Rose, 6011: Qui sa soif en puisse estanchier
     ib. 16086: Tant que j'en soie si venchiés, Que lor orguex [leur orgueil] soit estanchiés, Ou qu'il seront tuit condampné
     Ch. d'Ant. v, 543: Dont li fu ses chevaus devant lui amenés, Grans ert [était], fort et isniaus, Baiars fu apelés, Ainc ne pot encore estre estanchiés ne lassés
    XIVème siècle
MACHAUT: « Car la mortalitez des boces [bubons pestilentiels] Qu'on apeloit epidemie, Estoit du païs estanchie, Et que les gens plus ne moroient »
H. DE MONDEVILLE: « Si le sans i commence à courre, il est à paine estanchié »
J. DE CONDET: « [Le sang] Mout petit apriès estanca »
    XVème siècle
FROISS.: « [L'écuyer anglais] savoit paroles pour estancher [il s'agit d'une blessure] »
     Lancelot du Lac, t. III, f° 93: Ne trouveroit qui sa fain lui estanchast
    XVIème siècle
J. MAROT: « Et qu'ainsi soit en ce val miserable Jesus mourut pour la guerre estancher »
AMYOT: « La risée en alla incontinent de main en main en la plus part du camp, et ne se pouvoit pas Hannibal mesme estancher de rire »
AMYOT: « Il en sortit du sang en si grande abondance que l'on ne le pouvoit estancher »
PASQUIER: « Disant ces paroles, elle fondoit en larmes, de telle sorte qu'on ne la pouvoit estancher »
PASQUIER: « Pour m'estancher de ce long discours [y mettre un terme] »
MENARD: « Ceulx especialement qui avec Bertrand chevauchoient eurent du mal à foison ; car il chevaucha si fort qu'il estancha [fatigua] soubz luy deux bons chevaulx »

ÉTYMOLOGIE
    Wallon, sitanchî, stanchi ; provenç. estancar, estanquar ; espagn. et portug. estancar ; ital. stancare. Estancher signifie dans l'ancien français : fermer une plaie, faire cesser l'écoulement (Lors respondi la dame franche, Qui del plorer esteit estanche, Grég. le grand, p. 75), abattre l'orgueil, faire cesser une mortalité, fatiguer un cheval, apaiser la soif ; l'espagnol estancar signifie arrêter le cours ; l'italien signifie lasser, manquer, s'épuiser ; le provençal signifie étancher, rassasier. Diez le tire du latin stagnare, être stagnant, auquel le sens actif d'empêcher l'écoulement a été donné, et qui a pu prendre le sens figuré de fatiguer (en italien). Il nous paraît plus vraisemblable de proposer un autre stagnare ou stannare qui veut dire resserrer, d'où faire cesser soit un écoulement, soit toute autre chose ; le sens provençal de rassasier s'en déduit facilement ; et c'est de ce sens que vient étancher la soif. Celui de lasser soit dans le français soit dans l'italien est beaucoup plus obscur ; il semble pourtant que estancher, de la signification de faire cesser, est passée à celle de lasser, parce que la lassitude fait cesser l'action à laquelle on se livrait. L'expression mettre à bout ne représente-t-elle pas quelque chose d'analogue ?

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE ÉTANCHER. - HIST.
    XIVème siècle Ajoutez :
J. LE BEL: « Qu'il [le roi d'Angleterre] feroit et establiroit une pareille [table] à celle table ronde pour plus estanchier l'onnour de ses chevaliers, qui si bien l'avoient servi »


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Arrêter l'écoulement d'un liquide qui s'enfuit par quelque ouverture. "Cette poudre étanche le sang. Ce tonneau s'enfuit, il faut l'étancher. En creusant les fondations, ils trouvèrent un courant d'eau qu'ils ne purent ."
"Étancher la soif," Apaiser la soif. "Un hydropique ne peut sa soif."
Fig., "Étancher la soif des honneurs, des richesses, etc.," La satisfaire.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Arrêter l'écoulement d'une chose liquide qui s'enfuit par quelque ouverture. "Cette poudre étanche le sang. Ce muid s'enfuit, il le faut . En faisant les fondemens, ils trouvèrent un courant d'eau qu'ils ne purent ".
On dit aussi, "Étancher la soif," pour dire, Apaiser la soif. "Un hydropique ne peut sa soif".
On dit figurément, "Étancher la soif des honneurs, des richesses," pour dire, La satisfaire.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Arrêter l'écoulement d'une chose liquide qui s'enfuit par quelques ouvertures. "Cette poudre étanche le sang. Ce muid s'enfuit, il le faut . En faisant les fondemens, ils trouvèrent un courant d'eau qu'ils ne purent ."
On dit figurément, "Étancher ses larmes," pour dire, Cesser de pleurer. "Étancher les larmes de quelqu'un," pour Faire cesser ses pleurs.
On dit aussi, "Étancher la soif," pour dire, Apaiser la soif. "Un hydropique ne peut sa soif."




Emplacement dans le dictionnaire :

étamper
étampeur
étampeux
étampure
étamure
étanche
étanché
étanchéité
étanchement
étancher
étançon
étançonner
étang
étant
étant (en)
étape
étarquer
état
état-major
étatique
étatisme


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