éteindre (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
(se conjugue comme Atteindre ). XII e siècle, esteindre . Issu, par l'intermédiaire du latin populaire *extingere, du latin classique exstinguere, de même sens.
I. V. tr.
1. Arrêter une combustion. Éteignez ce feu. Éteindre un incendie. Il a suffi d'un peu d'eau pour
2. Arrêter le fonctionnement d'un appareil en interrompant la combustion ou en coupant le circuit électrique qui l'alimente. Éteindre un réchaud à gaz. Éteindre un appareil de chauffage électrique. Éteindre la télévision. Je vous prie d'
3. Par ext. Rendre moins vif, moins éclatant, atténuer. Éteindre les couleurs d'un tableau. La tristesse avait éteint son regard. La fatigue lui éteignait la voix, rendait sa voix presque inaudible.
4. Fig. Mettre fin à, faire disparaître. Cette nouvelle a éteint son enthousiasme. J'ai gardé de cet évènement un souvenir que rien ne pourra
II. V. pron.
1. Cesser de brûler, de se consumer ou d'éclairer. Faute de bois, le feu s'éteignit. La bougie s'est éteinte. L'incendie s'est éteint de lui-même. Ces volcans se sont éteints il y a des milliers d'années.
2. Cesser de fonctionner, en parlant d'un appareil où la combustion s'est arrêtée ou dont l'alimentation électrique est interrompue. Ne laissez pas s'
3. Par anal. Perdre en éclat, en intensité. Les couleurs de ce portrait se sont éteintes. Déjà le jour baisse et s'éteint. Peu à peu, les bruits s'éteignirent, cessèrent de se faire entendre.
4. Fig. Prendre fin, disparaître. Sa foi en Dieu s'est éteinte. Sa colère s'éteignit en un instant. La sédition s'éteindra d'elle-même. Faute d'héritiers, cette famille, ce nom va s'éteindre. Spécialt. En parlant d'une personne. Être près de trépasser ; mourir lentement et presque sans s'en apercevoir. Elle s'éteignit sans souffrir, entourée de ses enfants. Par euphémisme. Mourir. Ce musicien s'est éteint en pleine gloire.
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
(Il se conjugue comme TEINDRE.) Faire cesser une chose d'être en combustion. "Éteignez ce feu. Éteindre un cierge, un flambeau. Éteindre la lumière. Éteindre un incendie. Le feu était à cette maison, mais on l'a éteint. Le feu s'éteint. Ma torche s'éteignit. Des volcans éteints. N'oubliez pas d'
Il signifie par extension Amortir, tempérer. "Éteindre de la chaux. Éteindre l'ardeur de la fièvre. L'âge éteint le feu des passions. Une ardeur qui s'éteint. Il parvint à
"Éteindre le feu de l'ennemi," Faire cesser le tir de l'ennemi par un tir supérieur.
Il signifie, figurément, Faire oublier complètement, abolir. "Rien ne semblait capable d'
"Éteindre une rente," La faire cesser par le remboursement du principal. On dit de même "Éteindre une dette."
En termes de Peinture, il signifie Adoucir, affaiblir. "Éteindre les lumières trop fortes, les couleurs trop éclatantes dans un tableau. Des couleurs éteintes." On dit dans un sens analogue "Éteindre son style."
Il prend quelquefois une acception analogue dans le langage ordinaire. "La souffrance, la tristesse avait éteint l'éclat de ses yeux, la vivacité de ses regards. Des regards éteints." Par extension, "Un homme éteint. Un génie éteint."
S'ÉTEINDRE se dit, dans un sens particulier, d'une Personne qui s'affaiblit très sensiblement et qui touche à sa fin, ou d'une Personne qui meurt lentement et presque sans s'en apercevoir. "Ce vieillard s'éteint. Elle s'éteignit doucement entre les bras de ses enfants."
Il se dit encore particulièrement des Maisons, des dignités qui finissent faute d'héritiers. "Cette maison, cette famille est près de s'éteindre. Cette pairie s'éteignit par la mort du dernier titulaire. Une famille éteinte."
Dictionnaire d'Emile Littré
1 Étouffer le feu, en arrêter l'activité, l'action. Éteindre un incendie. Éteindre le feu.
Il se dit aussi de ce qui est allumé. Vous éteindrez la bougie. Éteindre la lumière.
2 Fig. Éteindre l'encens, faire cesser la flatterie.
FLÉCH.: « Combien de fois éteignit-il l'encens, dont la douce et maligne odeur aurait empoisonné une imagination encore tendre [du dauphin, fils de Louis XIV] ? »
VOLT.: « Mais après leur trépas que sont-ils [les rois] à vos yeux ? Vous éteignez l'encens que vous brûliez pour eux »
Fig. Éteindre les lumières, empêcher le développement des sciences, l'extension de l'instruction.
D'HOLBACH: « Ceux mêmes qui se sont efforcés d'éteindre les lumières, n'ont fait que les répandre »
BÉRANG.: « Éteignons les lumières, Et rallumons le feu »
3 Éteindre la chaux, mettre de la chaux vive en contact avec de l'eau pour former de l'hydrate de chaux.
Éteindre le fer, le plonger dans l'eau froide lorsqu'il est chauffé au rouge.
Éteindre les épingles, les laver dans l'eau fraîche, après qu'elles ont été étamées.
4 Poétiquement. Éteindre la clarté des yeux, rendre aveugle.
ROTROU: « Le fer n'a pas éteint le coeur de Bélisaire, Éteignant de ses yeux l'immortelle clarté »
Éteindre la lumière des yeux, faire mourir.
RAC.: « Phèdre mourait, seigneur, et sa main meurtrière Éteignait de ses yeux l'innocente lumière »
5 Éteindre le feu, faire cesser le feu de l'artillerie ennemie par une artillerie supérieure, par un tir supérieur. La place éteignit plusieurs fois le feu de l'assiégeant.
6 Éteindre la vie, faire mourir.
CORN.: « Il éteindra ma vie avant que mon amour »
ROTR.: « Si le duc est vivant, quelle vie ai-je éteinte ? »
Il s'est dit aussi quelquefois des personnes mêmes.
SAINT-SIMON: « Berwick découvrit leur cache de poudre et de munitions [des révoltés des Cévennes], et à la fin éteignit tout à fait ces misérables »
Éteindre une famille, une race, n'en laisser subsister aucun membre pour la continuer.
BARTHÉL.: « Les guerres si meurtrières que les Grecs eurent à soutenir, éteignirent un grand nombre de familles, accoutumées depuis plusieurs siècles à confondre leur gloire avec celle de la patrie »
7 Calmer, en parlant de tout ce qui est comparé à un feu, à une flamme, à un incendie. Éteindre l'ardeur de la fièvre.
VOIT.: « Enfin je suis sorti d'Europe et j'ai passé ce détroit qui lui sert de bornes ; mais la mer qui est entre vous et moi ne peut rien éteindre de la passion que j'ai pour vous »
CORN.: « Tu n'as dans leur querelle aucun sujet de craindre ; Un moment l'a fait naître, un moment peut l'éteindre »
CORN.: « Et comme tous mes feux n'avaient rien que de saint, L'honneur les alluma, le devoir les éteint »
CORN.: « J'ai prévu ce tumulte.... Comme un moment l'allume, un moment peut l'éteindre »
CORN.: « Un si vaillant guerrier, qu'on vient de nous ravir, Éteint, s'il n'est vengé, l'ardeur de vous servir »
MOL.: « Oui ; mais cette grâce n'éteint pas peut-être le ressentiment des parents et des amis »
FÉN.: « Rien n'est plus doux que d'aller éteindre sa soif dans un clair ruisseau »
RAC.: « Cette soif de régner que rien ne peut éteindre »
8 Détruire, faire disparaître.
MALH.: « Aime une ombre comme ombre, et de cendres éteintes Éteins le souvenir »
CORN.: « Le premier sang versé rend sa fureur plus forte [de la populace] ; Il l'amorce, il l'acharne, il en éteint l'horreur »
ROTROU: « Dans votre infâme sang j'éteindrai votre amour »
LA FONT.: « Je devrais dans ton sang éteindre ce forfait »
BOSSUET: « L'indifférence éteint en quelque sorte la volonté »
FLÉCH.: « Il se disposait à venir lui-même, à leur tête, éteindre l'Église et l'empire tout ensemble, et ajouter au meurtre de tant de rois celui du souverain pontife de Jésus-Christ »
RAC.: « Il éteint cet amour source de tant de haine »
RAC.: « Les larmes de la reine ont éteint cet espoir »
RAC.: « Et les soins de la guerre auraient-ils en un jour Éteint dans tous les coeurs la tendresse et l'amour ? »
FÉN.: « [Les âmes dans le Tartare souhaitent] une mort qui puisse éteindre tout sentiment »
MASS.: « En qui des moeurs tièdes éteignirent toutes les grâces »
VOLT.: « Un seul mot de César a-t-il éteint dans toi L'amour de ton pays, ton devoir et ta foi ? »
DUCIS: « Le malheur tôt ou tard éteindra ma raison »
CHATEAUBR.: « Les lâches courtisans se font une étude d'allumer le vice et d'éteindre la vertu »
9 Éteindre une rente, une dette, la rembourser, la payer.
10 Terme de chancellerie. Éteindre et abolir un crime, l'abolir, l'effacer.
11 Terme de peinture. Adoucir, affaiblir. Éteindre les lumières d'un tableau. Éteindre des tons trop crus.
12 Il se dit, en un sens analogue, dans le langage ordinaire, d'un éclat qui s'efface. La tristesse avait éteint l'éclat de ses yeux.
FÉN.: « La mort avait éteint ses yeux »
13 S'éteindre, v. réfl. Cesser de brûler. Le feu, le flambeau s'éteint.
Fig.
SACI: « Quiconque maudit son père et sa mère, sa lampe s'éteindra au milieu des ténèbres »
CORN.: « Sa lumière s'éteint et son âme s'envole »
MASS.: « Une mémoire qui se confond, un coeur qui s'éteint »
LAMART.: « Tes yeux où s'éteignait la vie Rayonnent d'immortalité »
14 Cesser d'être en activité, en parlant des volcans. Les volcans de l'Auvergne se sont éteints bien longtemps avant l'âge historique.
15 Perdre son éclat.
PASC.: « Les yeux s'allument et s'éteignent en un moment »
16 Il se dit des maisons, des dignités qui finissent faute d'héritiers. Cette famille s'est éteinte. Cette pairie s'éteindra par la mort d'un tel.
Avec suppression du pronom personnel.
RAC.: « Le jour qui de leurs rois vit éteindre la race Éteignit tout le feu de leur antique audace »
17 Cesser d'exister, être détruit.
BOSSUET: « Où le culte de Dieu s'était éteint »
BOSSUET: « Sa loi ne s'éteint pas parmi ces rebelles »
BOSSUET: « L'amour de la patrie et le respect des lois s'y éteint »
BOILEAU: « Et son feu [d'un auteur], dépourvu de sens et de lecture, S'éteint à chaque pas faute de nourriture »
RAC.: « Dans l'ombre du secret ce feu [l'amour] s'allait éteindre »
D'ALEMBERT: « Les empires, ainsi que les hommes, doivent croître, dépérir et s'éteindre »
M. J. CHÉN.: « Je languissais, mes ans s'éteignaient dans l'ennui »
C. DELAV.: « Les langueurs où s'éteint la vieillesse »
18 Mourir doucement.
FONTEN.: « Il s'éteignit enfin le premier mars 1715, âgé de près de 80 ans »
VOLT.: « Si vous brillez à votre aurore, Quand je m'éteins à mon couchant »
GENLIS: « Son agonie [de Mme de Maintenon] fut si douce qu'elle avait l'air d'une personne qui dort tranquillement ; elle s'éteignit à six heures du soir, le 15 avril 1719, âgée de 84 ans »
V. HUGO: « Jeune je m'éteindrai laissant peu de mémoire.... »
19 Il se dit en parlant du jour qui finit.
C. DELAV.: « Ce jour qui va s'éteindre est le dernier pour moi »
20 Expirer en parlant de la voix.
DIDEROT: « Les sons rendus par le timbre ne s'éteignent pas sur-le-champ »
G. DELAV.: « Je sens ma voix s'éteindre et mes genoux trembler »
HISTORIQUE
XIIème siècle
BENOÎT: « Ta digne miseration Esteigne le grant feu de t'ire »
Couci, III: Puis qu'en vous sont tout mal estaint Et tout bien à droit alumé
ib. XI: Ne de mon cuer [je] ne puis la flame estaindre
Th. le mart. 52: Esteigniez, fait lor il, ces cirges alumez
XIIIème siècle
la Rose, 5776: Ne por ce, se je veil estaindre La fole amor....
BEAUMANOIR: « Si comme se [sa] mesons art [brûle] et je l'estaing.... »
BEAUMANOIR: « Quant aucuns a son enfant mort, si comme par fu [feu], ou par yaue, ou parce qu'on l'estaint [étouffe] en dormant, ou par aucune autre malvese garde »
JOINV.: « Quant la royne se esveilla, elle vit la chambre toute embrasée de feu, et sailli sus toute nue, et prit la touaille et la jeta en la mer, et prist les touailles et les estaint [éteignit] »
XIVème siècle
BERCHEURE: « La gent Fabie desconfite et extaincte »
H. DE MONDEVILLE: « Les queles choses se eles ne sont tantost ostées, eles estaindront [feront mourir] le pacient »
XVème siècle
FROISS.: « Il y ot aucuns mineurs la-dedans esteints qui oncques ne s'en partirent, car la mine renversa sur eux »
FROISS.: « On dit, et il est verité, que le grand desir que on a aux choses que elles aviennent, estaind le sens, et pour ce sont les vices maistres et les vertus violées et corrompues »
COMM.: « Et se estaignist le bruyt que nous avions ouy »
XVIème siècle
D'AUB.: « Trois cents personnes et davantage esteintes, donnerent le premier exemple aux uns pour tuer impunement, aux autres pour n'esperer point de misericorde »
AMYOT: « Ce temple [de Janus] demoura fermé 43 ans, tant estoient toutes occasions de guerres et par tout esteintes et amorties »
AMYOT: « Leur monnoye estoit de fer, lequel premierement avoit esté esteinct, venant du feu, avec du vinaigre »
PARÉ: « Puis en icelle [lessive] on fera esteindre chaux vive »
ÉTYMOLOGIE
Provenç. estenher, esteinger, extenjer ; espagn. et port. extinguir ; ital. estinguere ; du lat. exstinguere, de ex, et stinguere, éteindre, presser sur, appuyer, comme le prouvent in-stinctus (voy. INSTINCT), et les rapprochements avec stigare (instigare), le terme grec signifiant un point, et l'allemand stechen, piquer. Ex-stinguere, c'est ôter en appuyant.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE ÉTEINDRE. Ajoutez :
21
SURELL: « Éteindre un torrent, mettre obstacle à ce que les eaux entraînent, dans leur cours impétueux, de la boue, des graviers et des rochers »
22 S'éteindre soi-même, procurer sa propre extinction.
D'ABLANCOURT: « Radamante : Que la lampe parle. - La lampe : Celles [saletés] qu'il [un tyran] a faites de jour me sont inconnues ; mais, la nuit, j'ai voulu quelquefois m'éteindre pour ne les point voir »
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
(Il se conjugue comme "Teindre.") Il se dit en parlant Du feu qu'on étouffe, dont on fait cesser l'action. "Éteignez ce feu. Éteindre un cierge, un flambeau. Éteindre la lumière. Éteindre un incendie. Le feu était à cette maison, mais on l'a éteint. Le feu est éteint."
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie par extension, Amortir, tempérer, détruire la chaleur sensible ou cachée qui est en quelque chose. "Éteindre de la chaux. Éteindre l'ardeur de la fièvre. Cela éteint la chaleur naturelle."
Il se dit figurément en parlant De quelques passions vives et de certaines facultés très-actives. "L'âge éteint le feu des passions. La jouissance éteint les désirs. Ce mot éteignit son courroux. Cela éteint le feu de l'imagination, la vivacité de l'esprit."
Il signifie encore, Faire cesser, en parlant De guerres, de séditions, etc. "Éteindre les feux de la guerre, de la discorde. Il parvint à
Il signifie également, Abolir, faire que le souvenir d'une chose se perde entièrement. "Rien ne semblait capable d'
"Éteindre une race," L'exterminer entièrement. "Ils auraient voulu
"Éteindre une rente," La faire cesser par le remboursement du principal. "Éteindre et amortir une rente." On dit de même, "Éteindre une dette."
3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
en termes de Peinture, signifie, Adoucir, affaiblir. "Éteindre les lumières trop fortes, les couleurs trop éclatantes, dans un tableau."
Il prend quelquefois une acception analogue dans le langage ordinaire. "La souffrance, la tristesse avait éteint l'éclat de ses yeux, la vivacité de ses regards."
4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
se joint souvent au pronom personnel, dans plusieurs de ses acceptions. "Le feu s'éteint. Mon flambeau s'éteignit. Ce volcan s'est éteint. Une ardeur qui s'éteint. La sédition va s'
Il se dit, dans un sens particulier, D'une personne qui s'affaiblit très-sensiblement, et qui touche à sa fin, ou D'une personne qui meurt lentement et presque sans s'en apercevoir. "Ce vieillard s'éteint. Elle s'éteignit doucement entre les bras de ses enfants."
Il se dit encore particulièrement Des maisons, des dignités qui finissent faute d'héritiers. "Cette maison, cette famille est près de s'éteindre. Cette pairie s'éteignit par la mort d'un tel."
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Verbe |
["E-tein-dre": 1re"é" fer. 2e lon. 3e "e" muet.] J' "éteins", nous "éteignons", j'"éteignais", j'"éteignis", j'"ai éteint", j'"éteindrai", j'"éteindrais", "éteins", que j'"éteigne", j'"éteignisse", "éteignant", "éteint", "einte".
- 1°. Au "propre", Faire mourir, étoufer le feu. '"Éteignez ce" feu. "Éteindre un" embrâsement, "un" cierge, "un" flambeau. 'Le feu "s'éteint", il "est éteint".
- 2°. Au "fig." on dit, "
- "Eteindre la" guerre, ou le feu de la guerre, la faire cesser.
- "Eteindre la soif", l'étancher.
- 'Les jeûnes "éteignent le" feu de la concupiscence. 'Insensiblement on se laisse aller à une passion, qu'on n'aperçoit que quand il n'est presque plus temps de "l'éteindre". Télémaque.
- 3°. Faire perdre le souvenir. Abolir, "
- 4°. "Eteindre une" rente, "une" pension, "une" dette, la racheter, la faire finir.
REM. "Racine" dit, dans les "Frères Ènemis":
Ses jours infortunés "ont éteint leur flambeau".
On dit: le flambeau de ses jours "s'est éteint"; mais on ne dit point, "ses jours ont éteint" (eux-mêmes) "leur flambeau". Il était si aisé, dit Racine le fils, de mettre:
"De ses" malheureux "jours s'est éteint le flambeau".
Qu'on voit bien que l'Auteur n'a pas mis la dernière main à ses ouvrages.
- Ailleurs, il dit:
Et vous-même, cruelle, "éteignez vos beaux yeux".
Expression qu'on traiterait de ridicule dans tout autre que "Racine". On ne dit point d'une persone qui s'est tuée, qu'elle "a éteint ses yeux".
ETEINT, EINTE; il ne se dit adjectivement qu'avec "yeux" et "voix". 'Il "a les yeux éteints", sans feu et sans vivacité. 'Elle "a la voix éteinte;" on a peine à l'entendre, tant sa voix est faible.
Emplacement dans le dictionnaire :
| étaupinage étavillon étayage étayé étayer etc été | éteignarie éteignoir éteindre eteint ételle étendage étendard | étendeur étendoir étendre etendu étendue étendûe étentier |
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