étouffer (v. tr., intr. et pron., verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

v. tr., intr. et pron. 

XIII e siècle, estofer. Altération de l'ancien français estoper, « obstruer », sous l'influence d' estofer, « rembourrer » .

I. V. tr.
1. Faire périr en gênant ou en arrêtant la respiration. Le boa enserre sa proie et l'étouffe. Étouffer un oiseau. Par affaibl. Empêcher quelqu'un de respirer librement. La chaleur nous étouffe. L'air confiné de cette pièce m'étouffe. Étreindre, serrer quelqu'un contre soi à l'étouffer. L'émotion, l'angoisse l'étouffait. Par anal. Empêcher de croître, de se développer. Les mauvaises herbes ont étouffé les fraisiers. Ce gros chêne étouffe les arbustes qui l'entourent. Étouffer le feu sous la cendre, l'éteindre en le recouvrant de cendres. Étouffer un début d'incendie avec des couvertures. . Étouffer une voile, la toile, serrer une voile avec les mains ou les bras, ou la maintenir serrée avec une garcette contre une vergue ou un mât pour la soustraire à l'action du vent. Expr. fam. Que la peste, que le diable l'étouffe ! formule de malédiction (vieilli). La politesse ne l'étouffe pas ou ce n'est pas la politesse qui l'étouffe, il est totalement dépourvu de politesse. Ce ne sont pas les scrupules qui l'étouffent.
2. Assourdir, amortir un son. La neige étouffe les bruits. De lourds rideaux étouffaient les clameurs qui montaient de la rue. Il y a sur les pianos une pédale qui sert à les sons. Dans ce morceau de musique, les trompettes étouffent les violons. Étouffer un soupir, un gémissement, ses sanglots, faire effort pour les contenir, les réprimer.
3. Fig. Réprimer, empêcher de se développer. Étouffer un sentiment. Il a du mal à sa colère. Étouffer les remords de sa conscience. La paresse étouffe en lui les meilleures qualités. Étouffer les talents. Étouffer une conspiration. Expr. Étouffer dans l'œuf une révolte, une sédition, etc., les réprimer avant même qu'elles n'éclatent. Spécialt. Étouffer une affaire, une querelle, faire obstacle à leur divulgation ; faire en sorte qu'elles n'aient pas de suite . Le scandale a été étouffé.

II. V. intr. Périr par asphyxie. Le malade est près d'étouffer. Par affaibl. Avoir du mal à respirer, se sentir mal à l'aise. Étouffer de chaleur. On étouffe dans cette pièce. Il étouffe de rage. Fig. Le peuple étouffe sous la tyrannie. Il étouffait dans cette existence médiocre.

III. V. pron. Perdre la respiration. S' en mangeant. S' de rire.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Faire mourir en arrêtant la respiration. "La diphtérie peut les enfants. Cette nourrice en dormant a étouffé son enfant." On dit par exagération, dans le langage familier, "Que la peste l'étouffe!"
Il signifie aussi Suffoquer, empêcher de respirer librement. "La chaleur m'étouffe. Il s'étouffait en mangeant." Fig., "Étouffer quelqu'un de caresses."
Il est aussi intransitif et signifie Avoir la respiration empêchée ou Mourir faute d'air. "Il n'y a point d'air dans cette chambre, on y étouffe. Nous pensâmes de chaleur. Délacez cette femme, elle étouffe."
Fig. et fam., "Étouffer de rire," Rire jusqu'à perdre la respiration. "Rire étouffé," Celui qui échappe à une personne malgré les efforts qu'elle fait pour ne point rire.
ÉTOUFFER, , se dit également de Ce qui dérobe aux plantes l'air nécessaire à leur végétation. "Les mauvaises herbes étouffent le blé. Cet arbre étouffe les arbustes qui l'entourent."
Il signifie aussi Éteindre en interceptant l'air. "Étouffer du charbon, de la braise. Étouffer un incendie."
Il signifie au figuré Supprimer, cacher, surmonter. "Étouffer les cris de quelqu'un. Étouffer les remords de sa conscience. Étouffez de pareils soupçons. La paresse étouffe en lui les meilleures qualités. Étouffer les talents. Étouffer une révolte, une hérésie, une sédition, une guerre civile."
"Étouffer des sons," Les rendre moins éclatants, les amortir. "Il y a, dans les pianos, une pédale qui sert à les sons. Cris étouffés," Les cris sourds d'une personne dont la respiration est gênée.
"Étouffer une affaire, une querelle," Empêcher qu'elle n'éclate, qu'elle n'ait des suites.



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Ôter la respiration en privant de communication avec l'air ou en comprimant.
MOL.: « J'ai pensé être étouffé à la porte »
ROTROU: « On étouffe aisément qui se laisse presser »
MONTESQ.: « Les dames de la cour, indignées de ce qu'il leur avait préféré une personne d'une si basse naissance, étouffèrent l'enfant »
    Étouffer les cocons des vers à soie, les mettre dans une étuve ou les exposer à la vapeur d'eau bouillante pour tuer la chrysalide, afin que le papillon qui en proviendrait sans cela ne perce pas le cocon pour en sortir ; les cocons percés ne peuvent plus être filés, parce que, pour les filer, on les met dans l'eau où ils surnagent, tandis que, s'ils étaient percés, ils se rempliraient d'eau et tomberaient au fond.
    Par exagération. Serrer fortement.
SCARRON: « Les pleurs recommencèrent, et on pensa étouffer l'enfant à force de le baiser »
MONTESQ.: « La connaissance la plus légère met un homme en droit d'en étouffer un autre en l'embrassant »
    Fig. Étouffer quelqu'un, le perdre, le faire périr.
RAC.: « J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer »
VOLT.: « Égisthe est l'ennemi dont il faut triompher ; Jadis en son berceau je voulus l'étouffer »
    Familièrement. Que la peste l'étouffe ! Sorte d'exclamation pour exprimer son mécontentement de quelqu'un.

 2   Ôter la communication avec l'air libre et par là empêcher de brûler. Étouffer un incendie. Étouffer du charbon, de la braise.
    Fig.
CORN.: « Il n'eût point vu Créüse, et cet objet nouveau N'eût point de notre hymen étouffé le flambeau »
    Fig. Étouffer la révolte.
FLÉCH.: « Il étouffait les querelles dans leur naissance »
FÉN.: « Employez votre autorité à étouffer ces disputes dès leur naissance »
    Étouffer une affaire, une querelle, empêcher qu'elle n'éclate, qu'elle n'ait des suites.
LA FONT.: « Vous êtes pris ; ne vous montrez donc pas ; C'est le moyen d'étouffer cette affaire »
PICARD: « Croyez-moi, madame, puisque nous y consentons, ce que vous avez de mieux à faire, c'est d'étouffer cette malheureuse aventure.... »

 3   Priver les plantes de l'air nécessaire à leur végétation. Les mauvaises herbes étouffent le blé.
    Fig.
VOLT.: « Le prédicateur, dans Samuel Clarke, a étouffé le philosophe »
    Terme de jardinage. Étouffer des boutures, les placer sous une cloche en verre pour les soustraire à l'action de l'air, et favoriser le développement des racines.

 4   Étouffer des sons, les rendre moins éclatants, les amortir.
    Ne pas laisser entendre.
CORN.: « Fasse le juste ciel propice à mes désirs Que ces longs cris de joie étouffent vos soupirs ! »
ROLLIN: « Pour étouffer les cris que poussaient ces malheureuses victimes [dans les sacrifices humains], on faisait retentir, pendant cette barbare cérémonie, le bruit des tambours et des trompettes »
    Étouffer la voix, en empêcher l'émission.
MOL.: « La grande joie où je suis étouffe toutes mes paroles »
RAC.: « Tant de coups imprévus m'accablent à la fois Qu'ils m'ôtent la parole et m'étouffent la voix »
FÉN.: « Le sang qui coule étouffe sa voix »
    Fig.
CORN.: « L'amour étouffe en vous la voix de la nature »
    Étouffer se dit aussi de celui qui retient sa voix, ses soupirs, etc.
CORN.: « Je veux bien toutefois étouffer ce murmure »
FÉN.: « Je me suis tu, j'ai étouffé mes soupirs »
J. J. ROUSS.: « En tâchant d'étouffer ses sanglots »

 5   Supprimer, détruire.
CORN.: « Cette gloire.... Doit étouffer en nous tous autres sentiments »
CORN.: « Quand pourrai-je étouffer dans tes embrassements L'erreur dont j'ai formé de si faux sentiments ? »
CORN.: « Et la peur d'être ingrate étouffe votre deuil »
ROTROU: « Croyez-vous que.... L'absence ait de mes feux les ardeurs étouffées ? »
SÉV.: « Il faut donc étouffer tous les sentiments de la nature »
SÉV.: « Je le priais de ne point étouffer le Saint-Esprit dans son coeur »
BOSSUET: « On fit les derniers efforts pour étouffer cette doctrine »
RAC.: « Étouffe dans son sang ses désirs effrontés »
RAC.: « Quoi ! j'étouffe en mon coeur la raison qui m'éclaire.... »
MASS.: « Quand il s'agit d'étouffer dans leur naissance ces faibles désirs de pénitence »
LESAGE: « Je sens naître malgré moi des scrupules. - Il faut les étouffer »
VOLT.: « Étouffez dans son coeur un orgueil insensé »
VOLT.: « De Séide et du reste étouffez la mémoire »
VOLT.: « On étouffe l'esprit des enfants sous un amas de connaissances inutiles ; mais de toutes les sciences la plus absurde, à mon avis, et celle qui est la plus capable d'étouffer toute espèce de génie, c'est la géométrie [paroles mises dans la bouche d'un précepteur ignorant] »

 6   Terme de marine. Étouffer les voiles, les presser contre le mât, pour les dérober à l'action d'un vent trop violent. On dit aussi étrangler.

 7   Terme de cartonnier. Étouffer la colle, la faire tourner en eau pour l'avoir trop remuée.

 8   V. n. Avoir la respiration gênée par défaut d'air. Ouvrez la fenêtre, on étouffe ici. Délacez cette femme, elle étouffe.
J. J. ROUSS.: « Elle étoufferait plutôt que de laisser échapper un soupir en sa présence »
DUCIS: « Sur ces sables muets, cette mer sans courroux S'entr'ouvre, nous dévore, et se ferme sur nous ; Ma soeur, j'étouffe encore »
    Familièrement. Étouffer de rire, rire jusqu'à perdre la respiration.
BÉRANG.: « Ah ! pour étouffer n'étouffons que de rire »
    Étouffer à force de manger, avoir la respiration gênée parce que l'estomac est trop plein.
BÉRANG.: « Et d'ailleurs à chaque repas D'étouffer ne tremblez-vous pas ? »
    Étouffer de rage, être si en colère qu'on en perd la respiration.
    Fig.
J. J. ROUSS.: « J'étouffais dans l'univers, j'aurais voulu m'élancer dans l'infini »

 9   S'étouffer, v. réfl. Perdre la respiration.
SÉV.: « Cette femme s'étouffait de rire »
LA BRUY.: « Il s'est étouffé de crier après les chiens »
    S'étouffer, se serrer les uns les autres dans une grande foule. On s'est étouffé à ce bal.
MAINTENON: « Il y avait bien des places de vides, tout le monde ayant cru qu'on s'y étoufferait »
    Se faire périr l'un à l'autre.
RAC.: « Que, rappelant leur haine, au lieu de la chasser, Ils s'étouffent, Attale, en voulant s'embrasser »
    Être étouffé, n'être pas entendu. Leurs murmures s'étouffèrent parmi les acclamations générales.
LAMART.: « Et ce bruit insensé que l'homme croit sublime Se sera pour jamais étouffé dans l'abîme, L'abîme qui n'a plus d'échos »
    Avec suppression du pronom personnel.
PASC.: « Si cette méchante doctrine était renfermée dans les livres de deux ou trois casuites inconnus, peut-être qu'il serait utile de la laisser étouffer par l'oubli et par le silence »

SYNONYME
    ÉTOUFFER, SUFFOQUER. Étymologiquement étouffer, c'est empêcher l'air d'arriver ; suffoquer, c'est serrer la gorge ; de là la différence entre ces deux verbes. On étouffe quand l'air manque d'une façon quelconque ; on suffoque, quand la gorge est obstruée d'une façon quelconque.

HISTORIQUE
    XVIème siècle
MONT.: « Les plantes s'estouffent de trop d'humeur, et les lampes de trop d'huile »
MONT.: « Essayant d'estouffer dans le vin cette fascheuse pensée »
MONT.: « Ils [les chiens de la fable] entreprindrent de boire cette eau, d'asseicher le passage, et s'y estoufferent »
AMYOT: « Logez pesle mesle plusieurs ensemble dessoubs petites tentes et cabannes estouffées »
AMYOT: « Il fut foulé aux piedz et estouffé à la porte du camp par la multitude des fuyans »
AMYOT: « Cest air estouffé et le poulcier ensemble leur entroit dedans la gorge »

ÉTYMOLOGIE
    Bourguign. étôffai ; wallon, sitofé, stofé ; de es- préfixe, et un radical touf, qui se trouve dans l'italien tuffo, immersion, l'espagnol tufo, vapeur, le provençal moderne toufe, vapeur étouffante, le lorrain toufe, étouffant. Ce radical est rattaché par Diez au grec vapeur (voy. TYPHUS). Scheler conteste cette étymologie, objectant que les autres langues romanes qui auraient le primitif n'auraient pas le dérivé étouffer, et que toufe n'est pas dans le français (ce qui n'est pas complétement exact, puisqu'il est dans le lorrain) ; en conséquence il incline à regarder étouffer comme identique avec étouper, par l'intermédiaire du germanique ; anc. h. allem. stuphan ; allem. stopfen. Ce qui semble parler pour Diez, c'est que le français, le bourguignon et le wallon gardent l'f pour étoufer et le p pour étouper (voy. TOUFFEUR).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE ÉTOUFFER. Ajoutez :

 1   S'étouffer, être étouffé, supprimé, ne pas suivre son cours.
GUI PATIN: « Enfin le procès s'est étouffé petit à petit »

REMARQUE
    Étouffer, verbe neutre, se conjugue d'ordinaire avec l'auxiliaire avoir. Cependant J. J.
J. J. ROUSS.: « Rousseau s'est servi de l'auxiliaire être : à l'égard de Mme d'Épinay, je lui ai envoyé vos lettres et les miennes ; je serais étouffé de douleur sans cette communication J'aurais étouffé conviendrait seul ici. »


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Suffoquer; faire perdre la respiration, faire mourir, en privant d'air. "Une esquinancie l'a étouffé. Il a été étouffé d'un catarrhe. Cette nourrice en dormant a étouffé son enfant. Hercule étouffa le redoutable Antée." On dit par exagération, dans le langage familier, "Que la peste l'étouffe!"
Il est quelquefois neutre, et signifie, Avoir la respiration empêchée; ou Mourir faute d'air. "Il n'y a point d'air dans cette chambre, on y étouffe. Délacez cette femme, elle étouffe. Il étouffa au milieu des plus horribles convulsions. Nous pensâmes de chaud."
Fig. et fam., "Étouffer de rire," Rire avec excès, jusqu'à perdre la respiration.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit également De ce qui dérobe aux plantes l'air nécessaire à leur végétation. "Les mauvaises herbes étouffent le blé. Cet arbre étouffe les arbustes qui l'entourent."
Il signifie aussi, Éteindre, en interceptant l'air. "Étouffer du charbon, de la braise."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie figurément, Supprimer, cacher, surmonter. "Étouffer les cris de quelqu'un. Tâchez d' vos soupirs, vos plaintes, vos ressentiments. Je ne saurais ma douleur. Étouffer les remords de sa conscience. Étouffez ces soupçons, de pareils soupçons."
"Étouffer des sons," Les rendre moins éclatants, les amortir. "Il y a, dans les pianos, une pédale qui sert à les sons."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Détruire, dissiper, faire cesser. "Étouffer les germes du vice. Étouffer les talents. Étouffer une révolte, une hérésie, une sédition, une guerre civile. Étouffer une erreur."
"Étouffer une affaire, une querelle," Empêcher qu'elle n'éclate, qu'elle n'ait des suites.




Emplacement dans le dictionnaire :

étonnamment
étonnant
étonné
étonnement
étonner
étouffant
étouffé
étouffée
étouffement
étouffer
etouffer
étouffoir
étoupé
étoupe
étouper
étoupille
étoupiller
étoupillon
étourderie
étourdi
étourdiment




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...Si d'une part, en effet, la séparation des fonctions sociales permet à l'esprit de détail un heureux développement, impossible de tout autre manière, elle tend spontanément, d'une autre part, à étouffer l'esprit d'ensemble ou, du moins, à l'entraver profondément. Pareillement, sous le point de vue moral, en même temps que chacun est ainsi placé sous une étroite dépendance envers la masse, il en est...


Citation n°2 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)

...il savait réunir ses vigueurs entières pour déboîter la jambe rivale de son point d'appui, et faire tout à coup chanceler, s'abattre le vainqueur, eût-il fallu pour cela souffrir l'étranglement, étouffer sous le poids d'un corps, en silence, pendant la préparation du geste libérateur. Bientôt ils l'estimèrent dangereux, ces garçons aux rageuses étreintes, et qui rompaient d'un seul coup les bâtons....


Citation n°3 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)

...volait à la cuisine, durant les absences des domestiques, et qu'elle recevait, ensuite, le fouet dans la lingerie. à la vue de son cousin, elle jeta l'os de poulet, avala d'un coup, au risque de s'étouffer, ce qui demeurait en sa bouche, et s'essuya les lèvres, avec promptitude, mais ne s'excusa point, ni ne rougit. Au dîner, elle ne parut pas avant le second service, entra, toute fardée, avec un...


Citation n°4 de Ernest RENAN (Souvenirs d'enfance et de jeunesse)

...à une vie simple et vulgaire, j'accepterais. Que de fois j'ai cherché à me mentir à moi-même ? Mais est-il au pouvoir de l'homme de croire ou de ne pas croire ? Je voudrais qu'il me fût possible d'étouffer la faculté qui en moi requiert l'examen ; c'est elle qui a fait mon malheur. Heureux les enfants qui ne font toute leur vie que dormir et rêver ! Je vois autour de moi des hommes purs et simples...


Citation n°5 de Ernest RENAN (Souvenirs d'enfance et de jeunesse)

...; mais la forme sous laquelle elles le possèdent ne peut suffire à celui dont la raison est en juste proportion avec les autres facultés. Cette faculté élimine, discute, épure, et impossible de l'étouffer. Ah ! Si j'avais pu, je l'eusse fait. Quant au cupio omnes fieri, voici mon idée. Je ne l'applique qu'à ma liberté. Il faut, autant que possible, se maintenir dans une position où l'on soit prêt...


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