éveiller (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

XI e siècle. Issu du latin evigilare, « s'éveiller, veiller », dérivé de vigil, « éveillé, vigilant ».
1. Tirer du sommeil. On est venu m' ce matin à cinq heures. Quand il dort, le canon ne l'éveillerait pas. Pron. Elle s'est éveillée en sursaut. S' au moindre bruit. (Aujourd'hui, on dit plus souvent Réveiller. ) Par ext. Tirer d'un état d'indifférence, d'engourdissement. Vous avez l'air endormi : allons, éveillez-vous ! Prov. N'éveillez pas le chat qui dort, voir .
2. Fig. Faire naître. Éveiller la jalousie, l'inquiétude de quelqu'un. Son embarras éveilla mes soupçons. Éveiller l'attention du public. Éveiller chez un enfant le sens du devoir. Pron. L'ambition s'éveilla de bonne heure en lui.
3. Faire apparaître ce qui est latent ; amener une personne à s'intéresser aux choses, à les comprendre. Éveiller l'intelligence. Éveiller un adolescent à la poésie. Pron. S' à, devenir sensible à. S' à l'amour, à l'art.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Tirer du sommeil. "Quand il est une fois endormi, on ne peut l'éveiller. Le moindre bruit l'éveille. On est venu m' ce matin à cinq heures."
Prov. et fig., "Il ne faut pas le chat qui dort." Voyez CHAT.
S'ÉVEILLER signifie Sortir du sommeil. "Il s'éveille tous les jours à une certaine heure. Elle s'est éveillée en sursaut. On emporterait la maison, qu'il ne s'éveillerait pas. S' au bruit. Vous paraissez tout endormi, éveillez-" vous. En ces différents sens, on dit plutôt aujourd'hui R On dit toutefois, au sens figuré, "Son intelligence commence à s'éveiller."



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Tirer quelqu'un du sommeil.
BOILEAU: « .... Les souris et les rats Semblent, pour m'éveiller, s'entendre avec les chats »
RAC.: « Oui, c'est Agamemnon, c'est ton roi qui t'éveille »
RAC.: « Il faut que tous les jours j'éveille tout mon monde »
BÉRANG.: « Dans mon réduit où l'on voit l'indigence, Sans m'éveiller assise à mon chevet »

 2   Fig. Donner de la gaieté. Il est mélancolique, il lui faudrait quelque chose qui l'éveillât un peu.
    Rendre plus actif. L'ambition l'a éveillé.

 3   Stimuler, exciter. Éveiller les soupçons, la jalousie.
VOLT.: « Mais laissez-nous le temps d'éveiller un parti »
DUCIS: « C'est moi qui la première éveillai son courage »
LEMERC.: « L'aspect d'un tel censeur éveille ses remords »
    Absolument.
BOILEAU: « Il faut que sa douceur [de l'idylle] flatte, chatouille, éveille »

 4   Faire naître.
J. J. ROUSS.: « Quelle foule d'idées j'éveille dans son cerveau par ce peu de mots ! »

 5   S'éveiller, v. réfl. Sortir du sommeil.
RAC.: « Il s'endort, il s'éveille au son des instruments »
    Fig.
RETZ: « Il n'est pas mauvais que le peuple s'éveille de temps en temps »
RAC.: « [ô roi] Il est temps que tu t'éveilles : Dans le sang innocent ta main va se plonger »

 6   Prendre de la vivacité, en parlant de choses.
DELILLE: « Aussitôt des objets les images pressées En foule s'éveillaient dans ses vastes pensées »
C. DELAV.: « Dans mon coeur attendri quel sentiment s'éveille ? »

PROVERBE N'éveillez pas, ou, il ne faut pas éveiller le chat qui dort, c'est-à-dire ne rappelez pas une mauvaise affaire assoupie.

SYNONYME
    ÉVEILLER, RÉVEILLER. Ces deux verbes ne diffèrent que par le préfixe re-, qui marque réduplication de l'action. On dort et on s'éveille ; on se rendort et on se réveille. Cette distinction est réelle ; mais, dans l'usage, on la néglige souvent : Je vous réveillerai demain à six heures.

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Ch. de Rol. LV: Charles se dort, qu'il ne s'esveille mie
    XIIème siècle
CRESTIEN DE TROIES: « As oroilles vient la parole, Ausi come li vanz qui vole, Mes n'i areste ne demore, Se li cuers [coeur] n'est si esveilliez Qu'au prendre soit apareilliez »
     Th. le mart. 101: Li sainz huem ne fist mie ses servans esveillier
    XIIIème siècle
     Chr. de Rains, p. 74: Et que or avoit li rois d'Espaigne enveillet le chien qui dormoit
     Poésies mss avant 1300, t. IV, p. 1468, dans LACURNE: Car mesdisant felon et de put aire Font les amans à grant dolor languir, Qui sont touzjors esveillé de mau faire, Quant on cuide que il doient dormir
JOINV.: « Mez seulement pour le grant amour que il a en nous, nous esveille [Dieu] par ses menaces »
    XVème siècle
LOUIS XI: « Plus esveillé qu'un rat »
LOUIS XI: « Il appela son varlet, qui estoit un galant tout esveillé »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. esvelhar, esveillar ; ital. svegliare ; du lat. evigilare, s'éveiller, de e, ex, et vigilare, veiller.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Faire cesser le sommeil. "Quand il est une fois endormi, on ne saurait l'éveiller. Le moindre bruit l'éveille. On m'est venu ce matin à cinq heures."
Prov. et fig., "Il ne faut pas le chat qui dort," Il ne faut pas r une fâcheuse affaire qui est assoupie; il ne faut pas fournir à celui qui n'y pense pas, des occasions de montrer du mécontentement, de nuire, etc.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie figurément, Donner de la gaieté, ou Rendre plus actif. "Il est mélancolique, il lui faudrait quelque chose qui l'éveillât un peu. Il était naturellement indolent, mais l'ambition l'a éveillé."
Il signifie encore figurément, Stimuler exciter, provoquer. "Éveiller les talents. Éveiller la jalousie, l'envie. Éveiller les remords. Éveiller les soupçons."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



avec le pronom personnel, signifie, Cesser de dormir. "Il s'éveille tous les jours à une certaine heure. Elle s'est éveillée en sursaut. On emporterait la maison, qu'il ne s'éveillerait pas. S' au bruit. Vous paraissez tout endormi, éveillez-vous."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Faire cesser le sommeil, rompre le sommeil. "Quand il est une fois bien endormi, on ne sauroit l'éveiller. Le moindre bruit l'éveille. On m'est venu ce matin pour me dire"....
On dit figurément, "Éveiller," pour dire, Donner de la gaieté, rendre plus agissant et plus vif. "Il est mélancolique, il lui faudroit quelque chose qui l'éveillât un peu. Il étoit naturellement pesant, mais l'ambition l'a éveillé. Vous paroissez tout endormi, éveillez - vous, faites quelque chose".
On dit proverbialement, "Il ne faut pas le chat qui dort," pour dire, qu'On ne doit pas rappeler des souvenirs fâcheux.
On dit figurément, "Éveiller les talens, l'envie".
s' Cesser de dormir. "Il s'éveille tous les jours à une certaine heure. Il s'éveilla en sursaut. On emporteroit la maison, qu'il ne s'éveilleroit pas. S' au bruit. S' d'un rien".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Faire cesser le sommeil, rompre le sommeil. "Quand il est une fois bien endormi, on ne sauroit l'éveiller. Le moindre bruit l'éveille. On m'est venu ce matin pour me dire......"
On dit figurément, "Éveiller," pour dire, Donner de la gaieté, rendre plus agissant & plus vif. "Il est mélancolique, il lui faudroit quelque chose qui l'éveillât un peu. Il étoit naturellement pesant, mais les affaires lui ont éveillé l'esprit. Vous paroissez tout pesant, tout endormi, éveillez-vous, faites quelque chose."




Emplacement dans le dictionnaire :

évaser
évasif
évasion
évasivement
évasure
évêché
éveil
éveillable
éveillé
éveiller
éveilleur
éveillure
evenement
evenement
évènement
événement
évènementiel
event
évent
éventable
éventail


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