Abâtardir (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
XII e siècle. Dérivé de bâtard.
1. Altérer le type primitif. Des croisements malencontreux ont abâtardi cette race bovine. Une espèce abâtardie. Pron. Cette vigne s'est abâtardie.
2. Fig. et litt. Corrompre, affaiblir. Les talents les plus heureux s'abâtardissent dans l'oisiveté.
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Altérer de façon à faire dégénérer. "Le défaut de soins a tout à fait abâtardi cette race d'animaux. Cette race s'est abâtardie. Ce plant de vigne s'abâtardit chaque jour."
Il s'emploie aussi figurément. "Une longue servitude abâtardit le courage. Les plus heureux" "talents s'abâtardissent dans l'oisiveté. Courage abâtardi."
Dictionnaire d'Emile Littré
| Verbe |
1 Faire dégénérer, au propre et au figuré. La mauvaise culture abâtardit les plantes. Ils ne voyaient là que des moyens d'abâtardir les courages.
2 S'abâtardir, v. réfl. Dégénérer. Les arbres fruitiers s'abâtardissent si on ne les soigne constamment. S'abâtardir dans l'oisiveté.
BOSSUET: « La pureté de la doctrine était abâtardie par les Vaudois »
HISTORIQUE
XIIème siècle
Ronc. p. 116: Com nostre lois est hui abastardie
XIIIème siècle
HUE DE LA FERTÉ: « Bien est France abastardie, Seigneur baron, entendez, Quant femme [la reine Blanche] l'a en baillie, Et tele comme savez »
XVIème siècle
DU BELLAY: « Ceste arrogance grecque, admiratrice seulement de ses inventions, n'avoit loi ni privilege de legitimer ainsi sa nation, et abastardir les autres »
DU BELLAY: « La peur descouvre un coeur abastardi »
CALV.: « Sitost qu'on se detourne de la parole, l'oraison est quant et quant abastardie »
CALV.: « Ils se sont abastardis en degenerant de leurs peres »
CALV.: « Ceux qui seront convaincus de s'estre abastardis de leur origine »
ÉTYMOLOGIE
À et bâtard ; provenç. abastardir ; anc. espagn. abastardar.
Signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
Faire déchoir une chose de son état naturel, la faire dégénérer, l'altérer. "Le défaut de soins a tout à fait abâtardi cette race d'animaux. La mauvaise culture
Il s'emploie aussi figurément. "Une longue servitude abâtardit le courage."
Il s'emploie, au propre et au figuré, avec le pronom personnel. "Cette race s'est abâtardie. Ce plant de vigne s'abâtardit de jour en jour. Les jeunes gens s'abâtardissent dans l'oisiveté, dans les délices. Les plus heureux talents s'abâtardissent dans l'oisiveté."
Ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Verbe |
Faire déchoir une chose de son état naturel, la faire dégénérer, l'altérer. Il ne se dit qu'au figuré. "La longue servitude abâtardit le courage".
Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Verbe |
Faire déchoir une chose de son état naturel, la faire dégénérer, l'altérer. Il ne se dit qu'au figuré. "La longue servitude abâtardit le courage."
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Verbe |
["Abâtardi", 2e. lon. le reste bref.] Altérer la natûre de quelque chose, la faire déchoir de son état naturel. "Trev.Acad."
- Ce mot est moins noble qu'expressif: l'actif est moins usité que le réciproque, s'"abâtardir". Le premier ne s'emploie que dans le figuré: l'autre est bon, et pour le figuré et pour le propre, et dans le moral et dans le physique. 'La misère et l'esclavage "ont abâtardi le courage" des Grecs.
- '"Les plantes" d'Orient s'"abâtardissent" en Europe. 'Les meilleures choses s'"abâtardissent" avec le temps.
Emplacement dans le dictionnaire :
| abat ou abas abat-faim abat-foin abat-jour abat-son abat-sons abat-vent | abat-voix abatant abâtardir abâtardissement abatellement abatis abattable | abattage abattage abattant abattement abatteur abattis abattoir |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Léon GOZLAN (Le Notaire de Chantilly)...brevet ; alors il vous dépouille par volume ; il vous dessèche par traductions, imitations, contrefaçons, faux mémoires ; il vous enlève même votre nom légitime, consacré par l'église, pour vous abâtardir du pseudonyme en vogue. Si l'homme d'affaires travaille sur le litigieux, il vous pompe la vie et l'esprit par consultations, mémoires à consulter pour ou contre, adresses aux tribunaux. Il est...
Citation n°2 de Maxime DU CAMP (Mémoires d'un suicidé)
...qui ne laisse échapper son huile que si elle est écrasée, broyée, triturée, anéantie. Qu'est-ce qui les sauve donc de tant de tortures ? L'orgueil ! Ce péché capital inventé par ceux qui ont voulu abâtardir l'homme pour en faire un automate dont ils manieraient les ressorts ; l'orgueil, cette vertu sublime qui est la conscience de sa propre force, comme la vanité en est l'illusion. L'orgueil fait...
Citation n°3 de Louis SAINT-MARTIN (L'Homme de désir)
...l'état de l'homme primitif, tel seroit l'état de l'homme régénéré : seroit-on donc étonné que l'homme de desir ne voulût pas sortir des portiques du seigneur ? 107. Homme aveugle, pourrois-tu t'abâtardir davantage que de te laisser donner des leçons de vertu par des histrions ? Il faut que tu sois bien peu sensible à sa sublimité, pour ne pas gémir de la voir professer par des bouches aussi...
Citation n°4 de Nicolas RÉTIF DE LA BRETONNE (Le Paysan perverti ou les Dangers de la ville)
...des citadins ; il paroît plus timide, moins assuré, jusqu'à ce qu'il se soit remis au courant. Delà, cette invincible répugnance que l'on voit à tous ceux qui ont goûté de la ville, à retourner s'abâtardir à la campagne ; à quitter le rôle d'homme poli des villes, et les airs qui lui conviennent, pour redescendre au titre de campagnard, et participer à l'ignobilité qui en est le vernis. On ne sauroit...
- Autres Recherches
-
Synonymes
Conjugaisons
Conjugaison du verbe : cliquez ici
Usage du mot
- Ce graphique vous montre la manière dont ce mot a été utilisé à travers les âges.
