Appétit (nom masculin, subst. masculin)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Nom masculin |
XII e siècle, au sens de « vif désir de quelque chose » ; XIII e siècle, « désir de nourriture ». Emprunté du latin appetitus, « vif désir », et, spécialement, « vif désir de nourriture », dérivé de appetere .
1. Mouvement qui porte à satisfaire un besoin organique, un instinct, un désir. Souvent au pluriel. Appétits naturels. Appétits sexuels. Contenter, suivre, satisfaire ses
2. Besoin de manger, désir de manger ; plaisir éprouvé à manger. Avoir un violent
3. Fig. Suivi d'un complément. Vif désir qui pousse à rechercher une chose. Un
4. Au pluriel. Vieilli. Herbes servant de condiments, comme la ciboulette. Mettre des
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Nom masculin |
Mouvement qui porte à désirer ce qui peut satisfaire les besoins et les instincts. "Appétit sensuel, charnel, brutal. Appétit déréglé, désordonné. Contenter, suivre, satisfaire ses
Il se dit particulièrement du Désir de manger. "Bon
Fam., "Bon
Prov., "Il n'est chère que d'appétit," La faim assaisonne tous les mets.
Prov. et fig., "L'
Fig., "Avoir l'
Fig., "Demeurer, rester sur son
Fig., "C'est un homme qui a bon
Dictionnaire d'Emile Littré
| Subst. masculin |
1 Désir d'un objet en vue de la satisfaction des sens.
BOSSUET: « J'ai tâché de mortifier mes appétits sensuels »
BOSSUET: « Les appétits, qui consistent à remplir les organes corporels, se finissent, à cause que les organes sont bornés »
RÉGNIER: « Qui pour dieu ni pour loi n'ont que leurs appétits »
J. J. ROUSS.: « La voix du devoir succédant à l'impulsion physique, et le droit à l'appétit »
2 Dans le langage de la philosophie, principe d'action qui a pour origine un besoin du corps, et qui par conséquent est non continu, mais intermittent.
Appétit concupiscible, faculté par laquelle l'âme se porte vers ce qu'elle croit un bien.
Appétit irascible, faculté par laquelle l'âme s'éloigne de ce qu'elle croit un mal.
3 Goût, inclination.
RÉGNIER: « Or, sans me tourmenter de divers appétits »
BERN. DE S. P.: « Paul et elle s'amusaient avec transport de leurs jeux, de leurs appétits et de leurs amours »
4 Passion, vif désir. Notre esprit dont l'appétit est de savoir.
LA FONT.: « Mais quoi ! rien ne remplit Les vastes appétits d'un faiseur de conquêtes »
MAIR.: « Et soûlent du butin son avare appétit »
PERROT D'ABL.: « Ni rancune, ni appétit de vengeance »
BOSSUET: « Ayez appétit de ce pain céleste »
5 Désir amoureux.
LA FONT.: « Fille pleine de suc et donnant appétit »
6 Désir de manger. Donner de l'appétit ; mettre en appétit.
LA FONT.: « On peut à moins gagner de l'appétit »
SÉV.: « Je mange avec appétit »
DESC.: « On ne laisse pas quelquefois d'avoir bon appétit »
BÉRANG.: « Mon appétit s'ouvre, Et mon oeil découvre Les portes d'un Louvre En tourte arrondi »
BÉRANG.: « La liberté m'enchante, Mais j'ai grand appétit »
Fig.
LA FONT.: « Ou de tout leur pouvoir, de tout leur appétit Dormaient les deux pauvres servantes »
Bon appétit, formule dont on se sert en parlant à quelqu'un qui va manger.
Familièrement. Chercher ses appétits, prendre ses appétits, choisir les mets pour lesquels on a le plus de goût. Cette locution vieillit.
Fig. C'est un homme de bon appétit, se dit de quelqu'un qui prend places, argent, et à qui tout semble bon.
RÉGNIER: « Il n'est bon courtisan s'il n'a bon appétit »
SAINT-SIMON: « Saumery avait plusieurs enfants et de l'appétit »
C'est un cadet de grand appétit, c'est un jeune homme à qui tout est bon.
Avoir l'appétit ouvert de bon matin, désirer prématurément une chose.
CORN.: « Vous avez l'appétit ouvert de bon matin »
Demeurer sur son appétit, limiter ses désirs, ses prétentions.
7 Appétits, nom qu'on donne vulgairement au hareng fumé, à la ciboule, et autres substances qui aiguisent l'appétit.
8 À l'appétit de, locut. adverb. Par désir d'avoir. Il a laissé tomber un mur à l'appétit de quelques centaines de francs qu'il fallait dépenser pour le réparer.
RÉGNIER: « Pâlir dessus un livre à l'appétit d'un bruit [réputation] »
PROVERBES
SYNONYME
APPÉTIT, FAIM. La faim est essentiellement l'expression d'un besoin, elle ne peut être ni provoquée ni excitée, comme l'appétit. Celui-ci se prononce pour tel aliment de préférence à un autre ; la faim appelle également toute espèce d'aliment pour lequel on n'a pas de répugnance. En mangeant on apaise toujours la faim, tandis qu'on donne quelquefois lieu à l'appétit de se développer.
HISTORIQUE
XIIIème siècle
ALEBRANT: « Il ara petit appetit de mengier et grant talent de boire »
la Rose, 14289: Ainsinc, estil, biau filz, par m'ame, De tout homme et de toute fame, Quant à naturel apetit, Dont loi les retrait ung petit
XIVème siècle
ORESME: « Il convient à entendre et regarder à quelles choses nous sommes par notre appetit enclins et de legier mouvables »
ORESME: « Encor appert il que l'appetit sensitif obeist aucunement à raison »
ORESME: « L'en pardonne plus volentiers, et raison est, as choses qui sont faites par appetis naturels que as autres »
MACHAULT: « Où chascuns fu, ce m'est avis, à point honnourez et servis Aussi de vin et de viande, Com corps et appetit demande »
XVème siècle
E. DESCH.: « À apetit d'aucuns fault estre duit Et que francs cuers au felon s'umilie »
COMM.: « Les biens et les honneurs ne se departent point à l'appetit de ceulx qui les demandent »
E. DESCH.: « Et se douloit de quoy il luy avoit ainsi couru sus à l'appetit d'autruy »
Lettre de Charles VIII. Bulletin du Comité de la langue, t. III, p. 589: Nostre dict frere et cousin, à l'apetit de qui que ce soit, a puis nagueres recueilli ung grant nombre de gens de guerre vivans sur nostre peuple
XVIème siècle
CALV.: « Ils divisent l'appetit en concupiscence et volonté »
CALV.: « Fuir ou appeter est une semblable chose en l'appetit, que nier ou approuver en l'entendement »
MONT.: « L'appetit de manger et de boire.... »
MONT.: « C'est une incivile importunité de chocquer tout ce qui n'est pas de nostre appetit [goût] »
MONT.: « Mon appetit est accommodable indifferemment à toutes choses de quoy on se paist »
LANOUE: « Qu'il n'y avoit nul propos de les faire geler tous, l'espace d'une longue nuict, à l'ap petit d'un soupçon, peut estre, mal fondé »
YVER: « Ils ont toujours l'appetit ouvert, comme la bourse d'un medecin »
BRANT.: « Si ce pont fust esté faict à l'appetit de peu [pour peu de dépense] »
ÉTYMOLOGIE
Bourguig. aupetit ; provenç. appetit, apetit ; espagn. apetito ; portug. apetite ; ital. appetito ; d'appetitus, d'appetere (voy. APPÉTER).
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Subst. masculin |
Inclination, faculté par laquelle l'âme se porte à désirer quelque chose pour la satisfaction des sens. "Appétit sensuel, charnel, brutal. Appétit déréglé, désordonné. Contenter, satisfaire ses
En termes de Philosophie scolastique, "Appétit concupiscible," Faculté par laquelle l'âme se porte vers ce qu'elle considère comme un bien. "Appétit irascible," Faculté par laquelle l'âme se porte à repousser ou à éviter ce qu'elle regarde comme un mal.
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
se dit particulièrement Du désir de manger. "Bon
Fam., "Chercher ses
Prov., "Il n'est chère que d'appétit," La faim assaisonne tous les mets.
Fam., "C'est un cadet de haut
Prov. et fig., "C'est un homme qui a bon
Prov. et fig., "L'
Prov. et fig., "Avoir l'
1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Subst. masculin |
Inclination, faculté, par laquelle l'âme se porte à désirer quelque chose pour la satisfaction des sens. "Appétit sensuel, charnel, brutal. Appétit déréglé, désordonné. Contenter, satisfaire ses
Selon les Philosophes de l'École, "L'
2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)
Appétit, se prend particulièrement pour Le désir de manger. Bon
On dit familièrement, "Chercher ses appétits, prendre ses
On dit proverbialement, "Il n'est chère que d'appétit," pour dire, que La faim assaisonne tous les mets; et d'Un jeune homme à qui tout semble bon, que "C'est un cadet de haut
On dit figurément et proverbialement, d'Un homme qui a beaucoup d'avidité pour le bien, que "C'est un homme qui a bon
On dit aussi proverbialement et figurément, "C'est un homme qui a l'appétit ouvert de bon matin," pour dire, que C'est un homme qui recherche prématurément quelque chose d'utile et d'agréable; et "Demeurer sur son
1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
Inclination, faculté, par laquelle l'ame se porte à desirer quelque chose pour la satisfaction des sens. "Appétit sensuel, charnel, brutal. Appétit déréglé, désordonné. Contenter ses
Selon les Philosophes, "L'
2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
se prend particulièrement pour le desir de manger. "Bon
On dit, "Chercher ses
On dit proverbialement, "Il n'est sausse que d'appétit:" Et d'un jeune homme à qui tout semble bon, que "C'est un cadet de haut
On dit figurément & proverbialement, d'Un homme qui a beaucoup d'avidité pour le bien, que "C'est un homme qui a bon
On dit aussi proverbialement & figurément, "C'est un homme qui a l'
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
ou APÉTIT, s. m. [2e "é" fer. tout bref.] En général, passion. "Passion" de l'âme, qui la porte à désirer quelque chôse. "Apétit" sensuel, charnel, brutal. Contenter, satisfaire tous ses "apétits", etc.
- Plus ordinairement et en particulier, "désir de manger". 'Avoir "apétit", doner "de l'apétit;" exciter, éveiller, aiguiser l' "apétit". Rentrer "en apétit", manger "d'apétit". Demeurer "sur son apétit"; cesser de manger, quoiqu'on ait encore "apétit".
"À~ l'apétit de..." adv. Faute de, pour épargner, etc. "À~ l'apétit d'"un écu, il a laissé mourir un cheval de cinquante pistoles.
"Rem." 1°. C'est un gasconisme de faire "apétit" fém. et de dire, j'ai "une grande apétit"; c'est "un grand apétit" qu'il faut dire.
2°. Au propre, il se dit sans régime: on ne dit point j'"ai apétit des" melons, "des" fraises, "des" pois verds, etc. Au figuré, on dit: "avoir apétit", ou "être en apétit de", et "avoir de l'apétit pour". 'Il "a apétit de" tous les bénéfices qui sont à doner: 'J'"étois en apétit de" fortune. Mariv. 'Il a "de l'apétit pour" les emplois lucratifs.
- "Doner apétit de manger". Mariv.
3°. En style proverbial, on apèle "apétit de femme grosse", un apétit bisarre; un "cadet de haut apétit", un homme qui mange beaucoup; "avoir l'apétit ouvert de bon matin", désirer trop tôt les biens de la fortune. 'L'"apétit vient en mangeant", plus on a, plus on veut avoir.
- "Apétit": goût, plaisir, (style figuré familier.) M. le Prince l'a lû d'un bout à l'autre "avec le même apétit". SEV.
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