Appréhender (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
XIII e siècle, au sens 2. Emprunté du latin apprehendere, « saisir », « concevoir ». Du sens de « comprendre » est issu celui de « prévoir », puis « considérer comme étant à craindre ».
1. Saisir quelqu'un, s'en rendre maître. Appréhender un malfaiteur. Il s'est laissé
2. Fig. Saisir par l'esprit, par l'entendement. Appréhender une réalité. C'est une notion difficile à
3. Tenir pour dangereux, nuisible ; redouter. Il appréhende le grand froid, les voyages en avion. Par ext. Envisager avec inquiétude, craindre. J'appréhende les suites de cette affaire. Il appréhende de vous déplaire. On appréhende que la fièvre ne revienne.
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Procédure
Prendre, saisir. Il ne se dit plus qu'en parlant des Prises de corps. "On l'a appréhendé au corps. Appréhender au collet."
Il signifie le plus souvent Tenir pour dangereux, nuisible. "Appréhender le jugement du public. Appréhender le froid. C'est une affaire dont on appréhende les suites. Il appréhende de se présenter devant vous. Il appréhende de vous déplaire. On appréhende que la fièvre ne revienne."
Dictionnaire d'Emile Littré
| Verbe |
1 Terme de pratique. Saisir au corps.
2 Craindre. J'appréhende un conflit. Il appréhendait de le voir. Il appréhenda qu'on ne se saisît de lui.
CORN.: « Qui n'appréhende rien, présume trop de soi »
CORN.: « L'amitié le consent, si l'amour l'appréhende »
CORN.: « Et n'appréhendez point Rome ni sa vengeance »
LA BRUY.: « La même justesse d'esprit qui nous fait écrire de bonnes choses, nous fait appréhender qu'elles ne le soient pas assez pour mériter d'être lues »
RAC. et BOILEAU: « J'appréhende un peu qu'il ne vous retienne »
CORN.: « N'appréhendez-vous point que tous vos domestiques Ne soient déjà gagnés par mes sourdes pratiques ? »
MOL.: « Mon Dieu ! qu'ils n'appréhendent rien ; je leur garantis le succès de leur pièce »
MOL.: « Et si le ciel n'a rien que tu puisses appréhender, appréhende du moins la colère d'une femme offensée »
REMARQUE
1. On met le second verbe au subjonctif avec ne.... pas, quand on désire que la chose arrive : j'appréhende qu'il ne vienne pas ; parce que je désirerais qu'il vînt. On met le second verbe au subjonctif avec ne seulement, quand, au contraire, on craint que la chose n'arrive, ou, ce qui est la même chose, quand on désire que la chose n'arrive pas ; ainsi : j'appréhende qu'il ne vienne ; parce que je voudrais qu'il ne vînt pas.
2. Appréhender ne se construit pas sans préposition avec un infinitif. C'est une locution vicieuse que : j'appréhende lui parler.
HISTORIQUE
XVIème siècle
MONT.: « Nostre parole le dict, mais nostre intelligence ne l'apprehende [comprend] point »
LANOUE: « Il leur faudroit si peu de bon succès pour mettre en terreur toute la chrestienté, que desjà j'apprehende un tel inconvenient »
PARÉ: « Combien qu'apprehendions [saisir, comprendre] subitement et facilement, nous sommes legers et muables en nos apprehensions et opinions »
ÉTYMOLOGIE
Apprehendere, saisir (voy. APPRENDRE) ; provenç. aprehendre. Ce verbe est nouveau dans la langue ; s'il était ancien, il aurait la forme apprehendre. Appréhender signifie proprement saisir des mains, puis saisir de l'esprit, puis prévoir, et, par le passage de la prévision à la crainte, redouter.
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
T. de Pratique. Prendre, saisir. Il ne se dit qu'en parlant Des prises de corps. "On l'a appréhendé au corps."
"Si pris et appréhendé peut être." Ancienne formule employée dans les sentences et arrêts par contumace.
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie aussi, dans le langage ordinaire, Craindre, redouter, avoir peur de. "Appréhender le jugement du public. Appréhender le froid. C'est une affaire dont on appréhende les suites. Il appréhende de se présenter devant vous. Il appréhende de vous déplaire. On appréhende que la fièvre ne revienne."
1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Verbe |
Terme de Pratique. Prendre, saisir. Il ne se dit qu'en parlant De prise de corps. "On" "l'a appréhendé au corps. Si pris et appréhendé peut être," Formule de Sentence et d'Arrêt par contumace, en matière criminelle.
2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)
Appréhender, signifie aussi, Craindre, avoir peur de. "Appréhender le jugement du public. Appréhender le sroid. Il appréhende de se présenter devant vous. Il appréhende de vous déplaire. On appréhende que la fièvre ne revienne. C'est une affaire dont on appréhende les suites".
1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Verbe |
Terme de Pratique. Prendre, saisir. Il ne se dit qu'en parlant de prise de corps. "On l'a appréhendé au corps. Si pris & appréhendé peut être," Formule de Sentence & d'Arrêt par contumace, en matière criminelle.
2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
signifie aussi, Craindre, avoir peur. "Appréhender les voleurs. Appréhender le péril. Appréhender le froid. Il appréhende de se présenter devant vous. Il appréhende de vous déplaire. On appréhende que la fièvre ne revienne. C'est une affaire dont on appréhende les suites."
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Verbe |
["Apré-andé", 2e "é" fer. 3e lon.] Craindre. "Apréhender les" voleurs, "les" ennemis, "les" dangers, "les" suites d'une afaire, etc. "Apréhender d'être trompé, qu' on ne nous trompe". Voy. CRAINDRE.
- Au Palais: prendre, saisir. Il ne se dit que de la prise de corps. "Apréhender" au corps; si pris et "apréhendé" peut "être".
Emplacement dans le dictionnaire :
- Autres Recherches
-
Synonymes
Conjugaisons
Synonymes : cliquez ici
Conjugaison du verbe : cliquez ici
