Atténuer (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

XII e siècle, atenuer. Emprunté du latin attenuare, « amincir, amoindrir, affaiblir ».
1. Diminuer, rendre moins fort. Ce médicament a ses souffrances. Atténuer la virulence d'une culture microbienne. Le temps a votre douleur. Le feuillage atténue l'ardeur du soleil. Pron. Le mal va en s'atténuant. Sa passion s'est atténuée, est devenue moins forte.
2. Rendre moins grave. Cela n'atténue pas ses torts, sa faute. Vous auriez dû la sévérité de vos reproches. Une responsabilité atténuée.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Rendre moins fort. "Les jeûnes, les veilles, les fatigues l'ont extrêmement atténué, l'ont atténué."
Figurément, il signifie Rendre moins grave. "Atténuer l'effet d'un mal. Ce délit est beaucoup atténué par les circonstances. Il s'est vainement efforcé d' le crime. Cela n'atténue point ses torts, sa faute. Le crime, le délit s'atténue, lorsque..."



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Rendre mince, ténu ; diminuer l'embonpoint. Les jeûnes, les veilles, les fatigues l'ont extrêmement atténué.

 2   Terme de médecine. Atténuer les humeurs, les rendre plus fluides.

 3   Fig. Diminuer, rendre moins grave. Son repentir a atténué sa faute.
    Terme de droit. Les circonstances ont atténué le délit.

 4   S'atténuer, v. réfl. Devenir moindre. Le corps s'atténue par le jeûne. Le délit s'atténue ou s'aggrave par les circonstances.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Job, 466: Li bien ki poissent estre attenueit, se il fuissent acomplit
    XIIIème siècle
     Psautier, f° 180: Attenuoié sunt mi oill [yeux] esgardant en haut
    XVème siècle
COMM.: « Chascun estimoit le royaulme bien attenué tant des grans que des moyens et que des petis, pource qu'ils avoient portez et souffertz vingtz ans ou plus de grandes et horribles tailles »
    XVIème siècle
MAROT: « Quand le dolent sa voix d'homme a senti Attenuer, et son chenu pelage Se transmuer en semblable pennage »
LANOUE: « L'Estat de France est maintenant si attenué et affoibli »
YVER: « La troisieme saignée, espuisant les forces de ce pauvre corps attenué »
CARLOIX: « Ils estoient malades, fort maigres et attenuez »
RONS.: « L'anse est faite d'un hous qu'à force j'ay courbé : En voulant l'atenuir, le doigt je me coupé »
PARÉ: « Telle suffumigation incise, attenue, resoult l'humeur »

ÉTYMOLOGIE
    Wallon, atèni ; provenç. atenuar ; ital. attenuare ; du latin attenuare, de ad, à, et de tenuis, ténu, rendre ténu (voy. TÉNU). On a dit au XIIIe siècle, attenuoier (sans doute atenvoier) et, au XVIe, attenuir.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Affaiblir, diminuer les forces, l'embonpoint. "Les jeûnes, les veilles, les fatigues l'ont extrêmement atténué, l'ont atténué."
En termes de Médec., "Atténuer les humeurs," Les rendre moins grossières et plus fluides.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Diminuer, rendre moins grave. "Atténuer l'effet d'un mal. Ce délit est beaucoup atténué par les circonstances. Il s'est vainement efforcé d' le crime. Cela n'atténue point ses torts, sa faute."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie quelquefois avec le pronom personnel. "Le crime, le délit s'atténue, lorsque"...



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Affoiblir, diminuer les forces, l'embonpoint. "Les jeûnes, les veilles, les fatigues l'ont extrêmement atténué."
On dit en termes de Médecine, "Atténuer les humeurs," pour dire, Les rendre moins grossières & plus fluides.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)


ou ATÉNUER, v. a. [2e et 4e "é" fer.] 1° Afoiblir, diminuer les forces, l'embonpoint. 'Les jeûnes, les veilles, les fatigues "l'ont" extrêmement "aténué".
- 2° En Médecine, "aténuer les humeurs", les rendre moins grossières et plus fluides.
   "Rem." "Aténuer" ne s'est dit long-temps qu'en Physique et en Médecine: Depuis peu il a passé dans le langage commun. 'Ce motif même anonçait un désordre qui "aténuoit les" liens de la subordination. "Moreau". 'Lui-même étoit intéressé à "aténuer" l'énormité de son crime. "Id." Dans cet emploi, c' est un néologisme.




Emplacement dans le dictionnaire :

attentif
attention
attentionné
attentivement
attenuant
atténuant
atténuation
attenuation
atténué
atténuer
attenuer
atterrage
atterrer
atterrir
atterrissage
atterrissement
attestation
attesté
attester
atticisme
atticiste


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