Averti (adjectif, part. passé)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Adjectif 

XVI e siècle. Participe passé d' avertir. Informé, expérimenté. Il a agi en homme averti. Il est assez averti de ces problèmes, il est au courant, au fait de ces problèmes. Un critique averti, un critique qui possède une sage expérience jointe à toute l'information nécessaire. Avec une nuance de menace. Tenez-vous pour averti, tenez compte de cet avertissement, n'oubliez pas l'avis que je vous donne. Par méton. Un regard, un œil averti, exercé. Un esprit averti. Spécialt. En matière morale. L'enfer des bibliothèques est réservé à des lecteurs avertis, au courant des réalités de la vie. Un public averti, informé et qui ne risque pas d'être choqué dans sa pudeur ou de subir une influence malsaine. Une jeune fille avertie, qui sait à quels risques elle est exposée. Prov. Un homme averti en vaut deux, quand on a été prévenu de ce qu'on doit craindre ou de ce qu'on doit faire, on est doublement en état de prendre ses précautions ou ses mesures.


Dictionnaire d'Emile Littré

Part. Passé 


Averti par ses amis de la disgrâce qui le menaçait. Averti de se tenir sur ses gardes.
BOSSUET: « Anne avertie de loin par un mal aussi cruel qu'irremédiable »
VOLT.: « D'un grand événement je me vois avertie »
CORN.: « Soyez averti Qu'on se rend criminel à prendre son parti »
    Être bien averti, être bien informé, avoir de bons renseignements.
RAC.: « Osmin était mal averti, Et depuis son départ cet esclave est parti »
    Se tenir pour averti, être sur ses gardes.

PROVERBE Un bon averti en vaut deux, celui qui a été prévenu, à n'en pas douter, de ce qui peut lui arriver, est doublement sur ses gardes.
    Terme de manége. Un pas averti, est celui d'un cheval qui marche un pas réglé et méthodique, suivant les leçons qu'il a reçues.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
    AVERTI. Ajoutez : - REM. M. Éman Martin, Courrier de Vaugelas, 1er déc. 1874, p. 132, observe que la 1re édition du Dict. de l'Académie, 1694, porte : Un adverty en vaut deux ; que la seconde, 1718, a : Un averti, un bon averti en vaut deux ; que cette double forme s'est maintenue dans les trois suivantes ; mais que dans la sixième, 1835, il n'y avait plus que : Un bon averti en vaut deux. D'après cet historique, M. Martin conclut que la vraie forme est l'ancienne : Un averti en vaut deux ; et que l'addition de bon, qui n'ajoute rien au sens, en gâte le caractère proverbial. Il a raison.

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
     Édouard le Confesseur, V. 4572: Il [Guillaume le Bâtard], k'avertiz [prudent] fu e vaillanz, Sa gent rappele e amoneste


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française



"Être bien averti," Être bien informé de tout ce qui se passe; ou Se tenir sur ses gardes, lorsqu'on est menacé.
Fam., "Tenez-vous pour averti," se dit, par menace, Lorsqu'on veut faire entendre à une personne qu'on l'avertit une dernière fois, une fois pour toutes, de ce qui lui arrivera si elle fait ou ne fait pas certaine chose.
Prov., "Un bon averti en vaut deux," Lorsqu'on a été prévenu de ce qu'on doit craindre ou de ce qu'on doit faire, on est, pour ainsi dire, doublement en état de prendre ses précautions ou ses mesures. Il se dit aussi par forme de menace, et signifie: Prenez-y garde; si vous ne tenez compte de l'avertissement que je vous donne, vous vous en repentirez.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)




On dit proverbialem. qu'"Un averti", qu'"un bon averti en vaut deux," pour dire, qu'En toutes sortes d'affaires, un homme qui est instruit, qui est informé, a un grand avantage sur celui qui ne l'est pas. Il se dit aussi par forme de menace, et pour marquer à l'homme qu'on avertit, que s'il y retourne, il s'en trouvera mal.
On dit qu'"Un homme est bien averti," pour dire, qu'Il est bien informé de tout ce qui se passe. Il se dit aussi De quelqu'un qui, étant menacé, se tient sur ses gardes.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



.
On dit proverbialement, qu'"Un averti, qu'un bon averti en vaut deux," pour dire, qu'En toutes sortes d'affaires, un homme qui est instruit, qui est informé, a un grand avantage sur celui qui ne l'est pas. Il se dit aussi par forme de menace, & pour marquer à l'homme qu'on avertit, que s'il y retourne, il s'en trouvera mal.
On dit, qu'"Un homme est bien averti," pour dire, qu'Il est bien informé de tout ce qui se passe.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)


IE, adj. On dit: je suis bien "averti", c. à. d. bien informé, ou informée de ce qui se passe.
- "Subst." Dans cette phrâse proverbiale: '"Un averti en vaut deux". Celui qui est instruit, a un grand avantage sur celui qui ne l'est pas.




Emplacement dans le dictionnaire :

avenue
avenûe
avéré
averé
averer
avérer
avers
averse
aversion
averti
avertin
avertir
avertissement
avertisseur
avette
aveu
aveuglant
aveuglé
aveugle
aveuglement
aveuglément




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...à les rechercher. Cela posé, on explique aisément la régularité avec laquelle progresse la division du travail ; il suffit, dit-on, qu'un concours de circonstances, qu'il est facile d'imaginer, ait averti les hommes de quelques-uns de ces avantages, pour qu'ils aient cherché à l'étendre toujours plus loin, afin d'en tirer tout le profit possible. Elle progresserait donc sous l'influence de causes...


Citation n°2 de Henri POINCARÉ (La Valeur de la science)

...invariablement liés à mon corps, en supposant toujours ce corps ramené à la même attitude. Je suppose qu'entre les instants (...) et (...), je n'aie bougé ni mon corps, ni mon oeil, ce dont je suis averti par mon sens musculaire. Je n'ai remué non plus ni ma tête, ni mon bras, ni ma main. Je constate qu'à l'instant (...) des impressions que j'attribuais à l'objet a m'étaient transmises les unes par...


Citation n°3 de Henri POINCARÉ (La Valeur de la science)

...à l'objet b me sont transmises, les unes par cette même fibre du nerf optique, les autres par ce même nerf tactile. Il est nécessaire ici de m'arrêter pour une explication ; comment suis-je averti que cette impression que j'attribue à a, et celle que j'attribue à b et qui sont qualitativement différentes me sont transmises par le même nerf ? Doit-on supposer, pour prendre par exemple les...


Citation n°4 de Henri POINCARÉ (La Valeur de la science)

...? Je suppose qu'à l'instant (...), l'objet a était au contact de mon premier doigt et que de même, à l'instant (...), l'objet b touche ce premier doigt ; mais en même temps, mon sens musculaire m'a averti que dans l'intervalle mon corps a bougé. J'ai envisagé plus haut deux séries de sensations musculaires s et s' et j'ai dit qu'il arrive quelquefois qu'on est conduit à envisager deux pareilles...


Citation n°5 de Henri POINCARÉ (La Valeur de la science)

...soutenu dernièrement que la physique n'est pas une science expérimentale. Bien que cette opinion n'ait aucune chance d'être adoptée ni par les physiciens, ni par les philosophes, il est bon d'être averti, afin de ne pas se laisser glisser sur la pente qui y mènerait. On a donc deux conditions à remplir, et si la première sépare la réalité du rêve, la seconde la distingue du roman. Maintenant...


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