Brûler (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
XII e siècle, bruller ; XVII e siècle, brusler. Altération, sous l'influence de l'ancien français bruir, «
I. V. tr.
1. Consumer, détruire par le feu. Brûler des mauvaises herbes, des feuilles mortes. Brûler de vieux papiers. L'ennemi se retira après avoir brûlé les maisons et les récoltes. On condamnait les hérétiques à être brûlés vifs. Les papillons venaient se
2. Utiliser comme combustible ; consumer pour le chauffage, l'éclairage. Dans cette région, on ne brûle que du bois, de la tourbe. Brûler du mazout, du gaz. Brûler une chandelle. Alcool à
3. Altérer, endommager par brûlure. Il a été brûlé à la jambe. Elle s'est brûlé la main ou Elle s'est brûlée à la main. Ce fer trop chaud risque de
4. Spécialt. Brûler du café, le torréfier, donner aux grains le degré de cuisson nécessaire. Brûler du vin, du cidre (vieilli), les distiller pour en tirer de l'eau-de-vie.
5. Produire les mêmes effets destructeurs que le feu ou provoquer les mêmes sensations de brûlure. La gelée a brûlé les jeunes pousses. Le vitriol, les acides concentrés brûlent la peau. Brûler un kyste, une verrue, une excroissance, au nitrate d'argent, au thermocautère. Par affaibl. Échauffer, causer une violente chaleur, dessécher par une chaleur excessive. Cette liqueur me brûle le palais, le gosier, l'estomac. La canicule a brûlé toute la campagne. Le soleil lui a brûlé le teint. Fig. En parlant d'un désir, d'une passion ardente ou d'un sentiment irrésistible, tourmenter quelqu'un. L'envie me brûle de lui dire ses quatre vérités. Par méton. La question me brûlait les lèvres.
6. Expr. fig. Brûler les planches, en parlant d'un acteur de théâtre, jouer avec entrain, avec brio. Brûler le pavé, aller à très vive allure, par allusion aux étincelles qui jaillissaient des fers des chevaux lancés sur le pavé. Brûler l'étape, ne pas s'y arrêter et, par ext.,
II. V. intr.
1. Être détruit par le feu. La pinède brûle. Sa maison a brûlé. Fig. Les damnés qui brûlent en enfer.
2. Se consumer. Le bois sec brûle mieux que le bois vert. Le coke brûle lentement. Faire
3. Subir les effets nocifs d'un feu trop vif ou d'une cuisson trop longue. Le rôti a brûlé. Expr. fig. et fam. Le torchon brûle, la concorde ne règne plus. Le torchon brûle dans ce ménage.
4. Être très chaud. Ma peau brûle sous ce soleil torride. Touchez ses mains, elles brûlent. Brûler de fièvre. Fig. et fam. Les mains lui brûlent, il est impatient d'agir. Les pieds lui brûlent, il est impatient de sortir, de s'en aller.
5. Fam. . Le tapis brûle, se dit pour avertir qu'un des joueurs a oublié de miser.
Se dit également au jeu appelé cache-tampon pour avertir quelqu'un qu'il approche de l'endroit où est dissimulé l'objet à trouver. C'est froid, c'est tiède, tu brûles. Fig. Dans ses recherches, être tout près de découvrir la vérité. Vous n'y êtes pas encore, mais vous brûlez.
6. Fig. Être possédé d'une violente passion. Brûler d'ambition. Il brûle d'amour. Il brûle pour elle, il en est très épris. Vous me faites
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Consumer ou endommager par le feu. "Brûler une maison. Brûler des papiers. Chez les Grecs et chez les Romains, on brûlait ordinairement les morts. Il fut brûlé vif, brûlé à petit feu. Ces étincelles ont brûlé le bas de ma robe. Brûler de l'encens devant une idole. Brûler des parfums, des pastilles pour répandre une bonne odeur. Ce tison m'a brûlé. Cette étincelle m'a brûlé à la main. Je me suis brûlé le bras."
Il signifie aussi Faire du feu de quelque matière. "Dans ce pays, on ne brûle que du charbon de terre, que de la tourbe. Brûler du bois, de la paille. Bois à
Fig., "Brûler ses vaisseaux," S'engager dans une affaire, dans une entreprise, de manière à s'ôter tout moyen d'y renoncer ou de s'en désister. "Par cette démarche hardie, il vient de
Fig., "Brûler de l'encens devant quelqu'un," L'aduler, le flagorner avec de grandes démonstrations de respect.
"Brûler de la cire,
Fig. et fam., "Brûler la chandelle par les deux bouts." Voyez
"Brûler du vin," Mettre du vin sur le feu pour le distiller et en faire de l'eau-de-vie.
"Brûler de l'eau-de-vie, de l'esprit-de-vin," Mettre le feu à une certaine quantité d'eau- de-vie, d'esprit-de-vin, contenue dans un vase.
"Brûler du café," Donner aux grains du café le degré de cuisson nécessaire.
"Ils s'emparèrent de la ville sans
"Brûler la cervelle à quelqu'un," Lui casser la tête d'un coup d'arme à feu tiré à bout portant. On dit de même "Se
Fig. et fam., "Brûler l'étape," Passer outre sans s'arrêter à un gîte, à l'étape. "Brûler les étapes," Faire un travail avec une rapidité exceptionnelle et sans s'arrêter.
Fig. et pop., "Brûler la politesse à quelqu'un," Le quitter, s'en aller, partir sans lui dire adieu, sans le prévenir.
Fig., en termes de jeu de Cartes, "Brûler une carte," La mettre de côté, parce qu'elle a été vue ou parce que le joueur à qui on la propose use du droit de la refuser. "Cette carte a été vue, brûlez-la. Vous ne voulez pas de la première carte : je la brûle. Carte brûlée."
Il se dit également des Substances qui ont la propriété d'agir comme le feu, en consumant et corrodant les matières animales ou végétales. "Les acides concentrés brûlent la peau. Brûler une excroissance de chair avec la pierre infernale. L'eau-forte brûle le linge."
Il signifie encore, par exagération, Échauffer excessivement, causer une violente chaleur, dessécher par une chaleur excessive. "Cela me brûle, me brûle les mains. Cette liqueur me brûle le palais, le gosier, l'estomac. Il a une fièvre qui le brûle. Le soleil a brûlé toute la campagne. Le soleil lui a brûlé le teint. L'ardeur du soleil brûle les plantes."
Fig., "Brûler le pavé," Aller à très vive allure.
Fig., "Brûler les planches" signifie, en termes de Théâtre, Jouer avec beaucoup de chaleur des scènes vives et animées.
Il se dit par analogie en parlant de l'Effet d'un froid excessif. "La gelée a brûlé la racine des arbres. La neige brûle les souliers."
Il est aussi intransitif et signifie Être consumé par le feu. "Voila une maison qui brûle. Le bois sec brûle mieux que le bois vert. Faire
Il se dit particulièrement d'une Bougie, d'une lampe, etc., qui est allumée. "Il y a devant cet autel une lampe qui brûle toujours. Les cierges qui brûlaient autour du cercueil." On dit de même "Le feu brûle bien, ne brûle pas," Le feu de la cheminée flambe, est animé, ou Il ne flambe pas, il n'est pas animé. "Le feu sacré qui brûlait dans le temple de Vesta."
Il signifie aussi simplement Être fort chaud. "Touchez ses mains, elles brûlent. Les mains lui brûlent."
Fig. et fam., "Les mains lui brûlent," Il est impatient d'agir. "Les pieds lui brûlent," Il est impatient de sortir, de s'en aller.
Fig., "Le tapis brûle" se dit, en termes de jeu de Cartes, pour avertir qu'un des joueurs a oublié de mettre au jeu.
Il se dit aussi des Mets auxquels l'action trop vive ou trop prolongée du feu donne une couleur rousse ou noire et un goût désagréable. "Vous avez laissé
Fig. et fam., "Le torchon brûle." Voyez
Il signifie, au figuré, Être possédé d'une violente passion. "Il brûle du désir de se signaler. C'est un homme qui brûle d'ambition. Il brûle d'amour. Il brûle pour elle."
Il se dit encore pour exprimer simplement un Grand désir, une extrême impatience de faire quelque chose. "Je brûle de vous revoir. Je brûle d'aller là. Il brûle d'en finir. Il brûle de se venger. Vous me faites
Il se dit encore à certains jeux d'enfants, lorsque celui qui cherche l'objet qu'on a caché et qu'il s'agit pour lui de découvrir vient à s'en approcher. "Vous n'y êtes pas encore, mais vous brûlez."
SE BRÛLER signifie Être brûlé; ou simplement Être atteint par le feu, par un corps très chaud. "Les papillons viennent se
Prov. et fig., "Se
Son BRÛLÉ, ÉE, s'emploie souvent comme adjectif et signifie Qui a été soumis à l'action du feu.
"Vin brûlé," Vin qu'on a mis sur le feu avec des épices. "L'eau-de-vie brûlée," Eau-de-vie à laquelle on a mis le feu. "Crème brûlée," Sorte de mets délicat qui se fait avec du lait, des oeufs et du sucre passé au feu. "Alezan brûlé," Cheval alezan de couleur foncée ou noirâtre.
Fig. et fam., BRÛLÉ se dit de Quelqu'un qui a perdu tout crédit. "Espion brûlé," Espion qui étant connu ne peut plus être employé.
"Cerveau brûlé, cervelle brûlée." Voyez
Il est aussi employé comme nom. "Cette bouillie sent le brûlé, a un goût de brûlé."
Dictionnaire d'Emile Littré
| Verbe |
1 Consumer par le feu. Les Romains brûlèrent Carthage.
VOIT.: « Tout est en feu jusque sur les bords de la rivière d'Oise ; nous pouvons voir de nos faubourgs la fumée des villages qu'ils nous brûlent »
RAC.: « Brûlons ce Capitole où j'étais attendu »
PASC.: « Lisez ce qu'il cite d'Aristote, et vous verrez qu'après une autorité si expresse il faut brûler les livres de ce prince des philosophes ou être de notre opinion »
Fig. Brûler ses vaisseaux, s'engager dans une affaire de manière à ne pouvoir reculer.
Brûler ses livres, tout faire pour réussir. Locution tirée de l'alchimiste, qui, ayant tout tenté, brûle ses livres, désespéré de ne pas réussir, ou, ayant tout dépensé, brûle jusqu'à ses livres pour chauffer ses fourneaux.
MOL.: « J'y brûlerai mes livres ou je romprai ce mariage »
RAC.: « J'y brûlerai mes livres »
SÉV.: « Je vous la rendrai saine et entière, ou j'y brûlerai mes livres »
2 Fig. Mille convoitises le brûlent.
RAC.: « Mais quelque ambition, quelque amour qui me brûle »
CORN.: « Vous me connaissez mal, la même ardeur me brûle »
VOLT.: « N'imputez qu'à ce feu qui brûle encor mon âme.... »
BÉRANG.: « Si ton ardeur est extrême, Même ardeur vient me brûler »
3 Terme de métier. Brûler les métaux, leur ôter leurs qualités en les laissant trop chauffer.
4 En parlant de quelques substances chimiques, corroder, consumer. Les acides concentrés brûlent la peau comme le fer rouge.
Brûler la terre, en parlant d'engrais, la rendre trop chaude et l'empêcher par là de produire ; en parlant des plantes, l'épuiser rapidement.
En parlant du froid, causer un effet assez semblable à celui de la brûlure. La gelée brûle la racine des arbres. La neige brûle les souliers.
5 Employer comme combustible. Brûler du bois, du charbon de terre, de la tourbe.
Se servir d'une chose pour s'éclairer. Brûler de la chandelle, de la cire, de l'huile.
Fig. Brûler la chandelle par les deux bouts, c'est-à-dire compromettre sa fortune par des dépenses de tout genre, ou sa santé par des excès de tout genre.
6 Faire subir le supplice du feu. On a longtemps brûlé les hérétiques.
VOLT.: « On prétend qu'il y a un conflit de juridiction, entre le Parlement et le Châtelet, à qui fera brûler le livre et l'auteur »
7 Brûler des parfums.
RAC.: « En vain sur les autels ma main brûlait l'encens »
Fig. Brûler de l'encens devant quelqu'un, le flatter avec de grandes démonstrations de respect.
Brûler de l'eau-de-vie, mettre le feu à de l'eau-de-vie, faire du punch.
Brûler du vin, distiller du vin pour en faire de l'eau-de-vie.
Brûler du café, le torréfier avant de le moudre.
Brûler l'amorce d'un fusil, d'un pistolet, y mettre le feu.
Sans brûler une amorce, sans tirer un seul coup de fusil. La ville fut prise sans brûler une amorce.
Brûler la cervelle à quelqu'un, le tuer d'un coup de feu tiré dans la tête et de très près. Se brûler la cervelle, se tirer un coup de feu dans la tête.
8 Échauffer beaucoup, dessécher par un excès de chaleur. Un soleil ardent brûlait la campagne.
Par extension. Il a une fièvre qui le brûle. La soif les brûlait.
Fig. Brûler le pavé, courir, marcher très vite.
Brûler le papier, écrire avec beaucoup de verve et une grande chaleur.
Brûler les planches, jouer un rôle d'une manière vive et entraînante.
Brûler les yeux, faire mal aux yeux par une excessive lumière.
VOLT.: « La première fois que je lus votre ouvrage, je fus frappé d'une lumière qui éclairait mes yeux et qui devait brûler ceux des sots et des fanatiques »
9 Brûler la politesse à quelqu'un, le quitter brusquement, rompre une affaire.
Brûler l'étape, brûler un gîte, ne pas s'y arrêter. Nous brûlâmes ce village, et allâmes coucher plus loin.
J. J. ROUSS.: « Je pris la résolution de brûler l'étape de *** et de passer tout droit »
À certains jeux, brûler une carte, la mettre de côté.
En un sens analogue.
SAINT-SIMON: « Peu à peu elle [la duchesse de Bourgogne] en brûla [quelques-uns de ses cercles], et à la fin ils cessèrent sans qu'ils aient été rétablis depuis »
10 V. n. Être consumé par le feu. Quand la maison du voisin brûle. La bûche continuait à brûler.
Fig.
SAINT-SIMON: « Il était indécent qu'il [le duc de Bourgogne] languît dans l'oisiveté à son âge, tandis que sa maison brûlait [périclitait] de toutes parts »
Flamber, être allumé. Le feu brûle. Flambeaux qui brûlent. Une lampe brûlait dans le sanctuaire.
Donner du feu, de la lumière. Ce bois brûle bien. Cette lampe brûle mal.
11 Être brûlant ou très chaud. La tête lui brûle.
TRISTAN: « Je m'en sens tour à tour et brûler et glacer »
RAC.: « Je sentis tout mon corps et transir et brûler »
Fig. Les pieds lui brûlent, il est impatient de sortir, de s'en aller.
12 En termes de cuisine, être frappé par un feu trop vif ; ce qui se connaît par l'odeur désagréable qui s'exhale. Le rôti brûle. Cette crème brûle.
Fig. Le rôti brûle, c'est-à-dire il n'y a pas de temps à perdre, pas de négligence à se permettre.
13 Fig. Être possédé d'une passion violente. Brûler d'amour.
CORN.: « Et si Rome savait de quels feux vous brûlez »
CORN.: « Un juste courroux dont je me sens brûler »
FÉN.: « Déjanire brûla de jalousie »
RAC.: « Je brûle, je l'adore.... »
RAC.: « Mon époux est vivant, et moi je brûle encore.... »
RAC.: « Mais quelque noble ardeur dont ils puissent brûler »
RAC.: « Il n'en faut point douter, vous aimez, vous brûlez, Vous périssez d'un mal que vous dissimulez »
VOLT.: « Mon frère, ayez pitié d'une soeur égarée. Qui brûle, qui gémit, qui meurt désespérée »
VOLT.: « Près d'un amant qu'elle aime et qui brûle à ses pieds »
BÉRANG.: « Je crois sentir les étincelles De l'amour dont Renaud brûla »
Brûler pour, se dit de l'amour qu'on éprouve pour une personne.
MALH.: « De la même ardeur dont je brûle pour elle, Elle brûle pour moi »
CORN.: « Mais quoique je l'aimasse et qu'il brûlât pour moi »
14 Désirer ardemment.
CORN.: « Il brûle d'être à Rome, afin d'en recevoir Du maître qu'il s'y donne et l'ordre et le pouvoir »
SÉV.: « Elle brûle d'envie de revenir à Paris »
RAC.: « C'est qu'elle sort d'un sang qu'il brûle de répandre »
RAC.: « .... Vous brûlez que je ne sois partie »
RAC.: « Mais je vois que déjà vous brûlez de me suivre »
FÉN.: « Il brûlait d'impatience de retrouver Mentor »
VOLT.: « Voici cet étranger Que vos tristes soupçons brûlaient d'interroger »
VOLT.: « Et du peuple et des grands la colère insensée Brûlait de le punir de sa faveur passée »
MALFIL.: « Peuple accablé de ta tristesse, Tu n'as plus celui qui sans cesse Brûlait de zèle pour ta loi »
MOL.: « Oui, mon coeur au mérite aime à rendre justice, Et je brûle qu'un noeud d'amitié nous unisse »
15 Le tapis brûle, se dit à certains jeux de cartes pour avertir qu'un des joueurs a oublié de mettre au jeu.
À certains jeux d'enfants, brûler, se dit pour être tout près de l'objet qui est caché et que l'un des joueurs cherche.
Perdre la partie pour avoir fait trop de points. J'ai brûlé, j'ai deux points de trop.
16 Se brûler, v. réfl. Sardanapale se brûla lui-même avec ses femmes.
Fig. Se brûler à la chandelle, se jeter dans le péril en s'abandonnant à de trompeuses apparences. Locution prise des papillons qui le soir viennent effectivement se brûler à la chandelle.
Se brûler à la jambe, au pied, être atteint par un corps très chaud.
17 Se dessécher.
FÉN.: « Si on néglige ce premier âge, les enfants deviennent ardents et inquiets pour toute leur vie ; leur sang se brûle, les habitudes se forment »
PROVERBE
HISTORIQUE
XIIème siècle
Liber psalm. p. 118: Sicume fus [feu] chi brulle la selve, e sicume flamme brullant les monz
XIIIème siècle
Psautier, f° 33: Brulle mes reins et mon cuer de la flambe du Saint esprit
XIVème siècle
BERCHEURE: « Mucius ha mis sa destre dedens le feu, et, comme se il eust le courage hors du sens, il la brula, ardi et grailla »
XVème siècle
E. DESCH.: « Et de grace que le poure brullé [le pauvre homme dont la maison avait été brûlée] Retenue ait et confirmacion [de sa pension] »
XVIème siècle
DU BELLAY: « [Il] Rendoit ma muse lente, Bien qu'elle fust bruslante De s'offrir à vos yeux »
DU BELLAY: « Didon se brusle, et de son mal enclos Jà la fureur luy saccage les os »
DU BELLAY: « Ô la fureur d'une bruslante rage, Qui maintenant transporte mon courage ! »
DU BELLAY: « Qui contrefaict ce Tantale mourant Bruslé de soif au milieu d'un torrent »
D'AUB.: « Nous brulons le vilage, c'est à dire que nous faisons semblant d'estre fourriers ; nous nous mettons de deux ou trois logis tout en un pour avoir argent des autres »
COTGRAVE: « De trop près se chauffe qu se brusle »
H. EST.: « Les criminels se viennent bruler à la chandelle, comme on dit en commun proverbe »
ÉTYMOLOGIE
Bourguig. brelai ; provenç. bruslar ; ital. brustolare. Il y a dans l'ancien espagnol uslar, brûler, qui suppose un bas-latin ustulare, fréquentatif formé de ustum, supin de urere, brûler. Ustulare se retrouve dans l'italien br-ustolare, le provençal br-uslar, le français br-usler. Reste à expliquer br ; Diez le rattache au latin per, dans perustus, brûlé tout à fait, d'où perustulare contracté en brustulare. M. Chavée, voulant éviter le changement du p en b, y voit le préfixe ber, bar ou bre, qui a un sens péjoratif : brûler à mal, brûler tout à fait.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE BRÛLER.
9 Ajoutez :
Au trésor et ailleurs, ne pas rappeler, écarter, mettre à néant les numéros qui ne répondent pas à l'appel, les articles dont on ne veut pas, etc.
P. VÉRON: « Il réclame à la compagnie [d'assurances contre l'incendie] le payement d'une série d'articles qu'il avait présentés à un Journal, et qui, n'ayant pas été jugés bons pour l'insertion, ont, selon la formule connue, été brûlés »
10 Ajoutez :
On dit que le tabac brûle noir, quand la faculté combustible y est peu développée. Le tabac d'Algérie brûle noir.
ÉTYMOLOGIE
Ajoutez : Ce n'est pas seulement l'anc. esp. qui a la forme uslar ; elle est aussi dans l'anc. français : XIIème siècle
Perceval le Gallois, V. 39838: Un grant brandon de fu [il] geta, Qui bien ot deux toises de let ; Trestout a Piercheval urlet Et le sourcil et le grenon Urlet est pour uslet.
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
Consumer ou endommager par le feu. "Brûler une maison. Brûler des vaisseaux. Brûler des papiers. Brûler une lettre. Chez les Grecs et chez les Romains, on brûlait ordinairement les morts. Il fut brûlé vif, brûlé à petit feu. Ces étincelles ont brûlé le bas de ma robe. Brûler de l'encens devant une idole. Brûler des parfums, des pastilles pour répandre une bonne odeur."
Il se dit particulièrement De l'impression douloureuse et de l'altération que produit à la peau le contact du feu ou d'un corps extrêmement chaud. "Ce tison m'a brûlé. Cette étincelle m'a brûlé à la main. J'ai touché un fer chaud qui m'a brûlé."
Il signifie aussi, Faire du feu de quelque chose. "Dans ce pays, on ne brûle que du charbon de terre, que de la tourbe. Brûler du bois, de la paille. Bois à
Prov. et fig., "J'y réussirai, ou j'y
Prov. et fig., "Brûler ses vaisseaux," S'engager dans une affaire, dans une entreprise, de manière à s'ôter tout moyen d'y renoncer ou de s'en désister. "Par cette démarche hardie, il vient de
Fig., "Brûler de l'encens devant quelqu'un," L'aduler, le flagorner avec de grandes démonstrations de respect.
"Brûler de la cire,
Prov. et fig., "Brûler la chandelle par les deux bouts," Consumer son bien en faisant différentes sortes de dépenses également ruineuses; ou Se livrer à la fois à des excès de genres différents.
"Brûler du vin," Mettre du vin sur le feu pour le distiller et en faire de l'eau-de-vie.
"Brûler de l'eau-de-vie, de l'esprit-de-vin," Mettre le feu à une certaine quantité d'eau-de-vie, d'esprit-de-vin, contenue dans un vase.
"Brûler du café," Donner aux grains du café le degré de cuisson nécessaire.
"Ils s'emparèrent de la ville sans
"Brûler la cervelle à quelqu'un," Lui casser la tête d'un coup de pistolet tiré à bout portant.
Prov., "Tirer un coup à brûle-pourpoint," Le tirer à bout portant, ou de très-près.
Fig. et fam., "Tirer sur quelqu'un à brûle-pourpoint, lui dire quelque chose à brûle-pourpoint," Lui dire en face quelque chose de dur, de désobligeant. "Il lui a dit ses vérités à brûle-pourpoint." On dit de même, "Y aller à brûle-pourpoint," Parler ou agir sans ménagement. On dit aussi: "Ce qu'il vous dit là est à brûle-pourpoint," Est trop dur, trop grossier pour être dit en face. "C'est une raison à brûle-pourpoint, un argument à brûle pourpoint," C'est une raison convaincante, un argument sans réplique.
Fig. et fam., "Brûler un gîte, une poste, l'étape, la dînée," Passer outre sans s'arrêter à un gîte, à une poste, à l'étape, au lieu de la dînée.
Fig. et pop., "Brûler la politesse à quelqu'un," Le quitter, s'en aller, partir sans lui dire adieu, sans le prévenir.
Fig., à certains Jeux de cartes, "Brûler une carte," La mettre de côté, parce qu'elle a été vue, ou parce que le joueur à qui on la propose, use du droit de la refuser. "Cette carte a été vue, brûlez-la. Vous ne voulez pas de la première carte: je la brûle."
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
se dit également Des substances qui ont la propriété d'agir comme le feu, en consumant et corrodant les matières animales ou végétales. "Les acides concentrés brûlent la peau. Brûler une excroissance de chair avec la pierre infernale. L'eau-forte brûle le linge."
3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
se dit quelquefois par une sorte d'exagération, et signifie, Échauffer excessivement, causer une violente chaleur, dessécher par une chaleur excessive. "Cela me brûle, me brûle les mains. Cela brûle le sang. Cette liqueur me brûle le palais, le gosier, l'estomac. Il a une fièvre qui le brûle. Le soleil a brûlé toute la campagne. Le soleil lui a brûlé le teint. L'ardeur du soleil brûle les plantes."
Fig., "Ce cheval brûle le pavé," Il court très-vite. "J'ai vu un tel passer dans son équipage, il brûlait le pavé," Ses chevaux allaient avec une extrême rapidité.
Fig., "Son style brûle le papier," Son style est plein de chaleur.
Fig., "Brûler les planches," signifie, au Théâtre, Jouer avec beaucoup de chaleur des scènes vives et animées.
4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
se dit, par analogie, en parlant De l'effet d'un froid excessif. "La gelée a brûlé la racine des arbres. La neige brûle les souliers."
5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
est aussi verbe neutre, et signifie, Être consumé par le feu. "Voilà une maison qui brûle. On voyait de loin des vaisseaux qui brûlaient. Le bois sec brûle mieux que le bois vert. Faire
Il se dit particulièrement D'une chandelle, d'une bougie, d'une lampe, etc., qui est allumée. "Il y a devant cet autel une lampe qui brûle toujours. Les cierges qui brûlaient autour du cercueil. Cette chandelle ne brûle pas, ne veut pas
6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie quelquefois simplement, Être fort chaud. "Touchez ses mains, elles brûlent. Les mains lui brûlent."
Fig. et fam., "Les mains lui brûlent," Il est impatient d'agir. "Les pieds lui brûlent," Il est impatient de sortir, de s'en aller.
Prov. et fig., "Le tapis brûle," se dit, à certains Jeux de cartes, Pour avertir qu'un des joueurs a oublié de mettre au jeu.
7ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
avec le pronom personnel, signifie, Être brûlé; ou seulement Être atteint par le feu, par un corps très-chaud. "Les papillons viennent se
Prov. et fig., "Se
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Verbe |
et neut. [1re lon. 2e "é" fer. La 1re est encôre plus longue devant l'"e" muet; il "brûle", il "brûlera".] 1°. Consumer par le feu; "
- 2°. Échaufer excessivement; la fievre "me brûle", le soleil "brûle la" campagne, "lui a brûlé le" teint; l'usage des liqueurs "brûle le" sang. = "Brûler un" gîte, "une" étape (st. fam.) les passer sans s' arrêter.
BRûLER, neutre. Au "propre", être consumé par le feu; maison qui "brûle;" ce bois "brûle" bien: ou, être chaud; les mains lui "brûlent". = Au figuré, être possédé d'un violent désir. Il régit "de" et l'infinitif:
Tout homme enfin "brûle d'être estimé".
Rouss.
Quoiqu'il "brûle de voir" tout l'Univers soumis,
On ne voit point d'esclâve au rang de ses amis.
Rac. Alex.
BRûLER entre dans plusieurs expressions du genre "figuré familier".
- "Brûler à petit feu"; vivre dans l'atente d'une chôse qu'on nous fait espérer et qui ne vient point. Voy. "Mourir".
- "Se
- La "chandelle brûle;" le jour tombe, il faut se hâter pour arriver au gîte.
- "Le rot brûle:" il ne faut pas perdre de temps. = "Le tapis brûle", c. à. d. mettez au jeu. = On dit encôre: je viendrai à bout de cette afaire, "ou j'y
Emplacement dans le dictionnaire :
| brûlé brûle-amorce brûle-bout brûle-gueule brûle-parfum brûle-pourpoint brûle-queue | brûle-tout brûlée brûler brûlis brûlure brûlûre brumaire | brumal brumasser brumé brume brumer brumeux brun |
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