Céder (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

( je cède, nous cédons ; je cédais, nous cédions ; je cédai ; je cèderai ; je cèderais ; cède, cédons ; que je cède ; que je cédasse ; cédant ; cédé ). XIV e siècle, intransitif, au sens II. 2 ; XVI e siècle, au sens II. 1 et, transitif, comme terme juridique. Emprunté du latin cedere, « s'en aller ».

I. V. tr. Laisser, transmettre, abandonner quelque chose à quelqu'un. Céder son siège, son tour à un autre. Je vous cède la parole, c'est à votre tour de parler. Je vous cède la place, je m'en vais et, fig., j'accepte que vous me remplaciez. Céder le pas, le haut du pavé à quelqu'un (vieilli), le laisser passer et, fig., s'effacer devant lui. Céder le terrain, ou du terrain, reculer devant un adversaire. Fig. Il n'a pas cédé un pouce de terrain, il n'a fait aucune concession. Loc. fig. Le à quelqu'un ou à quelqu'un, être ou se reconnaître inférieur à lui. Il le cède à son frère en habileté. Il lui cède en mérite, en expérience. S'emploie surtout négativement. Il ne le cède à personne en courage. Elle ne lui cède en rien, elle le vaut largement. Se dit d'une chose qui n'a pas moins de valeur ou de qualité qu'une autre. Votre dernier ouvrage ne le cède en rien au précédent. . Transmettre un droit ou la propriété d'une chose à une autre personne, vendre. Céder un bail. Il a cédé son étude, son fonds. Céder une parcelle de terrain à un voisin.

II. V. intr.
1. Se soumettre, cesser de résister, ne pas s'opposer. Céder à un enfant. Céder au nombre, à la force, à la violence. Céder aux arguments, aux remontrances, aux instances, aux prières de quelqu'un. Spécialt. S'abandonner, se laisser aller. Céder à son penchant. Céder à la tentation. Il a cédé au découragement, au désespoir, à la colère. En parlant d'une femme. Se donner à un homme qui la courtise de façon pressante. Elle a fini par lui . Absolt. Il n'a cédé qu'à contrecœur. C'est un point sur lequel vous ne le ferez pas .
2. En parlant des choses. Ne pouvoir résister à l'action d'une force. La branche a cédé sous leur poids. Cette poutre ne tardera pas à . Si fort qu'on appuyât, la porte ne cédait pas. L'aile gauche de l'armée commençait à . Par anal. La fièvre ne cédait pas aux remèdes. Le mal a fini par .


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

("Je cède; nous cédons"). Laisser, abandonner une chose à quelqu'un. "Céder sa place, son tour à un autre. Céder le pas, le haut du pavé. Céder la victoire. Je vous cède la parole," Je vous permets de parler avant moi. "De telles choses ne se cèdent pas facilement."
Figurément "Le ," et elliptiquement "Céder à quelqu'un" signifie Être inférieur à lui en quelque chose, lui l'avantage. "Il le cède à son frère en habileté. Il ne le cède à personne en courage. Il lui cède en mérite, en expérience."
Il signifie aussi, en termes de Commerce et de Jurisprudence, Transporter la propriété d'une chose à une autre personne, lui en donner la propriété. "Il a cédé son magasin, son fonds, son étude. Céder un bail."
Il est souvent aussi verbe intransitif et signifie, en parlant des choses matérielles, Ne pouvoir résister à l'action de telle ou telle force. "Cette poutre ne tardera pas à . La voûte est trop chargée, elle commence à ." On dit dans un sens analogue "L'aile gauche de l'armée commençait à ."
Il signifie figurément, tant au sens physique qu'au sens moral, Se soumettre, ne pas s'opposer, ne pas résister. "Il faut à nos supérieurs. Céder à la force, à la raison. Céder au nombre. Céder aux larmes, aux prières de quelqu'un. Céder à des préventions. Céder à son penchant. Céder à la nécessité. Tout cède à ce redoutable conquérant. Les intérêts privés doivent à l'intérêt général." Par extension, "La violence de la fièvre ne céda pas aux remèdes." Absolument, "Cédons, puisqu'il le faut. Le mal paraissait . La douleur céda."



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Laisser une chose à quelqu'un. Céder le haut du pavé à quelqu'un. Il céda la victoire à l'ennemi.
CORN.: « Que cédé-je à mon frère en cédant vos États ? »
CORN.: « Sans regret il vous quitte, il fait plus, il vous cède »
RAC.: « J'ai cédé mon amant, tu t'étonnes du reste »
RAC.: « Elle lui céderait une indigne victoire »
P. L. COUR.: « Le parti le plus sûr, c'est de respecter fort les procureurs du roi et leurs clercs, de fuir toute rencontre avec eux, tout démêlé, de leur céder non-seulement le haut du pavé, mais tout le pavé s'il se peut »

 2   Terme de commerce et de jurisprudence. Transporter la propriété d'une chose à une autre personne. Céder un magasin, un fonds, un cheval, une créance, un bail, ses droits, ses prétentions.

 3   V. n. Plier, fléchir sous le poids, sous la pression. La porte céda sous nos efforts. Le plancher surchargé a cédé. Cette voûte cédera. Des tumeurs molles et qui cèdent à la pression du doigt. Ses greniers cédaient sous le poids du grain.

 4   Fig. En parlant des personnes, ne pas s'opposer, ne pas résister. Ne cède pas à l'adversité. Céder aux circonstances. J'ai cédé à mon penchant. Les autres cédèrent à l'habitude. Je cédais au sommeil. Cédant à la crainte, à la colère.
MALH.: « Je suis vaincu du temps, je cède à ses outrages »
CORN.: « Nous n'avons point d'amis qui ne cèdent au nombre »
MOL.: « On dira que je cède à la difficulté »
BOSSUET: « Un homme dont le corps a cédé aux tourments »
RAC.: « Prince, sans l'irriter, cédons à cet orage »
RAC.: « Je suivais mon devoir et vous cédiez au vôtre »
RAC.: « Son téméraire orgueil, que je vais redoubler, Croira que je lui cède et qu'il m'a fait trembler »
RAC.: « Le roi de son pouvoir se voit déposséder, Et lui-même au torrent est contraint de céder »
BOILEAU: « Aux cris d'un vil oiseau vous cédez sans combat »
BOSSUET: « Deux fois, en grand politique, ce judicieux favori sut céder au temps et s'éloigner de la cour »
VOLT.: « Poussin, rappelé de Rome à Paris, y céda à l'envie et aux cabales ; il se retira »
    Absolument. A la fin il céda.
BOSSUET: « Tu céderas, ou tu tomberas sous ce vainqueur, Alger, riche des dépouilles de la chrétienté »
RAC.: « Du moins s'il faut céder.... »
VOLT.: « L'univers a cédé ; cédons, mon cher Zamore »

 5   Dans le même sens, en parlant des choses. Tout cède à un travail opiniâtre.
CORN.: « Comme j'ai fait céder mon amour au devoir »
CORN.: « Je sais ta passion et suis ravi de voir Que tous ses mouvements cèdent à ton devoir »
CORN.: « Enfin ma bonté cède à ma juste fureur »
CORN.: « Leur vaine amitié cède à leur politique »
CORN.: « Ma générosité cède enfin à sa haine »
CORN.: « Peu savent, comme vous, s'appliquer ce remède [la patience], Et dans leur intérêt [affliction], toute leur vertu cède »
BOSSUET: « La constance du pape Libère cède aux ennuis de l'exil »
RAC.: « Je vois que la raison cède à la violence »
RAC.: « Et que me direz-vous qui ne cède, grands dieux ! à l'horreur de vous voir expirer à mes yeux »
FÉN.: « Dont la beauté ne cédait qu'à celle d'Achille »
MASS.: « Que l'éclat de l'ancien temple céderait à la majesté du nouveau »
VOLT.: « Ce nom si redoutable à qui tout autre cède »
BOSSUET: « Dès sa première jeunesse, tout cédait aux lumières de son esprit »
FÉN.: « Tout devait céder à ses désirs fougueux »

 6   Se reconnaître au-dessous de quelqu'un, et aussi être au-dessous de quelqu'un.
CORN.: « Et comme ses rivaux lui cèdent en mérite »
BOSSUET: « Les Gaulois ne leur cédaient pas en courage »
HAMILT.: « Le roi ne cédait à personne ni pour la taille ni pour la mine »
SÉVIG.: « Elle ne cède point à la reine pour communier souvent »
DIDER.: « Il aurait été tenté de nous regarder comme des intelligences supérieures, s'il n'avait éprouvé combien nous lui cédions à d'autres égards »
    On dit aussi le céder, dans le même sens. Il le cède en habileté à son frère. Il ne le cède à personne en vertu. L'Académie ne donne pas cette tournure ; mais elle est continuellement employée, et, à l'historique, on voit qu'Amyot s'en est servi.

 7   tre diminué, en parlant d'un mal physique, cesser. La violence du mal ne cédant pas aux remèdes. Quand la douleur vient à céder. Le mal paraissait céder.

HISTORIQUE
    XVIème siècle
RAB.: « Je luy cede la mestairye de la pomardiere, à perpetuité »
MONT.: « Si les ennemis ne cedent et viennent à accord »
MONT.: « En presence, toutes choses luy cedent ; mais.... »
MONT.: « La commodité particuliere doibt ceder à la commune »
MONT.: « Ces ouvrages montrent qu'ils ne nous cedoient non plus en l'industrie »
AMYOT: « Ilz refuserent tous le tripié, et le cederent en tour les uns aux autres par une honneste humilité »
AMYOT: « Il ne le cedoit en bonté d'entendement à nul d'eulx »

ÉTYMOLOGIE
    Espagn. ceder ; ital. cedere ; du latin cedere, proprement, aller, puis s'en aller, et, finalement, céder.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Laisser, abandonner une chose à quelqu'un. "Céder sa place à un autre. Céder le pas, le haut au pavé. Céder la victoire."
Il signifie aussi, en termes de Commerce et de Jurisprudence, Transporter une chose à une autre personne, lui en donner la propriété. "Il a cédé son magasin, son fonds. Céder un cheval. Céder ses droits, ses prétentions. Céder une dette. Céder un bail."
Il s'emploie également comme verbe neutre, et se dit, au propre, Des choses qui rompent, qui s'affaissent. "Cette poutre ne tardera pas à . La voûte est trop chargée, elle commence à ."
Il signifie figurément, tant au sens physique qu'au sens moral, Se soumettre, ne pas s'opposer, ne pas résister. "Il faut à nos supérieurs. Céder au mal. Céder au temps, à l'orage. Céder à la force, à la raison. Céder au nombre. Céder aux larmes, aux prières de quelqu'un. Céder à des préventions. Céder à son penchant. Tout cède à ce redoutable conquérant. Il faut . Cédons, puisqu'il le faut."
Il signifie encore, Se reconnaître ou être reconnu inférieur à un autre en quelque chose. "Il lui cède en mérite, en expérience. Le à quelqu'un en science, en vertu. Je lui cède en tout."
Il se dit à peu près dans le même sens avec un nom de chose pour sujet. "Les intérêts privés doivent à l'intérêt général. Son amitié cède toujours à sa politique."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Céder, s'emploie quelquefois absolument, et signifie, Se relâcher, se rendre, se soumettre. "Il faut . Cédons, puisqu'il le faut".
On le dit dans un sens physique et en parlant De choses matérielles, pour, S'affaisser, rompre. "Cette poutre ne tardera pas à . La voûte trop chargée commence à ".
Il est aussi neutre, et signifie, Acquiescer, ne pas s'opposer, ne pas résister. "Il faut à nos Supérieurs. Céder au mal. Céder au temps, à l'orage. Céder à la force, à la raison".
En cette acception, il signifie aussi, Se reconnoître ou être reconnu inférieur à un autre en quelque chose. "Il lui cède en mérite, en expérience. Le à quelqu'un en science, en vertu. Je lui cède en tout".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Laisser, abandonner à quelqu'un. "Céder sa place à un autre. Céder le pas, le haut du pavé."
On dit, "Céder ses droits, ses prétentions," pour dire, Les transporter au profit de quelqu'un: Et on dit dans le même sens, "Céder une dette, un bail."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



s'emploie quelquefois absolument, & signifie, Se relâcher, se rendre, se soumettre. "Il faut . Cédons, puisqu'il le faut."
Il est aussi neutre, & signifie, Acquiescer, ne pas s'opposer, ne pas résister. "Il faut à nos Supérieurs. Céder au mal. Ceder au temps, à l'orage. Céder à la force, à la raison."
En cette acception, il signifie aussi, Se reconnoître, ou être reconnu inférieur à un autre en quelque chose. "Il lui céde en mérite, en expérience. Le à quelqu'un en science, en vertu. Je lui céde en tout."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

[2e "é" fer.; mais devant l'"e" muet, la 1re se change en "è" moy. Je "cède", tu "cèderas", il "cèderait". Devant la syll. masc. l'"e" redevient fer.; "cédant", je "cédois", il "céda", etc.] 1°. Laisser, abandoner à; '"Céder sa" place, " le" pas, "le" haut du pavé.
- 2°. Transporter à: "céder" ses droits, "ses" prétentions, "une" dette, "un" bail.
- 3°. "Neutre", ou sans régime; il faut "céder", il vaut mieux "céder" que de disputer; ou avec la prép. "à": " au" temps; "au" mal, "à" la force, "à" la raison.
- 4°. Il est "neutre", lors même qu'il est précédé du pron. "le" indéclinable, dans le sens de, "se reconoître inférieur": il ne "le cède à" persone. Le "Rich. Port." met, ne pas "céder" sans "le:" l'emporter "sur": l'Acad. met aussi: 'Il lui "cède en" mérite, en expérience, sans "le;" et "le à" quelqu'un "en" science, "en" vertu. Je crois que "le" est nécessaire, ou du moins plus régulier, sur-tout dans la phrâse négative. "Le" n'est pourtant là qu'une particule explétive, qui n'ajoute rien au sens.
   * "Rem." M. "Guys", Académicien de "Marseille", Auteur "du Voyage Littéraire de la Grèce", met "en" à la place de "le": 'Mes attraits "n'en cedoient point" à ceux d'aucune de mes compagnes. Cette façon de parler n'est point échapée à l'Auteur, et il la répète dans d'autres ocasions. Il faut dire, "ne le cédaient point", etc.
- M. "Formey" a dit aussi d'un Académicien de Berlin: 'Il remarqua que les chiens avoient hurlé cette nuit-là: nouvel indice de superstition, qui montre qu'en ce genre, notre Savant "n'en cédoit point à" Cardan. Il falait dire, "ne le cédait point", etc.




Emplacement dans le dictionnaire :

ce
céans
ceans
ceci
cecité
cécité
cédant
cedant
cédé
céder
ceder
cedex
cedille
cédille
cédrat
cédraterie
cédratier
cedre
cédre
cèdre
cédulaire




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...ce moment, et la brise tout bas sous les tilleuls soupire dans un frissonnement. Errant entre ses bords, sur le gravier encore l'eau brillante bruit, mais le rayon du jour, hélas ! Qui s'évapore va céder à la nuit. 6e LIVRE (VII) Ce canal qu'à cette heure une aube faible glace, où je vois reflétés paisiblement les cieux, entre deux mornes quais, loin de la vaine audace du fleuve dont il sort,...


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Citation n°3 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

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Citation n°4 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...moralement et légalement nul, comment serait-il valable si, pour l'obtenir, j'ai profité d'une situation dont je n'étais pas la cause, il est vrai, mais qui mettait autrui dans la nécessité de me céder ou de mourir ? Dans une société donnée, chaque objet d'échange a, à chaque moment, une valeur déterminée que l'on pourrait appeler sa valeur sociale. Elle représente la quantité de travail utile...


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