Cautère (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

XIII e siècle. Emprunté du latin cauterium, « fer à cautériser », du grec kautêrion. Instrument qui, par l'intermédiaire d'un agent physique ou chimique, sert à brûler superficiellement des tissus à des fins thérapeutiques. Par méton. Ulcération artificielle d'un tissu malade, pratiquée à l'aide d'un caustique. Panser un . Laisser fermer un . Expr. fig. et fam. C'est un sur une jambe de bois, un remède, un palliatif, un expédient, totalement inefficace.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 


Médecine
Instrument qui sert à brûler les tissus.
Il se dit aussi de l'Ulcération artificielle que l'on provoque à l'aide d'un caustique pour entretenir la suppuration. "Panser un . Laisser fermer un ."
Prov. et fam., "C'est un sur une jambe de bois," C'est un remède qui ne peut servir à rien.



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Agent chimique ou corps brûlant dont on se sert pour désorganiser une portion des tissus organiques, et la convertir en eschare.
    Cautère actuel, instrument de métal qu'on fait chauffer pour cautériser. Cautère potentiel, toute substance qui a chimiquement la faculté de brûler.

 2   Petit ulcère artificiel, arrondi, que l'on ouvre dans les parties où abonde le tissu cellulaire. Panser, entretenir, supprimer un cautère.
RÉGNIER: « L'une se plaint des reins et l'autre d'un cautère »
SAINT-SIMON: « Le vieux galant passait pour être garni de cautères »
    Fig. et populairement. C'est un cautère sur une jambe de bois, c'est-à-dire c'est un remède inutile, une chose qui ne peut avoir aucun résultat.
    Par plaisanterie, cautère royal s'est dit autrefois pour la marque que la justice infligeait à certains condamnés.
MOL.: « Le nuage est fort épais ; j'ai bien peur que, s'il vient à crever, il ne grêle sur mon dos force coups de bâton, ou que, par quelque ordonnance plus forte que toutes celles des médecins, on ne m'applique tout au moins un cautère royal sur les épaules »

HISTORIQUE
    XIVème siècle
ORESME: « Et en medecine c'est legiere chose de savoir ce que il est dit du miel et du vin et de ellebore et de cauteres et de incisions »
    XVIème siècle
CALV.: « Je dis derechef qu'il n'est besoin de paroles à ceux qui ont esté quelquefois piqués du cautere de la conscience »
CALV.: « Le pecheur navré du cautere de son peché, et comme brisé par la terreur de l'ire de Dieu »
CARLOIX: « Medecines, purgations, cautheries, saignées et scariffications »

ÉTYMOLOGIE
    En grec, brûler (voy. CAUSTIQUE) ; provenç. cauteri ; esp. et ital. cauterio.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


T. de Médec. Médicament qui brûle ou désorganise les parties vivantes sur lesquelles on l'applique. "Pierre à . Appliquer un ."
"Cautère actuel," Chaleur très-vive concentrée sur quelque partie au moyen d'un instrument quelconque de métal rougi au feu. Il se dit aussi de L'instrument même.
"Cautère potentiel," Toute composition qui a constamment et par elle-même la faculté de brûler et de corroder.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi de L'espèce de plaie qui résulte de l'application d'un , et dont on entretient à dessein la suppuration. "Avoir un au bras, derrière la tête, etc. Panser un . Pois à . Laisser fermer un ."
Prov., fig. et pop., "C'est un sur une jambe de bois," se dit D'un remède qui ne peut servir à rien.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. masculin 


Ouverture qu'on fait dans la chair, en la brûlant avec un bouton de feu, ou avec un caustique, pour faire écouler les mauvaises humeurs. "Se faire faire un au bras, derrière la tête, etc. Panser un cautère. Laisser fermer un ".
On dit proverbialement et populairement d'Un remède qui ne peut servir à rien, "C'est un sur une jambe de bois".
Il signifie aussi Le bouton de feu, ou le caustique qui sert à faire cette ouverture. "Cautère actuel," ou "bouton de feu. Cautère potentiel," ou "pierre caustique. Appliquer un . Pierre de cautère".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Ouverture qu'on fait dans la chair, en la brûlant avec un bouton de feu, ou avec un caustique, pour faire écouler les mauvaises humeurs. "Se faire faire un au bras, derrière la tête, &c. Panser un . Laisser fermer un ."
Il signifie aussi Le bouton de feu, ou le caustique qui sert à faire cette ouverture. "Cautère actuel, ou bouton de feu. Cautère potentiel, ou pierre caustique. Appliquer un . Pierre de ."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

CAUTÉRISATION, s. f. CAUTÉRISER, v. a. ["Kotère", "kotériza-cion", "kotérizé;" 1re dout. 2e "è" moy et long au 1er, "é" fer. aux 2 dern.] "Cautère" est 1°. un petit ulcère fait volontairement à une partie extérieûre du corps par le moyen d'un caustique, pour faire écouler les mauvaises humeurs.
- 2°. "Le caustique", qui sert à faire l'ouverture. 'Se faire faire "un ", panser "un ".
- Apliquer "un ". = "Cautérisation", est l'action de faire un . = "Cautériser", brûler de la manière que font les caustiques. "Acad." Faire ou apliquer un . "Tré." "Rich. Port.:" ce 2d sens est tout au moins douteux.




Emplacement dans le dictionnaire :

causse
causticité
caustique
causus
caûteleûsement
cauteleusement
cauteleux
caûteleux
cautere
cautère
cautérisation
cautériser
cauteriser
caution
cautionner
cauvette
cavalcadour
cavale
cavalerie
cavalier
cavalière


Autres Recherches
Synonymes
Conjugaisons


Accès direct à ptidico.com: cliquez ici...