Châtier (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
(se conjugue comme Crier ). X e siècle, castier. Du latin castigare, « corriger », « essayer de rendre pur » et, en latin ecclésiastique, « se mortifier ».
1. Punir afin de corriger ; infliger une peine en raison d'une faute commise. C'est aux parents de
2. Fig. À propos d'ouvrages de l'esprit. Rendre plus pur, plus correct ; polir. Châtier son style. Une prose châtiée. Un langage châtié.
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Infliger une peine destinée à corriger. "C'est au père de
Il s'applique aussi à la Faute elle-même qu'on veut reprendre. "Châtier une faute. Son insolence sera châtiée."
Prov., "Qui aime bien châtie bien," C'est aimer véritablement quelqu'un que de le reprendre de ses fautes.
En termes d'Équitation, "Châtier un cheval," Lui donner des coups de cravache ou d'éperon, lorsqu'il refuse de faire ce qu'on exige de lui.
Il se dit aussi en parlant des Ouvrages de l'esprit et signifie Polir, rendre plus pur, plus correct. "Il n'a pas assez châtié ses derniers ouvrages. Son style n'est pas assez châtié. Châtier sa prose, ses vers. Prose châtiée." Par extension, "Écrivain châtié."
Dictionnaire d'Emile Littré
| Verbe |
1 Infliger une correction.
LA BRUY.: « Les enfants connaissent si c'est à tort ou avec raison qu'on les châtie, et ne se gâtent pas moins par des peines mal ordonnées que par l'impunité »
RAC.: « [Ils] Adorent dans leurs fers le Dieu qui les châtie »
Terme de manége. Châtier un cheval, lui donner de la cravache ou de l'éperon.
2 Mortifier.
MASS.: « Les plus grands saints qui châtient leur corps »
MASS.: « Son corps qu'elle avait toujours châtié, crucifié »
3 Par extension, condamner, blâmer.
CORN.: « Châtier en autrui ce qu'on souffre chez soi »
MOL.: « On devrait châtier sans pitié Ce commerce honteux de semblant d'amitié »
4 Rendre plus pur et plus correct, en parlant des ouvrages d'esprit. Châtier son style.
5 Se châtier, v. réfl. S'infliger à soi-même une punition. Il se châtiait lui-même en croyant châtier autrui.
PROVERBE
SYNONYME
CHÂTIER, PUNIR. Les juges punissent le coupable, afin qu'il satisfasse par sa punition à la justice et qu'il serve d'exemple. Les pères châtient l'enfant, afin qu'il se corrige et devienne meilleur. Dans punir, il n'y a que l'idée de l'expiation de la faute commise ; dans châtier, il y a de plus l'idée de l'amélioration de celui qui est châtié.
HISTORIQUE
XIème siècle
Ch. de Rol. CXXX: Vint tresqu'à els [eux], si's [si les] prist à castier
XIIème siècle
Th. le mart. 28: Vus ne i devez pas tut son voil conseillier, Ainz le devez suvent reprendre e chastier
ib. 31: Tierce feiz i fu pris ; pas ne s'en castiheit
ib. 75: Reis, suef se chastie qui d'autrui se chastie
XIIIème siècle
AUDEFR. LE BAST.: « Il la [sa fille] fait enserrer en la tour et remaindre, Ainsi la cuide bien chastoier et destraindre »
ib. p. 53: Bele Yolans, je vous chastoi ; Ma fille estes, faire [je] le doi
Chr. de Rains, 226: Si lor comanda qu'il castiascent lor enfants
la Rose, 7033: Mais ice ne ferai-ge mie, Ge qui por ton preu te chastoi
ib. 6628: Plus en sai que vous ne savés, Qui ainsinc chastié m'avés
ib. 5487: Sunt en terre establi li juge.... Por ceus pugnir et chastoier Qui por ceste amor renoier Murdrissent les gens et affolent
ib. 8042: Moult a beneürée vie Cil qui par autrui se chastie
BEAUMANOIR: « ....Si que par le bannissement il se castient de lor meffet »
Ass. de J. 135: Que chascun seignor deit estre curious et ententif de faire justice de murtrier, por chastier les autres qu'il ne le seient
Liv. de just. 77: Nus ne puet tormenter son serf sanz cause ; mès il le puet bien chasteier atempréement
Ch. d'Ant. I, 802: Tout se furent assis sor l'erbe qui verdie ; L'apostoles se dresce en piés, si les chastie [exhorte]
XIVème siècle
ORESME: « Il convient punir, chastier et corriger celui qui appete choses laides »
XVIème siècle
FR. DE BONNIVARD: « Il s'en chastoia en eage virille »
CALV.: « Il estoit incontinent admonesté par les autres evesques voisins : s'il ne se chastioit, il estoit deposé »
CALV.: « Chastie les : car ils sont en ta subjection »
MARG.: « Pensant que, quand il entendroit cela, il se chastieroit de l'aimer tant »
MARG.: « Si, après avoir parlé à lui, il ne se chastie, je le chastierai si bien, que les autres y prendront exemple »
MONT.: « On chastie aux enfants des erreurs innocentes »
Sat. Ménip. p. 212: Vous serez chastiez : les enfans et les fous, S'ils ne sont chastiez, jamais ne se corrigent
GÉNIN: « Belle doctrine prend en luy, qui se chastie par autruy »
ÉTYMOLOGIE
Provenç. castiar, chastiar ; espagn. castigar ; ital. castigare ; du latin castigare, de castus, chaste (voy. CHASTE), et un suffixe igare. Chastier et chastoyer, qui n'est plus usité, sont dans le même rapport que charrier et charroyer.
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
Punir, corriger quelqu'un qui a failli, lui faire souffrir la peine qu'il mérite. "C'est au père à
Prov., "Qui bien aime, bien châtie," C'est aimer véritablement quelqu'un que de le reprendre de ses fautes.
En termes de Manége, "Châtier un cheval," Lui donner des coups de cravache ou d'éperon, lorsqu'il refuse de faire ce qu'on exige de lui.
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
se dit aussi en parlant Des ouvrages d'esprit, et signifie, Polir, rendre plus pur, plus correct. "Il n'a pas assez châtié ses derniers ouvrages. Son style n'est pas assez châtié. Châtier sa prose, ses vers."
Ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Verbe |
Punir, corriger quelqu'un qui a failli, lui faire souffrir la peine qu'il mérite. "C'est au père à
On dit proverbialem. "Qui bien aime, bien châtie".
On dit figurément, "Châtier sa prose et ses vers," pour dire, En ôter ce qu'il y a de mauvais, en soigner le style, le rendre le plus exact qu'il est possible. "Il n'a pas assez châtié ses derniers ouvrages. Son style n'est pas assez châtié". Il est plus en usage au participe que dans ses autres temps.
Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Verbe |
Punir, corriger quelqu'un qui a failli, lui faire souffrir la peine qu'il mérite "C'est au père à
On dit proverbialement, "Qui bien aime, bien châtie."
On dit figurément, "Châtier une pièce de prose ou de vers," pour dire, En retrancher ce qu'il y a de mauvais, & la rendre la plus exacte qu'il est possible. "Il n'a pas assez châtié ses derniers ouvrages. Son style n'est pas assez châtié." Il est plus en usage au participe que dans ses autres temps.
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Verbe |
[1re lon. 3e "é" fer.] Ce verbe dit moins que "punir": Celui-ci a raport aux crimes et "châtier" aux faûtes: les pères "châtient" leurs enfans: les Juges font "punir" les malfaiteurs. Le "châtiment" dit une correction: la "punition" ne dit précisément qu'une mortification faite à celui qu'on "punit" , Dieu "nous châtie" en père pendant le cours de cette vie mortelle, pour ne pas "nous punir" en Juge pendant toute une éternité. GIR. "Synon." = "Figurément", et en parlant du style, polir, retoucher, rendre plus exact. On ne l'emploie guère qu' au passif. Son style n'"est" pas assez "châtié".
- Aûtrefois on l'employait plus souvent au mode actif. 'Voiture "a" plus "châtié~" sa prôse que ses vers. L'"Acad." done aussi un exemple de ce mode: 'Il n'a pas assez "châtié" ses derniers ouvrages; mais elle avertit qu'il est plus en usage au participe que dans les aûtres temps.
* Plus anciènement encôre, on disait "se
À~ la fin, ce dit le neveu,
Quittez le jeu d'amour, ma tante,
Et moi les dez, je le promets.
Va, traitre, dit la reprenante,
Tu ne "t'en
C'est une épigramme de "Théodore Agrippa d'Aubigné", imitée dans la suite par le Chev. "de Cailly".
Emplacement dans le dictionnaire :
| chat-pard châtaigne châtaignier châtain château chateaubriand chateaubriand | chateaubriant châtelet châtier chatière chatiere châtiment chaton | chatouillement chatouiller chatouilleux chatoyant chatoyer châtré châtrer |
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