Coûter (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

XII e siècle, coster. Du latin classique constare, « se tenir ferme », « se tenir à tel prix, ».

I. V. intr.
1. Valoir, à l'achat ou à la vente, un prix déterminé. Coûter cher, plus cher, moins cher. Combien vous coûte, que vous coûte cette maison ? Cette étoffe coûte vingt francs le mètre. Les trente mille francs que ce meuble m'a coûté. Vendre à prix coûtant, au prix de revient, sans aucun bénéfice.
2. Occasionner une dépense. Cette assurance vous a tant par an. Les études de ses enfants lui coûtent très cher. Impers. Il lui en a coûté une lourde somme de faire remplacer le chaume de sa maison. Absolt. Les voyages coûtent. Expr. fam. Coûter un prix fou, les yeux de la tête, énormément. Ne qu'une bouchée de pain, être d'un prix minime. Par exag. Ne rien , être bon marché. Fig. Cela va vous cher, vous attirer des ennuis. Par anal. Entraîner la perte de. Cette erreur lui a coûté son poste. Cet accident lui a coûté un bras. Impers. Il lui en a coûté la vie.
3. Suivi d'un mot invariable exprimant une idée de quantité. Exiger de la peine ; causer du désagrément, être un sujet de déplaisir. Cette démarche me coûte beaucoup. L'argent ne lui coûte guère, il en a autant qu'il veut. Cela ne lui coûte rien, cela lui est très facile. Cela ne coûte rien d'essayer. Quoi qu'il en coûte ou coûte que coûte, à quelque prix que ce soit, quelque effort que cela exige. Impers. Il ne vous coûte rien de déposer une demande. Absolt. Coûter beaucoup. Cela me coûte à dire. Cela coûte de renoncer à d'anciennes habitudes. Rien ne lui coûte, il ne recule devant aucun effort. Rien ne lui coûte quand il s'agit d'aider ses amis. Expr. proverbiale. Il n'y a que le premier pas qui coûte, le plus difficile est de commencer. Impers. Il m'en coûte de vous faire ces reproches.

II. V. tr. Seulement au figuré. Entraîner, occasionner, être pour quelqu'un la cause d'une souffrance ou d'un désagrément. Cette victoire a coûté beaucoup de sang. Retrouver sa trace m'a coûté bien de la peine. Les longues recherches que lui a coûtées son ouvrage. Les efforts que ce travail m'aura coûtés.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Valoir tel ou tel prix d'achat. "Coûter cher. Cette chose coûte plus qu'elle ne vaut. Combien vous coûte, que vous coûte cette maison? Cette étoffe coûte vingt francs le mètre. Les trois mille francs que ce meuble m'a coûté."
"Prix coûtant," Le prix qu'a coûté une chose au marchand qui la vend.
Il signifie aussi Occasionner une dépense. "L'entretien d'un cheval, d'une voiture coûte tant par an. Ma nourriture ne me coûte rien. Ses enfants lui coûtent beaucoup. Ce voyage vous coûtera peu. Ne plaidons point, les procès coûtent trop." Absolument, "Les voyages coûtent. Tout coûte en ce monde."
Fig. et fam., "Cela ne lui coûte guère," Cela lui est facile. "L'argent ne lui coûte guère," Il ne le ménage pas.
Fig. et fam., "Coûter les yeux de la tête," Coûter un prix excessif.
Il signifie encore figurément être cause de quelque perte, de quelque douleur, de quelque peine, etc., et, dans cette acception, il est transitif. "Cette victoire a coûté beaucoup de sang. Cette recherche lui a coûté bien du temps, un grand travail." Impersonnellement, "Il lui en a coûté un bras. Il vous en a la vie. Les efforts que ce travail m'a coûtés."
Il se dit particulièrement, au figuré, des Choses que l'on ne fait qu'à regret, auxquelles on ne se détermine que difficilement. "Je ne vous cache pas que cette démarche me coûte un peu," ou absolument "me coûte. Cela me coûte à dire. Il m'en coûte de vous faire ces reproches. Il coûte de renoncer à d'anciennes habitudes."
"Rien ne lui coûte," Il n'épargne rien, ou Il ne trouve rien d'impossible. "Quand il est question d'obliger ses amis, rien ne lui coûte."
"Tout lui coûte," Il a de la peine à faire tout ce qu'il fait. "Il rend service à regret, tout lui coûte."
"Coûte que coûte," À quelque prix que ce soit, quoi qu'il puisse arriver.



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Être acquis à un certain prix. Combien vous coûte cette étoffe, ce cheval, cette maison ?

 2   Causer des frais, de la dépense. Combien coûte un cheval à nourrir ? Les réparations de sa maison lui ont coûté dix mille francs.
    Il m'en coûte bon, j'ai payé fort cher ; et fig. cela m'a été très onéreux, très pénible.
    Coûter cher, revenir à un prix élevé.
    Fig. Cette sottise lui coûtera cher, il en sera cruellement puni.
SÉV.: « Son amitié vous a coûté cher à ce prix »
RAC.: « Oh ! mon fils ! que tes jours coûtent cher à ta mère ! »
    Absolument. Les bâtisses, les voyages coûtent.

 3   Être cause de quelque perte, de quelque effort, de quelque sacrifice.
CORN.: « La place à l'emporter coûterait bien des têtes »
CORN.: « Sa perte aux Romains a coûté bien du sang »
CORN.: « Cette grandeur sans borne, et cet illustre rang Qui m'a jadis coûté tant de peine et de sang »
RAC.: « Pourvu que par ma mort tout le peuple irrité Ne vous ravisse pas ce qui m'a tant coûté ! »
RAC.: « Hercule à désarmer coûtait moins qu'Hippolyte »
    Coûter la vie, être cause de la mort. Cette imprudence lui coûta la vie.
VOLT.: « Vous, cruels, vous, tyrans, qui lui coûtez la vie »
    On dit d'un homme prodigue, que l'argent ne lui coûte guère, il le dépense comme si l'argent ne coûtait rien à gagner.
    On dit qu'une chose ne coûte guère, ne coûte rien à un homme qui la prodigue, sans y attacher d'importance ou pour tromper. Il vous promettra tout ce que vous voudrez, cela ne lui coûte rien.
PASC.: « Toutes ces accusations d'hérésie qui ne vous coûtent rien qu'à les avancer »
FÉN.: « Les larmes ne coûtaient rien à cette femme artificieuse »
BARTHÉL.: « Denys de Syracuse faisait sans peine l'aveu de ses fautes, apparemment parce qu'elles ne lui avaient guère coûté »
    Coûter des larmes, être cause d'une grande douleur.
RAC.: « Ne croyez pas, seigneur, qu'auteur de mes alarmes, Pharnace m'ait jamais coûté les moindres larmes »
RAC.: « Sa perte à ses vainqueurs coûtera bien des larmes »
RAC.: « Songiez-vous aux douleurs que vous m'alliez coûter ? »

 4   Être fait à regret ou avec difficulté.
CORN.: « Madame, ce qu'on fait sans honte et sans remords, Ne coûte rien à dire ; il n'y faut point d'efforts »
VOIT.: « Jamais résolution ne m'a tant coûté à prendre »
BOSSUET: « Il ne coûta rien aux Athéniens d'abandonner leur ville au pillage et à l'incendie »
    Absolument.
MASS.: « Les mortifications coûtent, les observances deviennent pénibles »
MASS.: « Cette paresse invincible à qui tout coûte »
D'ALEMB.: « Qu'on interroge les écrivains de génie sur les plus beaux endroits de leurs ouvrages, ils avoueront que ces endroits sont presque toujours ceux qui leur ont le moins coûté, parce qu'ils ont été comme inspirés en les produisant »
    Rien ne lui coûte, il n'épargne rien.
    Tout lui coûte, il a de la peine à faire tout ce qu'il fait.

 5   Impersonnellement.
VOIT.: « Dans quelque pauvreté que je sois, je voudrais qu'il m'eût coûté mille écus et pouvoir.... »
LA FONT.: « En vain nous appelons mille gens à notre aide ; Plus ils sont, plus il coûte, et je ne les tiens bons Qu'à manger leur part de moutons »
    Fig.
LA BRUY.: « Il coûte si peu aux grands à ne donner que des paroles »
LA BRUY.: « Le plus fort et le plus pénible est de donner ; que coûte-t-il d'y ajouter un sourire ? »
MASS.: « Benoît parut instruit sur le vide et l'amertume des plaisirs sans qu'il eût coûté à son innocence pour s'en instruire »
MOL.: « Et je sais ce qu'il coûte à de certaines gens Pour avoir pris les leurs [leurs femmes] avec trop de talents »
BOSSUET: « Quand celui qui est assis sur le trône d'où relève tout l'univers, et à qui il ne coûte pas plus à faire qu'à dire parce qu'il fait tout ce qu'il lui plaît par sa parole »
    Coûte que coûte, à quelque prix que ce soit, quoi qu'il puisse arriver. Locution elliptique qui équivaut à : (que cela) coûte (ce) que (l'on voudra que cela) coûte.

 6   Impersonnellement avec le pronom en.
MOL.: « Ce sont vingt mille francs qu'il m'en pourra coûter »
LA FONT.: « Mettez ce qu'il en coûte à plaider aujourd'hui ; Comptez ce qu'il en reste à beaucoup de familles »
    Fig.
CORN.: « Il m'en coûte la vie, il m'en coûte la gloire »
LA FONT.: « L'autre [tonnerre] s'écarte en son cours ; Ce n'est qu'aux monts qu'il en coûte ; Bien souvent même il se perd »
SÉV.: « Quand il en devrait coûter quelque petite chose à la bienséance »
SÉV.: « Sans qu'il en coûte une goutte de sang »
BOSSUET: « Il lui en coûta la vie »
BOSSUET: « Il apprit ce qu'il en coûte à sauver les enfants de Dieu »
BOSSUET: « Il ne lui en coûte que de le vouloir »
RAC.: « Il m'en coûterait trop s'il m'en coûtait deux fils »
RAC.: « Je l'ai voulu sans doute, Et je le veux toujours, quelque prix qu'il m'en coûte »
RAC.: « Toi-même, je m'assure, as rougi plus d'un jour Du peu qu'il t'en coûtait pour tromper tant d'amour »
RAC.: « Crois qu'il m'en a coûté pour vaincre tant d'amour »
RAC.: « Partons, et quelque prix qu'il en puisse coûter.... »
MASS.: « Quel plaisir barbare, grand Dieu ! pour des chrétiens ! il faut qu'il en coûte le sang et la réputation à leurs frères, pour les délasser »
MASS.: « Vous regarderiez comme des insensés ceux qui mettraient en balance des difficultés de pure spéculation, qu'il n'en coûte rien de croire, avec une éternité malheureuse qui au fond peut devenir le partage des incrédules »
MASS.: « Ils [les apôtres] attendaient que leur maître délivrerait Israël du joug des nations et qu'il les ferait asseoir eux-mêmes sur douze trônes terrestres sans qu'il leur en coûtât ni soins ni peines pour y monter »
MASS.: « Jésus-Christ a donc prévu qu'il nous en coûterait pour aimer nos frères »
MASS.: « Qu'il en coûte pour se préparer des malheurs éternels ! »
MASS.: « Vous le feriez, quoi qu'il en dût coûter »
FONTEN.: « Quelques efforts d'esprit que l'on fasse et quelque assiduité qu'on y donne, on est trop heureux quand il n'en coûte que de demeurer dans son cabinet »
VOLT.: « Il pourra m'en coûter ; mais mon coeur s'y résout »
VOLT.: « Je sais ce qu'il en coûte »

REMARQUE
    1. Coûter est un verbe neutre, et quand on dit : cela m'a coûté dix francs, beaucoup de peine, quelques larmes, francs, peine, larmes ne sont point des régimes directs ; il y a une ellipse, et la locution entière est : cela m'a coûté (pour) dix francs, (pour) beaucoup de peine, (pour) quelques larmes. En effet on ne peut pas dire : dix francs m'ont été coûtés ; des larmes me sont coûtées, etc. Coûter ne pouvant se tourner par le passif, n'a donc dans les phrases de ce genre que l'apparence de l'actif ; il dérive du latin constare qui signifie proprement être avec, être acquis, de là provient l'impossibilité d'un passif.
    2. Coûter n'étant pas actif, il faut dire : la somme que cette maison a coûté, et non coûtée ; les pleurs que la mort de cet enfant a coûté à sa mère, et non coûtés, etc. Cependant l'Académie, qui dit bien que coûté est toujours invariable, note que plusieurs écrivains ont accordé coûté en ces cas-là. En voici en effet des exemples.
RAC.: « Après tous les ennuis que ce jour m'a coûtés »
RAC.: « Que de soins m'eût coûtés cette tête si chère ! »
FÉN.: « Vous n'avez pas oublié les soins que vous m'avez coûtés depuis votre enfance »
VOLT.: « Il paraît en effet digne de vos bontés ; Il mérite surtout les pleurs qu'il m'a coûtés »
J. J. ROUSS.: « Mes manuscrits raturés, barbouillés et même indéchiffrables, attestent la peine qu'ils m'ont coûtée »
J. J. ROUSS.: « Un enfant devient plus précieux en avançant en âge ; au prix de sa personne se joint celui des soins qu'il a coûtés On ne peut considérer ces exemples que comme des licences condamnables en prose et tout au plus permises en poésie. »

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Couci, XVI: Car qui le sien donne retraianment [de mauvaise grâce], Son gré en pert, et si couste ensement Com à celui qui volontiers l'otroie
    XIIIème siècle
     Berte, LXXIII: Sixante sols [il] cousta, un an a, en certain
     ib. CXII: Ma volonté ferez, quoi qu'il doie couster
     Ren. 16432: Renart me quide plus coster Que ne me costera des mois
JOINV.: « Et me dit la royne, que la façon avoit cousté cent livres »
    XIVème siècle
     Guesclin. 8092: De ci ne partirons, quoi qu'il doie couster, S'arons prise la ville....
    XVème siècle
FROISS.: « Je voudroie bien avoir un tel messager ; il ne vous couste rien, et si savez veritablement tout quant que il avient par le monde »
FROISS.: « Dit en soi-mesme Jean Lyon : Je mettrai un tel trouble entre cette ville et le comte, qu'il coustera cent mille vies »
FROISS.: « Quand le capitaine vit que les seigneurs françois ne se departiroient point sans avoir le fort, quoique il coustast »
     couste et vaille ! Encor ay denier et maille Qu'oncques ne virent pere ne mere, Patelin, 215: .... Ne me chault
     Lancelot du Lac, t. III, f° 37: Alors luy bailla le varlet un glaive dont la hante estoit à merveilles moult forte et le fer tranchant, et la damoyselle dist que elle veult veoir comment il couste [comment il vaut, est mis en usage]
    XVIème siècle
MONT.: « Les lettres qui me coustent le plus sont celles qui valent le moins »
MONT.: « Il me coustoit à m'empescher de le faire »
MONT.: « Quoyqu'il me couste, je delibere de dire ce qui en est »
AMYOT: « Il ne porta onques robbe qui eust cousté plus de cent drachmes d'argent »
AMYOT: « Il ne leur feist pas couster pour luy un tout seul denier »
AMYOT: « Il leur portoit envie, de ce qu'ilz avoient la guerre à des ennemis qui leur cousteroient si peu à desfaire »
AMYOT: « Il se jettoit à clos yeux au danger : aussi lui en cousta il la vie dedans l'isle de Chio »
     Contes de CHOLIÈRES, f° 20, dans LACURNE: Cela, direz vous, est bien cher ; toutes fois couste mais que [pourvu que] vaille

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. et espagn. costar ; portug. custar ; ital. costare ; du latin constare, coûter, proprement, être avec, être fixé, déterminé, de cum, et stare, demeurer (voy. STABLE).


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Être acheté un certain prix. "Coûter cher. Cette chose coûte plus qu'elle ne vaut. Combien vous coûte, que vous coûte cette étoffe, ce vin, ce cheval, cette maison, cette terre, etc.? Le prix que coûte une chose. Cette étoffe coûte vingt francs l'aune. Cela m'a coûté trois cents francs. Je veux avoir cela, quoi qu'il coûte, quoi qu'il en coûte. Cela lui coûte bon, lui coûte bel et bon. Ces biens-là ne lui coûtent guère."
Il se dit aussi en parlant De la dépense que l'on fait pour quelque chose. "L'entretien d'un cheval, d'une voiture coûte tant par an. Ma nourriture ne me coûte rien. Ses enfants lui coûtent beaucoup. Ce voyage vous a peu. Ne plaidons point, les procès coûtent trop. Tous frais faits, il m'en coûte tant. Il coûte beaucoup à bâtir. Il a fait une folie qui lui a coûté cher, qui lui coûte son bien."
Fig. et fam., "Cela ne lui coûte guère," Il ne ménage point cela, il le prodigue. "Vraiment l'argent ne lui coûte guère. Ce général expose ses troupes à tout moment, les hommes ne lui coûtent guère."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie encore, figurément, Être cause de quelque perte, de quelque douleur, de quelque peine, de quelque soin, etc. "Il lui en a coûté un bras pour avoir été à la guerre. Il vous en a la vie. Il vous en a la tête. Il ne vous en a qu'une saignée. Cette perte lui a coûté bien des soupirs, bien des larmes. Cette sottise lui coûte cher. Cette victoire a coûté beaucoup de sang. La place qu'il obtient, lui a coûté bien des bassesses. C'est trop acheter le plaisir d'un moment, quand il coûte un long repentir. Cet ouvrage lui coûte bien des veilles. Cette recherche lui a coûté bien du temps, lui coûte de grands soins, un grand travail. La peine qu'il m'en coûte."
Il s'emploie quelquefois absolument, tant au propre qu'au figuré. "Les procès, les voyages coûtent. Tout coûte en ce monde. Cet ouvrage, ce discours a dû lui ."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit particulièrement, au figuré, Des choses que l'on ne fait qu'à regret, auxquelles on ne se détermine que difficilement. "Je ne vous cache pas que cette démarche me coûte un peu, me coûte beaucoup," ou absolument, "me coûte. Cela me coûte à dire. Il m'en coûte, et m'en coûte beaucoup, de vous faire ces reproches. Il coûte de renoncer à d'anciennes habitudes."
"Rien ne lui coûte," Il n'épargne rien, ou Il ne trouve rien de ridicule. "Quand il est amoureux, quand il est question d'obliger ses amis, rien ne lui coûte."
"Tout lui coûte," Il a de la peine à faire tout ce qu'il fait. "Il rend service à regret, tout lui coûte. Il n'a aucune facilité pour écrire, tout lui coûte."
Fam., "Coûte que coûte," À quelque prix que ce soit, quoi qu'il puisse arriver.
Le verbe "Coûter," étant neutre, n'a point de participe; cependant plusieurs personnes écrivent, "Les vingt mille francs que cette maison m'a coûtés; les efforts que ce travail m'a coûtés, la peine qu'il m'a coûtée." L'exactitude grammaticale exige, "Les vingt mille francs que cette maison m'a coûté; les efforts, la peine que ce travail m'a coûté."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

et n.[1re lon. "Koû-té", plus longue encôre devant l'"e" muet, il "coûte".] Être acheté un certain prix. Au propre, il s'entend toujours de l'argent; mais au figuré, il signifie, peine et travail. Cette étofe "coûte" beaucoup. 'Ses lettres "lui cûtent" beaucoup. Les vers ne "lui coûtent" rien. "Bouh."
- Il régit la persone au datif, et, à l'acusatif, le nom de ce qu'il en coûte: Ce bijou "lui coûte cinquante" louis: ce chagrin "lui a coûté la" vie. = Il régit encôre la prép. "à" devant les verbes: Il "vous a" beaucoup "coûté à" le "réduire": jamais résolution ne "m'a" tant "coûté" à "prendre". = Il se dit aussi sans régime. Les procès, les voyages "coûtent": on sous-entend, "beaucoup d'argent".
   "Rem." Dans, "il en coûte de", ou "pour faire", la particule "en" est nécessaire, et l'on ne doit pas la retrancher, même en vers.
   En vain appellons-nous mille gens à notre aide:
   Plus ils sont, plus "il coûte"...       La Font.
Il faut, "plus il en coûte". = "Molière" a dit aussi, parlant des femmes:
   - - - Et je sais "ce qu'il coûte à" de certaines gens,
   "Pour avoir" pris les leurs avec trop de talens.
Sans changer le vers, il aurait pu dire:
   Je sais "ce qu'il en coûte à" de certains gens.
Et L. "Racine":
   - - - La vertu, qui n'admet que de sages plaisirs,
   Semble, d'un ton trop dur, gourmander nos desirs:
   Mais quoique pour la suivre, "il coûte" quelques larmes,
   Toute austère qu'elle est, nous admirons ses charmes.
Il faut, "quoiqu'il en coûte quelques larmes", etc.
- Cette faûte est encôre moins pardonable en prôse. '"Il" ne "lui coûta" presque rien pour rendre à cette Chrétienté son premier lustre. "Charlev." 'Il ne "nous a" pas beaucoup "pour faire" une lieue de chemin. "Pluche". 'Vous ne sauriez croire "ce qui lui coûte de" peines et "de" fatigues pour rassembler les Indiens. P. "Fauque", Let. Édif. 'Ils oublioient "ce qui leur en coûte" pour figurer dans la société des ames foibles et des esprits forts. "Sabatier". Trois Siècles.
- Dans les deux derniers exemples on retranche le pron. "il", ce qui est une aûtre faûte. Il faut dire, "ce qu'il lui coûte de" peines, etc., "ce qu'il leur en coûte", comme on dit, "ce qui leur plaît" de faire, et non pas, "ce qui leur plaît".
   Quand "coûter" est employé impersonellement, il faut donc, ou la prép. "en", ou la prép. "de"; "ce qu'il m'en coûte", ou, "ce qu'il me coûte d'argent", "de" soins, etc., pour réussir. Remarquez qu'alors il régit, non pas "à", mais "de" ou "pour", devant les verbes: '"Il lui en coûte" beaucoup "de s'abaisser": "il en coûte" beaucoup "pour parvenir". On met "de", quand, "il en coûte" régit les noms au datif, comme dans le 1er exemple, et "pour", quand il n'a pas ce régime, comme dans le second.
   On dit figurément, que quelque chose "ne coûte guère à" un homme, quand il ne la ménage pas, et qu'il la prodigue; que "rien ne lui coûte pour" se satisfaire, "pour" obliger ses amis, etc.; qu'il n'épargne rien pour cela, ou qu'il ne troûve rien de dificile; et au contraire, que "tout lui coûte", quand il a de la peine à le faire.




Emplacement dans le dictionnaire :

coutarde
coutauder
couteau
coutel
coutelas
coutelé
couteliere
coutelière
coutelure
coûter
coûteusement
coûteux
coutier
coutières
coutille
coutissées
coutrau
coûtre
coutre
coutrier
coutumat


Autres Recherches
Synonymes
Conjugaisons
Synonymes : cliquez ici
Conjugaison du verbe : cliquez ici


Accès direct à ptidico.com: cliquez ici...