Cohue (nom féminin)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Nom féminin |
XIII e siècle. Terme du Nord et du Nord-Ouest, emprunté du breton cochuy, « halle », puis « réunion tumultueuse ». Foule où règnent le tumulte et la confusion. Se faire bousculer dans la cohue. La cohue envahit les boulevards. La cohue des réfugiés fuyant l'avance ennemie. À l'intérieur du magasin, c'était une cohue de femmes et d'enfants. Par ext. Bousculade, désordre. Il ne supporte pas la cohue. Quelle cohue !
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Nom féminin |
Réunion de personnes où règnent le tumulte et la confusion. "Je ne veux point aller à cette assemblée, c'est une cohue, ce n'est qu'une cohue. Il y avait trop de cohue à ce bal."
Dictionnaire d'Emile Littré
| Subst. féminin |
1 Autrefois, dans quelques provinces, nom du lieu où les petites justices se tenaient. Le procureur était à la cohue.
2 Assemblée bruyante et tumultueuse.
HAMILT.: « Toute cette cohue se dispersa »
BOILEAU: « Si.... En pareille cohue on me peut retenir »
MALFIL.: « Minerve seule à Samos descendue Avait du ciel suivi les souverains ; Mais du Dieu Pan, des Faunes, des Sylvains, Elle évitait l'indécente cohue »
MOL.: « Et votre complaisance un peu moins étendue De tant de soupirants chasserait la cohue »
VOLT.: « Je serais mort en quatre jours, s'il me fallait vivre en homme du monde : je suis tranquille au milieu du tintamarre et solitaire dans la cohue »
3 Confusion dans une assemblée trop nombreuse. Il y avait trop de cohue à ce bal.
4 Anciennement, criaillerie, clameur.
SCARRON: « On lui a fait une cohue dont il a été fort touché »
HISTORIQUE
XIIIème siècle
Bibl. des Chartes, 4e sér. t. III, p. 459: Cohue [sorte de tribunal], dans un titre de 1235
XIVème siècle
DU CANGE: « À Raoul est donnée la garde du guichet et de la cohue de la vicomté de Pontiaudemer »
DU CANGE: « Les dis Anglois se logerent en la ditte ville, et visiterent une parrigue forte de muraille et une cohue près du dit fort.... bouta le feu en la ditte cohue et ou [au] dit parrin »
DU CANGE: « Que les baillifs et vicomtes soient diligens d'aller en cohue dedens prime le premier jour de leur auditoire »
XVème siècle
DELISLE: « Servir les maçons et couvreurs au chastel et es cohues et estaux comme au chastel »
Pathelin mourant, dans LACURNE: Je n'irai plus à la cohue Où chascun joue ou brait ou hue
XVIème siècle
PASQUIER: « Il n'y a pas tant de chiquaneries aux cohues, comme on en trouve entre les courtizans pour destourner un dementi »
ÉTYMOLOGIE
Sans doute, comme le propose Diez, de co, et huer, à cause de bruit qui se fait aux halles ou dans les juridictions des halles ; halle, juridiction des halles, étant le sens primitif de cohue. Bas-lat. cohua.
Signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Subst. féminin |
On appelait autrefois ainsi, dans quelques provinces, Le lieu où se tenaient les petites justices. "La cohue de tel lieu. Le procureur était à la cohue."
Il ne se dit plus aujourd'hui que figurément, en parlant d'Une réunion de personnes où règnent le tumulte et la confusion. "Je ne veux point aller à cette assemblée, c'est une cohue, ce n'est qu'une cohue. Il y avait trop de cohue à ce bal."
Ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Subst. féminin |
On appelle ainsi dans quelques Provinces, Le lieu où se tiennent les petites Justices. "La cohue d'un tel lieu. Le Procureur étoit à la cohue".
On appelle figurément "Cohue," Une assemblée où tout le monde parle tumultuairement et en confusion. "Je ne veux point aller à cette assemblée-là, c'est une cohue, ce n'est qu'une cohue".
Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Subst. féminin |
On appelle ainsi dans quelques Provinces, Le lieu où se tiennent les petites Justices. "La cohue d'un tel lieu. Le Procureur étoit à la cohue."
On appelle figurément "Cohue," Une assemblée où tout le monde parle tumultuairement & en confusion. "Je ne veux point aller à cette assemblée-là, c'est une cohue, ce n'est qu'une cohue."
Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)
| Subst. féminin |
Lieu où se tiennent les petites Justices. "La Cohuë d'un tel lieu. le Procureur estoit à la cohuë". Il est vieux.
On appelle fig. Cohuë, Une assemblée où tout le monde parle tumultuairement & en confusion. "Je ne veux point aller à cette assemblée là, c'est une cohuë, ce n'est qu'une cohuë".
Emplacement dans le dictionnaire :
| cohérent cohéreur coheritier cohéritier cohésion cohobation cohober | cohorte cohûe cohue coï coi coiffe coiffé | coiffer coiffeur coiffeuse coiffure coigne coignet coiment |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Émile MOSELLY (Terres lorraines)...Des cris montaient, des appels qu'on se lançait d'un bout à l'autre de la salle. On entendait un lourd piétinement de bottes ferrées, et par moments, dans la ronde endiablée où se débattait la cohue, éclatait un tel vacarme que des parcelles de plâtras et de bois vermoulu, détachées du plafond, tombaient en fine poussière sur la tête des danseurs. La clarté fumeuse des quinquets vacillait dans...
Citation n°2 de Émile MOSELLY (Terres lorraines)
...bien tout cela. En ce moment, l'orchestre, adoucissant le chant de ses cuivres dans une langueur molle et balancée, commençait la ritournelle d'une valse. Il baissa la tête, et se lançant dans la cohue, alla inviter la belle fille. Celle-ci accepta sans mot dire. Il sentait maintenant ce corps souple onduler dans ses bras avec un mouvement sinueux, une grâce de chose vivante, pareille à un rythme...
Citation n°3 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)
...gouailleurs et bavards, déclamaient. Une longue arête médiane de loges consacrées à la librairie, au commerce de modes, à la tabletterie, à d'autres menus négoces, divisait en deux courants cette cohue sentant la pommade et la fumée. Le chapeau de gaze verte disparut derrière un groupe de bolivars surannés et de faces à favoris gris : on discutait autour d'une brochure que lisait un jeune homme....
Citation n°4 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)
...les regards. Devant un estaminet, un monsieur qui proclamait à haute voix l'indignation d'un journal fut d'ailleurs enlevé par un essaim de mouchards. Vivement ils bousculèrent le remous de la cohue, et crossèrent de leurs gourdins les criards. Une fille qu'on avait frappée rajusta son fichu de madras en pleurant, tandis qu'une marchande de papiers peints ramassait à la hâte ses rouleaux...
Citation n°5 de Eugène VOGÜÉ (Les Morts qui parlent)
...pour échapper aux grappes de courtisans obséquieusement pendues à leurs basques. Un nouvel étonnement lui était réservé. Après la disparition des ministres et l'ajournement à huitaine, dans la cohue qui dévalait des gradins, la stupeur des premières minutes fit bientôt place à une ivresse capiteuse ; elle gagnait de proche en proche, elle pétilla gaiement dans les couloirs. Il semblait que les...
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Usage du mot cohue
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