Coiffé (adjectif, part. passé)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Adjectif 

XIII e siècle. Participe passé de coiffer.
1. Qui porte une coiffe, un chapeau, une coiffure. Être, rester . Les grands d'Espagne avaient le privilège de rester s devant le roi. Spécialt. Un enfant , venu au monde en ayant sur la tête une membrane appelée coiffe, qui passait pour un présage de bonheur. Expr. fig. et fam. Il est né , tout lui réussit, il a beaucoup de chance.
2. Peigné ; qui porte les cheveux arrangés d'une certaine façon. Être bien , mal . Être à la diable. Une femme e à la Jeanne d'Arc, à l'américaine. Un homme en brosse. Coiffé au bol, voir . Par méton. Des cheveux bien s, mal s. Par anal. Un chien bien , aux oreilles longues, pendantes, bien attachées. Un cheval bien , aux oreilles petites, mobiles et droites.


Dictionnaire d'Emile Littré

Part. Passé 



 1   Qui porte une coiffe. Une femme coiffée à la mode de son pays.
BOILEAU: « Un escadron coiffé d'abord court à son aide ; L'une chauffe un bouillon, l'autre apprête un remède »
    Qui porte un vêtement de tête quelconque. Coiffé d'un chapeau, d'une perruque.
    Qui a une coiffure quelconque. Une femme coiffée en cheveux, c'est-à-dire qui n'a d'autre coiffure que ses cheveux.
VOLT.: « Madame Aubert paraît avec un air modeste, Bien coiffée en cheveux, un déshabillé leste »
    Spécialement, qui a les cheveux arrangés d'une certaine manière. Coiffé à la Titus. Coiffée à la chinoise.
    Être bien coiffé, avoir une coiffure qui va bien, et aussi avoir les cheveux bien plantés.
    Cheval bien coiffé, celui qui a les oreilles petites et bien placées ; mal coiffé, celui dont les oreilles sont longues et pendantes.
    Un chien courant ou épagneul est bien coiffé, lorsqu'il a les oreilles larges, longues et bien pendantes.
    Fig.
LAMART.: « J'habitai plus que toi ces fortunés rivages [Savoie], J'adorai, j'aime encor ces monts coiffés d'orages »

 2   Terme d'échecs. Pion coiffé, pion auquel on attache un signe, et qui a un emploi déterminé.

 3   Terme de vénerie. Mordu par le chien.
    Fig.
SAINT-SIMON: « Je ne pouvais douter de l'extrême mauvaise volonté pour lui [Chamillart] de Mme de Maintenon et de Mme la duchesse de Bourgogne, et il était sans cesse coiffé par de rudes lévriers »

 4   Fig. Infatué.
MALLEVILLE: « Un prélat, riche et fortuné, En est, s'il le faut ainsi dire, Coiffé [de Boisrobert] »
MOL.: « Que de son Tartuffe elle paraît coiffée ! »
REGNARD: « Ton sermon me paraît un tant soit peu brutal ; Mais, tant que tu voudras, parle, prêche, tempête, Ta maîtresse est coiffée [amoureuse] »
VOLT.: « C'est un goût vif dont je me sens coiffé »
    Avoir le cerveau coiffé, être pris de vin.

 5   Né coiffé, né avec la coiffe sur la tête, circonstance fortuite à laquelle la superstition attribua de singulières vertus.
    Fig. Être très heureux.
SÉV.: « Pauline est née coiffée »

 6   Terme de vétérinaire. Crottins coiffés, crottins qui sont recouverts d'une couche de mucosités provenant de la muqueuse intestinale.

PROVERBE Il aimerait une chèvre coiffée, se dit d'un homme qui est amoureux de toutes les femmes, quelque laides qu'elles soient.
    On dit aussi d'une personne laide : il, elle ressemble à un chat coiffé.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française



"Une femme e en paysanne."
"Cet enfant est né ," se dit D'un enfant qui est venu au monde avec une sorte de membrane qu'on appelle "Coiffe," et que le peuple regarde comme un présage de bonheur: c'est de là que vient le proverbe, "Être né ," Être très-heureux.
Prov. et fig., "Il aimerait une chèvre e," se dit D'un homme qui est amoureux de toutes les femmes, quelque laides qu'elles soient.
"Être bien ," Avoir une perruque, un chapeau qui sied bien; ou, par extension, Avoir les cheveux bien plantés.
"Ce chien est bien ," Il a les oreilles longues et pendantes.
Au Jeu d'échecs, "Un pion ," Un pion auquel on attache un signe, et qui, d'après les règles du jeu, a un emploi particulier.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)



"Une femme coiffée en Paysane".
On dit, qu'"Un enfant est né ," Quand il vient au mondeavec une sorte de membrane qu'on appelle "Coiffe," que le peuple regarde comme un présage de bonheur. C'est pourquoi on dit proverbialement d'Un homme qui est fort heureux, qu'"Il est né ".
On dit proverbialement d'Un homme qui est amoureux de toutes les femmes, quelque laides qu'elles soient, qu'"Il aimeroit une chèvre e".
On dit encore, qu'"Un homme est bien coiffé," Quand il a les cheveux bien plantés, ou qu'il a une perruque ou un chapeau qui lui sied bien.
On dit d'Un chien, qu'"Il est bien coiffé," Quand il a les oreilles longues et pendantes.
On appelle "Du vin , de la bière coiffée," Du vin, de la bière où l'on a mêlé quelque autre liqueur.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



"Une femme e en demoiselle, en paysane."
On dit, qu'"Un enfant est né ," Quand il vient au monde avec une sorte de membrane qu'on appelle "Coiffe," que le peuple regarde comme un présage de bonheur. C'est pourquoi on dit proverbialement d'Un homme qui est fort heureux, qu'"Il est né ."
On dit proverbialement d'Un homme qui est amoureux de toutes les femmes, quelque laides qu'elles soient, qu'"Il aimeroit une chèvre e."
On dit encore, qu'"Un homme est bien ," Quand il a la tête belle, ou qu'il a une perruque ou un chapeau qui lui sied bien.
On dit d'Un chien, qu'"Il est bien ," Quand il a les oreilles longues & pendantes.
On appelle "Du vin , de la bière e," Du vin, de la bière où l'on a mêlé quelqu'autre liqueur.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Participe passé 


Il a les significations de son verbe. "Une femme coeffée en Demoiselle, en Paysanne".
On dit, qu'"Un enfant est né coeffé," Quand il vient au monde avec une sorte de membrane qu'on appelle coëffe.
On dit fig. d'Un homme qui est fort heureux, qu'"Il est né coeffé".
On dit prov. d'Un homme qui est amoureux de toutes les femmes, quelque laides qu'elles soient, qu'"Il aimeroit une chevre coeffée".
On dit encore, qu'"Un homme est bien coeffé," Quand il a la teste belle, ou qu'il a une perruque ou un chapeau qui luy sied bien.
On dit d'Un chien, qu'"Il est bien coeffé," Quand il a les oreilles longues & pendantes.




Emplacement dans le dictionnaire :

cohésion
cohobation
cohober
cohorte
cohûe
cohue
coï
coi
coiffe
coiffé
coiffer
coiffeur
coiffeuse
coiffure
coigne
coignet
coiment
coin
coinçage
coincement
coincer




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...petite musique de vielle fêtant mon retour à la vie... aujourd'hui, ce pauvre prunier, après avoir langui de vieillesse, a fini par mourir, et son tronc seul encore debout, conservé par respect, est coiffé, comme une ruine, d'une touffe de lierre. Mais le bassin, avec ses rives et ses îlots, est demeuré intact ; le temps n'a pu que lui donner un air de parfaite vraisemblance, ses pierres verdies...


Citation n°2 de Louis HÉMON (Maria Chapdelaine)

...percé, enfournait la deuxième cuite et venait s'asseoir sur le seuil, le menton dans ses mains, gardant à travers les heures de la nuit son inépuisable patience. à vingt pas de la maison, le four, coiffé de son petit toit de planches, faisait une tache sombre ; la porte du foyer ne fermait pas exactement et laissait passer une raie de lumière rouge ; la lisière noire du bois se rapprochait un peu...


Citation n°3 de Émile MOSELLY (Terres lorraines)

...plus mauvaise façon qu'à l'ordinaire : son corsage était trop rouge, les carreaux de sa jupe trop voyants. Un peu plus loin, ils étaient encore devant le montreur de ludions. Pareil à un roi mage, coiffé d'un diadème de clinquant, sa barbe blanche largement étalée sur une simarre rouge constellée d'étoiles, le vieux leur montrait d'un doigt fatidique les diables de verre bleu qui, montant du fond du...


Citation n°4 de Émile MOSELLY (Terres lorraines)

...vent passait, la nappe ardente s'avivait de lueurs bleues. On eût dit que les flammes allaient s'éteindre, puis elles montaient de nouveau. La procession apparut. Sous un dais de velours cramoisi, coiffé de plumes blanches, le saint-sacrement s'avançait, porté par un vieux prêtre dont les mains étaient voilées d'un tissu de lin. Le vieillard semblait plier sous le poids de la chape de brocart, dont...


Citation n°5 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)

...presque aussitôt, une dizaine de pareils loqueteux débouchèrent d'une traverse, au galop de petites bêtes qu'ils fouettaient. Certains avaient des pelisses de hussards craquées aux coutures. L'un, coiffé en arrière d'un casque à chenille, portait en sautoir une giberne d'infanterie à baudrier blanc. Plusieurs, outre la lance et le sabre, maintenaient, en travers de la selle, des fusils pourvus de baï...


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