Coiffer (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
XIII e siècle. Dérivé de coiffe.
I. Couvrir la tête.
1. Couvrir d'un chapeau, d'un bonnet, d'une casquette, etc. Il se coiffa d'un grand chapeau. Elle avait la tête coiffée d'un foulard, d'une mantille. En Orient, les hommes se coiffaient souvent d'un fez ou d'un turban. Elle s'était coiffée d'une toque de fourrure. Par ext. Fournir de chapeaux. Cette modiste coiffe toutes les dames du quartier. Expr. fig. et fam. Coiffer sainte Catherine, en parlant d'une jeune fille, atteindre sa vingt-cinquième année sans s'être mariée. Vieilli et iron. Cette femme coiffe son mari, elle lui est infidèle. Se coiffer de quelqu'un, s'engouer de quelqu'un. Il est allé se coiffer de cette fille. Être coiffé de quelqu'un, de quelque chose, en être entiché.
2. Prendre pour coiffure. Coiffer un bonnet, une casquette, un casque. Coiffer la couronne, la mitre, la tiare, la ceindre et, fig., être élevé à la royauté, accéder à l'épiscopat, à la papauté.
3. En parlant d'une coiffure. Couvrir la tête de quelqu'un. Ce chapeau, ce bonnet vous coiffe bien, vous sied et, absolt., ce bonnet coiffe bien.
II. Par anal.
1. Recouvrir, garnir un objet, et notamment son extrémité supérieure. Coiffer une lampe d'un abat-jour. Un stylo coiffé de son capuchon. Coiffer une bouteille, en recouvrir le bouchon d'une enveloppe de cire, d'une gaine de métal, pour éviter que le liquide ne s'évente.
2. Fig. Être hiérarchiquement au-dessus de. L'administration centrale coiffe les services régionaux.
3. Les chiens ont coiffé le sanglier, l'ont pris aux oreilles.
4. . Un cheval inconnu a coiffé le favori au poteau, sur le poteau, l'a dépassé de peu sur la ligne d'arrivée. Par ext. Pop. Le coureur s'est fait coiffer sur le poteau, sur la ligne. Fig. Coiffer quelqu'un au poteau, l'emporter de justesse sur un concurrent dans une affaire ou dans la conclusion d'un marché.
5. . Intranst. Ce bâtiment coiffe, le vent frappe l'avant de ses voiles et les applique contre le mât.
III. Peigner quelqu'un, lui arranger les cheveux de telle ou telle façon. Coiffer un enfant. Se faire coiffer les cheveux en bandeaux, en chignon. Absolt. Ce garçon coiffe à la perfection. Pron. Il faudrait apprendre à mieux vous coiffer. Spécialt. Il se coiffe, il est coiffé en brosse, il a adopté cette coupe de cheveux.
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Couvrir la tête. "Il me jeta un manteau sur les épaules et me coiffa d'un grand chapeau. Les Turcs se coiffent d'un fez ou d'un turban." Par analogie, "Le sculpteur a coiffé d'un casque cette statue de femme."
Fam. et par plaisanterie, "Coiffer quelqu'un" "de quelque chose," Le lui jeter, le lui appliquer sur la tête. "Il le coiffa d'un seau d'eau."
Fig. et pop., "Cette femme coiffe son mari," Elle lui est infidèle.
Fig. et fam., "Se coiffer de quelqu'un," S'engouer, s'entêter de quelqu'un. "Il s'est allé coiffer de cette femme. Elle s'est coiffée de lui." On dit dans le même sens, "Se coiffer d'une opinion."
Il signifie aussi Arranger les cheveux de telle ou telle façon. "Elle se fit coiffer par sa femme de chambre. Ce valet de chambre était occupé à coiffer son maître. Se coiffer à la mode." Absolument, "Ce perruquier coiffe bien."
Il peut se dire aussi des Ornements de tête qui sont seyants. "Ce chapeau, ce bonnet vous coiffe bien," ou absolument "Ces chapeaux coiffent bien."
Par extension, "Être bien coiffé," Avoir un chapeau qui sied bien.
Par analogie, "Ce chien est bien coiffé," Il a les oreilles longues, pendantes et de la même couleur.
"Un cheval bien coiffé," Qui a les oreilles petites, mobiles et droites. "Un cheval mal coiffé," Qui a les oreilles longues, inertes et pendantes.
En termes de jeu d'Échecs, "Un pion coiffé," Un pion auquel on attache un signe et qui, d'après les règles du jeu, a un emploi particulier.
"Coiffer une bouteille," Mettre une enveloppe par-dessus le bouchon pour empêcher que le liquide qu'elle contient ne s'évente.
Prov. et fig., "Coiffer sainte Catherine," Rester fille, ne pas trouver à se marier.
En termes de Chasse, "Les chiens ont coiffé le sanglier," Ils l'ont pris aux oreilles.
En termes de Marine, on dit qu'"Un bâtiment coiffe" lorsque, par une manoeuvre ou un changement de vent subit, le vent frappe sur l'avant des voiles. "Il fit une fausse manoeuvre et le vaisseau coiffa."
"Cet enfant est né coiffé," se dit d'un Enfant qui est venu au monde avec une sorte de membrane qu'on appelle "Coiffe" et que le peuple regarde comme un présage de bonheur : c'est de là que vient l'expression : "Il est né coiffé," Il a de la chance dans tout ce qui lui arrive et réussit dans tout ce qu'il entreprend.
Fig. et fam., "Il serait amoureux d'une chèvre coiffée." Voyez
Dictionnaire d'Emile Littré
| Verbe |
1 Couvrir la tête d'une coiffe.
Couvrir la tête d'une coiffure quelconque. Coiffer les grenadiers d'un bonnet à poil.
Friser, natter les cheveux. Coiffer une femme en cheveux.
Coiffer sainte Catherine, rester fille. Ste Catherine étant la patronne des demoiselles, on dit que la demoiselle qui ne se marie pas lui met la première épingle à vingt-cinq ans, la seconde à trente ; et à trente-cinq la coiffure est finie.
Absolument. Ce perruquier coiffe bien.
2 Orner, parer la tête. Cette couronne de bluets la coiffe à merveille.
3 Mettre, jeter sur la tête. On le coiffa d'un seau d'eau.
RETZ: « On renversa la table, on coiffa d'un potage le pauvre Vine-ville qui n'en pouvait pas davantage »
4 Coiffer une bouteille, mettre une enveloppe par-dessus le bouchon.
5 En termes de mécanique, coiffer la chèvre, fixer sur la coiffe de cette machine le câble qui sert à soulever les objets.
6 Coiffer un livre, en arranger le cuir à chaque extrémité du dos.
7 Terme de vénerie. Happer le sanglier aux oreilles en parlant d'un chien.
Par extension. Le tigre ne peut coiffer le rhinocéros sans risquer d'être éventré.
8 Infatuer.
HAMILTON: « Les beautés qu'une prévention aveugle avait coiffées du mérite de Germain »
HAMILTON: « Il s'était laissé coiffer de chimères et de visions »
9 Familièrement, enivrer. Il est aisé à coiffer.
MOL.: « Quel est le cabaret honnête Où tu t'es coiffé le cerveau ? »
10 Coiffer son mari, en parlant d'une femme, lui être infidèle.
J. J. ROUSS.: « [Perruquier] prétendant n'avoir point coiffé de jolies femmes dont il n'eût coiffé les maris »
11 V. n. Terme de marine. On dit qu'un navire coiffe, lorsque le vent vient frapper les voiles par l'avant.
12 Se coiffer, v. réfl. Porter comme coiffure. Les Turcs se coiffent d'un turban.
Se coiffer en cheveux, ou avec ses cheveux, n'avoir aucun ornement dans les cheveux arrangés en coiffure.
Se couvrir la tête, en parlant d'un homme. Coiffez-vous.
Arranger sa coiffure. Elle met un temps infini à se coiffer.
13 Terme de marine. Les voiles se coiffent, quand elles se collent aux mâts.
14 S'enivrer. Cet homme se coiffe souvent.
15 S'infatuer.
LA FONT.: « Fille se coiffe volontiers D'amoureux à longue crinière »
MOL.: « Faut-il de ses appas m'être si fort coiffé ? »
SÉV.: « C'est un bonheur de n'être point sujette à se coiffer d'un de ces oisons-là »
HAMILT.: « Comment ce garçon s'était coiffé d'un visage à faire peur »
PASC.: « Si on y songe trop, on s'entête et on s'en coiffe »
LA FONT.: « L'inquiétude Dont Damon s'est coiffé si malheureusement »
HAMILT.: « Elle se coiffait de toute sa force en faveur de Matta »
SAINT-SIMON: « Il est difficile de comprendre comment M. de Turenne s'en coiffa [de M. Boucherat] »
HISTORIQUE
XIIIème siècle
Contenance des femmes: [La femme] Or est lavée, or est peigniée, Or est coifée, or est tressiée
XVIème siècle
MAROT: « [Vénus] Le transmit [un chapeau de roses] à son cher enfant, Qui de bon coeur le va coiffant »
MAROT: « Toutes choses qui sont coiffées, Ont moult de lunes en la teste »
MARG.: « Je crois que vous eussiez pris une chevre coiffée pour une belle fille »
LA BOÉTIE: « Qui fut oncques plus coiffé de femmes que lui de Messaline ? »
PARÉ: « Alors les matrones presagent que l'enfant est heureux, par ce (disent-elles) qu'il est né coiffé »
CHARRON: « Dirai-je encore de tel qui est coiffé et meurt pour une qu'il sçait estre laide, vieille, souillée.... »
CHARRON: « Nous nous suyvons à la piste, voire nous nous pressons, eschauffons, nous nous coiffons et investissons les vices et passions les uns aux autres »
Contes de CHOLIÈRES, f° 66, dans LACURNE: La table est desjà coiffée [servie]
ÉTYMOLOGIE
Coiffe ; bourguig. couiffay, coiffé.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE COIFFER. Ajoutez :
16 Prendre pour coiffure, mettre sur sa tête.
AM. THIERRY: « À peine Proterius avait-il reçu l'imposition des mains et coiffé cette tiare adoptée depuis Cyrille.... »
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
Couvrir la tête. "Il me jeta un manteau sur les épaules, et me coiffa d'un grand chapeau." Il est très-souvent employé avec le pronom personnel. "Se coiffer d'un bonnet de nuit. Les Turcs se coiffent d'un turban, les Français d'un chapeau."
Fam. et par plaisanterie, "Coiffer quelqu'un de quelque chose," Le lui jeter, le lui appliquer sur la tête. "Il le coiffa d'un seau d'eau."
Fig. et fam., "Cette femme coiffe son mari," Elle lui est infidèle.
Fig. et fam., "Se coiffer de quelqu'un," S'engouer, s'entêter de quelqu'un. "Il s'est allé coiffer de cette femme. Elle s'est coiffée de lui. Il s'est coiffé de cet homme, qui n'a cependant aucun mérite."
Fig. et fam., "Coiffer quelqu'un d'une opinion," La lui faire embrasser; et dans un sens analogue, "Se coiffer d'une opinion. Je ne sais qui l'a coiffé d'une opinion si extravagante. Quand une fois il s'est coiffé d'une opinion, on a bien de la peine à le ramener."
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie quelquefois, figurément et familièrement, Enivrer. "Il est aisé à coiffer. Il ne faut que trois verres de vin pour le coiffer." Il s'emploie aussi, dans ce sens, avec le pronom personnel. "Cet homme se coiffe souvent." On dit de même, "Se coiffer le cerveau, avoir le cerveau coiffé."
3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie aussi, Orner, parer la tête avec ce qui sert à la couvrir, ou Arranger, friser les cheveux. "Elle se fit coiffer par sa femme de chambre, Savez-vous coiffer? On la coiffa de fleurs, de plumes, etc. Ce valet de chambre était occupé à coiffer son maître." On l'emploie très-fréquemment, dans ce sens, avec le pronom personnel, surtout en parlant Des femmes. "Se coiffer avec un bonnet. Se coiffer avec ses cheveux. Se coiffer en cheveux."
"Coiffer bien, coiffer à merveille," Arranger les coiffures de femme avec beaucoup d'élégance et de goût. On dit de même, "Cette femme se coiffe bien."
"Ce perruquier coiffe bien," Les perruques qu'il fait vont bien. "Cette perruque coiffe bien, ce chapeau coiffe bien, ce bonnet coiffe bien, etc.," Ils siéent bien à l'air du visage.
"Coiffer une bouteille," Mettre une enveloppe par-dessus le bouchon, pour empêcher que le vin ne s'évente.
En termes de Chasse, "Les chiens ont coiffé le sanglier," Ils l'ont pris aux oreilles.
En termes de Marine, on dit qu'"Un bâtiment coiffe," lorsque, par une manoeuvre ou un changement de vent subit, le vent frappe sur l'avant des voiles. "Il fit une fausse manoeuvre, et le vaisseau coiffa."
1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)
2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)
Coiffer, signifie aussi Orner, parer sa tête de ce qui sert à la couvrir, ou de ses propres cheveux. "Se coiffer avec un bonnet. Se coiffer avec ses cheveux. Se coiffer en cheveux. Coiffer de fleurs, coiffer en plumes".
On dit, qu'"Une femme se coiffe bien", pour dire, qu'Elle entend bien l'ajustement de sa tête; et d'Une Coiffeuse, qu'"Elle coiffe bien," qu'"elle coiffe à merveilles, " pour dire, qu'Elle donne un bon air à toutes les coiffures des femmes dont elle se mêle.
On dit aussi, qu'"Un Perruquier coiffe bien," pour dire, que Les perruques qu'il fait ont de la grâee; et qu'"Une perruque coiffe bien," qu'"un chapeau coiffe bien," pour dire, qu'Ils viennent bien à l'air du visage.
On dit, "Coiffer une bouteille," pour dire, Mettre une enveloppe par-dessus le bouchon, pour empêcher que le vin ne s'évente.
On dit en termes de Chasse, que "Les chiens ont coiffé un sanglier," pour dire, qu'Ils l'ont pris aux oreilles.
On dit figur. et famil. "Se coiffer de quelqu'un, d'une opinion," pour dire, Se préoccuper, s'entêter de quelqu'un, d'une opinion. "Quand il s'est une fois coiffé d'une opinion, on ne le peut jamais ramener. Il s'est allé coiffer de cette femme. Elle s'est coiffée de lui".
Il s'emploie à l'actif dans le même sens. "Je ne sais qui l'a coiffé d'une opinion si extravagante," pour dire, Je ne sais qui l'en a entêté.
On dit encore figur. Et famil. qu'"Un homme se coiffe," qu'"il est aisé à coiffer," qu'"on l'a coiffé," pour dire, qu'Il boit trop, qu'on l'à fait trop boire, et qu'il y paroît. "Cet homme se coiffe souvent. Il ne faut que trois verres de vin pour le coiffer".
On dit aussi, "Coiffer une liqueur," pour dire, La mêler avec une autre. "Coiffer du vin, de la bière, etc."
1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Verbe |
Couvrir la tête. "Les" "Turcs se coiffent d'un turban, les François d'un chapeau. Les Moines se coiffent d'un froc."
2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
signifie aussi Orner, parer sa tête de ce qui sert à la couvrir, ou de ses propres cheveux. "Se coiffer avec un bonnet. Se coiffer avec ses cheveux. Se coiffer en cheveux."
On dit, qu'"Une femme se coiffe bien," pour dire, qu'Elle entend bien l'ajustement de sa tête; Et d'Une Coiffeuse, qu'"Elle coiffe bien, qu'elle coiffe à merveilles," pour dire, qu'Elle donne un bon air à toutes les coiffures des femmes dont elle se mêle.
On dit aussi, qu'"Un Perruquier coiffe bien," pour dire, que Les perruques qu'il fait sont de bon air: Et qu'"Une perruque coiffe bien," qu'"un chapeau coiffe bien," pour dire, qu'Ils viennent bien à l'air du visage.
On dit, "Coiffer une bouteille," pour dire, Mettre une enveloppe d'étoupes ou de quelqu'autre chose par-dessus le bouchon, pour empêcher que le vin ne s'évente.
On dit en termes de Chasse, que "Les chiens ont coiffé un sanglier," pour dire, qu'Ils l'ont pris aux oreilles.
On dit figur. & famil. "Se coiffer de quelqu'un, d'une opinion," pour dire, Se préoccuper, s'entêter de quelqu'un, d'une opinion. "Quand il s'est une fois coiffé d'une opinion, on ne le peut jamais ramener. Il s'est allé coiffer de cette femme. Elle s'est coiffée de lui. Elle se coiffe du premier venu."
Il s'emploie à l'actif dans le même sens. "Je ne sai qui l'a coiffé d'une opinion si extravagante," pour dire, Je ne sai qui l'en a entêté.
On dit encore figur. & famil. qu'"Un homme se coiffe," qu'"il est aisé à coiffer," qu'"on l'a coiffé," pour dire qu'Il boit trop, qu'on l'a fait trop boire. "Cet homme se coiffe souvent. Où s'est-il coiffé? Qui l'a coiffé? Il ne faut que trois verres de vin pour le coiffer."
On dit aussi, "Coiffer une liqueur," pour dire, La mêler avec une autre. "Coiffer du vin, de la bière, &c."
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
ou COIFER, v. a. COIFEUR, EûSE, s. m. et f. COIFûRE, s. f. ["Koafé", "feur", "feûze", "fûre".] "Coifer", actif, se dit du péruquier, du coifeur, ou de la coifeûse, qui arrangent bien ou mal la coifûre, soit péruque, soit cheveux, soit coifes. = On dit, "coifer une" bouteille, mettre une envelope par-dessus le bouchon, pour empêcher que le vin ne s'évente. = "Coifer une" liqueur, la méler avec une âutre: on "a coifé ce" vin, "cette" bière. = "Coifer", neutre, se dit d'une péruque, ou d'un chapeau, qui va bien ou mal à l' air du visage. 'Cette péruque "coife" bien, ce chapeau "coife" mal. = "Coifer", se dit plus ordinairement au réciproque, avec le pron. "se": 'Cette femme "se coife bien"; elle entend bien l'ajustement de sa tête. On dit, dans le même sens, au passif, elle "est bien coifée". = Figurément (st. famil.), "se coifer", ou "être coifé d'une" persone, d'une opinion, en être entêté, s'en préocuper. 'Vous "vous êtes coifé" de la qualité de citoyen; cela est bien comun. "Coyer", Lett. à un Grand.
- On le dit aussi activement: Je ne sais qui "l'a coifé d'une" opinion, si extravagante.
- Mde "de Sévigné" fournit un exemple du propre et du figuré, unis dans la même phrâse: 'Elle étoit au lit, belle et "coifée" à "coifer" tout le monde. = On dit encôre, fig. et famil., qu'un homme se "coife", qu' il "est aisé à coifer", qu'"on l'a coifé", pour dire, qu'il boit trop, ou qu'on l'a trop fait boire.
COIFEUR, EûSE, celui ou celle qui fait métier de coifer des Dames. L'"Acad." avertit que "Coifeur" n'est plus guère en usage. Aparemment que depuis cette remarque la mode a changé; car il y a plus de "Coifeurs" que de "Coifeûses".
COIFûRE, est, en général, la couvertûre et ornement de la tête: ainsi l'on dit, que le turban est "la coifure" des Turcs: mais il se dit plus ordinairement de la manière dont les femmes se coifent, suivant le pays et la mode. "Coifûre à" la mode, "coifûre à" boucles, "coifûre en" cheveux, etc., etc.
Emplacement dans le dictionnaire :
| cohobation cohober cohorte cohûe cohue coï coi | coiffe coiffé coiffer coiffeur coiffeuse coiffure coigne | coignet coiment coin coinçage coincement coincer coïncidence |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)...cherchant toujours ses habits de bord, tournant comme une bête fauve que l'on tient captive. Il avait dit à voix basse que rien ne l'empêcherait de sortir dès qu'il aurait trouvé son bonnet pour se coiffer. Mais c'est égal, l'idée qu'il faudrait me toucher pour essayer de sortir le retenait encore. Moi aussi, j'étais dans un mauvais jour et je ne sentais plus rien de cette affection qui avait...
Citation n°2 de Maurice BARRÈS (Le Jardin de Bérénice)
...de son vieux mari, la préparait pour sortir. Dans l'armoire à glace, fortement parfumée des herbes recueillies sur la garrigue, le soleil couchant envoyait quelques rayons, et sa mère, pour la coiffer, en tirait un petit chapeau de velours rouge, qui remplissait l'enfant passionnée du sentiment de la beauté et brisait ses nerfs d'une douceur délicieuse, dont l'ébranlement retentit jusqu'en sa...
Citation n°3 de Edgar QUINET (Ahasvérus)
...Bravo ! C'est l'art que j'aurais voulu cultiver, si on m'eût laissée libre. Darder, en plein soleil, des paroles huppées ; habiller de phrases une ombre, un squelette, moins que cela, un rien ; le coiffer de rimes, le chausser d'adverbes, le panacher d'adjectifs, le farder de virgules ; quelle faculté dans l'homme, monsieur ! Et songer que tout lui obéit, premièrement, ce qui n'est pas ! Se plonger...
Citation n°4 de Léon CLADEL (Ompdrailles, le tombeau des lutteurs)
...du moindre tapin. Assise entre les épaules qui la portaient, carrée à la base et pyramidale au sommet, une protubérance extraordinaire, surplombant l'occiput, semblait, vue à distance et de côté, coiffer le crâne en pain de sucre comme elle. En vérité, cette gaillarde, on l'eût dite douée d'une vie exclusive et le plus souvent contradictoire à celle du reste de l'organisme : ainsi, par exemple, elle...
Citation n°5 de Louis REYBAUD (Jérôme Paturot à la recherche d'une position sociale)
...héroïque, glorieuse, il fallait descendre à quoi ? Au tricot et aux chaussettes. Quel déchet ! Dès ce moment, monsieur, je fus livré au démon de l'orgueil. Je me crus destiné à tout autre chose qu'à coiffer et à culotter le genre humain. Cette ambition me perdit. C'était alors le moment de la croisade littéraire dont vous avez sans doute entendu parler, quoiqu'elle soit aujourd'hui de l'histoire...
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