Conséquemment (adverbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Adverbe |
(emmen se prononce aman)
XIV e siècle, au sens de « successivement ». Dérivé de conséquent. Par une suite naturelle et logique ; en conséquence. On a découvert qu'il avait des intelligences avec l'ennemi et, conséquemment, il a été arrêté. Loc. prép. Class. Conséquemment à, à la suite de, en vertu de. Tout a été réglé conséquemment aux ordres donnés.
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
Par une suite raisonnable et naturelle de. "Il a conduit l'affaire conséquemment à ce qui avait été réglé. Tout a été réglé conséquemment aux ordres donnés." Absolument, "On a découvert qu'il avait des intelligences avec les ennemis et, conséquemment, on l'a arrêté."
Dictionnaire d'Emile Littré
| Adverbe |
1 D'une manière conséquente, qui se suit, s'enchaîne.
BOSSUET: « Bien définir ses mots pour parler conséquemment »
BOSSUET: « On ne peut parler conséquemment avec nous »
LA BRUY.: « Qui doute que les enfants ne conçoivent, qu'ils ne jugent, qu'ils ne raisonnent conséquemment ? »
LA BRUY.: « Aussi ne parle-t-il guère conséquemment et avec suite »
VOLT.: « Ceux qui disent que, si la matière pouvait recevoir le don de la pensée, l'âme ne serait pas immortelle, raisonnent-ils bien conséquemment ? »
VAUVENARGUES.: « Il y a des hommes qui conçoivent très distinctement et qui ne raisonnent pas conséquemment »
SAINT-SIMON: « Personne ne parlait plus juste, plus nettement, plus conséquemment [que le duc de Chevreuse] »
Agir, parler conséquemment, agir, parler conformément à ses vues.
J. J. ROUSS.: « [Celui-là] va seul à son but, et vit conséquemment »
2 En conséquence.
RÉGNIER: « Ainsi conséquemment [il en est de même] de tout dont je t'offense »
LA BRUY.: « Ils décident en leur faveur et agissent conséquemment »
VOLT.: « Si l'Inde est la contrée la plus anciennement policée, elle doit conséquemment avoir eu la plus ancienne forme de religion »
BOURD.: « C'est dans ce sacrifice où le religieux se donne lui-même, qu'il donne conséquemment et qu'il sacrifie toutes ces prétentions [du monde] »
Conséquemment à, en conséquence de. Conséquemment à cette doctrine.
BOURD.: « Les hommes, dira-t-on, conséquemment à la prédestination de Dieu, ne sont plus maîtres de leur volonté »
MASS.: « Voyez si le monde n'agit pas conséquemment à cette persuasion »
HISTORIQUE
XVème siècle
G. CHASTELAIN: « Consequemment au mois de mars mourut dame de Bar, comtesse de St-Pol »
XVIème siècle
RAB.: « La royne s'assit on premier lieu, consequemment les aultres selon leur degré et dignité »
RAB.: « Dindenault en print ung grant et fort par la toyson, cuydant ainsy le retenir, et saulver le reste aussi consequemment »
AMYOT: « Il feit jurer premierement aux rois et aux senateurs, puis consequemment à tout le peuple, qu'ilz garderoient ses statuts »
AMYOT: « Qui se tiendroit de passer puis après en Afrique et à Carthage, qui seront consequemment en si belle prise ? »
AMYOT: « Il ne se donna garde qu'il se trouva en estroitte disette de tous vivres, et consequemment en grand danger »
EST. DE LA ROCHE: « Desquelles toutes sera parlé cy après consequemment l'une après l'aultre »
ÉTYMOLOGIE
Conséquent, et le suffixe ment.
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Adverbe |
D'une manière qui marque la juste liaison que des propositions ont les unes avec les autres. "Raisonner conséquemment."
"Agir conséquemment, parler conséquemment," Agir, parler conformément à ses vues, à ses principes.
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie aussi, Par une suite raisonnable et naturelle. "On a découvert qu'il avait des intelligences avec les ennemis, et conséquemment on l'a arrêté." Dans cette acception, "Conséquemment" peut être suivi de la préposition "à. Il a conduit l'affaire conséquemment à ce qui avait été réglé."
Ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Adverbe |
D'une manière qui marque la juste liaison que des propositions ont les unes avec les autres. "Raisonner conséquemment".
On dit, "Agir conséquemment, parler conséquemment," pour dire, Agir, parler conformément à ses vues, à ses principes.
Il signifie aussi, Par une suite raisonnable et naturelle. "On a découvert qu'il avoit intelligence avec les ennemis, et conséquemment on l'a arrêté".
En cette acception, Conséquemment peut être suivi de la préposition "à. Il a conduit l'affaire conséquemment à ce qui avoit été réglé".
Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Adverbe |
D'une manière qui marque la juste liaison que des propositions ont les unes avec les autres. "Raisonner conséquemment."
On dit, "Agir conséquemment, parler conséquemment," pour dire, Agir, parler conformément à ses vues, à ses principes.
Il signifie aussi, Par une suite raisonnable & naturelle. "On a découvert qu'il avoit intelligence avec les ennemis, on l'a arrêté, on lui a fait son procès, & conséquemment il a été condamné."
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Adverbe |
CONSÉQUENCE, s. f. CONSÉQUENT, s. m. ["Kon-sékaman", "kance", "kan;" 1re lon. 2e "é" fer. 3e lon. aux deux derniers. "Richelet" écrit ces mots sans accent. Cette ortographe ocasionerait une prononciation gascone.] I. "Conséquemment" a deux sens: 1°. D'une manière juste et raisonée relativement aux principes qu'on s'est formé; "parler", "agir", raisoner "conséquemment".
- 2°. Par une suite raisonable et naturelle. En ce 2d sens, il régit la prép. "à", comme "en conséquence" régit la prép. "de". '"Conséquemment à" ce que nous avions réglé: "en conséquence de" nos arrangemens.
II. CONSÉQUENCE: conclusion tirée d'une ou de plusieurs propositions. Tirer "une conséquence": nier, prouver "une conséquence", ou "la conséquence". La "conséquence est" juste "ou" fausse, mal tirée, etc. = "Importance": il ne se dit en ce sens, qu'avec la prép. "de". 'Homme, afaire, terre, place "de conséquence"; charge, emploi "de conséquence". * 'Il ne fit "rien de conséquence" sans le consulter. "Marsolier".
- Je doute qu'avec "rien" l' usage l'aprouve. "De conséquence" est une espèce d' "adjectif", le "de" en fait partie, et l'acompagne toujours: "Rien", régit aussi cette prép. "de": avec "rien", le mot "conséquence" se trouverait donc tout seul, et ne signifierait plus rien. Ceci paraîtra trop subtil; mais qu'on y fasse attention, et l'on comprendra la justesse de cette Remarque. = Je ne crois pas non plus que cette espèce d'adjectif puisse s'associer avec le v. "être" impersonel: 'Il est "de conséquence de s'oposer" au commencement du mal. "Le Gendre". J'aimerais mieux dire: "il est important". = "Suite" qu'une action ou quelqu'aûtre chôse peut avoir. 'Cela peut avoir "de" terribles "conséquences": 'C'est un exemple "de" dangereuse "conséquence".
- "Tirer à conséquence" se dit dans le même sens. 'Je ne sais s'il est permis de juger des hommes par une faûte unique, et si un besoin extrême, une violente passion, ou un premier mouvement "tirent à conséquence". La BRUY.
- Le même Auteur dit, dans un aûtre endroit, "tirer en conséquence": celui-ci ne se dit point aujourd'hui. 'Combien de sortes de ridicules, répandus parmi les hommes, mais qui, par leur singularité, ne "tirent" point "en conséquence".
- * On a dit aussi, plus anciènement, "tirer de conséquence". 'Elle prendra garde de ne point l' importuner, comme elle ferait, si, pour des faûtes légères, et qui ne "tirent" point "de conséquence", elle venoit à tous propos faire des avertissemens. "Saint François de Sales".
L'usage a préféré "par conséquent" à "par conséquence", qu'on disait autrefois, et "en conséquence" à "en conséquent".
"En conséquence", adv. Conséquemment. Il se dit, ou sans régime. 'J'ai reçu votre lettre et j' agirai "en conséquence": on sous-entend, "de ce que" vous me dites, vous m'ordonez, etc. ou avec la prép. "de", "en conséquence de" vos ordres, "de" vos avis, etc.
- Un Auteur anonyme l'emploie singulièrement. 'L'Église Catholique fait profession de ne rien enseigner qui ne soit contenu formellement, ou "en conséquence" dans la parole de Dieu.
- Il veut dire, ou formellement dans les principes, ou dans les conséquences qui en découlent; mais il s'exprime mal.
"Sans conséquence", adv. 'Tout ce qu'il dit est "sans conséquence", on n'y fait nulle atention. 'On vous acorde cette grâce, mais "sans conséquence", sans que d'autres puissent s'en prévaloir.
- Homme "sans conséquence", c. à. d., méprisable, et aux discours de qui il ne faut pas prendre garde, ou bien, en parlant de galanterie, homme qui, par la réputation, ou par l'âge, met à l'abri de tout soupçon.
III. CONSÉQUENT, subst. En Logique, c'est la seconde proposition d'un enthymème, dont la 1re est l'"antécédent": 'Dieu est infinement aimable.
- "Donc", nous devons l'aimer.
- En Mathématique, c'est le second terme d'une raison, ou d'un raport. 'Dans la raison de "trois" à "quatre", trois est l'antécédent, et quatre le "conséquent".
Dans le discours ordinaire, "conséquent", se dit surtout, avec la prép. "par": 'Le soleil est levé: "par conséquent", il fait jour. Il signifie "donc", ou, "par une suite naturelle". C'est une conjonction "illative" ou "conclusive", qui exprime l'action d'inférer, ou de conclûre de l'un à l'aûtre.
- "Par conséquent", peut se placer avant ou après le verbe, mais rârement entre l' auxiliaire et le participe. 'Vous aviez tort; "par conséquent", vous auriez dû, "ou", vous auriez dû, "par conséquent", faire des satisfactions, ce serait mal dire: vous auriez "par conséquent", dû, etc.
IV. CONSÉQUENT, ENTE, adj. ne se dit que des persones. Qui agit, qui raisone conséquemment. "Trév.", "Rich. Port."
- L'"Acad." ne le met point. Est-ce un oubli? Est-ce qu'elle le désaproûve? Mais ce mot est du bon et du bel usage, et l'on peut s'en servir sans dificulté. 'C'est un homme "très-conséquent" dans ses raisonemens, dans ses démarches. 'Vous êtes étonée de la conduite de cette femme: elle est très-"conséquente", et sait bien ce qu'elle fait. = Dans l'"Ann. Litt." on lui fait regir la prép. "à": 'Les Stoïciens faisoient d' inutiles éforts pour être "conséquens à" leurs principes.
- Ce régime est inusité. = Le P. "Grifet" l'associe avec "être", impersonel: 'Parce que Dieu est infiniment juste, "il est conséquent que" cette Justice, qui lui est essentielle, "se communique à" ses Jugemens. Cette manière de parler me paraît douteûse.
- * Dans le sens d'"important", "considérable", il est du style mercantile. 'Je vous ferai bientôt un envoi plus "conséquent". 'Il n'est pas de Fermiers, qui, l'un portant l'autre, ne nourrissent douze chevaux dans leurs fermes, pour peu qu' elles soient "conséquentes". Anon.
- Dans cet emploi, c'est un barbarisme, et l'on est étoné de le trouver dans le "Journ. de Litt." 'Je vous ai anoncé la prise de deux bâtimens Russes par les Anglois, parce que je regarde cet évènement comme un des plus extraordinaires et "des plus conséquens", dans les circonstances actuelles. * 'L'Auteur auroit déjà donné avis au Public, qu'il travailloit à un Poème "conséquent". (l'Harmonie imitative de la Langue Française) Anoncer par un "barbarisme" un ouvrage de cette importance, ce n' était pas un début heureux. "Ann. Litt." = "Conséquent", ne se dit pas des chôses, à moins qu'elles n'aient un raport immédiat avec la persone. On dit, des raisonemens "conséquens", une conduite "conséquente", des démarches "conséquentes".
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