Crédit (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

XV e siècle. Emprunté de l'italien credito, « emprunt, dette », puis « confiance », « influence », « considération ».

I. Confiance qu'inspire quelqu'un.
1. Autorité, influence, considération que l'on acquiert par ses mérites, ses travaux. Avoir du auprès de quelqu'un. Cela lui a acquis du . Cet auteur jouit d'un grand . Se servir, user, abuser de son . Mettre son au service de quelqu'un. User du de quelqu'un. Il a perdu beaucoup de son , il a épuisé son . Avoir du sur quelqu'un, sur l'esprit de quelqu'un. Par ext. Donner du à une opinion. Cette théorie a trouvé quelque dans les milieux scientifiques. Cette hypothèse prend du , acquiert beaucoup de . Loc. En , en position d'inspirer la confiance, d'être pris en considération. Sa franchise l'a mis en auprès de moi. Il est en grand . Cette idée reste en . Expr. fig. Avoir, réclamer le de quelque chose, la paternité d'une invention, le mérite d'un exploit, l'honneur d'une réussite.
2. Confiance que l'on montre, que l'on témoigne à quelqu'un. On peut lui faire , ses informations sont sûres. Accorder son à quelqu'un. Expr. Je vous laisse tout pour mener l'affaire, toute liberté d'action, toute latitude.

II. . Confiance que quelqu'un donne en sa propre solvabilité ; conséquence que l'on en tire ; acte qui en résulte.
1. Réputation d'être solvable et de payer ponctuellement son dû, qui fait que l'on inspire confiance à un prêteur. Il n'a pas d'argent comptant, mais il a du . Les fonds qui lui sont nécessaires, il les trouvera sans peine sur son . Il a su conserver tout son . Cette affaire compromet, ruine son . Expr. Prêter son , prêter son nom et fournir sa garantie pour un emprunt contracté par un autre.
2. . Avance que l'on accorde. Ouvrir un à quelqu'un, mettre à sa disposition une certaine somme d'argent. Faire , donner à , vendre à , ne pas exiger un paiement immédiat en échange de ce qu'on vend. Je n'avais pas d'argent sur moi, mais la fleuriste m'a fait . Prendre des marchandises à , acheter à , à tempérament. Payable pour un tiers comptant et le reste à . Crédit à dix pour cent d'intérêt.
3. . Prêt consenti par une banque ou un organisme financier, remboursable à plus ou moins long terme. Déposer une demande de . Accorder un . Un établissement de . Crédit à court terme, à moyen terme, à long terme, selon la durée de la période de remboursement. Avoir un ouvert chez un banquier. Cette banque consent des s à un taux très élevé. Encadrement du , ensemble des règles limitant le montant global et le taux des prêts à accorder aux entreprises et aux particuliers. Crédit documentaire, prêt à court terme consenti par un banquier au destinataire de marchandises importées, contre des documents prouvant la livraison de ces marchandises. Crédit à la consommation, voir . Crédit à l'exportation, d'État ou privé destiné, sous des formes et par des techniques diverses, à faciliter l'exportation des biens et des produits. Crédit relais, accordé à court terme, jusqu'à l'obtention du prêt à long terme finançant une opération d'investissement. Crédit différé, pour lequel l'octroi du prêt est subordonné à la constitution préalable d'une épargne. Lettre de , document remis par une banque à un client nommément désigné, et fixant le montant maximum des fonds dont l'utilisateur pourra disposer sur d'autres places auprès des correspondants de la banque émettrice, qui en garantit le remboursement. Carte de , voir . Par méton. Raison sociale de sociétés bancaires, d'établissements, et d'organismes qui consentent des prêts. Le Crédit foncier de France, établissement privé contrôlé par l'État, destiné à favoriser la construction et l'accession à la propriété. Spécialt. Crédit municipal, établissement d'aide sociale, accordant des prêts sur gages à des taux modérés (encore désigné, dans le langage courant, par son ancien nom de Mont-de-piété ).
4. Partie d'un compte constituant l'avoir ; ensemble des sommes inscrites à un compte au bénéfice de son titulaire, par opposition au débit, représentant les dépenses ou sorties de fonds. Tout compte courant est tenu par débit et par . Porter un article, une somme au d'un compte. Balancer le d'un compte par le débit d'un autre compte.
5. . Somme allouée par une autorité budgétaire en vue d'une affectation déterminée. Crédit budgétaire, somme votée pour un exercice donné par le Parlement ou par l'organe délibérant d'une personne morale de droit public, et inscrite au budget de l'État ou de cette personne morale pour couvrir une catégorie de dépenses déterminée. Souvent au pluriel. Voter, refuser des s. Crédits additionnels, supplémentaires. Crédits ordinaires, extraordinaires. Crédits de paiement. Les s du ministère de la Défense. Par ext. Somme dont dispose un gestionnaire. L'utilisation, la répartition des s. Les s de fonctionnement, d'entretien, d'investissement. Obtenir des s pour l'achat de matériel. Les paiements en dépassement de s sont interdits en comptabilité publique.
6. . Crédit d'impôt, créance sur l'État, qui vient en déduction de l'impôt sur le revenu d'un contribuable détenteur d'obligations ou de bons de caisse soumis à une retenue fiscale à la source (on dit aussi Avoir fiscal ).


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Réputation d'être solvable et de bien payer, qui fait que l'on trouve aisément à emprunter. "Il n'a point d'argent comptant, mais il a du . S'il avait besoin de cent mille francs, il les trouverait sur son . Il maintient bien, il conserve bien son crédit. Cette affaire compromet son , a ruiné son . Le public."
"Prêter son ," Prêter son nom et fournir son obligation pour un emprunt qui doit profiter à un autre.
"Lettre de ." Voyez LETTRE.
"Ouvrir un , faire un à quelqu'un," L'autoriser à prendre à une caisse jusqu'à concurrence d'une certaine somme, ou même tout l'argent dont il aura besoin. "On lui a fait, on lui a ouvert un de cent mille francs sur le trésor public. Il m'a ouvert chez son banquier un illimité." On dit dans le même sens "Avoir un ouvert chez un banquier, un de tant sur tel banquier."
"Faire , donner à ," Donner des marchandises, des denrées, sans en exiger sur l'heure le paiement. On dit aussi dans le même sens "Prendre des marchandises à . Vendre, acheter à ."
Prov. et pop., "Crédit est mort, les mauvais payeurs l'ont tué," On ne veut plus prêter ; il faut payer comptant.
Il signifie, en termes d'Administration Somme allouée sur le budget, pour un usage déterminé. "Crédit ordinaire. Crédit supplémentaire. Le demandé pour cette dépense a été voté par la Chambre."
Il se dit aussi de Sociétés de prêt sur meubles ou immeubles. "Établissement de . Crédit mobilier. Crédit foncier. Crédit agricole. Crédit national."
En termes de Comptabilité, il désigne, par opposition à Débit, la Partie d'un compte où l'on écrit ce qui est dû à quelqu'un ou ce qu'on a reçu de quelqu'un. "Tout compte courant est tenu par débit et par . Porter un article, une somme au d'un compte. La colonne du ."
Il signifie au figuré Autorité, influence, considération. "Il est en , en grand . Avoir du auprès de quelqu'un. Cela l'a mis en , lui a acquis du . Il y a employé tout son . Il a perdu beaucoup de son , tout son . Se servir, user de son . Abuser de son . User son . User du de quelqu'un. Mettre son au service de quelqu'un."
"Avoir du sur quelqu'un, sur l'esprit de quelqu'un," Avoir du pouvoir sur son esprit.
Il se dit encore de la Confiance qu'on inspire. "Cet historien n'a point de ." Fig., "Mettre une opinion en . Cette théorie a trouvé dans de nombreux milieux. Cette nouvelle prend, acquiert beaucoup de ."
Fig., "Faire à quelqu'un," Lui faire confiance, lui donner le temps de montrer ce qu'il est capable de faire. "Ce jeune homme ne fait que débuter : il faut lui faire ."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Confiance en la solvabilité. Le crédit est l'âme du commerce.
LA FONT.: « Notre trio [de marchands] poussa maint regret inutile, Ou plutôt il n'en poussa point ; Le plus petit marchand est savant sur ce point : Pour sauver son crédit, il faut cacher sa perte »
ANQUET.: « Les Allemands que le fidèle Sancy avait levés sur son propre crédit »
J. B. SAY: « L'on sait qu'une personne qui a du crédit emprunte à meilleur marché qu'une personne qui n'en a pas »
    Faculté d'obtenir des prêts ; disposition des détenteurs de capitaux à en faire l'avance à ceux qui les demandent. Le crédit règne dans un pays lorsque les prêts y sont abondants et faciles. Un particulier a du crédit lorsqu'il emprunte facilement les fonds dont il a besoin.
    Crédit personnel, celui qui dépend du caractère personnel et des facultés de l'emprunteur. Crédit réel, celui qui repose sur des sûretés spéciales. Crédit hypothécaire.
    Crédit agricole, industriel, commercial, celui qui procure des avances à l'agriculture, à l'industrie, au commerce. Crédit foncier, territorial, celui qui prête à la propriété foncière.
    Société générale du crédit mobilier, société destinée à faire des prêts sur dépôts de valeurs mobilières, actions, coupons de rentes, etc.
    Crédit public, confiance dont jouit un gouvernement pour le payement des intérêts de sa dette, pour les emprunts à faire, etc.
RAYNAL: « La France et l'Espagne ont leurs trésors ; l'Angleterre, un grand crédit national »
RAYNAL: « L'usage du crédit public, quoique ruineux pour tous les États, ne l'est pas pour tous au même point »
J. B. SAY: « Le crédit public, comme le crédit personnel, consiste dans la persuasion où est le public, que le débiteur, qui est l'État, s'acquittera fidèlement des engagements qu'il a contractés envers ses créanciers »
    Prêter son crédit à quelqu'un, engager sa signature, s'obliger pour faire emprunter à quelqu'un une somme.
    Crédit est mort, on ne prête plus, c'est-à-dire on ne vend que contre argent.
    Fig.
VOLT.: « Notre siècle vit sur le crédit du siècle de Louis XIV »

 2   Terme que le créancier accorde à son débiteur. Accorder un long crédit. Acheter, vendre des marchandises à crédit, c'est-à-dire sans payement immédiat.
BÉRANG.: « Mais nous avons là vingt bouteilles, Et le traiteur nous fait crédit »
PASC.: « On achète des étoffes à crédit »
SÉV.: « Je lui ferai crédit de trois mois »
LA FONT.: « Votre plaisir serait-il qu'à crédit J'en puisse avoir, non pas pour grosse somme ? »
CHATEAUB.: « Les sauvages, pendant l'été, mettent leurs chiens en pension, à crédit, chez des gardiens »
BÉRANG.: « Mon hôte à crédit me traite ; J'ai bonne chère et vin vieux »
    Familièrement. Faire crédit de la main à la bourse, ou depuis la main jusqu'à la bourse, ne livrer sa marchandise que contre payement.
    Fig. Faire crédit d'une chose, en dispenser.
SÉV.: « Je fais crédit à mon fils de cette reconnaissance »
    Fig. À crédit, inutilement, sans fondement.
MOL.: « C'est jouer en amour un mauvais personnage Et se rendre après tout misérable à crédit »
MOL.: « Mais les gens de mon air, marquis, ne sont pas faits Pour aimer à crédit et faire tous les frais »
MOL.: « Qui peut trouver moyen d'être fait de la sorte Ne soupire guère à crédit »
GUI PATIN: « Cela se dit à crédit et sans démonstration »
    Elle a pris à crédit un pain sur la fournée, se dit d'une fille devenue grosse avant le mariage.

 3   Somme mise à la disposition de quelqu'un dans une banque, chez un commerçant.
    Ouvrir un crédit à quelqu'un, et aussi faire un crédit à quelqu'un, l'autoriser à toucher à une caisse, jusqu'à concurrence d'une somme déterminée, et aussi s'obliger à prêter sur demande à la personne désignée une somme à des conditions déterminées. Avoir un crédit chez un banquier, être autorisé à toucher chez lui une certaine somme.
    Lettre de crédit, lettre dont le porteur peut toucher de l'argent chez ceux à qui elle est adressée.
    Terme d'administration. Somme allouée, pour tel usage déterminé, par voie de budget. Crédit ordinaire, supplémentaire, extraordinaire, etc.

 4   La page droite d'un livre de compte qui s'intitule avoir, et où l'on écrit ce qui est dû à quelqu'un, ce qu'on a reçu de quelqu'un par opposition à débit, partie d'un compte où l'on porte ce qui a été fourni à quelqu'un ou payé à quelqu'un. Tout compte courant est tenu par crédit et par débit. Portez cet article à mon crédit.
    Avoir crédit en banque, être inscrit comme créancier sur les livres de la banque.
    Crédit se dit aussi pour signifier la note de ce qu'un marchand doit faire entrer à son profit dans le tableau d'un compte, et encore la note de tous les articles qui doivent être portés en recette sur un compte.

 5   Terme de commerce et de banque. Confiance dont jouissent certains effets sur la place. Les billets de cette compagnie prennent crédit.

 6   Considération, influence dont jouit une personne.
RÉGNIER: « Elle aura du crédit en l'empire d'amour »
RÉGNIER: « La fameuse Macette, à la cour si connue, Qui s'est aux lieux d'honneur en crédit maintenue »
CORN.: « Quelque peu de crédit que chez vous il obtienne »
CORN.: « Et vous pensez par là leur ôter tout crédit »
CORN.: « Mais pour peu qu'il m'aimât, du moins il m'aurait dit Que je garde en son âme encor quelque crédit »
CORN.: « Certes, vous m'allez mettre en crédit par la ville »
CORN.: « [Il] Passe pour homme illustre et se met en crédit »
ROTROU: « Si mon crédit peut obtenir sa grâce »
MOL.: « Ah ! ma soeur ! si sur vous je puis avoir crédit »
PASC.: « Rome où Diana [un casuiste] est en si grand crédit »
PASC.: « Par le crédit qu'ils ont dans le monde »
PASC.: « Si j'avais du crédit en France »
PASC.: « Sauver la vérité sans perdre notre crédit »
PASC.: « Les jésuites ont assez bonne opinion d'eux-mêmes, pour croire qu'il est utile et comme nécessaire au bien de la religion, que leur crédit s'étende partout et qu'ils gouvernent toutes les consciences »
BOSSUET: « Ils s'acquirent un grand crédit par la pureté de leur doctrine »
LA FAYETTE: « M. Colbert commença à prendre auprès du roi le crédit qui le rendit depuis le premier homme de l'État »
HAMILT.: « Pour se mettre en crédit auprès du roi »
FLÉCH.: « Par l'entremise de quelque personne d'autorité et de crédit sur son esprit »
RAC.: « Je vois mes honneurs croître et tomber mon crédit »
RAC.: « Princesse, en leur faveur employez mon crédit »
RAC.: « Son adroite vertu ménage son crédit »
RAC.: « ... à peine elle vous vit Que votre exil d'abord signala son crédit »
FÉN.: « Ils ne souhaitent point de voir les méchants en crédit »
REGNARD: « Un amant mort pour nous nous mettrait en crédit »
D'ALEMB.: « Le crédit impérieux qui voudrait envahir avec orgueil et violence des honneurs destinés à la réunion du mérite et des vertus »
VOLT.: « Alvarez aurait-il assez peu de crédit ? »
VOLT.: « Ce crédit si vanté doit-il durer toujours ? »

 7   Autorité dont jouit une chose. Mettre une nouvelle, une opinion en crédit, la répandre, lui donner de l'autorité ; lui donner du crédit, la confirmer.
LA FONT.: « Quand cette femme aurait dit vrai Dans une chambre tapissée, On s'en serait moqué ; la vogue était passée Au galetas ; il avait le crédit »
MOL.: « Et voir si ce n'est point une vaine chimère Qui sur ses sens troublés ait su prendre crédit »
LA FONT.: « La fable en son nom la demande ; Vous savez quel crédit ce mensonge a sur nous »
PASC.: « Tant d'autres histoires qui ont eu crédit au monde »
SÉV.: « C'est de la prose rimée qu'Horace a mise en crédit »
MASS.: « Votre rang ne donnait-il pas du crédit à vos passions et à vos exemples ? »

 8   Créance, confiance.
CORN.: « Je crois sur sa parole et lui dois tout crédit »
CORN.: « Donnez-vous à l'erreur encor quelque crédit ? »
CORN.: « N'écoute pas tout ce qu'on dit, Et souviens-toi qu'une âme forte Donne malaisément crédit à ces bruits indiscrets où la foule s'emporte »
CORN.: « Quand son instruction est salutaire et bonne, Donne-lui prompt crédit, Et, sans examiner quel maître te la donne, Songe à ce qu'il te dit »
MOL.: « Des gens à qui l'on peut donner quelque crédit »

SYNONYME
    CRÉDIT, FAVEUR. Le crédit est, proprement et étymologiquement, la confiance qu'inspire notre solvabilité, et qui fait qu'on nous prêtera de l'argent et, figurément, qu'on aura pour nos avis ou nos demandes une déférence méritée par notre caractère, par notre position, par notre talent, etc. Au contraire la faveur est toute gratuite ; c'est un sentiment favorable qu'on a pour nous. On dit la faveur du prince, le crédit d'un ministre. Le crédit de Sully triompha souvent de la faveur des maîtresses.

HISTORIQUE
    XVème siècle
COMM.: « Deux chevaliers qui avoient grant credit avecques ledit conte de Charolois »
COMM.: « Ceux qui gouvernoient ledit roy appellerent en cour, en authorité et à credit, ledit duc de Lorraine, pour en avoir part et aide »
    XVIème siècle
DU BELLAY: « Qui pour acquerir le nom de sçavans, traduisent à credit les langues, dont jamais ils n'ont entendu les premiers elements »
CALV.: « Qu'on aille donc maintenant baiser les reliques au credit de si lourds menteurs »
MONT.: « Les oracles avoient commencé à perdre leur crédit »
MONT.: « Qu'il ne loge rien en sa teste par simple auctorité et à credit »
LA BOÉTIE: « Et craignoient tous, à credit, un que personne n'avoit veu »
LANOUE: « Et si on considere combien la pluspart des hommes sont aujourd'hui mal montez et mal dextres à la lance, on aura honte de les mettre en un corps simple, qui est autant que se faire battre à credit »
LANOUE: « Quand ces paradoxes auront esté bien examinez, aucuns leur donneront paravanture autant de credit qu'à l'opinion vulgaire »
CARL.: « En ce pays-là le charroy n'a point de credit, et n'y en peult-on mener »
CHARRON: « Nous croyons, jugeons, agissons, vivons, et mourons à credit, selon que l'usage public nous apprend »
     Coust. génér. t. I, p. 919: Homme et femme conjoincts par mariage sont uns et communs en biens, meubles, debtes et credits faits tant devant leur mariage que durant
     ib. t. II, p. 260: Toutes leurs debtes et credites
H. EST.: « Je m'adresseray à ceux qui n'en parlent point à credit, ains semblent avoir de quoy payer »
COTGRAVE: « Servir Dieu à credit et par procureur »
ID.: « Assez a qui bon credit a »

ÉTYMOLOGIE
    Ital. credito, du latin credere, croire (voy. CROIRE).


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Réputation d'être solvable et de bien payer, qui fait que l'on trouve aisément à emprunter. "Bon . Grand . Il a , bon chez les marchands, sur la place. Il n'a point d'argent comptant, mais il a du . S'il avait besoin de cent mille francs, il les trouverait sur son . Il maintient bien, il conserve bien son . Cette affaire compromet son , a ruiné son . Le public."
"Prêter son ," Prêter son nom et fournir son obligation pour un emprunt qui doit profiter à un autre.
"Lettre de ," Lettre dont le porteur peut toucher de l'argent de ceux à qui elle est adressée. "De bonnes lettres de . Lettre de limitée. Lettre de illimitée. Donner, présenter une lettre de ."
"Ouvrir un , faire un à quelqu'un," L'autoriser à prendre à une caisse jusqu'à concurrence d'une certaine somme, ou même tout l'argent dont il aura besoin. "On lui a fait, on lui a ouvert un de cent mille francs sur le trésor public. Il m'a ouvert chez son banquier un illimité." On dit dans le même sens, "Avoir un ouvert chez un banquier, un de tant sur tel banquier."
"Faire , donner à ," Donner des marchandises, des denrées, sans en exiger sur l'heure le payement. On dit aussi dans le même sens: "Prendre des marchandises à . Vendre, acheter à ."
Fam., "Faire de la main à la bourse, depuis la main jusqu'à la bourse," Ne point faire de , ne vendre qu'argent comptant.
Prov. et pop., "Crédit est mort," On ne veut plus prêter; il faut payer comptant.
," signifie quelquefois, au figuré, Inutilement, en vain, sans profit; et alors cette locution est familière. "Personne ne vous sait gré de ce que vous faites, vous travaillez à . Vous vous tuez à . Vous vous donnez de la peine à . Vous consumez votre temps et votre bien à ." Il signifie aussi, Sans preuve, sans fondement. "Vous dites cela, vous avancez cela à , quelle preuve en avez-vous?"



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit également en parlant Des papiers ou effets de commerce qui ont plus ou moins de cours sur la place, parmi les négociants. "Les billets de cette compagnie prennent . Les actions de cette banque sont remontées de ."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



dans la Tenue des livres, signifie, par opposition à "Débit," La partie d'un compte où l'on écrit ce qui est dû à quelqu'un ou ce qu'on a reçu de quelqu'un. "Tout compte courant est tenu par débit et par . Porter un article, une somme au d'un compte. Le côté du ."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie figurément, Autorité, pouvoir, considération. "Il est en , en grand . Être en , avoir du auprès de quelqu'un. Il a grand , beaucoup de dans sa compagnie, à la cour, parmi les étrangers, en tel pays. Il s'est mis en par tel moyen. Cela l'a mis en , lui a acquis du . Son peut beaucoup. Il y a employé tout son . Il a tout cela par le d'un tel. Il a perdu beaucoup de son , tout son . Il est bien déchu de son . Son est bien diminué. Se servir, user de son . Abuser de son . User son ."
"Avoir du sur quelqu'un, sur l'esprit de quelqu'un," Avoir du pouvoir sur son esprit.



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi quelquefois, figurément, en parlant Des choses morales. "Mettre une opinion en . Cette nouvelle prend, acquiert beaucoup de ."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)


["Krédi"; 1re "é" fermé.] 1°. Réputation de solvabilité et d'exactitude à payer. 'Ce Négociant a beaucoup "de ", il troûveroit un million "sur son ".
- De là, "Lètre de ", dont le porteur peut toucher de l'argent de ceux à qui elle est adressée. 'Je lui ai doné "une lettre de sur" un tel.
- "Faire à" quelqu'un, ou "doner" une marchandise ", doner des denrées, des marchandises, sans exiger sur l'heûre le payement. 'Vendre, acheter, prendre ".
   "À~ ", adv. 1°. Inutilement, sans profit. 'Vous travaillez, vous vous tuez ": persone ne vous en sait gré. = Sans preuve, sans fondement: vous avancez cela ".
   "Rem." On dit, "figurément" (st. famil.) "Faire à" quelqu'un "de" quelque chôse, l' en dispenser. 'Mon fils devroit baiser les pâs que je fais tous les jours dans cette allée; mais comme elle contient douze cens pas, je "lui fais de" cette reconnoissance "Sév."
   Le stile chez les uns tient toujours lieu d'esprit,
   Pourvu qu'on paye en mots, "du" reste ils "font ".
       Du Resnel.
On dit, proverbialement, "faire de la main jusqu'à la bourse", pour dire, ne faire aucun .
   2°. "Crédit", autorité, pouvoir, considération. 'Avoir "du ", "un" grand "crédit", être "en à la" Cour, "dans" sa compagnie, "auprès" des Ministres, etc. "Avoir du sur" l'esprit de quelqu' un.
   "Rem." Dans cet emploi, il a un sens passif. Il ne se dit point de celui qui "estime", qui "considère", qui "a de la confiance"; mais de celui qui "est estimé", "considéré"; "en qui" l'on a de la confiance. Aûtrefois on ne faisait pas cette distinction. 'J'ai été bien trompé en ce Cardinal, et j'ai bien diminué du "crédit", respect et amour "que j'avois pour" lui. "Journ. de St. Amour". Il devait dire: qu' il avait diminué de respect et d'amour pour ce Cardinal, et que ce Cardinal avait beaucoup "perdu de son auprès de" lui. Ou, s'il voulait se servir du verbe "avoir", il falait employer le mot de "confiance", qui est actif. 'J'ai bien diminué de "la confiance que j'avois" en lui.
- 'Les hommes changent aisément de parti dans les guerres civiles, sur-tout quand "leur " est fondé sur une autorité héréditaire et indépendante. "Hist. d'Angl." Là, "crédit" est un anglicisme: "credit or trust", confiance, assurance.




Emplacement dans le dictionnaire :

creche
crécise
crécy
crédence
credence
crédibilite
credibilité
crédibilité
crédible
crédit
credit
crédité
créditer
créditeur
credo
crédule
credule
credulité
crédulité
crée
cree


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