Débiter (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
I.
XIV e siècle, au sens de « découper le bois en pièces », d'où « vendre au détail » ; XVII e siècle, « détailler en racontant, exposer ». Dérivé de bitte, « sorte de billot ». Au sens premier « faire des bittes », d'où «
1. Tailler, découper du bois en morceaux propres à un usage déterminé. Débiter un chêne en poutres, en madriers. Par anal. Débiter un bloc de marbre. Débiter un bœuf en quartiers. Par ext. Débiter un rôti en fines tranches.
2. . Vendre une marchandise au détail. Débiter des draps, des conserves. Spécialt. Écouler facilement une marchandise. Expr. fig. et fam. Il débite bien sa marchandise, il possède l'art de mettre en valeur ses propos, de persuader l'auditoire.
3. Laisser écouler, en un temps donné, une certaine quantité de liquide, de fluide. Ce robinet débite mille litres à l'heure. Par anal. À longueur de journée, la machine débitait des écrous.
4. Fig. et souvent péj. Réciter mécaniquement. D'un seul jet, il nous a débité tout son discours, sa harangue. Débiter un sermon d'une voix monocorde. Tenir à la suite des propos vains ou déplacés. Débiter des sornettes, des fadaises, des mensonges.
1ère signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Vendre d'une façon continue, répétée, surtout au détail. "Débiter des marchandises, des denrées, du drap."
Fig. et fam., "Il débite bien sa marchandise," Il fait valoir ce qu'il dit par la manière dont il le dit.
Il signifie aussi figurément Réciter. "Débiter son rôle. Débiter un discours."
Il signifie particulièrement, en termes de Musique, Précipiter l'exécution d'un passage, de manière à y substituer l'accent de la parole à l'accent musical. "Récitatif débité."
Il signifie également Raconter, aller dire une chose de côté et d'autre, ou la répéter souvent. "Débiter des nouvelles. Débiter des mensonges. Il put alors
Il signifie aussi Découper, tailler une matière en morceaux tout prêts à être employés. "Débiter les bois en planches, en madriers." Il se dit de même en parlant du Marbre, des pierres, etc. "Débiter à la scie."
2ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Comptabilité
Inscrire, porter quelqu'un comme débiteur dans un compte. "Je vous ai débité de telle somme."
Il signifie aussi Inscrire, porter au débit tel ou tel article dans un compte.
Il signifie encore Inscrire comme étant dû.
Dictionnaire d'Emile Littré
| Verbe |
1 Vendre en détail ou fréquemment. Débiter des denrées.
PASC.: « La lettre que vous débitâtes par tout Paris pour faire croire que le livre de la fréquente communion.... »
LA BRUY.: « Ai-je un lit de plume après vingt ans qu'on me débite sur place ? »
VOLT.: « Les libraires ne m'ont ni envoyé le livre, ni averti qu'ils le débitaient »
Fig. Débiter sa marchandise, avoir du succès, réussir.
BALZ.: « Pour débiter notre marchandise, il faudrait faire revenir les Augustes et les Antonins »
Il débite bien sa marchandise, il sait faire valoir ce qu'il dit.
Absolument, détailler. On ne débite pas dans cette maison.
Fig.
RÉGNIER: « La louange est à prix, le hasard la débite »
2 Terme de commerce. Inscrire quelqu'un comme débiteur d'un article ou d'une somme. Je vous ai débité de mille francs.
3 Terme de métier. Débiter le bois, le couper de longueur, après avoir refendu les pièces.
Mesurer les pièces avec la règle et le compas, marquer les grandeurs avec la craie et les approprier aux différentes destinations dont on a besoin. Débiter le bois en planches, en poutres, en cerceaux.
Débiter la pierre, la scier pour en faire du carreau. Débiter le marbre, le scier suivant les besoins.
Débiter un boeuf, le couper en pièces de boucherie.
4 Populairement, débiter de l'ouvrage, en exécuter beaucoup.
5 Réciter. Débiter des vers. Cet enfant débita très bien son compliment. Un comédien qui débite son rôle.
MASS.: « Ces discours qu'il débite avec tant d'emphase »
Dire, exposer, mais avec un sens péjoratif d'ironie ou de blâme. Débiter une morale pernicieuse.
CORN.: « Un homme de mon âge a cru légèrement Ce qu'un homme du tien débite impudemment »
CORN.: « C'est un secret d'amour et bien grand et bien rare ; Mais il faut de l'adresse à le bien débiter »
MOL.: « Tous ces blondins sont agréables et débitent fort bien leur fait »
BOURD.: « Débiter dans une chaire chrétienne de pareilles propositions et s'appuyer sur de semblables preuves pour conclure précisément de là que très peu entreront dans l'héritage céleste.... »
BOILEAU: « Chacun a débité ses maximes frivoles »
SACI: « Ils ne disent point la vérité ; car ils ont instruit leurs langues à débiter le mensonge »
LA BRUY.: « Cydias, après avoir toussé, relevé sa manchette, étendu la main et ouvert les doigts, débite gravement ses pensées quintessenciées »
FONTEN.: « Enfin nous qui débiterons peut-être encore des rêveries »
LESAGE: « Elle a été vous débiter mille impostures pour se venger »
BUFF.: « Ce que l'on a débité sur la longue vie des cerfs n'est appuyé sur aucun fondement »
DIDER.: « Eustathe, disciple de Jamblique et d'Édedius, fut un homme éloquent et doux, sur le compte duquel on a débité beaucoup de sottises »
Absolument.
MOL.: « Vertu de ma vie ! comme vous débitez ! il semble que vous ayez appris cela par coeur, et vous parlez tout comme un livre »
MAIRAN: « Il [M. Lémery] avait une facilité merveilleuse à débiter et à mettre en oeuvre son savoir »
6 Terme de musique. Exécuter un passage de chant, en le modifiant suivant le sens des paroles.
7 Terme d'hydraulique. Fournir une certaine quantité d'eau en un temps donné, en parlant d'une fontaine ou d'un cours d'eau. Cette fontaine débite tant de litres par jour.
8 Se débiter, v. réfl. Être vendu. Cette marchandise se débite très bien.
SÉV.: « Quand ce recueil se débitera »
BOILEAU: « Quand un livre au palais se vend et se débite »
VAUBAN: « Des denrées qui sont à très grand marché [à vil prix] sur le lieu et se débiteraient très bien à dix, vingt et trente lieues de là »
Être dit et répandu. Cette nouvelle se débite de tous côtés.
RÉGNIER: « Le blâme et la louange au hasard se débite »
Être coupé, taillé. Ce bois se débite facilement.
HISTORIQUE
XVIème siècle
MONT.: « Des gelées si aspres que le vin de la munition se coupoit à coups de hache, se debitoit aux soldats par poids, etc.... »
LANOUE: « Ils [les rois] leur permirent [aux nobles] de donner et debiter de leurs terres à des païsans à droits de rente et de censive »
O. DE SERRES: « Pourveu que ses reparations soient raisonnablement inventées, mieux ne pourroit-il debiter son revenu »
O. DE SERRES: « Gardant le reste de ses bleds pour debiter petit à petit jusques à la cueillette »
ÉTYMOLOGIE
Débit ; wallon, dibiter.
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
Vendre. On y joint ordinairement l'idée d'habitude, de répétition. "Débiter des marchandises, des denrées, des blés. Débiter en gros, en détail." Employé absolument, il se dit presque toujours D'une vente en détail.
Prov. et fig., "Il débite bien sa marchandise," Il fait valoir ce qu'il dit par la manière dont il le dit.
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie aussi figurément, Réciter. "Débiter son rôle. Débiter un discours."
Il signifie également, Raconter, aller dire une chose de côté et d'autre, ou la répéter souvent. "Ce fait n'est pas précisément comme on le débite. Débiter des nouvelles. Débiter des mensonges. Il put alors
3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
se dit aussi De la manière d'exploiter les bois, pour les employer dans les constructions, etc. "Débiter les bois en planches, en madriers." Il se dit de même en parlant Du marbre, des pierres, etc. "Débiter à la scie."
4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie particulièrement, en termes de Musique, Précipiter l'exécution d'un passage de manière à y substituer l'accent de la parole à l'accent musical.
1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Verbe |
Vendre. "Débiter des marchandises, des denrées, des blés, des vins. Débiter en gros, en détail".
On dit figurément et dans le style familier, qu'"Un homme débite bien sa marchandise," pour dire, qu'Il parle bien, qu'il fait bien un récit.
On dit, dans le même sens, "Débiter son rôle,
Il se dit en Musique, pour, Rendre un rôle de chant avec rapidité, avec précision et variété.
On dit aussi figurément, "Débiter des nouvelles,
2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)
Débiter, se dit De la manière d'exploiter les bois. "Débiter le bois en planches, en madriers, etc."
Il se dit aussi Du marbre, des pierres, etc.
1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Verbe |
Vendre. "Débiter des marchandises, des denrées, des blés, des vins. Débiter en gros, en détail."
On dit figurément & dans le style familier, qu'"Un homme débite bien sa marchandise," pour dire, qu'Il parle bien, qu'il fait bien un récit, qu'il donne un beau tour à ce qu'il dit.
On dit aussi figurément, "Débiter des nouvelles," pour dire, "Répandre des nouvelles."
2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
se dit du bois abattu que l'on coupe pour en faire du bois d'ouvrage ou de débit, tel que des planches, des madriers, &c.
Il se dit aussi du marbre, des pierres, &c.
Emplacement dans le dictionnaire :
| débine débiner débirentier débit debit débitage débitant | débité debiter débiter debiteur débiteur débitéur déblai | déblaiement déblanchir déblatérer déblayer deblayer déblocage débloquer |
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