Déborder (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
XIII e siècle, comme intransitif, desborder, « dépasser les bords » ; XVI e siècle, transitif, au sens de « faire passer par-dessus ses bords ». Dérivé de bord. Au sens II.4 ( XVII e siècle), dérivé de border.
I. V. intr.
1. En parlant d'un cours d'eau, d'une étendue d'eau. Se répandre par-dessus ses bords. Le Rhône a débordé deux fois cette année. Tous les ans, à la fonte des neiges, la rivière déborde. Les pluies ont fait
2. Se répandre hors d'un espace limité. Les vêtements débordent du placard, les papiers débordent du tiroir ou, par méton., le placard déborde de vêtements, le tiroir déborde de papiers. Par anal. En été, la ville déborde de touristes.
3. Fig. S'exhaler, se donner libre cours. Sa fureur déborde. La joie débordait de son cœur. Chez lui, l'enthousiasme déborde. Par méton. Son cœur déborde de joie. Il déborde de bonne volonté. Cet enfant déborde de vie. Déborder en injures, en imprécations.
4. . En parlant d'une embarcation. Quitter le bord, pousser au large. La chaloupe a débordé vers dix heures. Par méton. Nous fîmes tous nos efforts pour
II. V. tr.
1. Dépasser le bord d'une chose ; s'étendre au-delà d'une limite. Cette pierre déborde l'autre de trois centimètres. Le toit déborde la façade. La nappe déborde largement la table. La ville a débordé son enceinte primitive. Pron. La Loire s'est brusquement débordée, est sortie de son lit. Fig. Déborder une question, le cadre d'une question, sortir du sujet.
2. . Contourner la défense adverse. L'ennemi a débordé notre aile gauche. Les premières lignes se laissèrent
3. . Éloigner, retirer du bord. Déborder les avirons, les ôter des tolets et les rentrer à l'intérieur de l'embarcation. Déborder une embarcation, l'éloigner du bord d'un navire ou du quai. Par méton. Pron. Nous eûmes bien de la peine à nous
4. Dégarnir de sa bordure. Déborder un napperon. Déborder une jupe, un manteau, un chapeau. Déborder un drap, une couverture, en faire sortir le bord replié sous le matelas, les défaire. Par méton. Déborder un lit, par opposition à Border un lit. Par ext. Déborder un malade, un enfant. Pron. Il s'est débordé durant son sommeil. . Déborder une voile, larguer les écoutes qui en tendent le bord inférieur pour la carguer, la serrer ou la changer. Déborder un navire, lui ôter ses bordages.
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Dépasser le bord, en parlant des Fleuves, des rivières, des étangs. "Quand les neiges fondent, la rivière déborde. Le fleuve a débordé deux fois cette année. La rivière est débordée. Les pluies ont fait
Figurément, il signifie Se donner libre cours. "Sa fureur déborde. La colère déborde de son coeur."
Fig., "Déborder en injures, en imprécations," Exhaler sa colère en injures, vomir des injures, des imprécations.
Il est aussi transitif et signifie Dépasser le bord d'une chose. "Cette pierre déborde l'autre de trois centimètres."
Il se dit particulièrement, en termes de Tactique militaire ou navale, lorsqu'une ligne de troupes ou de vaisseaux a plus de front et plus d'étendue que la ligne qui lui est opposée. "La première ligne de l'ennemi débordait la nôtre. Notre aile gauche était débordée. L'avant-garde de notre flotte débordait celle des ennemis."
Il signifie figurément Rendre incapable, impuissant. "Les chefs de l'émeute auraient voulu s'arrêter, mais ils furent débordés."
"Être débordé d'ouvrage," En avoir au-delà de ses forces.
Il signifie encore Éloigner, tirer du bord. "Déborder un drap, une couverture. Son lit est débordé." Par extension, "Ce malade est tout débordé : il faut refaire son lit. Cet enfant se déborde dans son sommeil."
SE DÉBORDER signifie, en termes de Marine, Se détacher d'un vaisseau qu'on avait abordé. "Après l'abordage, il ne put
DÉBORDER signifie en outre Dégarnir de sa bordure. "Déborder une jupe, un chapeau."
Dictionnaire d'Emile Littré
| Verbe |
1 Dépasser les bords, sortir de son lit. La Seine avait débordé et inondait les prairies.
MAIR.: « .... Le Tibre en rougit [de sang romain] et déborda des pleurs Qu'ils nous faisaient verser au fort de nos malheurs »
SÉV.: « Pourquoi croyez-vous plutôt que je suis malade, que de comprendre que toutes les rivières sont débordées ? »
Par extension, faire éruption hors du corps. Les humeurs débordent. La bile déborde.
Fig. La colère déborde de son coeur. Son coeur est plein, il faut qu'il déborde. Les mauvaises moeurs débordent et menacent de tout envahir.
2 Accourir en foule, en multitude.
BOILEAU: « De là vient que Paris voit chez lui [le libraire] de tous temps Les auteurs à grands flots déborder tous les ans »
BÉRANG.: « Pour l'étouffer [la liberté] en vain la tyrannie Fait signe au nord de déborder sur nous »
3 Dépasser le bord d'une autre chose.
BUFF.: « La plante du pied de l'éléphant est revêtue d'une semelle de cuir dur comme la corne et qui déborde tout autour »
4 Terme de marine. Quitter le bord d'un navire, en parlant des embarcations. Les chaloupes débordèrent, dès qu'elles virent le feu au brûlot.
Déborde, terme de commandement pour ordonner à la chaloupe de s'éloigner du vaisseau.
5 V. a. Pousser hors du lit, en parlant des eaux.
MALH.: « C'est la Seine en fureur qui déborde son onde Sur les quais de Paris »
Peu usité aujourd'hui en ce sens.
6 Dépasser par le bord une chose. Cette pierre déborde l'autre de trois centimètres.
BERN. DE ST-PIERRE: « Les eaux du Gange qui débordaient déjà leurs rivages »
7 Terme militaire. Dépasser le flanc d'un corps de troupes. L'avant-garde de notre flotte débordant celle de l'ennemi.
ROTROU: « Mais César, accouru des champs de la Mésie, De votre propre armée a débordé le flanc »
SÉGUR: « Déjà, à sa gauche et a sa droite, il [Napoléon] voyait le prince Eugène et Poniatowski déborder la ville ennemie [Moscou] »
8 Fig. Dépasser, aller au delà. Si vous soulevez le flot populaire, il vous débordera. Les chefs de l'assemblée constituante furent débordés par les sociétés des Jacobins.
9 Ôter la bordure. Déborder une robe, des souliers.
Déborder un lit, faire sortir le bord de la couverture repliée sous les matelas ou au dedans du bois du lit.
10 Étendre ou étaler les bords d'une peau destinée à faire des gants.
11 Les plombiers disent déborder une table de plomb, pour dire la dresser en la coupant des deux côtés.
12 Terme de marine. Déborder les avirons, les ôter des tolets.
Déborder les voiles, en larguer les écoutes.
Déborder un vaisseau, en enlever le bordage.
Déborder une embarcation, la pousser au large.
13 Se déborder, v. réfl. Monter au-dessus de ses bords.
MAUCROIX: « La mer a beau se remplir de fleuves, elle ne se déborde point »
RAC.: « Le Rhin s'était débordé tout à coup »
ROLLIN: « Quand il [Sardanapale] vit que le Tigre, en se débordant avec violence, avait abattu vingt stades du mur et ouvert un passage aux ennemis, il comprit le sens de l'oracle et se crut perdu »
Par extension, faire éruption hors du corps. La bile se déborde.
Fig.
PASC.: « Cet amour-propre s'est étendu et débordé dans le vide que l'amour de Dieu a quitté »
BOSSUET: « Le socinianisme s'y déborde comme un torrent sous le nom de tolérance »
FLÉCH.: « Pour arrêter la malice qui se déborde »
MARMONT.: « Voilà de quelle source ont dérivé tous nos malheurs ; nous allons les voir se grossir et se déborder par torrents, jusqu'à nous entraîner dans la plus profonde ruine »
14 Faire irruption, en parlant des multitudes.
RAC.: « Ils savent que, sur eux prêt à se déborder, Ce torrent, s'il m'entraîne, ira tout inonder »
VOLT.: « Il ne put d'abord arrêter le torrent qui se débordait sur sa patrie »
VOLT.: « C'est de la Suède que se débordèrent ces multitudes de Goths qui inondèrent l'Europe »
15 Se laisser aller à l'expansion, à des effusions.
BALZ.: « Je me déborde quand il est question de parler de vous »
Se déborder en injures contre quelqu'un, l'en accabler.
MAUCROIX: « Se déborder en paroles impures et licencieuses »
BOSSUET: « Leur éloquence s'est débordée en invectives »
SAINT-SIMON: « Tant qu'ils [les comédiens italiens] n'avaient fait que se déborder en ordures sur leur théâtre, on n'avait fait qu'en rire »
16 Faire sortir, en se remuant dans son lit, le bord de la couverture de dessous les matelas. Cet enfant se déborde toujours.
Terme de marine. Se détacher, en parlant d'un vaisseau, du bord d'un autre qui l'avait abordé ou du bord d'un brûlot. Voyant le danger où il était, il se déborda vigoureusement.
REMARQUE
Déborder, v. n., se conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand il exprime l'action : la rivière a débordé aujourd'hui ; avec l'auxiliaire être, quand il exprime l'état : la riviere est débordée depuis hier.
HISTORIQUE
XVème siècle
COMM.: « Et les autres jamais ne furent si desbordez, car ceulx que je pensoye des meilleurs pour le roy estoient ceulx qui plus le menassoient »
XVIème siècle
MONT.: « Nous les voyons quasi touts desbordez en licence d'opinions et de moeurs »
AMYOT: « La riviere, estant fort enflée par ce grand ravage de pluyes, se desbordoit et regorgeoit en la plaine d'alentour »
AMYOT: « Il se desborda de telle furie en ses massacres de Rome, que ses amis mesmes.... »
AMYOT: « Le Melas croist et desborde ès plus grands jours d'esté »
AMYOT: « Il se desborda de rechef à vivre voluptueusement et desordonéement comme devant »
AMYOT: « Il se doubta bien que les Parthes leur avoient ainsi desbordé ceste riviere pour les arrester »
AMYOT: « Quelque fois aussi l'instinct se laisse aller à la debordée, estant dissolu et desordonné »
DU BELLAY: « Comme un torrent debordé qui emmeine Tects et troupeaux, contreval par la plaine »
H. EST.: « Caligula estoit un homme desbordé à toute vilanie »
ÉTYMOLOGIE
Dé.... préfixe, et bord ; bourguig. débodé.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE DÉBORDER. Ajoutez :
17 Écarter du bord les bois de flottage qui s'y sont arrêtés. On déborde, à l'aide des mêmes instruments [crocs], les derniers bois restés le long du ruisseau, en commençant par le haut, Mém. de la Soc. centr. d'Agric. 1873, p. 259.
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
Dépasser le bord. Il se dit proprement Des fleuves, des rivières, etc. "Quand les neiges fondent, la rivière déborde. Le fleuve a débordé deux fois cette année. La rivière est débordée. Les pluies ont fait
Il s'emploie, dans le même sens, avec le pronom personnel. "La rivière se déborde. La Seine s'est débordée."
Il se dit, par extension, D'un écoulement abondant des humeurs, et particulièrement de la bile. "Les humeurs se sont débordées. La bile se déborde."
Fig., "Se
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
se dit encore D'une chose dont le bord ou l'extrémité dépasse le bord ou l'extrémité d'une autre chose. "Cela déborde d'un pied, déborde trop. Cette frange déborde. La doublure de cet habit déborde."
Il se prend quelquefois activement, dans ce dernier sens. "Cette pierre déborde l'autre de trois pouces."
Il se dit particulièrement, dans la Tactique militaire ou navale, Lorsqu'une ligne de troupes ou de vaisseaux a plus de front et plus d'étendue que la ligne qui lui est opposée. "La première ligne des ennemis débordait la nôtre. L'avant-garde de notre flotte débordait celle des ennemis."
3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie de plus, en termes de Marine, Se détacher d'un vaisseau qu'on avait abordé. "Après l'abordage, il ne put
4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie en outre activement, Ôter la bordure. "Déborder une jupe, un chapeau."
1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Verbe |
Sortir hors du bord. Il se dit proprement Des rivières. "Quand les neiges fondent, la rivière déborde. La rivière a débordé deux fois cette année. La rivière est débordée. Les pluies ont fait
2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)
Déborder, se dit aussi Des habits, des étoffes, quand le bord de l'une passè celui de l'autre. "Cette frange déborde. La doublure déborde".
3ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)
Déborder, se dit aussi activement en termes de Guerre, lorsqu'une ligne de troupes a plus de front et plus d'étendue que la ligne qui lui est opposée. "La première ligne des ennemis débordoit la nôtre. L'avant-garde de notre flotte débordoit celle des ennemis". Il se dit aussi De tout corps qui en déborde un autre qui lui est parallèle.
4ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)
Déborder, est aussi neutre, et signifie, Se détacher d'un vaisseau qu'on avoit abordé. "Après l'abordage il ne put déborder".
On dit aussi dans le même sens, Se déborder. "Nous fîmes tous nos efforts pour nous
5ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Verbe |
>ter le bord. "Déborder une jupe, un chapeau".
1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Verbe |
Sortir hors du bord. Il se dit proprement des rivières. "Quand les neiges fondent, la rivière déborde. La rivière a débordé. Les pluies ont fait
2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
se dit aussi des habits, des étoffes, quand le bord de l'une passe celui de l'autre. "Cette frange déborde. La doublure déborde."
3ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
se dit aussi activement en termes de Guerre, lorsqu'une ligne de troupes a plus de front & plus d'étendue que la ligne qui lui est opposée. "La première ligne des Ennemis débordoit la nôtre. L'avant-garde de notre flotte débordoit celle des Ennemis." Il se dit aussi de tout corps qui en déborde un autre.
4ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
est aussi neutre, & signifie, Se détacher d'un vaisseau qu'on avoit abordé. "Après l'abordage il ne put
On dit aussi dans le même sens, Se
5ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Verbe |
Ôter le bord. "Déborder une jupe."
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