Décapiter (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
XIV e siècle. Emprunté du bas latin decapitare, « enlever la tête », et, en latin médiéval, « enlever l'extrémité ». Trancher la tête de quelqu'un. Le bourreau décapita le condamné. Dans l'accident, il fut décapité. Par anal. Décapiter un arbre, en retrancher la cime. Fig. Décapiter un groupe, un parti, une conjuration, écarter, éliminer ceux qui sont à sa tête, ceux qui en sont l'âme.
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Trancher la tête à un condamné à mort avec une épée, une hache et aujourd'hui avec la guillotine. "Il fut condamné à être décapité pour crime de parricide."
Par extension, "Décapiter un arbre," Lui enlever la partie supérieure.
Fig., "Décapiter une société, une compagnie, un corps," Détruire ce qui en est la tête, ce qui en fait l'honneur et la force.
Dictionnaire d'Emile Littré
| Verbe |
1 Terme de jurisprudence criminelle. Trancher la tête à un condamné.
D'ABLANCOURT: « Courage, ma fille [Clothon, la parque], pends les uns, décapite les autres, pour leur apprendre qu'ils sont hommes, et ne les élève que pour les précipiter de plus haut »
SAINT-FOIX: « On bandait les yeux de ceux qu'on décapitait pour crimes de trahison envers le roi et l'État.... ceux qu'on ne décapitait point pour crimes de trahison, étaient les maîtres d'avoir ou de n'avoir pas les yeux bandés »
RAYNAL: « Combien de gouverneurs son maître avait fait décapiter, depuis qu'il avait introduit sa domination dans les Indes »
Fig.
V. HUGO: « Dans la guerre que le despotisme fait aux supériorités sociales, il ne recule pas plus que la démagogie devant les attentats qui décapitent la société même »
2 Ôter la tête, le bout supérieur de quelque chose.
Presse scientifique, 1861, t. III, p. 232: Les rivets [dans les chemins de fer] sont soumis à des efforts de cisaillement qui en décapitent un grand nombre qu'il faut remplacer au fur et à mesure
HISTORIQUE
XIVème siècle
BERCHEURE: « Premierement batuz de verge et puis descapitez »
XVème siècle
JUVÉNAL DES URSINS: « Et tantost feurent interroguez, et confesserent le cas, et feurent decapitez, ainsi que raison vouloit »
COMM.: « Et fit decapiter un sien secretaire »
XVIème siècle
MONT.: « Nostre justice ne peult esperer que celuy que la crainte de mourir et d'estre decapité ou pendu ne gardera de faillir, en soit empesché par l'imagination d'un feu languissant ou des tenailles ou de la roue »
MONT.: « Pour toute aultre chose [dans une armée turque] tant legiere soit elle, non necessaire à la nourriture, on les empale ou decapite sans deport »
ÉTYMOLOGIE
Dé.... préfixe, et le latin caput, capitis, tête ; provenç. descapitar, decapitar ; ital. decapitare.
Signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
Décoller, trancher la tête à quelqu'un. Il ne se dit guère qu'en parlant D'une personne mise à mort par ordre de justice. "On l'a décapité. Il fut condamné à être décapité."
Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Verbe |
Décoller, couper la tête à quelqu'un par ordre de Justice. "On l'a décapité."
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Verbe |
["Dékapité"; 1re et dern. "é" fer.] Couper la tête à quelqu'un, par ordre de Justice. 'On le "décapita"; il "fut décapité dans" la cour du Palais, "sur" la place publique.
Emplacement dans le dictionnaire :
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Gustave FLAUBERT (La Tentation de saint Antoine)...des miracles. C'est le rêve de tous les sages - et le désir qui te ronge ; avoue-le ! Au milieu des Romains, j'ai volé dans le cirque tellement haut qu'on ne m'a plus revu. Néron ordonna de me décapiter ; mais ce fut la tête d'une brebis qui tomba par terre, au lieu de la mienne. Enfin on m'a enseveli tout vivant ; mais j'ai ressuscité le troisième jour. La preuve, c'est que me voilà ! Il lui donne...
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