Dédit (nom masculin, part. passé de dédire)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Révocation d'une parole donnée. "Avoir son dit et son ," Être sujet à se dédire, à se rétracter, à changer aisément d'avis.
Il signifie plus ordinairement Peine stipulée dans un marché, dans une convention, contre celui qui n'en remplira pas les conditions. "Un est le plus souvent une somme à payer. Stipuler un . Convenir d'un . Il y a dix mille francs de . Payer le ."
Il s'applique, par extension, à l'Acte même où se trouve stipulée la peine, l'indemnité encourue par celui ou celle qui se dédira. "Le notaire qui avait rédigé le en demeura dépositaire. Les deux parties s'étant arrangées, on déclara le ."



1ère définition d'Emile Littré

part. passé de dédire 


Qui a été désavoué. Dédit par ceux qui l'avaient chargé de parler.
BOSSUET: « De peur d'en être dédit, il n'osa nommer son successeur »


2ème définition d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Révocation d'une parole donnée.
    Fig. Cet homme a son dit et son dédit, c'est-à-dire il est inconstant, on ne peut se fier à sa parole.
BRUEYS: « Allez, mademoiselle, en fait de mariage, une fille a son dit et son dédit »

 2   Somme stipulée et due par celui qui ne remplit pas les termes d'une convention.
HAUTEROCHE: « Mais songez au dédit, il faut surtout le mettre »
    Acte qui garantit cette stipulation. Le dédit fut déposé chez un notaire.
DUFRÉNY: « Qu'avec un grand plaisir, dédit, je te déchire »

HISTORIQUE
    XIVème siècle
     Traité d'alch. 30: Mais les deux spermes dessus dicts Sont composez ; c'est sans desdicts, Des quatre elements seulement
    XVème siècle
COMM.: « Fut conclue une trefve à deux mois de desdit »
    XVIème siècle
MONT.: « Le repentir n'est qu'une desdicte de nostre volonté »

ÉTYMOLOGIE
    Dédit 1 ; génev. dédite, s. f.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Révocation d'une parole donnée. On l'emploie surtout dans cette phrase proverbiale et familière, "Avoir son dit et son ," Être sujet à se dédire, à se rétracter, à changer aisément d'avis.
Il signifie aussi, La peine stipulée dans un marché, dans une convention, contre celui qui n'en remplira pas les conditions. "Un est ordinairement une somme à payer. Il y a un . Un de mille écus. Il y a tant pour le . Il y a dix mille francs de . Payer le ."
Il s'applique, par extension, à L'acte même où se trouve stipulée la peine encourue par celui ou celle qui se dédira. "Le notaire qui avait rédigé le , en demeura dépositaire. Les deux parties s'étant arrangées, on déchira le ."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Dédit, ite. participe.



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. masculin 


Révocation d'une parole donnée. "Il a son dit et son ". Il est familier.
Il se prend aussi quelquefois pour La peine dont on est convenu entre deux ou plusieurs personnes, contre celui qui se dédira. "Il y a un . Un de mille écus. Il y a tant pour le . Payer le . Il y a cent louis de ".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Révocation d'une parole donnée. "Il a son dit & son ." Il est familier.
Il se prend aussi quelquefois pour la peine dont on est convenu entre deux ou plusieurs personnes, contre celui qui se dédira. "Il y a un . Un de mille écus. Il y a tant pour le . Payer le ."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

[1re "é" fer. On ne pron. point le "t" final.] 1°. Révocation d' une parole donée. 'Il "a son dit et son ". Il ne se dit, en ce sens, que dans cette phrâse du style familier.
- 2°. Peine dont on est convenu entre deux ou plusieurs persones, contre celui qui se dédira. 'Il y a "un de" mille écus.




Emplacement dans le dictionnaire :

dédicace
dédicacer
dedicatoire
dédicatoire
dédié
dédier
dedier
dedire
dédire
dédit
dédommagement
dédommager
dédorer
dedouane
dédouaner
dédoublé
dédoubler
déductif
deduction
déduction
deduire




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre-Joseph PROUDHON (Qu'est-ce que la propriété ?)

...distinctions, ses équivoques ? Battu, confondu dans toutes ses allégations, poursuivi comme une bête fauve par l'inexorable juge, traqué d'hypothèse en hypothèse, il affirme, il se reprend, il se dédit, se contredit ; il épuise tous les stratagèmes de la dialectique, plus subtil, plus ingénieux mille fois que celui qui inventa les soixante-douze formes du syllogisme. Ainsi fait le propriétaire...


Citation n°2 de Alfred de MUSSET (Articles publiés dans le journal Le Temps en 1830 et 1831)

...d'une lorgnette, vous prétendez découvrir le moment où la ville sera le moins activement préoccupée, afin de lui lancer favorablement mes opuscules ! Hélas ! Faut-il que je vous aie signé en 1829 un dédit funeste sans cela, ô mon cher éditeur, jamais l'inspiration ne me serait venue en 1831. -au lieu de vous lamenter, reprit le libraire, servez-vous, de votre côté, de cette autre lunette. Si la ville...


Citation n°3 de Charles SAINTE-BEUVE (Port-Royal : t. 5)

...que puisqu'il en était ainsi, pour ces trois-là on n'avait qu'à aller son train ; ce fut son mot. Il crut devoir accorder cette consolation dans le moment ; mais, quelques jours après, il se dédit. Pressé sur la contradiction apparente qu'il y avait à montrer d'ue part tant d'estime pour l'éducation que recevaient les pensionnaires de port-royal, et d'autre part à venir condamner cette...


Citation n°4 de Victor HUGO (Correspondance : t. 1 : 1814-1848)

...mille fois. Vous me faites du bien, vous me rendez un ami, et quel ami ! J'ai besoin de vous aimer et de me savoir aimé de vous. Cela est entré dans ma vie. J'ai une pièce à finir et à livrer sous dédit d'ici au 1er septembre. Vous savez comme le travail me tient, quand il me tient ; il faut donc que je finisse. Après quoi j'irai vous trouver ou je vous écrirai pour vous demander un jour de...


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