Démettre (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
I.
(se conjugue comme Mettre ). XIII e siècle, au sens de « déplacer » ; XVI e siècle, au sens actuel. Dérivé de mettre. Déplacer, déboîter, luxer une articulation. Il a reçu un coup de pied de son adversaire qui lui a démis la cheville. Il a eu l'épaule démise. Replacer un membre démis. Pron. Se
1ère signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
(Il se conjugue comme METTRE.)
Chirurgie
Déplacer un os, disloquer. "Se
2ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Retirer d'un emploi, d'une charge, d'une dignité. Il ne s'emploie plus que pronominalement. "Il s'est démis de sa charge en faveur d'un tel. On l'obligea à se
En termes de Procédure, il s'emploie encore à la voix active et a le même sens que DÉBOUTER.
Dictionnaire d'Emile Littré
1 Ôter un os de sa place.
SÉV.: « Il lui a démis le poignet »
Se démettre un membre, éprouver une luxation de ce membre.
SCARRON: « Dom Fernand se démit une cuisse et se trouva si mal de sa chute qu'il ne put passer outre »
VOLT.: « L'amante sauta par la fenêtre et se démit le pied »
2 Ôter d'un emploi, d'une fonction, d'une dignité. On l'a démis de son emploi.
LA FONT.: « Il fut démis [de la royauté], et l'on tomba d'accord Qu'à peu de gens convient le diadème »
3 Terme de procédure. Débouter.
4 Se démettre, v. réfl. Être démis, déboîté. Son poignet s'est démis.
5 Quitter une charge, un emploi, une dignité.
CORN.: « L'un [Sylla] s'en est démis [du pouvoir], et l'autre [César] l'a gardé »
CORN.: « Rome, avec une joie et sensible et profonde, Se démet en vos mains de l'empire du monde »
CORN.: « Je leur rends ce pouvoir dont je me suis démise »
CORN.: « Il s'est en plein sénat démis de sa puissance »
SÉV.: « Vous savez que le cardinal de Retz a voulu se démettre de son chapeau de cardinal ; le pape ne l'a pas voulu »
BOURDAL.: « Prétendre qu'ils [les autres] nous passent tout, qu'il nous cèdent tout, qu'en notre faveur ils se démettent de tout »
MAUCROIX: « On le força à se démettre de son évêché »
SYNONYME
SE DÉMETTRE, ABDIQUER. Ces deux mots signifient quitter de gré ou de force un emploi, une dignité. Se démettre est plus général ; on se démet aussi bien du moindre emploi que de la plus haute dignité. Au contraire, abdiquer implique une idée de solennité, qui fait qu'on ne s'en sert que quand il s'agit de la royauté ou des plus hautes fonctions.
HISTORIQUE
XIème siècle
Ch. de Rol. CXII: Ainsi [il] est neirs com peiz qui est demise [fondue]
XIIIème siècle
BEAUMANOIR: « Aucun si quident, quant il ont pris arbitrage sor eus, qu'il s'en puissent demettre de lor volenté, mais non font, se ce n'est de l'acort des parties »
J. DE MEUNG: « Car circoncis fus à la lectre, Et baptizié pour nous demectre Du pechié que tu nous maudeis »
XIVème siècle
BERCHEURE: « Se li dix hommes [décemvirs] ne se demettoient de leur magistrat »
BERCHEURE: « Et se demist de son estat et benefice »
XVème siècle
FROISS.: « Ordonné estoit du conseil du roi, que le connestable messire Olivier de Cliçon se desmettroit pour le jeudi l'endemain, de l'office de la connestablie »
XVIème siècle
CALV.: « Ainsi il ne restera rien en nous qui nous puisse enfler ; mais plustost y aura grande matiere de nous demettre et abbatre »
CALV.: « Pensons que nous n'avons nul accez à salut, sinon en nous demettant de tout orgueil »
MAROT: « Et quant à l'advenir, De moy, dit-il, toute crainte demects »
MAROT: « .... Trois muis d'anneaux à Carthage transmis De très fin or, lesquels furent desmis Des doigts des morts »
MONT.: « Ce grand bastiment ayant esté desmis et dissoult »
MONT.: « Prendre devant le peuple agité une contenance desmise et flatteuse »
MONT.: « Il usoit d'ustensiles d'or ; et l'estime mieulx, que s'il s'en feust desmis, de ce qu'il en usoit moderéement »
MONT.: « Ce prelat s'est si purement desmis de sa bourse, de sa recepte et de sa mise.... »
MONT.: « Il avoit le coeur trop gros pour se desmettre à la bassesse de se deffendre »
MONT.: « À quel soulcy ne nous desmettons nous pour leur commodité ? »
MONT.: « Je veois bien, dict Pacuvius, il faut desmettre [destituer] cettuy-ci »
AMYOT: « Les jours ensuivans, feignant estre malade, il se desmeit à la fin de sa charge »
AMYOT: « Mithridates marchoit après luy, et se demettoit vouluntairement au second lieu, en luy deferant, comme à son superieur »
PARÉ: « Il faut que le chirurgien prenne souvent garde que l'os ne se demette comme on l'aura reduit »
ÉTYMOLOGIE
Provenç. demetre ; espagn. dimitir ; ital. dimettere ; du latin dimittere, du préfixe di, et mittere (voy. METTRE).
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE DÉMETTRE. Ajoutez :
6 Se démettre, s'humilier, s'abaisser.
SAINT FRANÇOIS DE SALES: « Si nous nous parons, il [le monde] l'interprétera à quelque dessein ; si nous nous démettons, ce sera pour lui vilité de coeur »
Signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
(Il se conjugue comme "Mettre.") Disloquer, ôter un os de sa place. "Se
Il signifie figurément, en termes de Procédure, Débouter. "Démettre quelqu'un de son appel."
Il signifie aussi quelquefois, Destituer. "On l'a démis de son emploi."
Il s'emploie avec le pronom personnel, dans le premier sens. "Son poignet se démit."
Il signifie plus ordinairement, Quitter une charge, un emploi, une dignité, etc., s'en défaire. "Il s'est démis de sa charge en faveur d'un tel. On l'obligea à se
Ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Verbe |
(Il se conjugue comme "Mettre".) Disloquer, ôter un os de sa place. "Se
Il s'emploie encore avec le pronom personnel, pour dire, Se défaire d'une charge, d'un emploi, d'une dignité. "Il s'est démis de sa Charge en faveur d'un tel. Il s'est démis de son Abbaye entre les mains du Roi. On l'obligea à se
1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Verbe |
(Il se conjugue comme "Mettre.") Disloquer, ôter un os de sa place. "Se
2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
se prend aussi quelquefois pour Déposer, destituer. "Un Seigneur, lorsqu'il démet un Officier qui a acheté sa Charge, est obligé de le rembourser."
Il s'emploie encore avec le pronom personnel, pour dire, Se défaire d'une charge, d'un emploi, d'une dignité. "Il s'est démis de sa Charge en faveur d'un tel. Il s'est démis de son Abbaye entre les mains du Roi. On l'obligea à se
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Verbe |
["Démètre": 1re "é" fer. 2e "è" moy. 3e "e" muet.] 1°. Disloquer, ôter un ôs de sa place. Il se dit moins de l'ôs, que de la partie où cet ôs est situé. En jouant, on "lui a démis le" poignet. 'Il "s'est démis le" brâs.
- 2°. Déposer, destituer. Il se dit sur-tout avec le pronom pers. pour, "se défaire" d'un emploi, d'une charge. 'On l'obligea de "se
Emplacement dans le dictionnaire :
| démériter demeriter demesler demesuré démesuré démesure démesurément | demesurement demettre démettre démeublé demeurant demeurant demeûre | demeure demeuré demeurer demi demi-anglaise demi-bande demi-bastion |
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