Dénier (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
(se conjugue comme Crier ). XII e siècle, au sens de « refuser d'admettre, démentir ». Dérivé de nier, d'après le latin denegare, « nier fortement,
1. Ne pas vouloir reconnaître un fait comme vrai, une charge comme due. Elle dénie toute responsabilité dans cette affaire. Dénier une dette, un dépôt.
2. Refuser de reconnaître ce qu'exige l'équité, l'honnêteté. Ils vous
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Ne pas vouloir reconnaître un fait comme vrai. Il est principalement usité en termes de Jurisprudence. "Dénier un fait. Dénier un crime. Dénier une dette. Dénier un dépôt. Au premier interrogatoire, il avait fait plusieurs aveux, plus tard il a tout dénié."
Il signifie aussi Ne pas vouloir accorder quelque chose que la bienséance, l'honnêteté, l'équité, la justice exige qu'on accorde. "Ne me déniez pas votre secours. Le père ne peut
Dictionnaire d'Emile Littré
1 Nier.
VAUGEL.: « Philotas dénia le crime »
MÉZERAI: « Les templiers dénièrent, à la mort, les crimes qu'ils avaient confessés dans les tourments »
CORN.: « Qu'il approuve sa mort, c'est ce que je dénie »
CORN.: « Son plus grand regret, C'est de voir que César sait tout votre secret : En vain il le dénie et le veut méconnaître »
CORN.: « Je ne dénierai point, puisque vous les savez, De justes sentiments dans mon âme élevés »
BOSSUET: « Les Grecs, les Jacobites et les Nestoriens, à qui il [un ministre protestant] ne dénie pas qu'il n'ait accordé le salut »
REGNARD: « Comment ! chétif mortel, vous déniez vos dettes »
ROLLIN: « Jugeant l'un très capable de dénier ce qu'il devait, et l'autre incapable de demander ce qu'on ne lui devait pas »
2 Refuser. Dénier des aliments. On lui a dénié toute justice.
ROTR.: « Je n'ai pu dénier cet office à leurs larmes »
CORN.: « Je me dénie L'honneur qui ne m'est dû que dans mon Arménie »
MOL.: « Le ciel m'a dénié cette philosophie »
D'ABLANCOURT: « On ne me peut dénier un rang parmi les auteurs de notre langue »
RAC.: « Pour obtenir les vents que le ciel vous dénie, Sacrifiez Iphigénie »
RAC.: « Le ciel vous ravira ce sang qu'on lui dénie »
VOLT.: « La Basse-Bretagne, à laquelle Dieu a dénié la vigne »
CHATEAUB.: « Les soldats d'un régiment, appelés sous serment secret à cette oeuvre [décapitation de Charles 1er], dénièrent leurs bras »
3 Se dénier, v. réfl. Être dénié.
ROTR.: « Ce que veut tout l'État se peut-il dénier ? »
HISTORIQUE
XIIIème siècle
MARIE: « U il volsist, u il dengnast, Au leu [loup] covint qu'il l'emportast »
Ren. 23191: Dahez [mal à] qui char me denea, Quant ore mangier n'en oson
BEAUMANOIR: « S'aucuns heritages est vendus à commune, li sires pot denier le [la] sesine à fere »
XIVème siècle
ORESME: « Il denoient ou refusent l'un à l'autre aide et subside »
XVème siècle
FROISS.: « Il cuidoit que ceux de Valenciennes dussent vuider et là venir combattre ; aussi l'eussent-ils très volontiers fait ; mais messire Henry d'Antoiny, qui la ville avoit à garder, leur deneoit et defendoit »
COMM.: « Le jeune duc n'osa denyer de le lui bailler »
XVIème siècle
LOYSEL: « Qui fief denie, ou qui à escient fait faux aveu, ou commet felonie, fief perd »
LANOUE: « L'aide de ma bourse ne vous sera desniée, pour.... »
AMYOT: « Il n'y eut pas un de tous ceulx que Ciceron feit executer par justice, à qui on deniast sepulture »
MONT.: « Aprez avoir attendu quelque temps qu'il [La Boëtie mourant] ne parloit plus et qu'il tiroit des soupirs trenchants pour s'en efforcer, car des lors la langue commenceoit fort à luy denier son office.... »
ÉTYMOLOGIE
Provenç. denegar, deneyar, desnegar, desnedar ; espagn. denegar ; ital. dinegare ; du latin denegare, de la préposition de, et negare (voy. NIER). La forme dengner, par suppression de l'i bref, est correcte et fort ancienne. Denoier était une forme usitée dans certains dialectes, comme loier et lier, proier et prier, et, dans la langue actuelle, ployer et plier.
Signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
Nier. Il est principalement usité en Jurisprudence. "Dénier un fait. Dénier un crime. Dénier une dette. Dénier un dépôt. Au premier interrogatoire, il avait fait plusieurs aveux, plus tard il a tout dénié."
Il signifie aussi, Refuser quelque chose que la bienséance, l'honnêteté, l'équité, la justice ne veut pas qu'on refuse. "Ne me déniez pas votre secours. Le père ne peut
Ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Verbe |
En ce sens, il n'est guère d'usage qu'en ces phrases: "Dénier un fait. Dénier un crime. Dénier une dette. Dénier un dépôt. Il a tout confessé à la question, mais hors de là il a tout dénié".
Il signifie aussi, Refuser quelque chose que la bienséance, l'honnêteté, l'équité et la justice ne veulent pas qu'on refuse. "Ne me déniez pas votre secours. On lui a dénié les alimens. On lui a dénié toute justice. Si vous demandez telle chose, elle ne vous sera pas déniée".
Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Verbe |
Nier. En ce sens, il n'a guère d'usage qu'en ces phrases, "Dénier un fait. Dénier un crime. Dénier une dette. Dénier un dépôt. Il dénie le fait. Il persiste à
Il signifie aussi, Refuser quelque chose que la bienséance, l'honnêteté, l'équité & la justice ne veulent pas qu'on refuse. "Ne me déniez pas votre secours. On lui a dénié les alimens. On lui a dénié toute justice. Si vous demandez telle chose, elle ne vous sera pas déniée."
Emplacement dans le dictionnaire :
| denegation dengue déni deni déniaiser deniaiser dénicher | denicher dénié dénier denier denier à dieu denier de fin dénigrant | dénigré denigrer dénigrer dénombré denombrement dénombrement dénombrer |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Jean MORÉAS (Poèmes et Sylves : 1886-1896)...tu ne vas maudissant le brandon guerrier par qui Jupin donne honte et guerdon, et tu sauras mourir ainsi que tu sais vivre ! SYLVES, À R... DE LA TAILHÈDE Laissons le rustre, l'immonde ignorant dénier à notre Apollon le prix des larmes, pour ce qu'il est si bien appris à couvrir de beauté la misère du monde. Rions-nous d'eux, mon Raymond, qu'un noble jeu couronne de rameaux légers (comme des...
Citation n°2 de Jules LEMAÎTRE (Les Contemporains : première série)
...de bonnes humanités et que peut-être il n'écrit pas toujours parfaitement bien. Je ne saurais me guinder à un jugement aussi distingué. Qu'on refuse tout le reste à M Zola, est-il possible de lui dénier la puissance créatrice, restreinte à ce qu'on voudra, mais prodigieuse dans le domaine où elle s'exerce ? J'ai beau m'en défendre, ces brutalités mêmes m'imposent, je ne sais comment, par leur...
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