Dévolu (adjectif)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Adjectif 

XIV e siècle, « conféré, attribué par droit » ; XVI e siècle, comme substantif. Emprunté du latin médiéval devolutus, participe passé du latin classique devolvere, « dérouler », d'où « échoir », puis « faire passer à ».
1. Adj. . Qui passe d'une personne à une autre ; qui est échu en vertu d'un droit. L'héritage aux descendants. Sa pension vous est e de droit. En vertu des pouvoirs qui nous sont s. Par ext. Réservé, attribué. Le rôle qui m'est . Une indemnité lui sera régulièrement e.
2. N. m. . Anciennt. Transfert à une autorité supérieure, et, le plus souvent, au pape, du droit d'attribuer un bénéfice ecclésiastique, lorsque celui-ci n'a pas été pourvu en temps voulu ou sous les formes requises par le collateur ordinaire. Bénéfice tombé en . Bénéfice vacant par . Auj. s'emploie surtout dans l'expression figurée Jeter son sur une chose, arrêter son choix sur elle et prétendre l'obtenir. Jeter son sur une personne, la choisir et prétendre se l'attacher.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Adjectif 


Droit
Qui passe, qui est transporté d'une personne à une autre, qui est acquis, échu à quelqu'un en vertu d'un droit. "La moitié affectée à la ligne maternelle a été, faute d'héritiers dans cette ligne, e à la ligne paternelle. Sa pension vous est e de droit. Le droit qui lui est ."
Il était employé aussi comme nom masculin dans l'expression "Bénéfice vacant par ," Celui dont la nomination était e au Pape par suite de l'incapacité ecclésiastique de celui qui en était en possession. "Avoir un bénéfice par ."
Il est encore employé ainsi dans l'expression figurée "Jeter son sur quelque chose," Avoir des vues arrêtées sur une chose et prétendre l'obtenir.



1ère définition d'Emile Littré

Adjectif 


Terme de jurisprudence. Qui est transporté, transféré, échu, acquis par droit. Héritage dévolu à la ligne paternelle. Cet objet lui a été dévolu à la criée.
LA FONT.: « Ils sont à nous dévolus par l'édit »
    Dans le langage général, acquis.
BÉRANG.: « Les honneurs me sont dévolus, J'ai cinquante écus »
    Réservé, destiné.
C. DELAV.: « Mes jours au deuil sont dévolus »

HISTORIQUE
    XIVème siècle
BERCHEURE: « Et la majesté consulaire estoit à eux devolue »
BERCHEURE: « Quant Tulles fu mors, l'empire de Rome fut devolu es peres, lesquels ont tantost esleu un interroy »
    XVIème siècle
P. PITHOU: « Ceux mesmes qui se dient exempts des autres jurisdictions ecclesiastiques, et immediatement sujets, quant à ce, au saint juge apostolique ou dont les causes y sont legitimement devolues.... »
AMYOT: « Ceulx des plus nobles maisons estoient devenus pauvres, et les richesses estoient devolues entre les mains des petits personnages qui avoient les cueurs bas »

ÉTYMOLOGIE
    Lat. devolutus, roulé vers, attribué ; de devolvere, de la préposition de, et volvere, rouler (voy. VOLUME).


2ème définition d'Emile Littré

Subst. masculin 


Terme de droit canonique. Provision d'un bénéfice vacant par incapacité du collataire. Obtenir un dévolu. Faire signifier un dévolu, faire signifier qu'on l'a obtenu.
SÉV.: « Le prince lui avait donné [à Villebrune] un bénéfice de quatre mille livres de rente ; quelqu'un parla d'un dévolu, à cause de ce que vous savez ; l'abbé du Plessis le prévint à Rome et l'obtint ; et, contre le sentiment de toute sa famille, il le fit signifier, croyant, disait-il, faire un partage de frère avec Villebrune »
SAINT-SIMON: « Un dévolu sur un bénéfice fut cause de la première [aventure] qui fit un procès entre un parent de M. de Vardes et un de mon père »
    Jeter un dévolu sur un bénéfice, y former une prétention juridique, en vertu de quelque faute commise par celui qui le possède.
BALZ.: « Pourvu qu'on ne jette point de dévolu sur Balzac, je suis très satisfait de ma condition présente »
    Fig.
REGNARD: « Jeter son dévolu, un dévolu sur quelqu'un, sur quelque chose, fixer son choix, arrêter son idée sur.... Mais nos soins empressés ne nous ont rien valu, Et le diable a sur nous jeté son dévolu »

HISTORIQUE
    XVIème siècle
P. PITHOU: « La regale n'est sujette aux facultez de legats, dispenses, devolutz, nominations, et pareilles subtilitez du droict canon »

ÉTYMOLOGIE
    Dévolu 1.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Adjectif 


T. de Droit. Qui passe, qui est transporté d'une personne à une autre, qui est acquis, échu à quelqu'un en vertu d'un droit. "La moitié affectée à la ligne maternelle a été, faute d'héritiers dans cette ligne, e à la ligne paternelle. Sa pension vous est e de droit. Le droit qui lui est . Terre e à la couronne." On a dit dans un sens analogue, "Procès à la cour." Voyez DÉVOLUTIF.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Provision d'un bénéfice vacant par l'incapacité ecclésiastique de celui qui en est en possession. "Avoir un bénéfice par . Prendre, obtenir un . Plaider, poursuivre un ." On dit dans un sens analogue, "Un bénéfice tombé en , vacant par ."
"Jeter un ," Faire signifier un .
Fig. et fam., "Jeter son , un sur quelqu'un, sur quelque chose," Arrêter ses vues, fixer son choix sur quelqu'un, sur quelque chose.



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Adjectif 


Acquis, échu par certains droits seigneuriaux. "Droit dévolu. Terre e à la Couronne".
On dit aussi en termes de Palais, "Procès à la Cour".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. masculin 


Ce mot n'est d'usage qu'en parlant d'Un Bénéfice vacant par l'incapacité ecclesiastique de celui qui en est en possession. Et on dit dans cette acception, "Prendre un Dévolu, obtenir un Dévolu," pour dire, Prendre, obtenir en Cour de Rome les Provisions du Bénésice qu'on prétend être ainsi vacant; et, "Jeter un Dévolu," pour dire, Faire signifier la Provision obtenue. On dit aussi à peu près dans Ia même acception: "Un Bénéfice tombé en Dévolu. Plaider un Dévolu. Avoir un Bénéfice par Dévolu".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Adjectif 


Acquis, échu par certains droits seigneuriaux. "Droit . Terre e à la Couronne."
On dit aussi en termes de Palais, "Procès à la Cour."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Ce mot n'a d'usage qu'en parlant d'un Bénéfice vacant par l'incapacité ecclésiastique de celui qui en est en possession. Et on dit dans cette acception, "Prendre un Dévolu, obtenir un Dévolu," pour dire, Prendre, obtenir en Cour de Rome les Provisions du Bénéfice qu'on prétend être ainsi vacant. Et "Jeter un ," pour dire, Faire signifier la Provision obtenue. On dit aussi à peu près dans la même acception, "Un Bénéfice tombé en Dévolu. Plaider un Dévolu. Avoir un Bénéfice par Dévolu."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)


ÛE, adj. DÉVOLU ou DÉVOLUT, s. m. [1re "é" fer.] "Dévolu", qui est aquis par droit de tion, par droit Seigneurial et féodal. Droit "dévolu", terre "dévolue à" la Courone.
- On dit aussi par extension, procès " à la Cour"; terme de Palais.
   DÉVOLUT, Provision en Cour de Rome d'un Bénéfice qu'on prétend être vacant. Prendre "un t", obtenir "un t", "jeter un t", faire signifier la provision obtenue. 'Avoir un Bénéfice "par t", etc. "Fig." (st. fam. et badin.) 'Une Dame de la Cour "jeta un sur" lui. "Les Numéros".
   REM. "Ménage", "La Touche", "l'Acad." ont dit "dévolu" sans "t". Le Dict. "de Trév." met t avec un "t" final; et il semble que "dévolution", "dévolutaire", qui en sont dérivés, doivent le faire préférer. Le "Dict. d'Orth." done le choix des deux. Dans le "Rich. Port." on met "dévolu" en ligne, et "dévolut" entre deux crochets.




Emplacement dans le dictionnaire :

deviser
dévisser
dévoilé
dévoiler
devoiler
devoir
dévoirant ou dévorant
dévoler
devolu
dévolu
dévolution
devolution
devons
dévorant
devorant
devorer
dévorer
devot
dévot
dévotement
devotement


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