Dîner (nom masculin, verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Nom masculin |
I.
XII e siècle, deigner, « premier repas de la journée » ; XIX e siècle, « repas du soir ». Emploi substantivé de l'infinitif dîner.
1. Anciennt. Repas qu'on prenait au milieu de la journée (on dit maintenant Déjeuner ). Cette acception s'est toutefois conservée en Belgique, en Suisse, au Canada, et dans certaines provinces françaises. Un
2. Repas du soir. Un
1ère signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Prendre le repas du soir. "Nous avons bien dîné, mal dîné. Dîner chez soi. Dîner en ville. Dîner au restaurant. Donner à
Il signifiait autrefois Prendre le repas du milieu du jour. Il a gardé cette acception dans quelques provinces.
Prov. et fig., "Qui dort dîne." Voyez
Fig. et fam., "Dîner par coeur," Se passer de
2ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Nom masculin |
Repas qu'on fait le soir. "Dîner fin, succulent. Dîner de noces."
Il se disait autrefois du Repas du milieu du jour. Il a gardé cette acception dans quelques provinces.
Il se dit aussi des Mets qui composent ce repas ou de la Nourriture qu'on y prend. "Faire le
APRÈS-DÎNER. On dit plutôt aujourd'hui APRÈS-MIDI. Voyez ces mots.
Dictionnaire d'Emile Littré
| Verbe |
1 Prendre le repas, qui se prenait jadis et qui se prend encore à la campagne et dans les petites villes, à midi ou un peu avant. Allons dîner. Bien dîner, mal dîner, faire un bon, un mauvais dîner.
MOL.: « Le véritable Amphitryon Est l'Amphitryon où l'on dîne »
LA FONT.: « Compère le renard se mit un jour en frais, Et retint à dîner commère la cigogne »
SÉV.: « Tout est réglé [à Vichy], tout dîne à midi, tout soupe à sept, tout dort à dix, tout boit à six »
DU RYER: « Alexandre disait que son gouverneur Léonidas lui avait enseigné que, pour dîner agréablement, il fallait se lever matin et se promener »
LA BRUY.: « Cliton n'a jamais eu, toute sa vie, que deux affaires, qui sont de dîner le matin et de souper le soir »
BOILEAU: « Je sors de chez un fat qui, pour m'empoisonner, Je pense, exprès chez lui m'a forcé de dîner.... Ce matin donc, séduit par sa vaine promesse, J'y cours midi sonnant, au sortir de la messe »
RAC.: « Nous allâmes l'autre jour prendre l'air à Auteuil, et nous y dînâmes avec toute la petite famille, que M. Despréaux régala le mieux du monde »
SÉV.: « J'attends M. de Rennes à dîner »
SÉV.: « Je donnai hier à dîner à la Troche »
SÉV.: « Elle aimerait bien à vivre réglément, et à dîner à midi comme les autres »
Dîner-souper, faire un dîner qui serve de souper.
SAINT-SIMON: « Le czar fut de là [de la revue] dîner-souper à St-Ouen, chez le duc de Troesmes »
2 Aujourd'hui, à Paris et ailleurs, prendre le repas qui se prend de cinq heures à sept heures du soir. Nous dînerons ce soir ensemble. Après que nous aurons dîné, nous irons au spectacle.
Dîner avec quelqu'un, se trouver à même table que lui. Il a dîné avec les ambassadeurs.
PICARD: « Nous sommes engagés à dîner demain chez elle avec Mme Guibert et sa fille »
3 Dîner de, manger à son repas. Nous dînâmes de soupe et de bouilli.
LA FONT.: « L'oiseau n'est plus, vous en avez dîné »
Cela est plus élégant et plus correct que de dire, employant avec : nous dînâmes avec de la soupe et du bouilli.
4 Cet homme dîne bien, il mange beaucoup.
Dîner par coeur, se passer involontairement de dîner.
Son assiette dîne pour lui, se dit d'un homme qui, absent d'un dîner de table d'hôte, n'en paye pas moins son dîner.
Familièrement.
MOL.: « Il me semble que j'ai dîné quand je le vois ! Locution familière qui s'emploie en parlant d'un homme incommode, ennuyeux. »
5 Dîner à l'infinitif, pris substantivement.
VOLT.: « Il a raison de faire grand cas du dîner et du dormir »
PROVERBES
HISTORIQUE
XIIème siècle
Bat. d'Aleschans, V. 7011: En un chalant entra quant fu dignez [cum fuit coenatus, quand il eut dîné]
Rois, 30: Li poples, jesque il vienge, ne mangera, kar il la viande benistrad, puis od ses hostes se dignerat
ib. 49: Se li poples se fust disné, dun ne serreit de mielz aisied ses enemis à pursievre ?
ib. 288: Respundi li fals prophetes, li fel viellarz : vien od mei, à mun ostel, kar od [avec] mei te digneras
Th. le mart. 137: Venu sunt al quint jur de la nativité à Cantorbire cil, quant gent orent digné, En l'endemain que furent innocent decolé
XIIIème siècle
Berte, LXVII: Devant le roy [ils] enmainent le mes [messager], là [il] a disné
Ren. 15703: En males mains vos ai gité, à Brun l'ors, qui est sanz pité ; Demain de vos se disnera, Ce disner moult me costera
XIVème siècle
Baud. de Seb. VIII, 760: Il n'est tampz ne saison qu'on ne voie passer ; Legierement le passent chil [ceux] qui ont à disner
XVème siècle
FROISS.: « Quand ils [les Anglais] se furent dinés, ils chevaucherent tous contreval la riviere de Tuide »
COMM.: « Il n'y eut jamais de si bonnes nopces qu'il n'y en eust de mal disnez »
LOUIS XI: « Dimanche vous ne pouvez faillir d'estre mieux diné »
XVIème siècle
J. MAROT: « Pour ce l'on dit en un commun langaige : En toute feste en a de mal disnez »
MONT.: « Ils s'assemblent pour disner de luy [le manger] »
MONT.: « Qui se pourroit disner de la fumée du rost, feroit il pas une belle espargne ? »
O. DE SERRES: « Ils disneront devant le jour au temps des plus longues nuicts, afin que dès l'aube du jour chacun se renge à sa besongne »
LEROUX DE LINCY: « Disne honnestement et soupe sobrement, Dors en hault et vivras longuement »
LEROUX DE LINCY: « C'est bien disnés, quand on eschappe En torchant son nez à la nappe, Sans desbourcer pas un denier Et dire adieu au tavernier »
ÉTYMOLOGIE
Bourguig. daignai ; provenç. dinar, dinnar, disnar, dirnar ; anc. catal. disnar ; catal. mod. dinar ; ital. desinare, disinare. Mot très controversé. On a proposé un terme grec ; le sens serait très convenable ; mais on ne trouve nulle part un p dans les anciennes formes, et surtout on ne voit pas comment ce mot grec, qui n'est ni dans la latinité classique ni dans la basse latinité, serait entré dans les langues romanes. Comme dignare, domine sont les premiers mots d'une prière latine qui se dit au commencement du repas, on a pensé que le dîner en avait pris son nom ; le fait est qu'on trouve digner dans les anciennes formes ; et cette orthographe montre que les gens qui s'en servaient admettaient en effet dignare comme l'origine du mot dîner. Mais, quelque ancienne que soit cette orthographe, puisqu'elle appartient à des textes du XIIe siècle, cependant il y en a une encore plus ancienne, c'est disnare, qui se trouve dans des textes du IXe siècle : disnavi me ibi, dans les Gloses du Vatican, publiées par W. Grimm. Cette s est dans l'italien, et on la voit reparaître dans plusieurs formes du provençal et du vieux français. Cela ne peut être écarté ; et il faut chercher une étymologie qui comporte l's. Diez a proposé decoenare ; de ayant le sens qu'il a dans de-vorare, depascere. Coenare est en effet très probable ; il aura donné un composé de-coenare ou dicoenare. Que coenare puisse se changer en ciner (ital. disinare, desinare), c'est ce que prouve l'ancien français re-ciner, faire un second repas ; que di-coenare puisse se changer en disner, disnar, c'est ce que prouve l'italien busna, de buccina. M. Scheler, qui donne son assentiment à dicoenare, cite l'italien pusignare, collationner après souper, qui vient de post, après. et coenare, et qui offre un exemple du changement de coenare en signare. On peut encore citer, à l'appui du changement de co latin en s, le mot suivant : Deicola, nom d'un Irlandais compagnon de saint Gall dans le VIe siècle, devenu Desle dans la langue vulgaire. Dicoenare a pris le sens actif : donner le repas appelé coena, sens déjà fourni par le latin, coenatus, celui qui a dîné ; c'est ainsi que dès le IXe siècle on a dit disnavi me, j'ai dîné. Tout cela rend la conjecture de Diez extrêmement probable.
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Subst. masculin |
(Quelques-uns écrivent, "Dîné.") Repas qu'on fait vers le milieu ou vers la fin du jour. "Faire un bon
"Déjeuner-dîner." Voyez DÉJEUNER.
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
se dit aussi Des mets qui composent ce repas, ou de La nourriture qu'on y prend. "Faire le
1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Verbe |
Prendre un repas vers le milieu du jour. "Nous avons bien dîné. Nous avons mal dîné. Donner à
On dit proverbial. "S'il est riche, qu'il dîne deux fois".
On dit aussi communément d'Un homme qui ne se rend point à l'Auberge à l'heure du repas, et qui ne laisse pas de payer, que "Son assiette dîne pour lui".
En parlant d'Un homme ennuyeux et incommode, on dit, "Il me semble que j'ai dîné quand je le vois". Il est populaire.
2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)
Repas qu'on fait vers le milieu du jour. Grand dîner. Bon
Il se prend aussi pour La viande et les autres mets qui composent le
1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Verbe |
Prendre le repas du midi. "Nous avons bien dîné. Nous avons mal dîné. Donner à
On dit proverbialement, "S'il est riche, qu'il dîne deux fois."
On dit aussi communément d'Un homme qui ne se rend point à l'Auberge à l'heure du repas, & qui ne laisse pas de payer, que "Son assiette dîne pour lui."
En parlant d'un homme ennuyeux & incommode, on dit, "Il me semble que j'ai dîné quand je le vois." Il est populaire.
2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
Repas qu'on fait ordinairement à midi. "Grand
Il se prend aussi pour la viande & les autres mets qui composent le
Emplacement dans le dictionnaire :
| dinatoire dînatoire dinde dindon dindonnade dindonneau dindonner | dindonnier dînée dîner diner dîner ou dîné dînette dîneur | dineure dinghy dinglie dingo dingue dinguer dinite |
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