Dot (nom féminin, subst. féminin)

Définitions de Dot disponibles :

Signification éditée en 1986 pour le terme « dot » par l’Académie Française.
Définition de « dot » de source académique (Académie Française, parution de 1932).
Définition du mot « dot » par Emile Littré (édition de 1876).
1ère ancienne définition de l’Académie Française (édition de 1835) pour le mot « dot ».
Deuxième ancienne définition de « dot » de source académique (Académie Française, parution de 1835).
Ancienne définition du mot « dot » par l’Académie Française (édition de 1798).
Ancienne signification éditée par l’Académie Française, année 1762.
Définition du mot « dot » par Jean-François Féraud (édition de 1788).
Ancienne signification développée en 1694 par l’académie Française (ACAD - 1694).


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom féminin 

(t
XIII e siècle. Emprunté du latin dos, dotis, « dot », « qualités, mérites ».
1. Bien donné par un tiers à l'un ou à l'autre des époux dans le contrat de mariage. Dot de la femme, dot du mari. Dot constituée en avancement d'hoirie. Spécialt. Bien que la femme apportait en se mariant sous le régime dotal pour subvenir aux charges du ménage et que le mari administrait. Avoir une belle dot. Donner, apporter en dot. Se marier sans dot. Coureur de dot. Des biens constitués en dot. Constitution, restitution de dot. Par anal. Biens qu'une religieuse apporte éventuellement à sa communauté lors de son entrée en religion.
2. Dans l'antiquité grecque et dans certaines civilisations contemporaines, notamment en Afrique, bien cédé en compensation par le futur mari à la famille de la jeune fille. Dot en bétail, en argent.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Le bien qu'une femme apporte en mariage à son époux et Celui qu'un époux apporte à sa femme. "Avoir une belle dot. Apporter une dot considérable. Fournir une dot. Assigner la dot. Donner en dot. Elle n'apporte rien en dot. Se marier sans dot. Coureur de dot."
Il se dit particulièrement, surtout en termes de Jurisprudence, du Bien qui reste la propriété de la femme, quoique le mari en partage la jouissance et en ait l'administration. "Des biens constitués en dot. Constitution de dot. Les immeubles qui font partie de la dot ne peuvent être aliénés ou hypothéqués qu'en certains cas. La dot peut comprendre tous les biens présents et à venir de la femme. Restitution de dot."
Il se dit, par analogie, de l'Apport que fait une fille au couvent où elle entre en religion.



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Ce qu'on donne à une fille en mariage, le bien qu'elle apporte à son mari. Une riche dot.
MOL.: « Et il s'engage à la prendre sans dot »
MOL.: « Lorsqu'on s'offre de prendre une fille sans dot, on ne doit point regarder plus avant »
MOL.: « Je sais qu'avec mes voeux vous me jugez capable De vous porter en dot un bien considérable »
LA BRUY.: « AEgine qu'on vous propose, et qui, avec une riche dot, apporte de riches dispositions à la consommer, et tout votre fonds avec sa dot »
    Par extension.
CORN.: « Mes filles n'ont pour dot que le nom de leur père »
MOL.: « Quand on ne prend en dot que la seule beauté, Le remords est bien près de la solennité »
    Fig.
CORN.: « Elle [ta victoire] n'est qu'un effet du malheur qui me suit, Je l'ai porté pour dot chez Pompée et chez Crasse »
CORN.: « Voyant ce que pour dot [l'appui d'un parti] Rome lui veut donner »
VOLT.: « Ce n'est qu'au meurtrier que Mahomet te donne, Quelle effroyable dot ! »
    Terme de jurisprudence. Ce que la femme apporte au mari pour soutenir les charges du ménage. Une dot mobilière.

 2   Apport que fait au couvent une fille qui entre en religion.

 3   Se dit aussi, abusivement, de ce qu'on donne à un fils. Ils ont eu chacun, le mari et la femme, 30 000 francs de dot.

REMARQUE
    Molière a fait ce mot masculin : L'ordre est que le futur doit doter la future Du tiers du dot qu'elle a, Éc. des femmes, IV, 2 ; C'est une raillerie que de vouloir me constituer son dot de toutes les dépenses qu'elle ne fera point, l'Av. II, 6 (des éditions, rajeunissant le texte, ont mis sa dot). Vaugelas et Perrot d'Ablancourt le faisaient aussi masculin. C'est un archaïsme. Mais Ménage remarque que le féminin l'emportait. Patru voulait qu'on écrivît dote, et Regnard a suivi cette orthographe dans le Bal, SC., 14, pour rimer avec il radote : Je fais arrêt sur vous, sur la fille et la dote.

HISTORIQUE
    XVIème siècle
DESPÉR.: « Elle estoit jeune et n'avoit point encore ouï dire ce mot de dot ; lequel ils disent en certains endroits du royaume, et principalement en Lyonnois, pour douaire ; et pensoit qu'on eust dit que cet homme eut mangé le dos ou l'eschine de la femme »
D'AUB.: « ....Laquelle aura pour son dot 400000 escus »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. dot, s. f. ; espagn. et ital. dote ; bas-lat. dotum ; du latin dos, qui, représentant dot-s, se rapporte à l'adjectif verbal en grec qui signifie, donné, et dérive du radical grec dans et do dans do-num (voy. DON). Dotum explique le masculin qui a été souvent donné à dot ; et l'exemple de Despériers témoigne qu'au XVIe siècle le t ne se faisait pas sentir.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
    DOT. - REM. Ajoutez : Il faut aussi compter Mme de Sévigné parmi ceux qui ont fait dot du masculin : Son esprit est son dot, 15 juin 1680.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


(Le T se prononce tant au pluriel qu'au singulier.) Le bien qu'une femme apporte en mariage. "Avoir une belle dot. Apporter une dot considérable. Cette pauvre fille n'a point de dot. Fournir une dot. Assigner la dot. Donner en dot. Payer la dot. Elle n'apporte rien en dot. Il a donné de très-riches dots à ses filles."
Il se dit particulièrement, surtout en Jurisprudence, d'Une dot qui reste la propriété de la femme, quoique le mari en partage la jouissance et en ait l'administration. "Des biens constitués en dot. Constitution de dot. Les immeubles qui font partie de la dot ne peuvent être aliénés ou hypothéqués qu'en certains cas. La dot peut comprendre tous les biens présents et à venir de la femme. Restitution de dot."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi de Ce qu'une fille apporte au couvent où elle se fait religieuse. "La dot de cette religieuse fut de tant. Les dots des religieuses."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


(Le T se prononce tant au pluriel qu'au singulier.) Le bien qu'une femme apporte en mariage. "Assigner la dot. Donner en dot. Constituer une dot. Assurer la dot. Payer la dot". Il n'est guère d'usage au pluriel, excepté en parlant De ce qu'on donne a un Monastère, lorsqu'une fille se fait Religieuse. "Les dots des Religieuses".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


(Le T se prononce.) Le bien qu'une femme apporte en mariage. "Assigner la dot. Donner en dot. Constituer une dot. Assurer la dot. Payer la dot." Il n'a guère d'usage au pluriel.
On le dit aussi De ce qu'on donne à un Monastère, lorsqu'une fille se fait Religieuse. "La dot des Religieuses."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. féminin 

[On prononce le "t" final.] Quelques-uns écrivent et prononcent "dote" sans raison.
- Il faut dire "la dot", et non pas "le dot", comme ont dit "Vaugelas" et d' "Ablancourt". MÉN. = Bien qu'une femme aporte en mariage. Doner "en dot". Constituer "une dot". Assurer, payer "la dot".
- Il ne se dit point au pluriel.
- On apèle aussi "dot" ce qu'on done à un Monastère, quand une fille se fait Religieûse.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. féminin 


Le bien qu'une femme apporte en mariage. "Assigner la dot. donner en dot. constitution de dot. assurer la dot. payer la dot".
On le dit aussi de ce qu'on donne à un Convent, quand une fille entre en Religion.




Emplacement dans le dictionnaire :

dôse
dosé
doser
dosimétrie
dosin
dosse
dôssier
dossier
dossière
dot
dotal
dotation
doté
dotel
doter
doterelle
douaire
douairière
douairiere
douane
douaner




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)
...se délimitent avec une précision croissante, ainsi que les effets de cette dissolution. Le devoir de fidélité s'organise ; d'abord imposé à la femme seule, il devient plus tard réciproque. Quand la dot apparaît, des règles très complexes viennent fixer les droits respectifs de chaque époux sur sa propre fortune et sur celle de l'autre. Il suffit, d'ailleurs, de jeter un coup d'oeil sur nos codes...
Citation n°2 de Joris-Karl HUYSMANS (À rebours)
...de niaiseries molles ; en littérature, une intempérance de style plat et d'idées lâches, car il lui fallait de l'honnêteté au tripoteur d'affaires, de la vertu au flibustier qui pourchassait une dot pour son fils et refusait de payer celle de sa fille ; de l'amour chaste au voltairien qui accusait le clergé de viols, et s'en allait renifler hypocritement, bêtement, sans dépravation réelle...
Citation n°3 de Jules LEMAÎTRE (Les Contemporains : première série)
...fille, en faisant circuler assez souvent, pas trop, les petits fours avec les verres de sirop, presque toujours la plus jolie et la mieux mise, celle qui plaît et montre une grâce permise est sans dot-voulez-vous en tenir le pari ? - et ne trouvera pas, pauvre enfant, un mari. et son père, officier en retraite, pas riche, dans un coin fait son whist à quatre sous la fiche. j'en pourrais citer...
Citation n°4 de VILLIERS DE L'ISLE-ADAM (Contes cruels)
...! - vous imprimer ? Mais j'aimerais mieux copier le bottin ! Ce serait plus pratique. En un mot, vous avez l'air, là dedans, d'un monsieur qui, sachant que telle femme, dont il convoite la dot, a le goût des bancroches, affecte une claudication mensongère pour se bien faire venir de la dame, - ou d'un étrange collégien qui, pour s'attirer l'estime et le respect de ses professeurs, de ses...
Citation n°5 de Jean JAURÈS (Études socialistes)
...donataire, ayant ainsi reçu de bonne foi des biens meubles ou immeubles, en a disposé, même s'il a vendu l'immeuble reçu par lui, même s'il s'est servi de ces biens pour reconnaître et garantir la dot de sa femme, même alors la donation est révoquée : tous les actes qui s'y rattachent tombent ; les tiers acquéreurs de l'immeuble sont obligés de le rapporter à la succession ; et la dot de la femme...


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