Efféminé (adjectif, part. passé)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Adjectif 

XII e siècle. Participe passé d' efféminer.
1. Péj. Qui manque de vigueur, de caractère ou d'énergie ; affaibli. Une civilisation e. Une vie trop facile, e. Un cœur , qui manque de courage.
2. En parlant d'une personne de sexe masculin. Dont l'aspect, le comportement, l'allure rappellent certains caractères prêtés aux femmes. Un jeune homme . Par méton. Des manières es.


Dictionnaire d'Emile Littré

Part. Passé 



 1   Rendu par les habitudes semblable à une femme.
ROTR.: « Va, coeur efféminé, va, lâche, sors d'ici »
VOLT.: « Des coeurs efféminés dont l'oisive mollesse Ne connaît d'intérêts que ceux de leur tendresse »
    Substantivement. Un efféminé.
LA BRUY.: « C'est le propre de l'efféminé de se lever tard, de passer une partie du jour à sa toilette, de se voir au miroir, de se parfumer, de se mettre des mouches, de recevoir des billets et d'y faire réponse »

 2   En parlant des choses.
FÉN.: « Pour la musique, on sait que les anciens croyaient que rien n'était plus pernicieux à une république bien policée que d'y laisser introduire une mélodie efféminée »
VOLT.: « Quel est le citoyen parmi nous qui se priverait, comme Julien, Antonin et Marc-Aurèle, de toutes les délicatesses de notre vie molle et efféminée.... ? »
C. DELAVIGNE: « Essayant sur le luth des chants efféminés »


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française



Il est aussi adjectif, et signifie, Qui tient de la faiblesse de la femme. "Homme . Coeur . Mine e. Visage . Air . Naturel . Moeurs es."
Il est aussi substantif. "C'est un . Il n'y a que des s qui puissent avoir de ces sentiments-là."



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



.
Il est aussi adjectif, & signifie, Qui tient de la foiblesse de la femme. "Homme . Coeur . Mine e. Visage . Air . Naturel ."
Il est aussi substantif. "C'est un . Il n'y a que des s qui puissent avoir de ces sentimens-là."




Emplacement dans le dictionnaire :

effautage
effectif
effection
effectivement
effectrice
effectuation
effectué
effectuer
effeminé
efféminé
effeminer
efféminer
effendi
efférent
effervescence
effervescent
effet
effets civils
effeuillage
effeuillaison
effeuiller




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Anatole FRANCE (Le Lys rouge)

...croyait les hommes capables seulement de sentir l'effet d'une toilette, sans en comprendre les détails ingénieux. Quelques-uns, qui avaient l'intelligence du chiffon, la déconcertaient par un air efféminé et des goûts équivoques. Elle se résignait à ne voir apprécier les élégances de sa mise que par des femmes, qui y apportaient un esprit petit, de la malveillance et de l'envie. L'admiration artiste...


Citation n°2 de François PONSARD (Lucrèce)

...gais entretiens. Vous-même, à vos discours ajoutant votre exemple, la ceinture plus lâche, et la robe plus ample, les cheveux oints, le front de myrte couronné, vous vous faisiez honneur du nom d'efféminé. Vous goûtiez moins alors les moeurs de l'ancien âge. D'où vient donc qu'aujourd'hui vous changez de langage, et qu'estimant si fort l'objet de vos mépris, ce que vous estimiez pour vous n'a plus de...


Citation n°3 de Eugène FROMENTIN (Un été dans le Sahara)

...traînante, la tête à moitié cachée dans sa crinière. Il était fluet, assez blanc, très-pâle, et c'était étrange de voir une si robuste bête entre les mains d'un adolescent si délicat. Il avait l'air efféminé, rusé, impérieux et insolent. Il clignotait en nous regardant de loin ; et ses yeux, bordés d'antimoine, avec son teint sans couleur, lui donnaient encore plus de ressemblance avec une jolie fille....


Citation n°4 de Charles SAINTE-BEUVE (Port-Royal : t. 5)

...vers un poëte : il trouvait dans ses écrits comme dans son entretien, sur un fonds moral raisonnable et solide, autant d'agrément (et pas plus ! ) qu'il en pouvait désirer ; rien de tendre ni d'efféminé ; un bon sens allié du sien jusque dans son mordant, et qui mettait du feu à l'expression de certaines vérités ; une imagination toujours réglée par l'honnête. Il ne concevait guère de plus juste...


Citation n°5 de Hippolyte TAINE (Notes sur Paris : Vie et opinions de M. Frédéric Thomas Graindorge, docteur en philosophie de l'Univ)

...dans la glace pour voir s'il savait sourire ; mais, à la plus lointaine approche d'un camarade, il fronçait les sourcils et prenait une mine rogue pour ne pas rapporter au collége une réputation d'efféminé. Parmi les hommes, il tâchait de maintenir sa dignité, d'avoir une contenance, et, tout d'un coup il avait des vivacités de jeune chien, ou des empressements de chien couchant. Il buvait du rhum...


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