Empêtrer (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

XII e siècle, empaistrier. Du latin populaire * impastoriare, « mettre une entrave », dérivé de (chorda) pastoria, « corde pour retenir une bête dans une pâture ». Lier par une entrave un animal laissé au pâturage (vieilli). Empêtrer un cheval. Par anal. Gêner, embarrasser les mouvements de quelqu'un. Des vêtements trop longs empêtrent sa démarche. Fig. Empêtrer quelqu'un dans une méchante affaire, l'engager, l'entraîner dans une situation difficile. Avoir l'air empêtré, avoir un maintien embarrassé. Pron. S' les pieds dans les ronces. Le cheval s'est empêtré dans sa longe. Par ext. S' d'un propre à rien, s'en embarrasser. Fig. S' dans ses mensonges.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Engager dans des entraves, dans ce qui gêne. Il se dit proprement en parlant des Pieds, des jambes. "Il s'est empêtré les pieds. Ce cheval s'est empêtre dans ses traits. Il s'est empêtré." Fig., "Empêtrer quelqu'un dans une méchante affaire. Pourquoi m'avez-vous empêtré de cet homme-là? S' dans un discours. S' sottement."
Fig. et fam., "Avoir l'air empêtré, tout empêtré," Avoir le maintien embarrassé.



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Lier les jambes d'un cheval que l'on met en pâture.
    Embarrasser les pieds dans des liens ou filaments.
LA FONT.: « ....sa toison Était d'une épaisseur extrême.... Elle empêtra si bien les serres du corbeau Que le pauvre animal ne put faire retraite »
     Don Quichotte, t. IV, dans RICHELET: Je jurerais que les enchanteurs qui me poursuivent ont résolu de m'empêtrer dans ces filets et d'arrêter mon voyage

 2   Fig. Embarrasser. Pourquoi m'avez-vous empêtré de cet homme-là ? Empêtrer quelqu'un dans une méchante affaire, l'y compromettre.

 3   S'empêtrer, v. réfl. S'embarrasser. Ce cheval s'est empêtré dans les traits.
BUFF.: « Le renard va visiter les lacets, les gluaux, emporte successivement les oiseaux qui se sont empêtrés »
VOLT.: « Les boeufs s'empêtrèrent et firent pencher l'arche »
    Fig. et familièrement. S'empêtrer dans de mauvaises spéculations.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
BENOÎT: « E des autres [prisonniers] si granz plentez, Que del tierz u de la meitié Fussent il assez enpaistrié Del ostoier [de loger] et del garder »
    XIVème siècle
     Guesclin, 16584: Bien cuidoit li rois Pietres empietrer vilonnie Au noble roi Henri et à sa baronnie
    XVème siècle
     Boucic. I, 24: Si furent là nos gens moult empestrés, et toutefois passerent oultre
    XVIème siècle
MONT.: « Ces sçavantaux vont s'empestrant et embarrassant sans cesse »
YVER: « Comme l'oiseau enretté, plus il tasche en fretillant de se defiler, et plus il s'empietre »
AMYOT: « Battre à coups de fouet [les bestes qu'on veut dompter] et les tenir empestrées »

ÉTYMOLOGIE
    Norm. empaturer ; ital. impastoiare, empêtrer ; du bas-latin pastorium, pastoria, entraves, de pastor, pasteur (voy. PÂTRE, et comparez PATURON). L'étymologie de in petra, en pierre, pour empestrer ne peut se soutenir ; mais il est très probable que empietrer, qui se trouve au XIVe siècle et au XVIe, en vient, et qu'il y a eu confusion d'empietrer et d'empestrer.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Embarrasser, engager. Il se dit proprement en parlant Des pieds, des jambes. "Il s'est empêtré les pieds." On l'emploie plus ordinairement avec le pronom personnel régime direct. "Ce cheval s'est empêtré dans ses traits. Il s'est empêtré."
Il se prend aussi figurément; et alors il peut être plus souvent employé sans le pronom personnel. "Empêtrer quelqu'un dans une méchante affaire. Pourquoi m'avez-vous empêtré de cet homme-là? S' dans une mauvaise affaire. S' sottement." Ce sens est familier.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Embarrasser, engager. Il se dit proprement Des pieds. "Ce cheval s'est empêtré dans ses traits. Il s'est empêtré les pieds. Il s'est empêtré".
Il s'emploie aussi dans le figuré. "Empêtrer quelqu'un dans une méchante affaire Pourquoi m'avez-vous empêtré de cette femme-là? Il s'est empêtré sottement". Il est familier.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Embarrasser, engager. Il se dit proprement des pieds. "Ce cheval s'est empétré dans ses traits. Il s'est empêtré les pieds. Il s'est empêtré."
Il s'emploie aussi dans le figuré. "Empêtrer quelqu'un dans une méchante affaire. Pourquoi m'avez-vous empêtré de cette femme-là? Il s'est empêtré sotement." Il est familier.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

["Anpêtré"; 2e "ê" ouv. et long, plus long encôre devant l'"e" muet. Il "empêtre", "empêtrera".] Embarrasser, engager. Au propre, il se dit des pieds. 'Ce cheval "s'est empêtré": il "s'est empêtré les pieds" dans ses traits. = Au fig. il se dit de toute sorte d'embârras et d'engagemens. '"Empêtrer" quelqu'un "dans" une méchante afaire. 'Il "s'est" fortement "empêtré". 'Vous "m'avez empêtré d'une" femme importune.
   ...Quelqu'un, qui me conseille
   De "m'empêtrer" ici "d'une" espèce pareille.
   M'aime-t-il"?"      Le Méchant.
'Par-là vous ne "vous fussiez" pas "empêtré dans" vos propres réponses. "Anon."




Emplacement dans le dictionnaire :

empennelage
empenner
empereur
emperon
empesage
empesé
empeser
empeseur
empester
empêtrer
emphase
emphasiste
emphatique
emphatiquement
emphysémateux
emphysème
emphytéose
emphytéote
emphytéotique
empiècement
empierrement


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