Emporté (adjectif, part. passé)
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Adjectif |
Qui est enclin à s'emporter. "C'est un homme
Il se prend quelquefois comme nom. "C'est un
Dictionnaire d'Emile Littré
| Part. Passé |
1 Ôté, enlevé d'un lieu. Les blessés emportés par leurs camarades. Des tableaux de haut prix emportés par le vainqueur.
2 Retranché.
SÉV.: « Il a eu le poignet emporté d'un coup de canon »
LA BRUY.: « Elle [une fleur] est nuancée, bordée, huilée, à pièces emportées [à découpures] »
Me DE GENLIS: « Les rochers que nous gravissons depuis trois jours ont tellement usé et percé nos souliers que les semelles en sont presque entièrement emportées »
3 Pris de vive force. Le bastion emporté par les assaillants.
MAIR.: « Nos dehors emportés, nos remparts assaillis »
4 Retranché du nombre des vivants. Ce vieillard emporté par une pleurésie.
BOSSUET: « Marie-Thérèse, aussitôt emportée que frappée par la maladie, se trouve toute vive et tout entière entre les bras de la mort, sans presque l'avoir envisagée »
5 Fig. Entraîné.
CORN.: « Et son coeur emporté par l'erreur qui l'abuse Cherche partout la mort que chacun lui refuse »
RAC.: « Par quel trouble me vois-je emporté loin de moi ? »
VOLT.: « Nos sentiments, nos coeurs l'un vers l'autre emportés »
VOLT.: « Je vois d'un zèle faux nos prêtres emportés »
SÉGUR: « Il apprend qu'un régiment vient de s'emparer du village de Borodino et de son pont qu'il aurait dû rompre, mais qu'emporté par ce succès, il a franchi ce passage malgré les cris de son général »
6 Vif, qui se laisse aller.
VOLT.: « Cette ardeur d'un héros, ce courage emporté »
VOLT.: « Amours emportés »
7 Qui se laisse aller à des emportements de colère. Homme emporté. Caractère emporté.
BOSSUET: « Il n'y avait point d'erreur si prodigieuse où l'ardeur de la dispute n'entraînât l'esprit emporté de Luther »
RAC.: « Mais un père à ce point doit-il être emporté ? »
Cheval emporté, cheval qu'on ne peut plus maintenir, qui a pris le mors aux dents.
Il se dit aussi des choses.
BOSSUET: « On est las de M. Jurieu et de ses discours emportés »
Substantivement. Celui, celle qui se laisse aller à la colère. C'est un emporté. C'est une folle, une emportée.
CORN.: « Dieux ! que cet emporté me donne de tourment ! »
DUFRÉNY: « Vous allez vous emporter ; retirez-vous, je vous prie, je n'aime pas les emportés »
Celui qui se laisse aller à ses passions.
MASS.: « Combien de maisons à demi éteintes voient tous les jours finir dans les débauches et dans la santé ruinée d'un emporté toute l'espérance de leur postérité et toute la gloire des titres qu'une longue suite de siècles avait amassés sur leur tête ! »
Celui qui va trop loin, qui exagère les conséquences.
BOSSUET: « Les chefs de nos calvinistes n'en usèrent pas d'une autre sorte ; et encore que par honneur ils blâmassent ces emportés, nous ne voyons pas qu'on en fît aucune justice »
SYNONYME
EMPORTÉ, VIOLENT ; EMPORTEMENT, VIOLENCE. Emporté et violent diffèrent comme emportement et violence. Or l'emportement se manifeste toujours au dehors par une explosion ; la violence peut être muette, sans geste, sans signe. De plus la violence implique que quelque acte violent a été commis ; l'emportement peut s'exhaler en simples paroles ou manifestations extérieures.
Signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Adjectif |
Qui se laisse entraîner par sa passion, qui se fâche aisément, qui est prompt à dire des injures. "C'est un homme
Il se prend quelquefois substantivement. "C'est un
Ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Adjectif |
Qui se laisse entraîner par sa passion, qui se fâche aisément, qui est prompt à dire des injures. "C'est un homme
Il se prend aussi quelquefois substantivement. "C'est un fou, c'est un
Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Adjectif |
Violent, colère, fougueux, qui se laisse entraîner par sa passion. "C'est un homme
Il se prend aussi quelquefois substantivement. "C'est un fou, c'est un
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
ÉE, adj. EMPORTEMENT, s. m. ["Anporté", "té-e", "te-man"; 3e "é" fer. aux 2 prem. "e" muet au 3e.] "Emporté", violent, colère. 'C'est un homme "emporté", une femme "emportée".
- Subst. C'est "un
EMPORTEMENT, ne se dit qu'au fig. Il n'exprime pas l'"action d'emporter", mais l'état de celui "qui est
- Quand il se dit absolument et sans régime, il ne signifie que la colère. Grand, violent, terrible "emportement". = Quoiqu'il marque d'ordinaire quelque chôse de vicieux, il se pourrait peut-être rectifier par quelque épithète: "Un bel emportement", "un noble emportement". L. T. Comme "Boileau" a dit: "Un beau désordre". Voy. COLèRE et VIVACITÉ.
1ère signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)
Il a les significations de son verbe.
2ème signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)
| Adjectif |
Violent, colere, fougueux. "C'est un homme
3ème signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)
Se prend aussi quelquefois substantivement. "C'est un fou, c'est un
Emplacement dans le dictionnaire :
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