Excuse (nom féminin, subst. féminin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom féminin 

XIV e siècle. Déverbal d' excuser.
1. Raison qu'on allègue pour expliquer ou atténuer une faute ou se dispenser d'une obligation. Donner, apporter, présenter une excuse. Cette excuse est légitime, valable, recevable, irrecevable. Une mauvaise excuse.
2. Circonstance propre à disculper. Ses obligations professionnelles, familiales, lui sont une excuse. Il ne manque pas d'excuses. Cette faute est sans excuse. . Excuse légale, fait, constaté par le juge, qui entraîne la réduction ou l'exemption d'une peine. Excuse atténuante, excuse absolutoire.
3. Justification produite pour expliquer une absence, un retard. Lettre, mot d'excuse. Ellipt. Ce professeur exige une excuse des parents.
4. Le plus souvent au pluriel. Formule de civilité dont on se sert pour engager quelqu'un à l'indulgence. Se confondre en excuses. Présenter, recevoir, exiger des excuses. Je vous dois des excuses. Veuillez accepter mes excuses. Ellipt. et fam. Mes excuses, toutes mes excuses. Exclam. Pour introduire une objection. Mille excuses ! Pop. Faites excuse !


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Raison que l'on allègue pour expliquer ou atténuer une faute. "Excuse légitime, valable, recevable. Sotte, mauvaise excuse. Donner, apporter, alléguer, présenter une excuse. Se chercher des excuses. Il a pris pour excuse le mauvais temps. Avoir une excuse toute prête. Sa jeunesse lui servira d'excuse."
Il signifie aussi, surtout dans la langue des écoles, Dispense d'une obligation. "Vous étiez absent à la classe du matin, vos parents vous ont-ils donné une excuse?"
Il est aussi un Terme de civilité dont on se sert, afin d'engager à l'indulgence pour quelque faute légère. "Se confondre en excuses." Il s'emploie surtout avec le verbe "Faire," comme dans ces phrases : "Faire des excuses à quelqu'un. Je vous en fais mille excuses. Je vous en fais excuse pour lui."
Fam., "Je vous fais excuse, je vous fais bien excuse," s'emploie lorsqu'on veut contredire poliment quelqu'un. "Il n'est pas encore venu? Je vous fais excuse, il est venu et il est reparti."
"Faire des excuses à quelqu'un" signifie quelquefois, dans une acception plus rigoureuse, Témoigner à quelqu'un le regret qu'on éprouve de l'avoir offensé, de s'être mal comporté à son égard. "Il exigeait que son adversaire lui fît des excuses." On dit, dans un sens analogue, "Exiger des excuses."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Raison qu'on allègue pour se disculper ou pour disculper un autre. Excuse valable. Mauvaise excuse. Se confondre en excuses.
RÉGNIER: « Quand nous pouvons couvrir d'excuses nos défauts »
RÉGNIER: « Bien que je sache au vrai tes façons et tes ruses, J'ai tant et si longtemps excusé tes excuses.... »
FURETIÈRE: « S'il [Boileau] a cherché quelquefois des excuses sur la rime, ç'a été pour porter des coups plus violents, comme quand il dit.... »
BAYLE: « M. Bayle, j'ai reçu vos excuses, et j'ai bien voulu vous témoigner par la présente que j'en suis satisfaite »
    Fig.
CORN.: « Votre amour fait ma faute, il fera mon excuse »
BOSSUET: « Leur incrédulité n'a plus d'excuse »
RAC.: « Mais votre amour n'a plus d'excuse légitime »
VOLT.: « Mon coeur n'a pour excuse aucune illusion »
VOLT.: « Cette triste vertu l'excuse des ingrats »
GENLIS: « Ce tort affreux n'avait nulle excuse »

 2   Prétexte.
LA FONT.: « Lors pour sortir elle prend une excuse »
SÉV.: « Je lui sers d'excuse pour ne plus voir ses amies »

 3   Excuse, se dit du motif qui empêche un juré de siéger. Le président ne trouva pas son excuse valable.
    Motif légal pour se dispenser d'une charge imposée par la loi. Il [le tuteur nommé] devra sur-le-champ.... proposer ses excuses, sur lesquelles le conseil de famille délibérera, C. Napol. art. 438.
    Circonstance qui, de plein droit, diminue la gravité d'un crime et par suite atténue la peine.
    Se dit, dans un sens analogue, du motif qui empêche un écolier de venir à la classe. L'enfant apporta une excuse écrite par le répétiteur.

 4   Formule de politesse. Faire excuse à quelqu'un, le prier qu'il excuse.
CORN.: « Quoi ! tu faisais excuse à qui m'osait braver »
MOL.: « Pour vous, je ne veux point, monsieur, vous faire excuse »
PASC.: « Je lui fis excuse d'avoir mal pris son sentiment »
SÉV.: « Il m'écrit en me faisant des excuses de la liberté »
HAMILT.: « Je lui fis mille excuses de l'avoir fait attendre »
    Faire excuse de quelque chose, s'en excuser, s'en disculper.
CORN.: « Et l'état où je suis ne saurait consentir Que j'en fasse une excuse ou montre un repentir »
CORN.: « Oui, je l'aime, Sévère, et n'en fais point d'excuse »
MOL.: « Ne m'oblige point à faire les excuses de ta froideur [à l'excuser] »
    Familièrement. Faire excuse, faire bien excuse, s'emploie pour contredire. Il n'est pas encore venu ? - Je vous fais excuse, il est arrivé depuis une heure.
    Dans le même sens, mais populairement. Faites excuse, il est arrivé.
    Faire des excuses à quelqu'un, lui témoigner le regret que l'on a de l'avoir offensé, gêné ou contrarié. Il lui fit des excuses de son emportement, et l'affaire n'eut pas de suite.
CORN.: « Toute excuse est honteuse aux esprits généreux »
    Exiger des excuses, demander une réparation, par excuse, d'une offense dont nous avons été victimes.
    Faire ses excuses, se dit par politesse, quand on manque à quelque devoir de société ou qu'on refuse poliment quelque invitation. Je ne puis me rendre à ce bal ; je ferai mes excuses.
ROTROU: « Faites-lui mon excuse »
SÉV.: « J'ai fait mes excuses à Mme de Coulanges »
HAMILT.: « Il lui dit qu'il ferait ses excuses à la compagnie »
    Recevoir les excuses de quelqu'un, se déclarer satisfait de la politesse qu'il a faite en s'excusant.
HAMILT.: « Sa maîtresse voulut bien recevoir ses excuses »

REMARQUE
    Furetière d'abord, puis Ménage, Bouhours et Laveaux ont condamné la locution demander excuse, dans le sens de demander pardon.
DUFRESNY: « Cette locution a été employée à diverses reprises : .... Je suis confuse De ce que vous voyez ! je vous demande excuse »
LA FONT.: « Je vous demande excuse, a-t-il dit, et j'ai tort Mme de Sévigné écrit des Rochers : Ma chère enfant, je vous demande excuse, à la mode du pays (c'est un provincialisme dont elle se moque). Ce qui fait que cette locution est à rejeter, c'est que le sens rigoureux serait qu'on demande à son interlocuteur qu'il fasse ses excuses, comme dans l'expression exiger des excuses ; c'est le contraire de ce que l'on veut dire. »

SYNONYME
    FAIRE DES EXCUSES, FAIRE SES EXCUSES. Faire des excuses, se dit quand on a offensé, blessé, contrarié quelqu'un, et qu'on veut faire disparaître par ce genre de réparation le tort commis. Faire ses excuses se dit des dispenses que l'on prend à l'égard de certains devoirs de société et que l'on fait agréer au moyen de ce genre de civilité.

HISTORIQUE
    XVème siècle
LOUIS XI: « Le curé en sa defense et excuse parla en bref et dit.... »
    XVIème siècle
MARG.: « Et au partir, lui assignoit jour qu'il y devoit retourner, où, sans trop grandes excuses [motifs], n'avoit encore failli »

ÉTYMOLOGIE
    Voy. EXCUSER.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE EXCUSE. Ajoutez :

 5   Fausse épée.
A. DE VIGNY: « Et frappait tous les meubles avec son épée d'acier, au lieu de porter une excuse à lame de baleine »

REMARQUE
    Ajoutez : Aux exemples de demander excuse cités dans la Remarque, joignez celui-ci :
J. J. ROUSS.: « Je vous demande excuse de vous l'avoir remise ouverte... »


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Raison que l'on apporte pour se disculper, ou pour disculper quelqu'un de ce qu'il a fait ou dit. "Excuse légitime, valable, recevable. Excuse impertinente. Sotte, mauvaise excuse. Belle excuse! Donner, apporter, alléguer, présenter une excuse. Chercher, forger une excuse, des excuses. Il a bientôt trouvé son excuse. Il a pris pour excuse le mauvais temps. Avoir une excuse toute prête. Recevoir une excuse. Recevoir pour excuse. Sa jeunesse lui servira d'excuse."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



est aussi Un terme de civilité dont on se sert, afin d'engager à l'indulgence pour quelque faute légère. Il s'emploie surtout avec le verbe "Faire," comme dans ces phrases: "Faire des excuses à quelqu'un. Je vous en fais mille excuses. Je vous en fais excuse pour lui."
Fam., "Je vous fais excuse, je vous fais bien excuse," s'emploie Lorsqu'on veut contredire quelqu'un. "Il n'est pas encore venu? Je vous fais excuse, il est venu et il est reparti."
"Faire des excuses à quelqu'un," signifie quelquefois, dans une acception plus rigoureuse, Témoigner à quelqu'un le regret qu'on éprouve de l'avoir offensé, de s'être mal comporté à son égard. "Il exigeait que son adversaire lui fit des excuses." On dit, dans un sens analogue, "Exiger des excuses."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


Raison que l'on apporte pour se disculper, ou pour disculper quelqu'un de ce qu'il a fait ou dit. "Excuse légitime, valable, recevable. Excuse impertinente, légère. Sotte, mauvaise excuse. Donner, apporter, alléguer une excuse. Chercher, forger une excuse, des excuses. Il a bientôt trouvé son excuse. Il a pris pour excuse le mauvais temps. Avoir une excuse toute prête. Recevoir une excuse. Recevoir pour excuse".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Excuse, se dit aussi Des termes de civilité dont on se sert envers quelqu'un, afin de l'engager à avoir de l'indulgence pour quelque faute légère. Il n'est guère d'usage qu'avec les verbes "Faire" ou "Demander," comme: "Faire des excuses à quelqu'un. Je vous en fais mille excuses. Je vous en fais excuse pour lui. Je vous en demande excuse".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


Raison que l'on apporte pour s'excuser, ou pour excuser quelqu'un de ce qu'il a fait ou dit. "Excuse légitime, valable. Excuse impertinente, légère, sote. Mauvaise excuse. Donner, apporter, alléguer une excuse. Chercher, forger une excuse, des excuses. Il a bientôt trouvé son excuse. Prendre son excuse sur quelque chose. Il a pris son excuse sur le mauvais temps. Avoir une excuse toute prête. Recevoir une excuse. Recevoir pour excuse."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



se dit aussi Des termes de civilité dont on se sert envers quelqu'un, pour le porter à avoir de l'indulgence pour quelque faute légère. Il n'a guère d'usage qu'avec le verbe "Faire," comme, "Faire des excuses à quelqu'un. Je vous en fais mille excuses. Je vous en fais excuse pour lui."



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. féminin 


v. Raison que l'on apporte pour s'excuser. "Excuse legitime, bonne, recevable, valable. excuse impertinente, legere, sotte, mauvaise excuse. donner, apporter, alleguer une excuse. mediter, forger une excuse, des excuses. il a bien-tost trouvé son excuse. prendre son excuse sur quelque chose. il a pris son excuse sur le mauvais temps. avoir une excuse toute preste. recevoir une excuse. recevoir pour excuse".




Emplacement dans le dictionnaire :

excrémenteux
excréter
excréteur
excrétion
excrétoire
excroissance
excursion
excursionniste
excusable
excuse
excusé
excuser
exeat
exécrable
exécrablement
exécration
exécrer
exécutable
exécutant
exécuter
exécuteur




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...sais plus, je ne vois plus ; me voici de nouveau entré dans le domaine du rêve qui s'efface, de la fumée qui fuit, de l'insaisissable rien... et tout ce chapitre, presque inintelligible, n'a d'autre excuse que d'avoir été écrit avec un grand effort de sincérité, d'être absolument vrai. CHAPITRE VII Au printemps, à la toute fraîche splendeur de mai, sur un chemin solitaire appelé : la route des...


Citation n°2 de Pierre LOTI (Pêcheur d'Islande)

...filles, aux yeux chastement baissés sous des cils blonds ou noirs, et qui avaient parmi les danseurs un amant pour le moins, ou bien deux. En effet, elle le regardait beaucoup, mais elle avait cette excuse, c'est qu'il était le premier, l'unique des jeunes hommes à qui elle eût jamais fait attention dans sa vie. En se quittant le matin, quand tout le monde était parti à la débandade, au petit jour...


Citation n°3 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )

...possibles, il demanderait vingt gros volumes. Il ne faut donc le regarder que comme une indication : il dira la possibilité d'un dictionnaire sémantique des langues de civilisation européenne. L'excuse de sa longueur, car il paraîtra long à beaucoup, c'est qu'en ces sortes de travaux il est défendu de demander à être cru sur parole ; cette nécessité justifie encore l'aridité d'une nomenclature...


Citation n°4 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )

...et de souche unique ; le second est venu doubler le premier soit à une époque assez ancienne, soit au cours des siècles ou tout récemment. Ils n'ont jamais la même signification et c'est l'excuse du mauvais ; excuse assez faible, car, comme je l'expliquerai plus loin, un seul mot peut, sans qu'aucune confusion soit à craindre, porter jusqu'à dix ou douze sens différents. C'est ainsi que la...


Citation n°5 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )

...unique ; le second est venu doubler le premier soit à une époque assez ancienne, soit au cours des siècles ou tout récemment. Ils n'ont jamais la même signification et c'est l'excuse du mauvais ; excuse assez faible, car, comme je l'expliquerai plus loin, un seul mot peut, sans qu'aucune confusion soit à craindre, porter jusqu'à dix ou douze sens différents. C'est ainsi que la langue ayant tiré du...


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