Frémir (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
XI e siècle. Issu, par l'intermédiaire du latin populaire *fremire, du latin classique fremere, « gronder ».
1. Vibrer légèrement, s'agiter en bruissant. Les peupliers frémissent sous la brise. Le lac frémit au moindre souffle. En parlant d'un liquide qui est sur le point de bouillir. L'eau frémit dans la bouilloire.
2. Être pris d'un tremblement causé par la surprise, la peur ou quelque autre émotion. Un cheval qui frémit au bruit du canon. Il n'a pas frémi devant le danger. Ses lèvres frémissaient. Loc. Frémir de, être en proie à une vive agitation sous l'effet d'un sentiment, d'une passion. Frémir de colère, d'indignation, d'horreur. Frémir de joie, de désir. Absolt. Le récit de ses aventures fit
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Faire entendre une succession de petits bruits, de tremblements. "Le vent frémit dans le feuillage. La mer frémit." En parlant d'un Liquide qui va bouillir, "L'eau frémit dans la bouilloire."
Il signifie aussi Faire entendre des vibrations. "Une cloche qui frémit."
Il signifie aussi Être pris d'une sorte de tremblement causé par la surprise, la peur. "Un cheval qui frémit au bruit du canon."
Il signifie figurément Être en proie à une vive agitation, sous l'effet de quelque sentiment, de quelque passion. "Frémir de colère, d'indignation, d'horreur."
Dictionnaire d'Emile Littré
| Verbe |
1 Produire un bruit par l'agitation de ce qui a beaucoup de parties. J'entends frémir les flots irrités. Le feuillage frémit.
Il se dit, par extension, de tout grand bruit.
ROTR.: « S'il querelle les vents, ils n'osent plus frémir »
RAC.: « La discorde en fureur frémit de toutes parts »
RAC.: « Mais l'airain menaçant frémit de toutes parts »
BUFF.: « Dans les combats, ils [les phoques] rugissent et frémissent comme le lion, et enfin dans la joie et après la victoire ils font un petit cri aigu qu'ils réitèrent plusieurs fois de suite »
BERN. DE ST-PIERRE: « Comme un homme sauvé du naufrage sur un rocher, je contemple de ma solitude les orages qui frémissent dans le reste du monde »
2 Éprouver un mouvement de vibration qui produit un frémissement léger, un faible murmure.
RAC.: « Terre, frémis d'allégresse et de crainte »
BONNET: « On sait que, si dans le même instrument il y a plusieurs cordes à l'unisson ou qui fassent leurs vibrations dans le même temps, si l'on pince une de ces cordes, toutes celles qui seront à son ton frémiront à la fois »
Il se dit aussi de l'eau qui murmure et s'agite avant de bouillir. L'eau ne tardera pas à bouillir, elle frémit déjà.
La mer frémit, elle commence à s'agiter.
3 Fig. Éprouver un tremblement, une sorte de vibration intérieure par l'effet de la crainte, de l'horreur, de la colère.
RÉGNIER: « Nous fait frémir le coeur, nous tire de nous-mêmes »
VAUGEL.: « Je ne puis, sans frémir, parler des auteurs d'un si exécrable attentat »
CORN.: « Et la seule pensée en fait frémir d'horreur »
CORN.: « D'où vient que tu frémis et que ton coeur soupire ? »
LA FONT.: « Même l'on dit que l'ouvrier [le statuaire] Eut à peine achevé l'image, Qu'on le vit frémir le premier Et redouter son propre ouvrage »
RAC.: « Son nom seul fait frémir nos veuves et nos filles »
RAC.: « J'aime à vous voir frémir à ce funeste nom »
RAC.: « Ah ! combien frémira son ombre épouvantée ! »
RAC.: « Il faut des châtiments dont l'univers frémisse »
RAC.: « Qu'ils pleurent, ô mon Dieu, qu'ils frémissent de crainte, Ces malheureux qui de ta cité sainte Ne verront point l'éternelle splendeur »
RAC.: « Mais d'où vient que mon coeur frémit d'un saint effroi ? »
VOLT.: « ....trop au-dessus d'eux, je leur puis pardonner De frémir sous le joug que je veux leur donner »
VOLT.: « Plusieurs protestants étaient à table ; les uns se plaignaient amèrement [à la révocation de l'édit de Nantes], d'autres frémissaient de colère »
BUFF.: « Les anciens ne s'étaient pas contentés de faire du cygne un chantre merveilleux ; seul entre tous les êtres qui frémissent à l'aspect de leur destruction, il chantait encore au moment de son agonie, et préludait par des sons harmonieux à son dernier soupir »
DUCIS: « Mon coeur frémit de joie »
STAËL: « Elle frémit de tous ses membres, et sûrement l'approche de l'échafaud ne lui aurait pas causé plus d'effroi »
Il se dit avec de et un infinitif.
BOILEAU: « Et déjà, tout confus, croyant midi sonné, En soi-même frémit de n'avoir pas dîné »
VOLT.: « Honteux et frémissant de vous interroger »
Fig.
RAC.: « Je vois que sa vertu frémit de leur fureur »
MASS.: « Bassesses dont votre orgueil frémit en secret »
MONTESQ.: « Lorsqu'elle [la magistrature japonaise] a fait exposer les femmes nues, elle a fait frémir la pudeur »
VOLT.: « On m'en a envoyé des morceaux indignement falsifiés qui font frémir le bon goût et la décence »
Cela fait frémir la nature, se dit de ce qui cause beaucoup d'horreur. Un spectacle à faire frémir la nature.
HISTORIQUE
XIIème siècle
Liber psalm. p. 1: Pur quei fremirent les genz, et li pople purpenserent vaines coses ?
Ronc. p. 66: Paien fremissent, l'ost est espoentée
ib. p. 155: [Il] Voit toute l'ost à une voiz fremir
Th. le mart. 91: De la manace Deu puet altrement fremir Quiqu'unques....
ib. 35: Quant il l'oï, la char l'en prist tute à fremir
Job, p. 496: Nos savons ke les lenges [langues] des anceles fremissent quant la dame n'i est mie
XIIIème siècle
VILLEH.: « Sachiés qu'il n'i ot si hardi à qui la char ne fremesist »
Berte, XCI: Quant l'entendi la vieille, de la paour fremist
la Rose, 2407: Si te fremira tous li sans, Parole te faudra et sens, Quant tu cuideras commencier
MARIE: « Mais li chevaler Jhesu Crist N'out poür, ne ne se fremist »
XIVème siècle
BERCHEURE: « Le pueple fermisoit et se douloit de leur servitude »
Ménagier, II, 5: Prenez de l'eau et mettez fremir [sur le feu jusqu'à ce qu'elle frémisse]
XVème siècle
FROISS.: « Qui donc vit fremir gens et appeler l'un l'autre, et querir piece de terre pour mieux loger.... voir pust grand triboulement »
FROISS.: « Le roi qui tout fremissoit d'ire et de mautalent.... »
XVIème siècle
AMYOT: « Ils s'offensent de ceux [animaux] qui hurlent, ou qui buglent et fremissent, ou qui ont une hydeuse et triste mine à les voir »
MONT.: « Il faut qu'il [le philosophe] fremisse planté au bord d'un precipice »
ÉTYMOLOGIE
Berry, vrombi, en parlant d'une toupie : ma toupie vrombit ; prov. fremir ; port. fremir ; ital. fremire ; du lat. Fremere ( le 2nd e prend un accent bref), par changement de conjugaison, fremire ( i avec un accent long), puis passage à une conjugaison inchoative en isco, fremisco ; comparez le grec et le sanscrit bhram, produire un bourdonnement. Mais l'ancienne langue avait aussi un dérivé direct de fremere ( le 2nd e avec un accent bref) qui était freindre, comme geindre, de gemere.
Berte, LXXXVII: Elle avait aussi, à côté de fremir, un verbe fremier auquel elle donnait une signification très semblable, mais qui, venant de formicare, fourmiller, s'était rapproché de frémir, par assimilation : La roÿne saut sus, si prent à fremier
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
Être ému avec quelque espèce de tremblement, par l'effet de la crainte, de l'horreur, de la colère ou de quelque autre passion. "Je frémis quand j'y pense. Ce récit fait
"Cela fait
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
se dit, par analogie, D'une chose qui vibre, qui tremble rapidement et légèrement; et De ce qui produit, en s'agitant, un bruissement léger, un faible murmure. On l'emploie souvent, en ce sens, dans le style poétique. "Une cloche frémit encore après qu'elle a cessé de se faire entendre. Une corde frémit lorsqu'elle est tendue subitement. Faire
Il se dit particulièrement De l'eau et de toute autre liqueur, lorsqu'elle chauffe, et qu'elle est près de bouillir. "Cette eau ne bout pas encore, elle ne fait que
1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Verbe |
Être ému avec quelque espèce de tremblement, causé par la crainte ou par quelque autre passion. "Je frémis quand j'y pense. Frémir d'horreur. Frémir d'effroi. Frémir de crainte. Frémir de colère. Frémir d'indignation. "
2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)
Frémir, se dit aussi De l'eau et de toute autre liqueur, lorsqu'elle chauffe, et qu'elle est près de bouillir. "Cette eau ne bout pas encore, elle ne fait que frémir."
On dit aussi, que "La mer frémit," pour dire, qu'Elle commence à s'agiter.
1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Verbe |
Être ému avec quelque espèce de tremblement, causé par la crainte ou par quelque autre passion. "Je frémis quand j'y pense. Frémir d'horreur. Frémir d'effroi. Frémir de crainte. Frémir de colère. Frémir d'indignation."
2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
se dit aussi De l'eau & de toute autre liqueur, lorsqu'elle chauffe, & qu'elle est prête à bouillir. "Cette eau ne bout pas encore, elle ne fait que
On dit aussi, que "La mer frémit," pour dire, qu'Elle commence à s'agiter.
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Verbe |
[1re "é" fer.] Être ému avec quelque tremblement causé par la crainte, la colère, etc. Il s'emploie ou sans régime. 'Je tremble, je "frémis": son nom seul fait "frémir" nos veuves et nos filles. "Rac."
Le faux calme, dont ils jouïssent.
Est toujours prêt à se troubler.
Un éclair seul les fait trembler.
Ils blasphêment, mais ils "frémissent".
"Le Franc".
Ou avec la prép. "de". '"Frémir d'"horreur, "de" crainte, "de" colère.
Mon coeur s'en effarouche et "j'en frémis d'horreur".
"Corn."
On le dit quelquefois des chôses, comme de "l'eau", qui est près de bouillir et de la "mer", qui comence à s' agiter.
Emplacement dans le dictionnaire :
| fredonner freezer frégate frein freinage freiner frelater | frêle freluquet frémir frémissant frémissement frêne frénésie | frénétique frénétiquement fréquemment fréquence fréquent fréquentatif fréquentation |
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