Interdire (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

(se conjugue comme Contredire ). XIII e siècle. Emprunté du latin interdicere, « interdire ».
1. Défendre de façon absolue, par un ordre, une injonction, une décision d'autorité. Interdire l'importation de certains produits. On a interdit tout rassemblement, toute manifestation. Le règlement interdit toute sortie. Cela est interdit par la loi. Il est interdit de fumer dans cette salle. Le règlement interdit que l'on rende visite aux malades après vingt heures. Au participe passé, adjt. Commerce interdit. Reproduction interdite en tous pays. Une rue à sens interdit. Rouler en sens interdit. Stationnement interdit. Zone interdite. Par ext. Des travaux interdisent le passage, le rendent impossible. Des barbelés interdisent l'entrée, l'accès.
2. Interdire quelque chose à quelqu'un, lui en défendre l'usage, la pratique, l'accès ; lui imposer de ne pas faire quelque chose. Les médecins lui ont interdit tout effort. Interdire à quelqu'un l'exercice des droits civiques. Interdire sa porte à un importun. Je vous interdis de me parler ainsi. Interdire à un enfant de sortir. Au participe passé, adjt. Chantier interdit au public. Par ext. Son état de santé lui interdit toute sortie. Une obligation imprévue m'interdit d'accomplir ce déplacement. Fig. Cet espoir m'est interdit. Au participe passé, adjt. C'est un sujet interdit, dont il vaut mieux ne pas parler. Pron. Il s'interdit tout plaisir. S'interdire de parler de ses soucis.
3. . Priver officiellement quelqu'un de l'exercice de ses fonctions, de certains de ses droits. Ils ont été interdits par arrêt. On l'a interdit de sa charge pour deux ans. Se faire interdire de jeu. Il a été interdit de ses droits civils, civiques. Il a été pour cinq ans interdit de séjour à Paris, à Marseille. Au participe passé, subst. Un interdit de séjour. Anciennt. Ôter à quelqu'un la libre disposition de ses biens et même de sa personne. Faire interdire une personne en état de démence. Au participe passé, subst. Un interdit, se disait de la personne frappée d'une interdiction judiciaire (on dit aujourd'hui Majeur protégé ). . Priver un prêtre du droit d'exercer ses fonctions. L'évêque a le droit de suspendre et d'interdire. Au participe passé, adjt. Un prêtre interdit. Par ext. Prohiber l'exercice du culte dans un pays ou une localité. Cette église a été interdite. Le royaume de France fut interdit sous Robert le Pieux et sous Philippe Auguste.
4. Étonner, troubler quelqu'un, au point qu'il ne sait que dire ou que faire. La peur l'avait interdit. Il était tellement interdit par ce récit qu'il ne put prononcer un mot. Au participe passé, adjt. Cette nouvelle l'a laissé interdit. Il demeura tout interdit.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

(Il se conjugue comme DIRE, excepté à la seconde personne du pluriel du présent de l'indicatif et de l'impératif, qui est "Interdisez.") Défendre quelque chose à quelqu'un. "Interdire sa porte à quelqu'un. Interdire le barreau à un avocat. Interdire la chaire à un prédicateur. Interdire à quelqu'un l'exercice des droits civiques. Interdire l'usage des sacrements. Interdire l'entrée de l'église. Interdire l'exportation de certains produits. Interdire toute communication. Interdire la parole. Les médecins lui ont interdit le vin, le travail. Il s'interdit tous les plaisirs." Par extension, C"et espoir m'est interdit. Une obligation imprévue m'interdit ce plaisir."
En termes de Discipline ecclésiastique, il signifie spécialement Défendre à un ecclésiastique l'exercice des ordres sacrés, ou à tout ecclésiastique la célébration des sacrements et du service divin dans les lieux marqués par la sentence. "L'évêque, le pape a interdit ce prêtre. Il a droit de suspendre et d'interdire." Par analogie, "On a interdit cette église," On a défendu d'y célébrer les offices. Adjectivement, "Un prêtre interdit."
Il signifie aussi Défendre à quelqu'un, temporairement ou pour toujours, de continuer l'exercice de ses fonctions. "On l'a interdit de ses fonctions, de sa charge pour deux ans. Ils ont été interdits par arrêt."
Il signifie également, en termes de Jurisprudence, Ôter à quelqu'un la libre disposition de ses biens, et même de sa personne. "Faire interdire une personne en démence." Substantivement, "L'interdit est assimilé au mineur pour sa personne et pour ses biens."
Il signifie, figurément, Étonner, troubler quelqu'un, en sorte qu'il ne sache ce qu'il dit ni ce qu'il fait; et alors on l'emploie principalement dans les temps composés. "La peur l'avait interdit, l'avait tellement interdit qu'il ne put prononcer un mot." Adjectivement, "Il demeura tout interdit. Il était si interdit que..."



Dictionnaire d'Emile Littré




 1   Empêcher d'user de.
CORN.: « .... et je vous l'ai tant dit, Prince, que ce discours vous dût être interdit »
ROTR.: « L'effroi me saisit l'âme et m'interdit la voix »
PASC.: « Le P. Caussin, défendant cette proposition [que le confesseur doit absoudre celui qui avoue que l'espérance d'être absous l'a porté à pécher], dit que, si elle n'était véritable, l'usage de la confession serait interdit à la plupart du monde »
BOSSUET: « On voit quelle est la nature des actes qui sont suspendus et comme interdits dans l'oraison positive et de quiétude »
BOILEAU: « ....Cotin nous peut-il nuire, Et par ses cris enfin que saurait-il produire ? Interdire à mes vers, dont peut-être il fait cas, L'entrée aux pensions où je ne prétends pas ? »
RAC.: « Ils n'ont qu'à m'interdire un reste d'espérances »
RAC.: « Et depuis quand, seigneur, entre-t-on dans ces lieux Dont l'accès même était interdit à nos yeux ? »
VOLT.: « Tout nous interdisait, dans nos préventions, Une indigne alliance avec les nations »
VOLT.: « Qu'il ne cherche point à interdire à personne la liberté d'une juste défense »
    S'interdire une chose, l'interdire à soi-même. Il est obligé de s'interdire toute lecture.
    Interdire le feu et l'eau, formule usitée chez les Romains dans les sentences de bannissement.
    Fig. En parlant des choses auxquelles on attribue la faculté d'interdire, d'empêcher. Mes occupations m'interdisent ce plaisir, cet espoir.

 2   Particulièrement, défendre, par une sentence, à un ecclésiastique l'exercice de ses fonctions, ou à tout ecclésiastique la célébration des sacrements et du service divin dans les lieux marqués par la sentence. On lui a interdit cette église.
PASC.: « On voit que saint Hildebert, évêque du Mans, répondit à Yves de Chartres qu'il a eu raison d'interdire un prêtre pour toute sa vie qui, pour se défendre, avait tué un voleur d'un coup de pierre »

 3   Défendre à quelqu'un, temporairement ou pour toujours, de continuer l'exercice de ses fonctions. On les a interdits pour deux ans. Sa Majesté, ayant trouvé que ledit sieur comte de Sourdis a eu tort.... l'a interdit de sa charge, Seignelay à Demain, dans JAL à mot.
    On disait de même autrefois : interdire un présidial, un bailliage.
    Fig.
RAC.: « Les dieux de ce haut rang te voulaient interdire, Puisqu'ils m'ont élevé le premier à l'empire »

 4   En jurisprudence, ôter à quelqu'un la libre disposition de ses biens et même de sa personne.
     Code Nap. art. 489: Le majeur qui est dans un état habituel d'imbécillité, de démence ou de fureur, doit être interdit, même lorsque cet état présente des intervalles lucides
SAINT-SIMON: « Le fils était imbécile ; ils le firent interdire juridiquement et enfermer à Paris, à Saint-Lazarre »
REGNARD: « Nous avons résolu, d'une commune voix, De vous faire interdire, en observant les lois »

 5   Figurément. ôter l'usage de la raison, étonner, troubler.
REGNARD: « Et ce brusque discours a de quoi m'interdire »
VOLT.: « Le passé m'interdit et le présent m'accable »
VOLT.: « Excusez-moi si je suis interdite De vos discours et de votre visite »

 6   S'interdire, v. réfl. Être interdit, défendu. Cela ne s'interdit pas.

 7   Se priver soi-même de certaines fonctions.
VOLT.: « Le chancelier les interdit des fonctions de leurs charges ; ils s'interdisaient eux-mêmes »

 8   S'interdire, devenir interdit, confus. Il s'interdit facilement.
MOL.: « Achevez de lire ; Votre âme, pour ce mot, ne doit point s'interdire »

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Th. le mart. 84: E quant à saint iglise e à Deu s'umilie, N'i ad lei ne decré ne rien qui l'entredie
     ib. 67: Se pape u arcevesques nului entredesist
    XIIIème siècle
     Miracles St Loys, p. 165: Pour ce que la cité de Loon estoit entredite de l'evesque de Loon, de qui les bourgois avoient apelé à l'arcevesque de Rains
    XIVème siècle
     Nat. à l'alch. 646: N'as-tu entendu que j'ay dict Que mon secret t'est interdict ?
    XVème siècle
A. CHARTIER: « Escharceté [lésine] est à noble interdite ; Tout gentil cueur tient au large sa bende »
    XVIème siècle
AMYOT: « Clodius le fist declarer [Cicéron] par affiches publiques interdict, avec defense de le recevoir à couvert à cinq cents mille à la ronde de toute l'Italie »
ST-GELAIS: « Et sommes tous enclins, quand tout est dict, à desirer ce qui est interdit »
CARLOIX: « Sa majesté en demeura comme entredicte, sans advancer aulcune replique »
MONT.: « Ayant interdict aux habitans de porter les armes »
MONT.: « Le reculer leur estant interdict par la foule qui les suyvoit »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. entre-dire ; espagn. entredecir ; ital. interdire ; du lat. interdicere, de inter, entre, et dicere, dire ; interdicere jus, dire entre, invoquer une loi, contester, et par suite défendre.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


(Il se conjugue comme "Dire," excepté à la seconde personne du pluriel du présent de l'indicatif, qui fait, "Vous interdisez.") Défendre quelque chose à quelqu'un. "On lui a interdit l'entrée de la ville, de telle maison. La ville lui est interdite. Interdire sa porte à quelqu'un. Interdire le barreau à un avocat. Interdire la chaire à un prédicateur. Interdire à quelqu'un l'exercice des droits civiques, civils et de famille. Interdire l'usage des sacrements. Interdire l'entrée de l'église. Interdire le commerce. Interdire toute communication. Interdire la parole. Cela vous est interdit. Il lui est interdit de rien faire sans autorisation. Les médecins lui ont interdit le vin, le travail. Il s'interdit tous les plaisirs."
Il se dit quelquefois figurément, en parlant Des choses à l'égard desquelles on se trouve dans une sorte d'impossibilité. "Cet espoir m'est interdit. Une affaire imprévue m'interdit ce plaisir."
Il se dit, particulièrement, D'une sentence par laquelle on défend à un ecclésiastique l'exercice des ordres sacrés, ou à tout ecclésiastique la célébration des sacrements et du service divin dans les lieux marqués par la sentence. "L'évêque, le pape a interdit ce prêtre, cette ville. Il a droit de suspendre et d'interdire. On a interdit cette église."
Il signifie aussi, Défendre à quelqu'un, temporairement ou pour toujours, de continuer l'exercice de ses fonctions. "On l'a interdit de ses fonctions, de sa charge. On les a interdits pour deux ans. Ils ont été interdits par arrêt." On disait de même autrefois, "Interdire un présidial, un bailliage."
Il signifie également, en Jurisprudence, Ôter à quelqu'un la libre disposition de ses biens, et même de sa personne. "Faire interdire une personne en démence. Il doit être interdit. Il faut l'interdire."
Il signifie encore, Étonner, troubler quelqu'un, en sorte qu'il ne sache ce qu'il dit ni ce qu'il fait; et alors on l'emploie principalement dans les temps composés. "La peur l'avait interdit, l'avait tellement interdit, qu'il ne put prononcer un mot."
"Interdire le feu et l'eau." Formule usitée, chez les Romains, dans les sentences de bannissement.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)



On dit à la seconde personne du pluriel au présent de l'indicatif, "Vous interdisez:" à l'égard du reste, il se conjugue comme "Dire." Défendre quelque chose à quelqu'un. "On lui a interdit l'entrée de la Ville, de telle maison. La Ville lui est interdite. Interdire le Barreau à un Avocat. Interdire la Chaire à un Prédicateur. Interdire le commerce. Interdire l'entrée de l'Église. Interdire toute communication. Interdire la parole. Cela vous est interdit."
Il se dit absolument d'Une Sentence, par laquelle on défend aux Ecclésiastiques l'exercice de leurs Ordres, et la célébration des Sacremens et du Service Divin dans tous les lieux soumis à l'interdit. "L'Évêque, le Pape a interdit ce Prêtre, cette Ville. Il a droit de suspendre et d'interdire. On a interdit cette Église."
Il se dit aussi Des Officiers de Justice, ou de la Maison du Roi, auxquels on défend d'exercer leurs Charges. "Interdire un Présidial, un Bailliage, etc. Le Parlement interdit un tel Juge. On l'a interdit de la fonction de sa Charge. On les a interdits pour deux ans. Ils ont été interdits par Arrêt. Le premier Gentilhomme de la Chambre a interdit un tel Huissier."
On dit en termes de Pratique, "Interdire un homme," pour dire, Lui défendre par Justice de contracter, de disposer de son bien. "On a interdit ce prodigue, ce vieillard."
Il signifie aussi, Étonner, troubler quelqu'un, en sorte qu'il ne sache ce qu'il dit ni ce qu'il fait. Et dans ce sens il n'est guère d'usage que dans les temps composés. "La peur l'avoit interdit, l'avoit tellement interdit, que... Il étoit si interdit, que" ...
"Interdire le feu et l'eau." Formule des Romains quand ils bannissoient.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


On dit à la seconde personne du pluriel au présent de l'indicatif, "Vous interdisez:" à l'égard du reste, il se conjugue comme "Dire." Défendre quelque chose à quelqu'un. "On lui a interdit l'entrée de la Ville, de telle maison. La Ville lui est interdite. Interdire le Barreau à un Avocat. Interdire la Chaire à un Prédicateur. Interdire le commerce. Interdire l'entrée de l'Église. Interdire toute communication. Interdire la parole. Cela vous est interdit."
Il se dit absolument d'Une Sentence, par laquelle on défend aux Ecclésiastiques l'exercice de leurs Ordres, & la célébration des Sacremens & du Service Divin dans tous les lieux soumis à l'interdit. "L'Évêque, le Pape a interdit ce Prêtre, cette Ville. Il a droit de suspendre & d'interdire. On a interdit cette Église. Les Évêques assemblés ont interdit ce Prêtre en ce temps-là."
Il se dit aussi Des Officiers de Justice, ou de la Maison du Roi, auxquels on défend d'exercer leurs Charges. "Interdire un Présidial, un Bailliage, &c. Le Parlement, le Conseil a interdit un tel Juge. On l'a interdit de la fonction de sa Charge. On les a interdits pour deux" "ans. Ils ont été interdits par Arrêt. Le premier Gentilhomme de la Chambre a interdit un tel Huissier."
On dit en termes de Pratique, "Interdire un homme," pour dire, Lui défendre par Justice de contracter, de disposer de son bien. "On a interdit ce prodigue, ce vieillard."
Il signifie aussi, Étonner, troubler, en sorte qu'on ne sache ce qu'on dit ni ce qu'on fait. Et dans ce sens il n'a guère d'usage que dans les temps qui sont formés du participe. "La peur l'avoit interdit, l'avoit tellement interdit, que.... Il étoit si interdit, que...."
"Interdire le feu & l'eau." Formule des Romains quand ils bannissoient.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Prohiber, defendre quelque chose à quelqu'un. "On luy a interdit l'entrée de la ville, de telle maison. la ville luy est interdite. interdire le barreau à un Advocat. interdire la chaire à un Predicateur. interdire le commerce. interdire toute communication. interdire la parole. cela vous est interdit. interdire le feu & l'eau comme faisoient les Romains à ceux qu'ils bannissoient".
Il se dit plus communément de cette censure Ecclesiastique par laquelle on défend l'usage public des sacrements & du service divin, à une personne ou à une Communauté toute entiere, comme une ville, une province. "L'Evesque, le Pape a interdit ce Prestre, cette ville. il luy a interdit l'usage des sacrements. il a droit de suspendre & d'interdire. on a interdit cette Eglise".
Il se dit aussi, Des Officiers de Justice, ou de la maison du Roy, ausquels on défend d'exercer leurs charges. "Interdire un Presidial, un Bailliage. le Parlement, le Conseil a interdit un tel Juge. on l'a interdit de la fonction de sa charge. on les a interdits pour deux ans. ils ont esté interdits par arrest. le premier Gentilhomme de la Chambre a interdit un tel Huissier".
On dit, en terme de Pratique, "Interdire un homme," pour dire, Luy défendre par Justice de contracter, & de disposer de son bien. "On a interdit ce prodigue, ce vieillard".
Il signifie aussi Estonner, troubler en sorte qu'on ne sçache ce qu'on dit, ny ce qu'on fait, & dans ce sens il n'a guere d'usage que dans les temps qui sont formez du participe. "La peur l'avoit interdit, l'avoit tellement interdit que".




Emplacement dans le dictionnaire :

intercepté
intercepter
interception
intercesseur
interconnexion
interconnexion
interdépendance
interdépendant
interdiction
interdire
interdit
intéressant
intéressé
interessé
intéressement
interesser
intéresser
interest
intérêt
interface
interférer




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)

...agitait le problème de comprendre pourquoi s'accrocher à l'arçon par les doigts gauches, étant la seule manière qui lui permît de ne pas vider les étriers, toutes les méthodes s'obstinaient à l'interdire. Il se proposa de convertir les écuyers à cette façon d'équilibre. Il prétendit imposer aux militaires mêmes la mode de monter ainsi avec plus de sécurité et d'assiette. Et sans fin il ergota....


Citation n°2 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...les nations slaves par exemple, les peuples germaniques eux-mêmes, bien que constitués plus tard dans des rapports si étroits avec le latinisme, cherchent ailleurs leur éducation, ils pourront s'interdire une admirable source de beauté et de vérité ; au moins ne se priveront-ils pas du commerce direct avec leurs ancêtres ; mais, pour nous, ce serait renier nos origines, ce serait rompre avec nos...


Citation n°3 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...pour la vanité de cueillir de prime abord le fruit qui ne sera mûr peut-être que dans un avenir lointain. Il faut une vertu scientifique bien profonde pour s'arrêter sur cette pente fatale et s'interdire la précipitation, quand la nature humaine tout entière réclame la solution définitive. Les héros de la science sont ceux qui, capables des vues les plus élevées, ont pu se défendre toute pensée...


Citation n°4 de VILLIERS DE L'ISLE-ADAM (Contes cruels)

...les fait, seule, bons ou mauvais. Le point mystérieux qui gît au fond de cet immense malentendu est cette nécessité native où se trouve l'homme de se créer des distinctions et des scrupules, de s'interdire telle action plutôt que telle autre, selon que le vent de son pays lui aura soufflé celle-ci ou celle-là : l'on dirait, enfin, que l'humanité tout entière a oublié et cherche à se rappeler,...


Citation n°5 de Jean JAURÈS (Études socialistes)

...ne peut se défendre contre le régime féodal qu'en supprimant, au point de vue de la transmission des biens, le droit de disposer, forme suprême du droit de propriété. La convention ne se borna pas à interdire les substitutions pour l'avenir. Elle supprima, sans indemnité, toutes celles dont les bénéficiaires désignés, nés ou à naître, n'étaient pas encore entrés en possession ; et ce sera un frappant...


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