Lèse (adjectif)
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
Mot emprunté d'un participe latin. Blessé, violé. Il s'emploie principalement avec le mot "majesté. Crime de
Il se joint quelquefois, par analogie, à d'autres noms féminins. "Crime de
Dictionnaire d'Emile Littré
| Adjectif |
qui ne s'emploie que joint à un substantif placé après, et signifie blessé, violé. Crime de lèse-majesté, crime par lequel la majesté est violée. Crime de lèse-majesté humaine, de lèse-majesté divine.
PASC.: « C'est par son esprit [de l'Église] que les rois chrétiens ne se font pas justice dans les crimes mêmes de lèse-majesté au premier chef, et qu'ils remettent les criminels entre les mains des juges »
Par extension.
LE P. CATROU: « La brigue est un crime de lèse-république »
J. J ROUSS.: « C'eût été un crime de lèse-catholicité »
DIDER.: « L'homme de bien qui se tue, commet le crime de lèse-societé, et j'arrêterai sa main si je puis »
GALIANI: « Ne se sent-il pas un peu coupable du crime de lèse-amitié, d'avoir manqué... ? »
Familièrement.
MOL.: « Un crime de lèse-faculté, qui ne se peut assez punir »
VOLT.: « C'était un crime de lèse-galanterie française de combattre contre l'héroïne de nos jours »
HISTORIQUE
XVème siècle
J. CHARTIER: « Jacques Coeur fust pris et arresté prisonnier pour aucuns cas touchant la foi catholique et aussi pour certain crime de leze-majesté »
XVIème siècle
MONT.: « Chez nous icy, j'ay veu telle chose qui nous estoit capitale devenir legitime ; et nous sommes à mesme, selon l'incertitude de la fortune guerriere, d'estre un jour criminels de leze majesté humaine et divine »
ÉTYMOLOGIE
Provenç. lez ; esp. et ital. leso ; du lat. laesus, blessé, de laedere. C'est un latinisme emprunté surtout aux jurisconsultes ; laesa majestas, laesum jus ; mais ce n'est point le verbe léser employé à la troisième personne, comme le verbe l'est dans pince-maille, grippe-sou, etc. ; d'ailleurs léser est plus récent que lèse.
Signification éditée en 1835 par l'Académie Française
Mot emprunté d'un participe latin, et signifiant, Blessé, violé. Il s'emploie principalement avec le mot de "Majesté. Crime de
Il se joint quelquefois, par allusion, à d'autres substantifs féminins. "Crime de
Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Adjectif |
Il n'est en usage qu'avec le mot de "Majesté. Crime de Lèse-Majesté. Criminel de Lèse-Majesté." Voyez MAJESTÉ.
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Adjectif |
LÉSER, v. act. LÉSION, s. fém. [Autrefois on écrivait avec un "z", et comme on prononce "lèze", "lézer", "lézion"; et quelques Auteurs ou Imprimeurs l'écrivent encore de même aujourd'hui: 1re "è" moy. et long au premier, "é" fermé au 2d, la 2e est un "e" muet à l'"adj." un "é" fer. au "verbe".] On dit, crime, criminel de "lèze-Majesté" divine, humaine. C'est un terme consacré. Un Auteur a dit, en imitation, crime de "lèse-république"; et pourquoi, dit, ironiquement, l'Auteur du Dict. Néol. ne pourrait-on pas dire aussi, crime de "lèse-Dieu", de "lèse-Père", de "lèse-État", etc. = "Léser". Ofenser, faire tort. Il a le second sens plus souvent que le 1er. 'Il n'y a que lui de "lésé" dans cette afaire. 'Elle "est" beaucoup "lésée"; on l'"a lésée" considérablement dans cette vente, dans cette transaction. = "Lésion", tort, domage qu'on souffre en quelque marché, en quelque contrat. '"Lézion" énorme, d'outre moitité du juste prix. 'Il y a ou il n'y a pas "lésion". 'Où est donc "la lésion"? = * Au Bârreau, quelques-uns disent "lésif", "lésive": 'C'étoit à lui à veiller à son intérêt, et à ne pas s'engager dans un marché qu'il pouvoit croire "lésif".
Emplacement dans le dictionnaire :
| léproserie lepton lequel lerot lérot les les | lésé lese lèse léser leser lesine lésine | lesine lesiner lésiner lésinerie lesion lésion lésionnaire |
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