Lisière (nom féminin, subst. féminin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom féminin 

XIII e siècle. D'origine incertaine.
1. . Chacune des deux bordures qui limitent une pièce d'étoffe dans sa largeur, et qui sont généralement d'une texture ou d'une couleur différente. Ce drap a un mètre de large entre les deux s. Chaussons de s ou de , confectionnés avec des bordures de pièces de drap assemblées et tressées.
2. Vieilli. Bande d'étoffe, cordon qu'on attachait par derrière aux vêtements des enfants qui commençaient à marcher, pour les soutenir et les empêcher de tomber. Aujourd'hui, dans l'expression figurée Tenir une personne en s , exercer sur elle une tutelle, limiter sa liberté d'action (on dit parfois Mener à la ).
3. Partie extrême d'un terrain, d'une contrée, d'une région, qui en constitue la limite. La entre ces deux champs. À la de la Champagne, de la Picardie. En de forêt. Par méton. Une d'arbustes, de fourrés. Fig. (rare). Limite extrême.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Ce qui termine des deux côtés la largeur d'une étoffe; la partie où la trame s'est bouclée par le retour de la navette sur elle-même. "Dans quelques étoffes, la est d'un autre tissu et d'une autre couleur que le fond. Lisière rouge, bleue, rayée, etc. Lisière d'or, d'argent. Ce drap a un mètre quarante centimètres de large entre les deux lisières. Chaussons de s."
Il se dit, par extension, des Bandes d'étoffe, des cordons, qu'il a été d'usage d'attacher par derrière aux vêtements des petits enfants pour les soutenir quand ils commençaient à marcher.
Fig. et fam., "Tenir quelqu'un en s" se dit de Quelqu'un qui exerce un empire, une tutelle sur un autre.
Il a signifié aussi figurément les Extrémités d'une contrée, d'un pays considéré comme limitrophe d'un autre. "La de Champagne, de Picardie." On dit encore "La , les s d'un bois. En d'une forêt."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Ce qui forme le bord d'une étoffe dans le sens de la longueur, ou, ce qui est la même chose, dans le sens de la chaîne ; ce bord est plus serré que le reste de l'étoffe. Lever les lisières d'un drap. Dans quelques étoffes, la lisière est d'un autre tissu et d'une autre couleur que le fond. Leurs lisières seront rayées à milles raies, dans telles couleurs que les fabricants jugeront convenable d'adopter, Lett. patent. 5 mai 1779, art. 3.
    Chaussons de lisières, chaussons faits avec des lisières.

PROVERBE Les lisières sont pires que le drap, se dit à un homme, qui, se défendant d'être d'un pays qui a quelque mauvais renom, assure qu'il n'en est que voisin. Dans les campagnes normandes, ce proverbe est : la lisière est pire que le drap, et signifie que les domestiques sont plus insolents envers les étrangers que les maîtres.

 2   Cordons attachés à la robe d'un enfant pour le soutenir quand il marche ; ainsi dits parce qu'ils sont souvent faits avec de la lisière de drap.
J. J. ROUSS.: « Émile n'aura ni bourlet ni lisières »
    Fig. Ce qui sert à guider, à soutenir, comme une lisière guide, soutient.
SAINT-SIMON: « La duchesse de Bourgogne fut peut-être trop enfant pour tenir une lisière »
VOLT.: « Nous sommes des enfants qui essayons de faire quelques pas sans lisières »
VOLT.: « Nous sommes de vieux enfants ; Nos erreurs sont nos lisières, Et les vanités légères Nous bercent en cheveux blancs »
DIDER.: « Leur dérober sans cesse leurs lisières, afin de conserver en eux le sentiment de la dignité, de la franchise, de la liberté »
DIDER.: « Elle a coupé ses lisières disait-elle, avec le vrai couteau »
MARMONTEL: « Nous n'étions plus menés et retenus à la lisière comme chez Mme Geoffrin »
    Fig. Il sera toujours à la lisière, c'est un homme qu'on mène à la lisière, par la lisière, se dit d'un homme qui se laisse gouverner.

 3   Parties extrêmes d'un champ, d'un pays, par comparaison avec la lisière qui borde une étoffe. La lisière de Champagne, de Picardie. La lisière, les lisières d'un bois, d'une forêt.
BUFF.: « Du côté de la terre, au delà de cette large lisière de palétuviers... s'étendent encore des savanes noyées »
GENLIS: « La lisière du bois était bordée d'une infinité de noisetiers, de mûriers et de framboisiers »
CUVIER: « Cette lisière, d'une admirable fertilité, formée par les fleuves et par la mer, est pour ces pays un don d'autant plus précieux.... »
    Fig.
DIDER.: « Il y a une lisière de convention sur laquelle on permet à l'art de se promener »
    Par extension, les plantes mêmes qui viennent sur le bord d'un terrain.
BERN. DE ST.-P.: « Près de là croissaient des lisières de pervenche »
    Terme d'eaux et forêts. Les arbres qui se trouvent sur l'extrémité d'un bois, d'un canton de bois, ou même d'une coupe.

 4   Adj. Vaches lisières, deuxième classe de vaches laitières dans le système de classification de Guenon, caractérisées par un écusson qui s'élève, des mamelles jusqu'à la vulve, sous forme d'une bande étroite comme une lisière.

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
     Liv. des mét. 121: Nus ne puet avoir drap espaulé, c'est à savoir drap delquel la chayne ne fust aussi bone au milieu come aus lisieres, que il ne soit en vingt sols d'amende
     ib. 393: Estanforz et tous dras à lisiere
    XVIème siècle
AMYOT: « Timoleon n'estoit encore que attaché, par maniere de dire, à une petite lisiere de la Sicile, n'y tenant encore que la petite ville de Tauromenion avec bien peu de puissance »
PARÉ: « Faut que les bandes n'ayent aucun ourlet, liziere, ny cousture »
FABRI: « [les différentes rimes qui entrent dans une pièce de vers sont appelées] lisieres c'est à dire terminaisons »

ÉTYMOLOGIE
    Berry, liseire ; esp. lisiera. Lisière est, d'après Diez, pour listière, et est dérivé de liste, bordure (voy. LISTE 1). Cela paraît très probable ; cette étymologie est encore appuyée par lisse 4, qui est évidemment pour liste.


1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


L'extrémité de la largeur d'une toile, d'une étoffe. "La d'une toile. La d'une étoffe. La de cette toile est trop lâche. La des étoffes est ordinairement d'un autre tissu et d'une autre couleur que le reste de l'étoffe. Lisière rouge, bleue, rayée. etc. Ce drap a cinq quarts de large entre deux s. Lever les s d'un drap. Mettre des s de drap à une porte".
On appelle encore par extension, "Lisières", les bandes d'étoffe, ou les cordons qui sont attachés parderrière aux robes des petits enfans, et qui servent à les soutenir quand ils marchent. "Tenir un enfant par la ".
On dit proverbialement et figurément d'Un homme qui se laisse gouverner, qu'"Il sera toujours à la , que c'est un homme qu'on mène à la , qui se laisse mener à la ".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Lisière, signifie aussi Les extrémités d'une Province, d'un Pays considéré comme limitrophe d'un autre. "La de Champagne, de Picardie. Les villages qui sont sur la , sur la de cette Province. Il est des lisières de Normandie. Sur les s".
On dit aussi, "La , les s d'une forêt, d'un bois".
On dit figurément et par plaisanterie, que "La est pire que le drap", pour dire, que Les habitans des confins d'un Pays décrié, sont pires que ceux du milieu du Pays même.



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


L'extrémité de la largeur d'une toile, d'une étoffe. "La d'une toile. La d'une étoffe. La de cette toile est trop lâche. La des étoffes est ordinairement d'un autre tissu & d'une autre couleur que le reste de l'étoffe. Lisière rouge, bleue, ruyée, &c. Ce drap a cinq quartiers de large entre deux s. Lever les s d'un drap. Mettre des s de drap à une porte."
On appelle encore "Lisières," Les bandes d'étoffe, ou les cordons qui sont attachés par derrière aux robes des petits enfans, & qui servent à les tenir quand ils marchent. "Tenir un enfant par la ."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



signifie aussi Les extrémités d'une province, d'un pays considéré comme limitrophe d'un autre. "La de Champagne, de Picardie. Les villages qui sont sur les s de cette Province. Il est des s de Normandie. Sur les s."
On dit aussi, "Les s d'une forêt. Les lisieres d'un bois."
On dit figurément & par plaisanterie, que "La est pire que le drap," pour dire, que Les habitans des confins d'un pays décrié, sont pires que ceux du milieu du pays même.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. féminin 

["Li-ziè-re"; 2e "è" moy. et lon. 3e "e" muet.] L'extrémité de la largeur d'une toile, d'une étofe. '"La " de cette toile est trop lâche. = "Fig." Les extrémités d'un champ, d'un pays, relativement à un aûtre, dont il est limitrophe. '"Les s d'une" forêt, "d'une" Province.
   "Rem." Quelques Auteurs, ou Imprimeurs, écrivent "lizière" avec un "z": ce n'est pas le bon usage. = "Mener par la ", se dit dans le "propre", des enfans qu' on mène par des cordons atachés par derrière à leurs robes; et au "figuré", des persones plus âgées, qu'on veille de fort près, et dont on éclaire et l'on règle toutes les démarches. 'Il se trompe, s'il a prétendu "me mener à la ": je lui ferai voir que je ne suis plus un enfant. "Marm." 'M. "de St. Ange" peut aller tout seul et sans "lisière", s'il m'est permis de me servir de ce terme. Qu'il travaille donc d'après lui, etc. "L'Abé de Fontenai".




Emplacement dans le dictionnaire :

liseron ou liset
liset
lisette
liseur
liseuse
lisibilité
lisible
lisiblement
lisier
lisière
lisiere
lissage
lisse
lissé
lisse ou lice
lisser
lisses
lissettes
liste
listel
lit


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