Livrée (nom féminin, subst. féminin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom féminin 

XIII e siècle. Forme féminine substantivée du participe passé de livrer .
1. Vêtement qu'un roi, un seigneur fournissait aux gens de sa suite, et dont l'étoffe et les galons rappelaient ses armoiries par les dessins et les couleurs. La d'un prince. S'est dit également des rubans, écharpes ou autres pièces d'étoffe aux couleurs d'une dame, que les chevaliers portaient au cours d'un tournoi.
2. Par ext. Costume d'une couleur et d'un modèle convenus, ordinairement galonné, que portent les serviteurs d'une même maison. Une riche . Un valet en . Petite , tenue ordinaire. Grande , tenue de gala. Porter la , être domestique. Porter la de quelqu'un, être à son service. Par méton. Vieilli. La domesticité d'une même maison. Toute la assistait à la cérémonie. Fig. et litt. Ensemble de marques extérieures, de signes auxquels on reconnaît la condition de quelqu'un. La de la misère, de la servitude.
3. Par anal. Aspect que présente le pelage ou le plumage d'un animal selon l'âge, le sexe, les saisons, etc. Livrée nuptiale. La du jeune oiseau se transforme à la mue. Pelage que portent, de la naissance jusqu'à l'âge de six mois environ, les faons et les marcassins. La tachetée du faon. La rayée du marcassin.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Anciennement, Habits dont l'étoffe et les galons rappelaient, par les dessins et par les couleurs, les armoiries du maître qui en revêtait ses gens.
Il se dit aujourd'hui, par extension, des Habits d'une couleur convenue, ordinairement galonnés, que portent les domestiques d'une même maison. "Riche . Changer sa livrée. Porter la . Galon de . Valet en grande, en petite ."
Il se dit collectivement de Tous les gens portant une même . "Toute la du prince assistait à la cérémonie."
Fig. et dans le style soutenu, "La de la misère, de la servitude," Les marques extérieures auxquelles on peut reconnaître la misère, la servitude, etc.



1ère définition d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Anciennement, vêtements qu'un seigneur, un prince, un roi faisait délivrer aux membres de sa famille et aux gens de sa maison.
DE LABORDE: « Ces vêtements se distribuaient à certaines époques de l'année, les livraisons s'en faisaient régulièrement, depuis les princes du sang jusqu'aux plus infimes serviteurs ; on les appelait des robes [vêtement complet] de livrée, des draps de livrée, pièces d'étoffes destinées à servir d'habillement, des chapperons de livrée »

 2   Habits rappelant par leurs dessins et leurs galons les armoiries du seigneur qui donne ces habits soit à ses gens soit à d'autres.
VOLT.: « Mazarin eut la hardiesse de faire porter ses livrées à une armée »
ST-FOIX: « Les armoiries devenues fixes et héréditaires introduisirent en même temps les livrées »
    Fig. Livrée, dans le sens de parti.
SAINT-SIMON: « Je ne puis dire de quelle livrée fut le duc de Noailles, mais il se soutint mieux que les autres, quoique avec un embarras marqué, malgré son masque ordinaire »

 3   Par extension, habits d'une couleur convenue, ordinairement galonnés, que portent les domestiques d'une même maison. Laquais en grande, en petite livrée.
D'ALLAINVAL: « Ma livrée bien riche, bien leste, bien chamarrée »
BÉRANG.: « Les valets, troupe chamarrée, Troquant aujourd'hui leur livrée, Que d'habits bleus nous étalons ! »
    Fig.
M. J. CHÉN.: « Marchand de vers, jadis poëte, Abbé, valet, vieille coquette, Vous arrivez ; Paris accourt ; Eh ! vite : une triple toilette ; Il faut unir à la cornette La livrée et le manteau court »
BÉRANG.: « La liberté !... C'est une bégueule enivrée Qui, dans la rue ou le salon, Pour le moindre bout de galon, Va criant : à bas la livrée ! »
    Il a porté la livrée, il a été laquais.
    Fig. Porter la livrée de quelqu'un, être complétement dans ses intérêts, lui être tout à fait dévoué.
SÉV.: « Vous m'avez donné tous vos sentiments, je porte votre livrée »
    Homme de livrée, domestique portant livrée ; gens de livrée, les domestiques portant livrée.
MAINTENON: « Il y a cent louis à chacun des principaux, et vingt à chaque homme de livrée »
J. J. ROUSS.: « Les gens de livrée et ceux de la basse-cour »
    Chez les passementiers, galon de livrée.

 4   Collectivement. Tous les gens qui portent une livrée ; domesticité.
LA BRUY.: « Sosie de la livrée a passé par une petite recette à une sous-ferme, et par les concussions.... il s'est enfin, sur les ruines de plusieurs familles, élevé à quelque grade »
VOLT.: « Servez bien la patrie et venez quelquefois dîner avec ma livrée »
    Il se dit aussi de tous les laquais en général. La livrée se mutina.
    Fig. Battre la livrée de quelqu'un, faire la guerre à ses amis, à ses partisans.
VOLT.: « Si vous croyez qu'ils marchent un peu sur mes traces, je vous prie de ne pas battre ma livrée »
M. J. CHÉNIER: « Je voyais mon clergé, mes cours de parlements, Mon trône rétabli sur ses vieux fondements, Et de la liberté la France délivrée.... Mais les républicains ont battu ma livrée »

 5   Livrée de la noce, rubans de couleur que la mariée distribue aux parents et amis pour assister aux noces ; cela ne se fait plus que dans les noces villageoises.

 6   Livrées d'une dame, rubans pareils à ceux qu'elle porte.
HAMILT.: « Les chevaliers portaient les livrées de leurs maîtresses »

 7   Fig. Marques extérieures auxquelles on peut reconnaître certaines conditions. La livrée, les livrées de la misère, de la servitude, de la faveur.
BOSSUET: « Votre piété s'ennuie de porter les livrées du monde »
VOLT.: « Conservant sous ces livrées de la pauvreté l'air le plus majestueux »
VOLT.: « Et le laquais galonné qui porte la livrée du luxe insulte à votre habit, qui est la livrée de l'indigence »
ID.: « Il est vrai que ses lettres [de Balzac] étaient des harangues ampoulées ; il écrivait au premier cardinal de Retz : ' Vous venez de prendre le sceptre des rois, et la livrée des roses, ' »

 8   Terme de vénerie. Pelage que portent, durant la première année, certains quadrupèdes, et qui, se faisant remarquer par des mouchetures et des bandes régulièrement disposées, a une teinte en général plus claire que celle du fond.
BUFF.: « Ce changement de couleur, après le premier âge, est assez général dans la nature et s'étend jusqu'aux quadrupèdes qui portent alors ce qu'on appelle la livrée et qui perdent cette livrée, c'est-à-dire les premières couleurs de leur pelage, à la première mue »
    Se dit du plumage des jeunes oiseaux.
BUFF.: « Souvent aussi elle [la teinte du plumage] dépendra du degré de froid que ces oiseaux auront éprouvé ; car on peut leur conserver toute l'année leur livrée d'été, en les tenant l'hiver dans un poêle ou dans tout autre appartement bien échauffé »

 9   Terme de marchand de soierie. Fil de soie d'une certaine couleur, toujours la même chez chaque négociant, attaché à la lisière des pièces, et portant le morceau de carton carré sur lequel est écrit le numéro de la pièce.

HISTORIQUE
    XIVème siècle
DU CANGE: « Le dit argentier n'a rien delivré aus dits jeunes enfans de France, excepté pour messeigneurs Jean et Philippe de France et Loys de Bourbon, les quiex [les quels] furent vestus de livrée avec monsieur le dauphin le jour de Noel »
DE LABORDE: « Achat de peaulx de chamois pour faire certains sacs et habis de chamois, tant pour le roy nostre seigneur, comme pour plusieurs seigneurs de son sang et autres ses chambellans et serviteurs, à eulx donnés par le dit seigneur pour la livrée en ceste saison d'hiver »
DE LABORDE: « Item doit avoir une cote des dras des officiers, toutefois que Madame fera sa livrée »
    XVème siècle
FROISS.: « Il tenoit grand estat et noble et faisoit grans livrées et grans despens »
E. DESCH.: « Et s'ilz veulent avoir marée, On en fait es halles livrée Pour l'argent trois fois la sepmaine »
CH. D'ORL.: « Esté revest champs, bois et fleurs, De sa livrée de verdure, Et de maintes autres couleurs Par l'ordonnance de nature »
CH. D'ORL.: « Tous les oyseaulx.... Crioyent fort, demandans la livrée Que nature leur avoit ordonnée »
BASSEL.: « Quant [je] suis sans verre et breuvage, C'est sans coque un limaçon, Sans livrée c'est un page »
COMM.: « Il avoit esté de leur mestier, et en avoit porté robbe de livrée »
    XVIème siècle
JEAN DE SAINT-GELAIS: « Le dict seigneur meit sus un ordre ou livrée, que on appelloit le camail, où pendoit un porc espic, la quelle il bailla à plusieurs notables chevaliers et gens de bien de ce royaume »
     Sat. Mén. 138: On sçait bien qu'estiez convié à venir et vous trouver aux nopces [les assassinats de Blois], où l'on vous eust fait de leur livrée [massacré comme les Guise vos frères]
RABEL.: « Et on lui attacha à la manche de son pourpoint belle livrée de jaune et de verd »
MONTLUC: « Qui va à telles noces en remporte bien souvent des livrées rouges [coups et blessures] »

ÉTYMOLOGIE
    Livré, parce que la livrée était à l'origine une chose remise, donnée, et particulièrement un vêtement.


2ème définition d'Emile Littré

Subst. féminin 


Terme d'ancienne coutume. Mesure de terre qui rapportait une livre de rente. On disait aussi une livre de terre.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Th. le mart. 161: De terre dis livrées [il] dune [donne] à ceste maison, Od [avec] les trente livrées dont vous fist ainz [auparavant] le don
    XIIIème siècle
BEAUMANOIR: « Or veons se uns hons a soixante livrées de terre d'un fief, et il y a quatre enfans.... »
JOINV.: « Et un chevalier de son conseil dit que je ne fesoie pas bien quant je aportoie tiex [telles] nouvelles au roy, là où il y avoit bien sept mil livrées d'outrage [d'exagération] »

ÉTYMOLOGIE
    Livre 3.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Habits dont l'étoffe et les galons rappellent, par les dessins et par les couleurs, les armoiries du maître qui en revêt ses gens. Par extension, Habits d'une couleur convenue, ordinairement galonnés, que portent les domestiques d'une même maison. "Belle, riche . Changer sa . Prendre, porter, quitter la . Habit de . Galon de . Grande, petite . Laquais en grande, en petite ."
Il se dit collectivement de Tous les gens portant une même . "Toute la du prince accourut au bruit."
Il se dit aussi de Tous les laquais en général. "La se mutina."
"Gens de ," Les domestiques portant .
"La de la noce, la de la mariée," Les rubans de couleur qu'aux noces de village on donne à un certain nombre de jeunes gens, de jeunes filles.
Fig., "La , les s de la misère, de la servitude, de la faveur, etc.," Les marques extérieures auxquelles on peut reconnaître la misère, la servitude, la faveur, etc. "Il porte la de la misère. Il est à genoux devant tout ce qui se montre avec les s de la faveur."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en termes de Vénerie, se dit Du poil de certains animaux, qui est marqueté jusqu'à un certain âge.



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


C'étoit anciennement ce qu'on distribuoit aux Officiers des Maisons Royales et des Maisons des Princes, pour leur subsistance et leur entretien. Ainsi chez le Roi on disoit, que "Tels et tels Officiers avoient tant de livrées, tant pour leur ," soit que la distribution se fit en nature, soit qu'elle se fit en argent.



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Livrée, se dit aussi des habits de couleur dont on habilloit les Pages, les Laquais, les Cochers, les Palfreniers, les Postillons, etc. "Belle . Riche . La du Roi étoit bleue, avoit le fond bleu. Cet homme a changé sa livrée. On eût maltraité ce laquais sans la qu'il portoit, si l'on n'eût respecté sa . Prendre, porter, quitter la . Il est riche, mais on l'a vu porter la ".
On appelle ordinairement "Gens de livrée," Tous les Domestiques portant les couleurs. "On donne des casaques de aux Gardes-chasse, auxGardesbois".



3ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Livrée, se dit aussi collectivement De tous les gens portant une même . "Toute la d'un tel Prince, d'un tel Seigneur, accourut au bruit".
Il se dit aussi De tous les laquais en général. "La fit une révolte".
On appelle "La de la noce, la de la mariée," Les rubans de couleur que l'on donne aux noces de village à un certain nombre de jeunes gens, de jeunes filles.



4ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Livrée, se dit aussi du poil de certains animaux, qui est marqueté jusqu'à un certain âge.
On dit figurément, "La de la misère, la de la servitude," pour dire, Le costume ou les marques extérieures auxquelles on peut reconnoître la misère ou la servitude.



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


C'étoit anciennement ce qu'on distribuoit aux Officiers des Maisons Royales & des Maisons des Princes, pour leur subsistance & leur entretien. Ainsi chez le Roi on dit encore, que "Tels & tels Officiers ont tant de s, tant pour leur ," Soit que la distribution se fasse en nature, soit qu'elle se fasse en argent.



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



se dit aussi des habits de couleur dont on habille les Pages, les Laquais, les Cochers, les Palfreniers, les Postillons, &c. "Belle . Riche . La du Roi est bleue, a le fond bleu. Cet homme a changé sa . On eût maltraité ce laquais sans la qu'il portoit, si l'on n'eût respecté sa . Prendre, porter, quitter la . Il est riche, mais on l'a vu porter la ."
On appelle ordinairement "Gens de ," Tous les Domestiques portant les couleurs. "On donne des casaques de aux Gardes-chasse, aux Gardes-bois."



3ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



se dit aussi collectivement De tous les gens portant une même . "Toute la d'un tel Prince, d'un tel Seigneur, accourut au bruit."
Il se dit aussi De tous les laquais en général. "La fit une révolte."
On appelle "La de la noce, la de la mariée," Les rubans de couleur que l'on donne aux noces de village à un certain nombre de jeunes gens, de jeunes filles.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. féminin 

[2e "é" fer. et long: 3e "e" muet.] Habits de couleur, dont on habille les pages, les laquais, cochers, etc. 'Belle, riche, "livrée". 'Prendre, porter, quiter "la ". = Il se dit collectivement de tous les gens portant une même . '"Toute la d'un" tel Seigneur.
- Et dans un sens plus étendu, de tous les laquais. '"La " n'est point admise au spectâcle.
   "Rousseau" a employé "livrée" au figuré.
   Vertumne a changé "ses s",
   Et nos campagnes labourées
   Me flattent d'un prochain retour.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. féminin 


C'estoit anciennement ce qu'on distribuoit à quelques serviteurs ou Officiers pour leur subsistance, & leur entretien. Ainsi chez le Roy on dit encore, que "Tels & tels Officiers ont tant de livrées, ont tant pour leurs s," soit que la distribution se fasse en espece, soit qu'elle se fasse en argent.
"Livrée," se dit aussi des habits de couleur dont on habille, soit les Pages, soit les Laquais, Cochers, Pallefreniers, Postillons, &c. "Belle . riche . la du Roy est bleuë, a le fond bleu. cet homme a change sa . on eust maltraité ce laquais sans la qu'il portoit, si l'on n'eust respecté sa livrée. prendre, porter, quitter la . il est riche, mais on l'a veu porter la , porter les s". On appelle ordinairement, "Gens de ," tous les domestiques portant les couleurs. "On donne des casaques de aux Gardes de chasse, aux Gardes de bois".
"Livrée," se dit aussi collectivement de tous les gens portant une mesme . "Toute la d'un tel Prince, d'un tel Seigneur accourut au bruit".
On appelle, "La de la nopce, la de la mariée," les rubans de couleur que l'on donne aux nopces de village à un certain nombre de jeunes gens.




Emplacement dans le dictionnaire :

liturgie
liturgique
livide
livien
livrable
livraison
livre
livré
livre sterling
livrée
livrer
livresque
livret
livreur
lobaire
lobby
lobe
lôbe
lobé
lobulé
lobule


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