Médire (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

(se conjugue comme Contredire ). XII e siècle, mesdire. Composé de

et de dire
Dire du mal de quelqu'un, le dénigrer par méchanceté ou par légèreté. Médire de son prochain. Vous médisez de tout le monde.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

("Je médis; nous médisons, vous médisez.") Dire du mal de quelqu'un, soit par méchanceté, soit par légèreté. "Médire de son prochain. Vous médisez de tout le monde."



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 


Dire du mal de quelqu'un.
LA ROCHEFOUC.: « Il y a des reproches qui louent et des louanges qui médisent »
SACI: « Ne médisez point du riche dans le secret de votre chambre, parce que les oiseaux mêmes du ciel rapportent vos paroles »
MOL.: « Ceux de qui la conduite offre le plus à rire, Sont toujours sur autrui les premiers à médire »
PASC.: « Ils [les sots] n'en diront pas de bien [d'un ami], s'ils se trouvent les plus faibles ; car ils n'ont pas d'autorité ; et ainsi ils médiront par compagnie »
BOURDAL.: « Du même trait elle [la médisance] cause la mort à trois personnes : à celui qui médit, à celui dont on médit, à celui devant qui l'on médit »
BOILEAU: « Il vaut mieux s'occuper à jouer qu'à médire »
BOILEAU: « Voilà jouer d'adresse et médire avec art »
BOILEAU: « Alidor, assis dans sa chaise, Médisant du ciel à son aise, Peut bien médire aussi de moi »
VOLT.: « Il [Boileau] vit qu'à la longue l'art d'instruire, quand il est parfait, réussit mieux que l'art de médire, parce que la satire meurt avec ceux qui en sont les victimes, et que la raison et la vertu sont éternelles »
J. J. ROUSS.: « Que reste-t-il à blâmer où la vertu n'est plus estimée, et de quoi médirait-on quand on ne trouve plus de mal à rien ? »
BEAUMARCH.: « Un Bazile ! il médirait qu'on ne le croirait pas »

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Th. le mart. 55: ....Mesdire de lui ne sufferei neent [je ne souffrirai pas qu'on parle mal de lui]
    XIIIème siècle
     Fl. et Blanch. V. 1739: Cix [celui-là] est ses frere ou ses amis ; Isnelement li respondi, Et dist : ' non frere, mais ami. ' De ce qu'ot dit, se repenti : Mais freres, dame ; jou mesdi [j'ai dit mal], Dame, merci : oublié j'ere [je m'étais oublié]
     Lai du conseil: Por quoi ne vous maint [demeure] ansi près Li biaus parlers com li mesdire ?
     Ren. V. 2018: Nus [nul] n'est sur qui on ne mesdie
    XVème siècle
E. DESCH.: « Loyauté soit en vostre compaignie, Pitié aussi, et ne medittes mie »
    XVIème siècle
RONS.: « Un homme engraissé de mesdire Maigrit à la fin mal-heureux »

ÉTYMOLOGIE
    Mes.... préfixe, et dire.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


(On dit à l'indicatif, seconde personne du pluriel, "Vous médisez;" et à l'impératif, "Médisez." Quant au reste, il se conjugue comme "Dire.") Dire du mal de quelqu'un, soit par imprudence, soit par malignité. "Médire de son prochain. Vous médisez de tout le monde."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


On dit à l'indicatif, seconde personne du pluriel, "Vousmédisez". Quant au reste, il se conjugue comme "Dire". Dire du mal de quelqu'un, soit par imprudence, soit par malignité. "Médire de son prochain. Vous médisez de tout le monde".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


On dit à l'indicatif, seconde personne du pluriel, "Vous médisez." Quant au reste, il se conjugue comme "Dire." Dire du mal de quelqu'un sans nécessité, soit par imprudence, soit par malignité. "Médire de son prochain. Vous médisez de tout le monde."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

MÉDISANCE, s. f. MÉDISANT, ANTE, adj. et subst. [1re "é" fer. 2e lon. au 1er. 3e lon. aux trois dern. "zance", "zan", "zante".] "Médire" se conjugue comme "dire", excepté à la 2e pers. du plur. du prés. de l'indicatif, où l'on dit, vous "médisez", et non pas, vous "médites". = "Dire du mal de" quelqu'un sans nécessité, par malignité, ou par légèreté. Il régit "de". '"Médire de" son prochain. 'Il "médit de" tout le monde. = "Médisance" est un discours au désavantage de quelqu'un, tenu sans nécessité. 'Dire "une médisance". 'Faire "des médisances". = "Médisant", qui médit. 'Persone "médisante;" langue "médisante". Histoire "médisante", pleine de médisances. = "S. m." 'C'est "un médisant". Il ne faut pas croire "les médisans".
   "Rem." À~ proprement parler, la "médisance" est la révélation d'un fait désavantageux au prochain, qui est encôre secret, mais qui est "véritable"; et "calomnie" est la "faûsse" imputation d'un fait qui n'existe pas. On dit pourtant quelquefois d'une "calomnie", c'est "une pure médisance".




Emplacement dans le dictionnaire :

médin
médio-dorsal
médio-jurassique
médiocre
mediocre
médiocrité
mediocrité
médique
medique
médire
médisance
médisant
méditatif
meditatif
meditation
méditation
médité
medité
méditer
mediter
mediterrane


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