Mur (nom masculin, subst. masculin)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Nom masculin |
X e siècle. Emprunté du latin murus , de même sens.
1. Ouvrage de maçonnerie élevé en hauteur, qui sert à enclore un espace, à le séparer d'un autre ou à le diviser. Mur de pierre de taille, de moellon, de brique, de terre, de pisé. Un pan de mur. Construire, abattre, percer un mur. La crête d'un mur. Mur de clôture , qui marque les limites d'une propriété, d'un parc, d'un jardin, etc. Franchir un mur de clôture. Mur mitoyen , qui est commun à deux propriétés. Mur de terrasse, de soutènement , qui retient des terres. Mur d'appui , qui n'est élevé qu'à hauteur d'appui, haut d'un mètre environ. Les gros murs, les murs porteurs , les parois qui constituent l'enceinte d'un bâtiment et portent les charpentes, les voûtes, les planchers. Murs de fondation, de soubassement. Murs de façade. Mur de face , par opposition à Mur latéral , qui forme l'un des côtés du bâtiment. Mur de pignon , qui forme l'extrémité du bâtiment et s'élève jusqu'au-dessus du toit, le supporte et en a le profil. Mur de refend , mur porteur intérieur qui divise un bâtiment. Spécialt. Le Mur des lamentations, le mur des Fédérés , voir ces mots. Expr. fig . Être entre quatre murs , à l'intérieur d'un bâtiment ou, parfois, en prison. Être dans ses murs , chez soi. Ne laisser que les quatre murs d'une maison , la vider entièrement. Mettre quelqu'un au pied du mur , le mettre hors d'état de reculer, le forcer à prendre un parti, lui ôter toute échappatoire. C'est au pied du mur qu'on connaît le maçon , voir . Avoir le dos au mur , voir . Se cogner la tête contre les murs , chercher désespérément à sortir d'une situation sans issue . Raser les murs , marcher au ras des façades et, fig., tenter de passer inaperçu. Sauter le mur, faire le mur (fam.), se dit d'un soldat qui passe par-dessus la clôture de la caserne pour sortir sans permission et, par extension, de toute personne qui sort d'un lieu sans y être autorisée et par des moyens illicites. Aller dans le mur (fam.), courir aveuglément à l'échec. Les murs ont des oreilles , il faut parler avec prudence, sachant qu'on peut être écouté, épié (l'expression a été largement employée lors des deux guerres mondiales pour mettre en garde contre le fait que l'ennemi peut avoir des espions partout). . Mur d'entraînement , au tennis, à la pelote, etc. Mur d'escalade . Mur , dans les concours hippiques, se dit d'un obstacle constitué de caissons de bois superposés. Loc. Tirer au mur , en escrime, se dit d'exercices où l'on s'entraîne contre un mur qui simule l'adversaire.
2. Au pluriel. Ensemble d'ouvrages de maçonnerie formant l'enceinte fortifiée, les remparts d'une ville (on dit aussi Murailles ). Les murs de cette ville sont flanqués de grosses tours. Jeanne d'Arc fut blessée sous les murs de Paris. S'emploie encore dans quelques expressions pour désigner les limites d'une ville. Depuis quand êtes-vous dans nos murs ? dans notre ville. Ils sont allés se promener hors les murs. Cette église fut construite hors des murs. Saint-Paul-hors-les-Murs , nom d'une basilique de Rome. S'emploie aussi au singulier, en parlant d'un ouvrage militaire formant une ligne de défense, ou établissant la limite d'un territoire. Le mur d'Hadrien , que cet empereur fit élever pour protéger des invasions les territoires romains de Bretagne (c'est-à-dire de la Grande-Bretagne actuelle). Le mur de l'Atlantique , suite d'ouvrages fortifiés construits par l'armée allemande, des côtes de la Manche jusqu'à la frontière espagnole, pendant la Seconde Guerre mondiale, pour prévenir un débarquement allié. Le mur de Berlin , qui fut élevé en août 1961 par la République démocratique allemande pour isoler la partie est de Berlin de sa partie ouest et empêcher la fuite des Allemands de l'Est, et qui fut démantelé à partir de novembre 1989.
3. Par anal. Ce qui s'élève abruptement à une grande hauteur. Les murs d'une grotte, d'une mine. Cette falaise dresse un mur devant nous. Cette piste de ski comporte plusieurs murs , plusieurs passages où la pente est très raide. Par ext. Un mur de pluie, de fumée , une pluie très dense, une fumée très épaisse. . Dans certains jeux de ballon. Former le mur , se dit des joueurs qui forment contre l'adversaire une ligne de défense compacte.
4. Fig. Ce qui constitue une limite infranchissable. Il y a un mur entre ces deux hommes , ils ne peuvent se comprendre, se rapprocher. Se heurter à un mur d'incompréhension, d'indifférence. Le mur de l'argent , expression en vogue entre les deux guerres. Le mur de la vie privée , le secret qui protège la vie privée. En parlant d'une personne. Parler à un mur , à quelqu'un qui ne répond jamais. Cet homme est un mur , il est buté, fermé à tout échange, à tout dialogue.
5. Le mur du son , augmentation rapide de la résistance de l'air, qui se produit quand un appareil se déplace à une vitesse égale ou supérieure à celle du son. Franchir le mur du son. Par anal. Mur de la chaleur, mur thermique , ensemble de phénomènes thermiques qui se produisent quand un engin se déplace dans l'air à une vitesse très élevée.
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Nom masculin |
Ouvrage de maçonnerie qui sert à enclore un espace, à le séparer d'un autre ou à le diviser. "Enclore d'un mur un terrain, un jardin, etc. Mur de pierre de taille, de moellon, de brique, de terre, de pisé. L'épaisseur, la hauteur, la longueur d'un mur. La crête d'un mur. Élever un mur. Mur à hauteur d'appui. Percer un mur."
"Les gros murs d'un bâtiment," Ceux qui en forment l'enceinte et qui portent les combles, les voûtes, etc.
"Mur de face," Gros mur qui forme l'une des principales faces d'un bâtiment. On appelle par opposition "Mur latéral" Celui qui forme l'un des côtés.
"Mur de pignon," Mur qui s'élève jusqu'au- dessous du toit, le supporte et en a le profil.
"Mur de refend," Celui qu'on élève entre les gros murs, pour diviser l'intérieur du bâtiment. "Mur à refends." Voyez
"Mur mitoyen," Mur commun à deux propriétés.
"Mur de clôture," Mur qui enferme extérieurement une cour, un jardin, un parc, etc. "Franchir un mur de clôture."
"Mur d'appui," Mur qui n'est qu'à hauteur d'appui, qui n'est élevé que d'un mètre environ.
"Mur de terrasse," Mur qui retient les terres d'une plate-forme, d'une terrasse, d'un jardin, d'un boulevard, etc.
"Murs d'une ville," les Murs qui entourent une ville. "Les murs de cette ville sont flanqués tic grosses tours." Dans cette acception, on se sert souvent du mot "Muraille" et on dit quelquefois "Murs," absolument. "Cette église est hors des murs. J'ai été me promener hors les murs." Il se dit par métonymie pour la Ville elle-même. "Depuis quand êtes-vous dans nos murs?"
"Sous les murs," Au pied des murs, devant une ville. "Jeanne d'Arc a été blessée sous les murs de Paris."
Fam., "Ne laisser que les quatre murs," Vider entièrement une maison.
En termes d'Escrime, "Faire le mur, tirer au mur" s'applique à un Ensemble d'exercices où l'on s'escrime contre un mur, l'adversaire étant simulé par ce mur.
MUR, dans les Mines, se dit de la Partie inférieure d'une galerie, par opposition à la partie supérieure qui se nomme le "Toit."
Fig., "Mur de séparation, mur d'airain," ou simplement "Mur" se dit des Causes qui divisent deux personnes et empêchent qu'elles ne puissent
"Le mur de la vie privée," Le secret de la vie privée.
Fig. et fam., "C'est à se cogner la tête contre les murs," C'est une chose désolante, désespérante.
Prov. et fig., "Les murs ont des oreilles," Quand on s'entretient de quelque chose de secret, il faut parler avec beaucoup de circonspection, de peur d'être écouté.
Fig. et fam., "Mettre quelqu'un au pied du mur," Le mettre hors d'état de reculer et le forcer à prendre un parti; le mettre dans l'impossibilité de répliquer.
Fam., "Sauter le mur" se dit d'un Soldat qui passe par-dessus la clôture de la caserne pour sortir sans permission.
Dictionnaire d'Emile Littré
| Subst. masculin |
1 Ouvrage de maçonnerie dressé et portant en terre sur des fondements, ou sur un plancher artificiel. Un mur solide. Le mur s'écroula.
BOILEAU: « Ainsi tel autrefois qu'on vit avec Faret Charbonner de ses vers les murs d'un cabaret.... »
RAC.: « Vous êtes en des lieux soumis à sa puissance [de Néron] ; Ces murs mêmes, seigneur, peuvent avoir des yeux »
RAC.: « Des murs de ce palais ouvrez-lui la barrière »
RAC.: « Et jusqu'au pied des murs que la mer vient laver »
SÉGUR: « Déjà leurs mains [des Cosaques] avides de pillage s'étendaient, quand tout à coup tous sont détruits, écrasés, lancés dans les airs avec ces murs [du Kremlin] qu'ils venaient dépouiller »
Ne laisser que les murs, se dit de celui qui emporte tout ce qui est dans une maison, dans un appartement.
REGNARD: « ....La nuit passée, un nombre de bandits N'a laissé que les murs dans le prochain logis »
Entre quatre murs, dans un logis non meublé.
DIDER.: « Elle vit sous un toit entre quatre murs tout dépouillés »
Entre quatre murs, se dit aussi pour en prison. On l'a mis entre quatre murs.
Fig. Être au pied d'un mur sans échelle, manquer une affaire, une entreprise pour ne s'être pas pourvu de ce qui était nécessaire.
Fig. Mettre un homme au pied du mur, le forcer à prendre un parti, ou bien le réduire à ne pouvoir rien répondre.
BOSSUET: « Ils sont au pied du mur par notre concert »
SAINT-SIMON: « Le procureur général continuait ses difficultés, et, lorsqu'on croyait l'avoir mis au pied du mur, il en inventait de nouvelles »
Par plaisanterie, on dit qu'un mur crève de rire, pour exprimer qu'il est crevassé, ruineux.
Il vaudrait autant se battre la tête contre un mur, c'est se donner la tête contre un mur, c'est donner de la tête contre un mur, se dit pour exprimer qu'on s'efforce inutilement.
Vous tirerez aussitôt, vous tirerez plutôt de l'huile d'un mur, se dit à celui qui veut avoir de l'argent d'un avare, ou obtenir quelque chose d'un homme dur.
Cet homme tirerait de l'huile d'un mur, par son adresse et par son industrie il tirerait de l'argent, des secours, d'où les autres n'en pourraient jamais tirer.
2 Gros mur, un des principaux murs sur lesquels porte tout le bâtiment.
Mur de face, gros mur qui est à la face du bâtiment.
Mur latéral, celui qui forme l'un des côtés.
Mur de pignon, mur qui s'élève jusqu'au-dessous du toit, le supporte et en a la forme.
Mur de refend, voy. REFEND.
Mur de parpaing, mur formé de pierres qui en traversent l'épaisseur.
Mur de clôture, mur qui enferme les cours, les jardins, les parcs, etc.
Mur d'appui, celui qui n'est qu'à la hauteur d'un mètre ou environ.
Murs d'un parc, d'un jardin, les murs qui enferment un parc, un jardin.
Mur de terrasse, mur qui retient les terres d'une terrasse, d'une plate-forme, d'un boulevard.
Mur de dossier, celui qui s'élève au-dessus d'un toit et auquel sont adossés des tuyaux de cheminée.
Aile de mur, partie d'un mur de dossier qui excède l'emplacement qu'occupent les tuyaux de cheminée, et qui a ordinairement la forme d'un trapèze
Mur bouclé ou soufflé, celui dans lequel le parement est détaché de la masse.
Mur en ailes, mur qui sert à arc-bouter un mur de face ou un pignon.
Mur en l'ait, mur qui porte à faux.
Mur en décharge, mur dont le poids est allégé par des arcades.
Mur de douve, mur intérieur d'un réservoir.
Mur planté, mur fondé sur pilotis ou sur une grille de charpente.
Mur mitoyen, voy. MITOYEN.
3 Murs d'une ville, ou, absolument, les murs, les murs qui entourent une ville.
CORN.: « Il est doux de revoir les murs de la patrie »
CORN.: « Dans les murs, hors des murs, tout parle de sa gloire »
RAC.: « Et de Jérusalem l'herbe cache les murs ! »
VOLT.: « Quelle gloire il acquit dans ces tristes combats Perdus par les chrétiens sous les murs de Damas ! »
M. J. CHÉN.: « Que tous les protestants, à la fois accablés, Dans les murs, hors des murs, soient en foule immolés »
GOSSELIN: « Diodore de Sicile rapporte que des écrivains postérieurs à Ctésias bornaient la hauteur de ces murs [de Babylone] à cinquante coudées, et c'est l'opinion suivie par Strabon ; or cinquante coudées du grand stade de Babylone vaudraient environ 13 mètres ou 71 de nos pieds »
4 Murs, au pluriel, se dit quelquefois pour ville.
BOILEAU: « Depuis combien de temps êtes-vous dans nos murs ? Du fleuve ainsi dompté [le Rhin] la déroute éclatante à Wurts jusqu'en son camp va porter l'épouvante ; Wurts, l'espoir du pays et l'appui de ses murs »
RAC.: « Attaquons dans leurs murs ces conquérants si fiers »
5 Se dit de diverses murailles construites pour arrêter des invasions. Le mur d'Adrien, de Sévère.
ROLLIN: « Après trois jours de marche, on arriva au mur de la Médie, qui a cent pieds de haut, vingt de large, et vingt lieues d'étendue »
6 Fig. Défense, protection.
LA FONT.: « Je vais citer un prince aimé de la victoire ; Son nom seul est un mur à l'empire ottoman [contre l'empire ottoman] »
ROLLIN: « Sparte avait subsisté longtemps, sans avoir d'autres murs ni d'autre défense que le courage de ses citoyens »
On s'en sert quelquefois pour exprimer que des soldats supportent le feu comme le ferait une muraille. Ces hommes-là sont des murs.
Un mur d'airain, une défense dont rien ne peut triompher.
FLÉCH.: « Cet homme que Dieu avait mis autour d'Israël comme un mur d'airain où se brisèrent tant de fois toutes les forces de l'Asie »
7 Fig. Mur de séparation, mur d'airain, se dit des causes qui séparent deux personnes. Il y a un mur d'airain entre ces deux hommes.
MASS.: « Il [Jésus-Christ] a détruit ce mur de séparation qui l'éloignait de l'homme »
MASS.: « Cette passion [le goût des voluptés] seule éleva un mur de séparation entre Dieu et le pécheur »
8 Dans les mines, mur se dit de la partie inférieure, par opposition à la partie supérieure qui se nomme le toit.
9 Terme d'escrime. Tirer au mur, pousser de tierce ou de quarte à quelqu'un qui ne fait que parer. Parer au mur, parer les coups de celui qui tire au mur.
10 Grand mur, se dit, à la paume, du mur contre lequel il n'y a pas de toit.
11 Terme de manége. Gratter le mur, se dit d'un écolier qui s'approche trop du mur.
12 Morts murs, parois d'un four de fusion.
Proverbialement. Les murs ont des oreilles, c'est-à-dire quand on s'entretient de quelque chose de secret, il faut parler avec beaucoup de circonspection, de peur d'être écouté.
SYNONYME
MUR, MURAILLE. Muraille, représentant le pluriel neutre latin muralia, implique essentiellement une idée collective, ou, ce qui en dérive, une idée de grandeur et d'étendue, et se distingue par là de mur qui n'indique qu'un mur en particulier, ou en général un mur quelconque, grand ou petit.
HISTORIQUE
XIème siècle
Ch. de Rol. I: Mur ne citet n'i est remès [resté] à freindre
XIIème siècle
Sax. IX: Et li mur se desrochent [s'écroulent]
Roncis. V, p. 31: Ne mur tant haut qu'à la terre n'enfreigne
XIIIème siècle
Berte, XI, 1: Desouz un arbrissel, delez un petit mur
JOINV.: « Il y avoit trois paires de murs sés [secs] à passer »
XVIème siècle
OUDIN: « Il luy faudroit un mur [couvent] ou un mari »
COTGRAVE: « Se voyant au pied du mur sans eschelle »
ÉTYMOLOGIE
Wallon, meur ; provenç. mur, s. m. et mura, s. f. ; esp. et port. muro ; du lat. murus ; anc. lat. moirus.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE MUR. Ajoutez :
13 Battre les murailles, les murs, se dit d'un homme ivre qui trébuche en marchant et va heurter les murailles.
Chanson des trois frères quêteurs qui s'enivrent aux dépens du monastère: Puis, ronds comme des futailles, Du corps battant les murailles, Escortés de cent canailles Ils regagnent la maison
Gaz. des Trib. 27 août 1870: Le 22 août, en plein midi, le prévenu était ivre et battait les murs de la rue
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Subst. masculin |
Ouvrage de maçonnerie, qui sert à enclore quelque espace, à le séparer d'un autre, ou à le diviser. "Bon mur. Mur épais de deux pieds et haut de trente. Mur de pierre de taille, de moellon, de brique, de terre, de pisé. L'épaisseur, la hauteur, la longueur d'un mur. Le pied, le chaperon d'un mur. Bâtir, élever un mur. Mur à hauteur d'appui. Mur mitoyen. Cela est scellé dans le mur. Prendre l'alignement d'un mur. Crépir un mur. Reprendre un mur, le reprendre sous oeuvre. Enclore d'un mur un terrain, un jardin, etc. Fermer un passage par un mur. Les murs d'une chambre, d'un cachot. Percer un mur. Les voleurs ont tout emporté, ils n'ont laissé que les quatre murs. Il tomba et donna de la tête contre le mur."
"Les gros murs d'un bâtiment," Ceux qui en forment l'enceinte, et qui portent les combles, les voûtes, etc.
"Mur de face," Gros mur qui forme l'une des principales faces d'un bâtiment. On appelle par opposition "Mur latéral," Celui qui forme l'un des côtés.
"Mur de pignon," Mur qui s'élève jusqu'au-dessous du toit, le supporte, et en a la forme.
"Mur de refend," Celui qu'on élève entre les gros murs, pour diviser l'intérieur du bâtiment. "Mur à refends:" voyez REFEND.
"Mur de parpaing," Mur formé de pierres qui en traversent l'épaisseur.
"Mur de clôture," Mur qui enferme extérieurement une cour, un jardin, un parc, etc. "Franchir un mur de clôture."
"Mur d'appui," Mur qui n'est qu'à hauteur d'appui, qui n'est élevé que d'un mètre environ.
"Murs d'un jardin, d'un parc," Les murs qui enferment un jardin, un parc.
"Mur de terrasse," Mur qui retient les terres d'une plate-forme, d'une terrasse, d'un jardin, d'un boulevard, etc.
"Murs d'une ville," Les murs qui entourent une ville. "Les murs de cette ville sont flanqués de grosses tours." Dans ce sens, on dit quelquefois "Murs," absolument. "Cette église est hors des murs. J'ai été me promener hors des murs." Il se prend quelquefois pour Ville. "Depuis quand êtes-vous dans nos murs?"
Prov. et fig., "C'est se donner la tête, c'est donner de la tête contre un mur," C'est tenter une entreprise dans laquelle il n'est pas possible de réussir.
Prov. et par exagér., "On tirerait plutôt de l'huile d'un mur," se dit en parlant D'un homme dur, dont on ne peut rien obtenir.
Prov. et fig., "Cet homme tirerait de l'huile d'un mur," Par son adresse et son industrie, il tirerait de l'argent, des secours, d'où les autres n'en pourraient jamais tirer.
Prov. et fig., "Les murs ont des oreilles," Quand on s'entretient de quelque chose de secret, il faut parler avec beaucoup de circonspection, de peur d'être écouté. "Parlons bas, les murs ont des oreilles."
Fig. et fam., "Mettre quelqu'un au pied du mur," Le mettre hors d'état de reculer, et le forcer à prendre un parti; Le mettre dans l'impossibilité de répliquer.
Fig., "Mur de séparation, mur d'airain," se dit Des causes qui divisent deux personnes, et empêchent qu'elles ne puissent se rapprocher, se réunir. "Il y a un mur de séparation, un mur d'airain entre ces deux hommes. J'ai abattu le mur de séparation qui s'était élevé entre eux," c'est-à-dire, Je les ai rapprochés, réunis.
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
dans les Mines, se dit de La partie inférieure, par opposition à La partie supérieure, qui se nomme "Le toit."
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Subst. masculin |
[Les Gascons prononcent "meur" et "tumur"; ils doivent restituer au 2d l'"e" qu'ils mettent mal-à-propôs au premier.] Ouvrage de maçonerie. '"Mur de" pierre, "de" moellon, "de" brique, etc. = On dit absolument, "hors des murs", hors de la ville. = "Mur de clotûre", qui ne sert qu'à enfermer les cours, les jardins, les parcs, etc. = "Mur d'apui", qui n'est élevé que de trois pieds, ou environ.
"Mur", "muraille", (synon.) Le "mur" est un ouvrage de maçonerie: "la muraille" est une sorte d'édifice. "Le mur" est susceptible de diférentes dimensions: "la muraille" est un "mur" étendu dans ses diférentes dimensions. Le propre du "mur" est d'arrêter, de retenir, de séparer, de fermer. L'idée particulière de "muraille" est de couvrir, de défendre, de servir de boulevart. On dit "les murs" d'un jardin, et "les murailles" d'une ville. Extr. des Syn. Fr. de M. l'Ab. "Roubaud".
Le "Proverbe" dit: "les murs ont des oreilles": les murâilles parlent; on a beau tenir les chôses secrettes, elles se décoûvrent tôt ou tard. = "Mettre" quelqu' un "au pied du mur"; l'obliger à se décider; lui ôter toute échapatoire.
Madame, je prétends "le mettre au pied du mur":
Il faut le contenter sur l'objet qu'il demande.
"Le Persifleur".
'Vouloir le persuader, c'est "se doner de la tête contre un mur"; prendre une peine inutile. = "On tirerait aussitôt de l'huile d'un mur", que de l'argent d'un avâre. = "Il tirerait de l'huile d'un mur"; il tirerait de l'argent, des secours d'où les aûtres ne pourraient rien tirer.
Emplacement dans le dictionnaire :
| municipe munificence munir munition munitionnaire muphti muqueuse | muqueux mûr mur murâille muraille mûral mural | murale muralistes mure mûre muré mûrement murène |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Jean MORÉAS (Les Stances)...de mal parler de toi, rose superbe ! Si ton éclat est vif, rose, tu sais pourtant, seule dans le cristal, au milieu de la gerbe, aussi bien que les yeux rendre le coeur content. Un jour, contre le mur d'une porte gothique (j'errais en ce temps-là dans les pays du nord) rose, tu m'apparus très pâle et fantastique et frissonnante au vent plein de pluie et de mort. 2e LIVRE (V) Ce n'est pas vers...
Citation n°2 de Jean MORÉAS (Les Stances)
...les ai dissipés, et je n'ai pas cueilli la grappe de l'automne, et mes riches épis, d'autres les ont coupés. 2e LIVRE (VIII) Les branches en arceaux quand le printemps va naître, les ronces sur le mur, le pâturage herbeux, les sentiers de mulets, et cet homme champêtre qui, pour fendre le sol, guide un couple de boeufs, la nuit sur la jetée où le phare s'allume, et l'horizon des flots lorsque le...
Citation n°3 de Jean MORÉAS (Les Stances)
...de l'homme industrieux sans s'étonner, triste et sublime. 4e LIVRE (i) Le coq chante là-bas ; un faible jour tranquille blanchit autour de moi ; une dernière flamme aux portes de la ville brille au mur de l'octroi. ô mon second berceau, Paris, tu dors encore quand je suis éveillé et que j'entends le pouls de mon grand coeur sonore sombre et dépareillé. Que veut-il, que veut-il, ce coeur ?...
Citation n°4 de Jean MORÉAS (Les Stances)
...Ah ! Qu'il saigne, ce coeur ! Et toi, mortelle vue, garde toujours doublé, au-dessus d'une mer azurée et chenue, un temple mutilé. 4e LIVRE (V) Roses, en bracelet autour du tronc de l'arbre, sur le mur, en rideau, svelte parure au bord de la vasque de marbre d'où s'élance un jet d'eau, roses, je veux encor tresser quelque couronne avec votre beauté, et comme un jeune avril embellir mon automne au...
Citation n°5 de Jean MORÉAS (Les Stances)
...mortes qui couvriront l'étang du moulin ruiné, quand le vent remplira le trou béant des portes et l'inutile espace où la meule a tourné, je veux aller encor m'asseoir sur cette borne, contre le mur tissé d'un vieux lierre vermeil, et regarder longtemps dans l'eau glacée et morne s'éteindre mon image et le pâle soleil. 6e LIVRE (XII) Hélas ! Coeur trop humain, homme de peu de foi, aux regards...
- Autres Recherches
-
Synonymes
Conjugaisons
Synonymes de "mur" : cliquez ici
