Négoce (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

XIII e siècle, negosces . Emprunté du latin negotium, « occupation, travail, affaire », lui-même composé de la négation nec et de otium, « loisir ».
1. Se disait autrefois de l'ensemble des occupations, des activités d'une personne. En ce sens, ne s'emploie plus guère qu'au figuré, pour désigner une activité blâmable, un commerce illicite. Cet homme se livre à un étrange négoce. Coupable, honteux négoce.
2. Activité commerciale d'une certaine importance et, en particulier, commerce de gros . Faire négoce de vins, de bois. Maison de négoce. (Le mot Négoce est souvent remplacé aujourd'hui par Commerce .)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Trafic, commerce. "Faire le négoce". On dit plutôt aujourd'hui "Commerce."
On l'emploie figurément dans un sens péjoratif. "Cet homme se livre à un étrange négoce. On ne sait quel négoce font ces gens-là."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Proprement et étymologiquement, il se dit de toute affaire, de toute entremise d'affaires.
    En mauvaise part, il se dit de certaines industries suspectes, soit à cause du péril, soit à cause de la messéance, de la honte qui y est attachée. La contre-bande est un périlleux négoce.
    Faire un vilain négoce, se mêler de quelque chose de honteux.
    Ironiquement.
DANCOURT: « Vous faites là, monsieur, un fort joli négoce »
    Fig.
BOSSUET: « Alors [chez les premiers chrétiens] la piété était véritable, parce qu'elle n'était pas encore devenue un art ; elle n'avait pas encore appris à s'accommoder au monde, ni à servir au négoce des ténèbres »

 2   Particulièrement, synonyme moins usité de commerce. Se mettre dans le négoce. Faire le négoce.
MOL.: « Si c'est quelque chose, messieurs, qui dépende de mon petit négoce, je suis tout prêt à vous rendre service »
LA BRUY.: « Certains particuliers qui, riches du négoce de leurs pères.... »
MONTESQ.: « Son négoce [d'Athènes] fut presque borné à la Grèce et au Pont-Euxin d'où elle tira sa subsistance »
    Fig.
BOSSUET: « Si votre corps est une hostie qu'il faut immoler à Dieu, conservez-lui une hostie vivante ; si c'est un talent précieux qui doive profiter entre ses mains, mettez-le de bonne heure dans le négoce, n'attendez pas, pour le lui donner, qu'il faille l'enfouir en terre »
    Aujourd'hui on ne dirait plus, comme Montesquieu, le négoce d'Athènes, mais le commerce d'Athènes ; commerce est réservé pour un État, une nation, un peuple.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Job, p. 481: Nus [nul] ki servet à Deu ne soi emploiet ez seculiers negosces
    XIVème siècle
DU CANGE: « Guillaume.... gouvernant les negoces et besongnes d'icelle Marguerite »
    XVIème siècle
RAB.: « Il l'avoyt en si grande privaulté receu, que rien ne lui celoyt des menues negoces de sa maison »
AMYOT: « Ainsi sont ils serfz toute leur vie les uns des voluptez, et les autres des negoces et du gaing »
MONT.: « Serf de mes negoces, ou, encore pis, de ceulx d'autruy »
D'AUB.: « Le negoce de la paix, qui n'avoit jamais esté intermis, fut repris plus que de coustume »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. negoci ; espagn. negocio ; ital. negozio ; du lat. negotium, de nec, ni, ne, faisant fonction de préfixe négatif, et otium, loisir.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Trafic, commerce. "Bon, grand négoce. Suivre le négoce. Se mettre dans le négoce. S'adonner au négoce. Entendre bien le négoce. Faire le négoce. Faire négoce de toiles, de draps, d'épicerie, etc. Il fait négoce de tout. La guerre a fait tort au négoce, a fait cesser le négoce. Le négoce ne va plus comme autrefois. Le négoce ne vaut plus rien. Il y a grand négoce, il se fait grand négoce de telle marchandise en tel pays. Ce banquier fait d'énormes profits dans son négoce. Entrer dans le négoce. Quitter le négoce. Il se mêle de plusieurs négoces, de toute sorte de négoces. Il s'est jeté dans le négoce." On dit "Commerce," et non pas "Négoce," en parlant D'un État, d'une nation, d'un peuple. "Le commerce," et non pas "Le négoce de la France."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit, figurément, de Certaines industries auxquelles il est honteux, messéant, dangereux de se livrer. "Cet homme fait un vilain, un étrange négoce. Il se mêle d'un dangereux négoce. Il se mêle de bien des négoces. On ne sait quel négoce font ces gens-là. L'usure est un infâme négoce. La contrebande est un périlleux négoce."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. masculin 


Trafic, commerce de marchandises. "Bon négoce. Grand négoce. Suivre le négoce. Se mettre dans le négoce. S'adonner au négoce. Entendre bien le négoce. Faire le négoce. Faire négoce de toiles, de draps, d'épicerie, etc. Il fait négoce de tout. La guerre a fait tort au négoce, a fait cesser le négoce. Le négoce ne va plus comme autrefois. Le négoce ne vaut plus rien. Il y a grand négoce, il se fait grand négoce de telle marchandise en tel Pays. Entrer dans le négoce. Quitter le négoce. Il se mêle de plusieurs négoces, de toutes sortes de négoces. Il s'est jeté dans le négoce".
On dit "Commerce," et non pas "Négoce," en parlant d'Un État, d'une nation, d'un peuple. "Le commerce," et non pas "Le négoce, de la France".
On dit figurément d'Un homme qui s'entremêle de quelque chose de honteux, de dangeréux, qui en fait trafic, qu'"Il fait un vilain négoce, un dangereux négoce, un étrange négoce".
On dit aussi d'Un homme qui se mêle de quelque affaire où il y a du péril pour lui, qu'"Il se mêle d'un dangereux négoce".
On dit aussi d'Un homme qui se mêle de plusieurs intrigues blâmables, qu'"Il se méle de plusieurs négoces, de bien des négoces".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Trafic, commerce de marchandises. "Bon négoce. Grand négoce. Suivre le négoce. Se mettre dans le négoce. S'adonner au négoce. Entendre bien le négoce. Faire le négoce. Faire négoce de toiles, de draps, d'épicerie, &c. Il fait négoce de tout. La guerre a fait tort au négoce, a fait cesser le négoce. Le négoce ne va plus comme autrefois. Le négoce ne vaut plus rien. Il y a grand négoce, il se fait grand négoce de telle marchandise en tel pays. Entrer dans le négoce. Quitter le négoce. Il se mêle de plusieurs négoces, de toutes sortes de négoces. Il s'est jeté dans le négoce."
On dit "Commerce," & non pas "Négoce," en parlant d'Un État, d'une nation, d'un peuple. "Le commerce," & non pas "Le négoce de la France."
On dit figurément d'Un homme qui s'entremêle de quelque chose de honteux, qui en fait trafic, qu'"Il fait un vilain négoce, un étrange négoce."
On dit aussi d'Un homme qui se mêle de quelque affaire où il y a du péril pour lui, qu'"Il se mêle d'un dangereux négoce."
On dit aussi d'Un homme qui se mêle de plusieurs intrigues qui sont blâmables, qu'"Il se mêle de plusieurs négoces, de bien des négoces."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

NÉGOCIABLE, adject. NÉGOCIANT, s. m. [1re "é" fer. "ia" dans le 2d, est de deux syll. "ci-able": dans le 3e il n'en forme qu'une seule, "cian". "Richelet" met "Négotiant" en ligne, et "Négociant" dans l'exemple.] "Négoce", comerce, trafic de marchandise. Il ne se dit guère que du comerce en grôs. Le "négoce", dit l'Abé "Girard", regarde les afaires de banque et de marchandise; le "comerce" et le "trafic" ne regardent que celles des marchandises; avec cette diférence que le "comerce" se fait plus par vente et par achat, et le "trafic" par échanges. = On ne dit pas "le négoce", mais le "comerce" d'un État, d'un peuple. On doit donc dire, "le comerce", et non pas "le négoce" de la France. "Acad." = "Figurément", (st. famil.) Intrigue, afaire. 'Il fait "un" vilain "négoce". Il se mêle d'"un" dangereux "négoce"; de plusieurs "négoces", de bien des "négoces".
   NÉGOCIABLE se dit des éfets de comerce, de banque, d'agiotage, qui peuvent être négociés. 'Ce billet "n'est pas négociable". On ne le dit point des marchandises.
   NÉGOCIANT, celui qui fait négoce, qui négocie: grôs, riche, habile "Négociant". = "Négociant" se dit de celui qui achète et vend en grôs: "Marchand~", de celui qui vend en détail. = Quelques Auteurs ont employé adjectivement ce substantif. 'Peuple "négociant", Nation "négociante". 'La partie "négociante" de la Nation jugeoit que son comerce seroit chargé de lourds impots. "Targe", Traduct. de "Smollet". On dit "comerçant".




Emplacement dans le dictionnaire :

négligement
négligemment
negligemment
negligence
négligence
négligent
negligent
négliger
negliger
négoce
negoce
négociable
negociant
négociant
negociateur
négociateur
negociation
nègociation
négociation
négocié
négocier


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