Nouveauté (nom féminin, subst. féminin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom féminin 

XII e siècle, novelté. Dérivé de nouveau.
1. Caractère de ce qu'il y a de nouveau dans une chose, de ce qui est nouveau. Le charme de la . La d'une opinion, d'une doctrine, d'une mode. Une œuvre d'art remarquable par sa , par l'originalité de la facture, du ton, du style. Par méton. Observer un phénomène dans sa , à ses débuts.
2. Ce qui est nouveau. Je n'avais jamais entendu parler de cela, c'est une pour moi. Toute trouve des partisans. Spécialt. Le plus souvent au pluriel. Étoffe, parure, accessoire de mode (vieilli) . Un magasin de s. Se dit aujourd'hui des livres, des disques qui viennent de paraître, des spectacles qui viennent d'être créés. Le rayon des s dans une librairie. Ce livre est une . Il va au théâtre voir toutes les s. Le Théâtre des Nouveautés, à Paris.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Caractère de ce qui est nouveau, ce qu'il y a de nouveau dans une chose. "La plaît à la plupart des hommes. Cet air, que j'ai entendu si souvent, a toujours pour moi le charme de la . La d'une opinion, d'une doctrine, d'un sentiment, d'une découverte. Souvent la d'une mode en fait tout l'agrément La du fait me surprend."
Il signifie aussi Chose nouvelle. "Je n'avais jamais entendu parler de cela, c'est une pour moi. Il aime les s."
NOUVEAUTÉ, en parlant de Religion, de Politique, signifie Innovation, introduction de quelque doctrine, de quelque pratique nouvelle. "Toute trouve des partisans. Il ne faut introduire qu'avec prudence des s dans un État."
NOUVEAUTÉ se dit aussi des Parures, des étoffes les plus nouvelles et les plus à la mode. "On trouve toujours quelque dans ce magasin. Ce marchand est toujours fourni de nouveautés."
"Marchand de s," Celui qui fait particulièrement métier de vendre des étoffes nouvelles". Vous trouverez de cette étoffe chez les marchands de s."
"Magasin de s," Magasin où l'on vend des étoffes, des objets de toilette, etc.
NOUVEAUTÉ se dit également des Livres qui viennent de paraître ou des Pièces de théâtre qu'on vient de jouer. "Les s se louent plus cher que les autres livres dans les cabinets de lecture. Mon libraire m'envoie toutes les s. Elle va au théâtre voir toutes les s."
Il se dit encore du Temps pendant lequel une chose est nouvelle. "Cette mode est encore dans sa . J'ai vu cette tragédie dans sa . Les cerises sont encore dans leur nouveauté."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Qualité de ce qui est nouveau.
MALH.: « En quelle nouveauté d'orage Ne fut éprouvé ton courage ? »
BALZAC: « Je fus d'abord confus de la nouveauté de ce compliment »
CORN.: « Surpris des nouveautés d'un tel événement »
LA ROCHEFOUCAULD: « La grâce de la nouveauté est à l'amour ce que la fleur est sur les fruits ; elle y donne un lustre qui s'efface aisément et qui ne revient jamais »
LA ROCHEFOUCAULD: « La grâce de la nouveauté et de la longue habitude, quelque opposées qu'elles soient, nous empêchent également de sentir les défauts de nos amis »
PASC.: « Les impressions anciennes ne sont pas seules capables de nous abuser : les charmes de la nouveauté ont le même pouvoir »
BOSSUET: « Les réformés, affligés de leur nouveauté qu'on ne cessait de leur reprocher »
BOSSUET: « Tout commence : il n'y a point d'histoire ancienne où il ne paraisse non-seulement dans ces premiers temps, mais longtemps après, des vestiges manifestes de la nouveauté du monde »
BOILEAU: « Toutes ces affectations, si basses et si puériles, ne viennent que d'une seule cause, c'est à savoir de ce qu'on cherche la nouveauté dans les pensées, qui est la manie surtout des écrivains d'aujourd'hui »
MONTESQ.: « Les lois humaines tirent avantage de leur nouveauté, qui annonce une attention particulière et actuelle du législateur pour les faire observer »
VOLT.: « La nouveauté des arts parmi nous ne prouve point la nouveauté du globe, comme le prétendait Épicure, l'un de nos prédécesseurs en rêveries »
DELILLE: « La nouveauté paraît, et son brillant pinceau Vient du vieil univers rajeunir le tableau »

 2   Chose nouvelle.
CORN.: « Ce sont des nouveautés dont j'ai lieu d'être en peine »
MOL.: « Seigneur, ces nouveautés ont droit de me confondre »
PASC.: « Quand on aime fortement, c'est toujours une nouveauté de voir la personne aimée »
PASC.: « Quelle chimère est-ce donc que l'homme ! quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradiction, quel prodige ! »
PASC.: « Ils pratiquent des nouveautés dans les confessions »
SÉV.: « Ma fille, pour être si opposées dans nos lectures, nous n'en sommes pas moins bien ensemble ; au contraire, nous sommes une nouveauté l'une pour l'autre »
MAINTENON: « Ils avaient un dessein formé de se servir de mon amitié, de ma crédulité, de mon crédit pour établir cette nouveauté à la cour »
LA BRUY.: « Je vais vous régaler de grandes nouveautés »
MASS.: « Être chrétien et n'être pas pénitent était un monstre et une nouveauté sans exemple »
    C'est nouveauté, c'est une nouveauté de vous voir, se dit à quelqu'un qu'on n'a pas vu depuis longtemps.

 3   En religion, en politique, et en tout genre d'opinions, innovation.
RÉGNIER: « En toute opinion je fuis la nouveauté »
PASC.: « On ne peut plus avancer de nouveautés sans péril »
BOSSUET: « La source de tout mal est que ceux qui n'ont pas craint de tenter au siècle passé la réformation par le schisme, ne trouvant point de plus fort rempart contre toutes leurs nouveautés que la sainte autorité de l'Église, ils ont été obligés de la renverser »
BOSSUET: « L'erreur et la nouveauté se faisaient entendre dans toutes les chaires ; et la doctrine ancienne.... pouvait à peine parler à l'oreille »
BOSSUET: « Dans cette belle délibération où il s'agissait de réformer les abus du gouvernement, un des principaux règlements que Mécénas proposa à Auguste fut d'empêcher les nouveautés dans la religion, qui ne manquaient pas de causer de dangereux mouvements dans les États »
FLÉCH.: « Il écarte les erreurs et les profanes nouveautés qui allaient s'introduire dans sa province »
VERTOT: « Votre facilité a fait naître de nouvelles prétentions ; le peuple a voulu avoir ses magistrats particuliers ; vous savez avec quelle force je m'opposai à ces nouveautés »
FLÉCH.: « Le peuple, toujours avide de la nouveauté, voyait avec plaisir s'élever un parti qui semblait n'en vouloir qu'à l'autorité du sénat »
VOLT.: « L'amour des nouveautés, le faux zèle, la crainte, De la Mecque alarmée ont désolé l'enceinte »
VILLEMAIN: « Cela tient à l'incertitude sociale de tout le dix-huitième siècle partagé entre d'anciennes habitudes et de puissantes nouveautés »

 4   Caractère du nouvel homme, en style mystique.
PASC.: « Cette nouveauté, qui ne peut déplaire à Dieu, comme le vieil homme ne peut lui plaire, est différente des nouveautés de la terre, en ce que les choses du monde, quelque nouvelles qu'elles soient, vieillissent en durant, au lieu que cet esprit nouveau se renouvelle d'autant plus qu'il dure davantage »
MASS.: « Et toute la nouveauté que j'y trouve [dans l'âme du fidèle converti] n'est que le renouvellement de l'homme intérieur »

 5   Chose nouvelle en fait de mode, de livre, etc.
DELILLE.: « La nouveauté qui suit, vieillit la nouveauté »
    Les nouveautés, les étoffes les plus nouvelles et les plus à la mode.
    Article de haute nouveauté, article de la dernière mode.
    Livres qui viennent de paraître. Il m'envoie toutes les nouveautés. J'aime à lire les nouveautés.
J. J. ROUSS.: « Nous déjeunions, nous causions, nous lisions quelques nouveautés »
J. J. ROUSS.: « Ces nouveautés éphémères qui courent on ne sait pourquoi, qui meurent on ne sait comment »
    Marchand de nouveautés, celui qui fait particulièrement métier de vendre des étoffes pour femmes, la mercerie, les rubans, la lingerie et tout ce qui concerne la toilette des femmes. On dit de même : magasin de nouveautés.
    Pour les livres, on dit libraire, librairie de nouveautés.
    Au sing. La nouveauté se dit pour le commerce de nouveautés. Il est dans la nouveauté.
    En style de fabrique de drap (à Elbeuf, à Louviers), on appelle nouveautés, les draps à dispositions variées ou à couleurs bizarres, par opposition aux draps unis et à couleurs acceptées, parce que ces nouveautés changent et n'ont qu'un temps.

 6   Spectacle, pièce nouvelle qui a une certaine vogue.
MARMONTEL: « Les nouveautés ont ce désavantage qu'on y va moins en spectateur qu'en critique »

 7   Temps pendant lequel une chose est nouvelle. Cette mode est encore dans sa nouveauté.

 8   Terme de jardinier. Fruits et légumes venus avant le temps par le soin du jardinier. Un bon jardinier doit avoir de la passion pour les nouveautés.
    On dit aujourd'hui primeurs.

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
BEAUMANOIR: « Ses drois offices [du bailli], s'est de garder les drois et les coustumes du païs et les porfis de la terre son segneur, sans fere novelté desconvenable »
    XVème siècle
FROISS.: « Dont vient cette nouvelleté ? »
     Boucic. II, 14: Il n'avoit mie commission de la seigneurie de Venise, sans laquelle il n'oseroit entreprendre aucune nouvelleté
COMM.: « Pour commencer à faire cas de nouvelleté, ils misrent hors de prison le duc de Gueldres »
     Les 15 joyes de mariage, p. 41: Elle veult souvent avoir nouveautez selon le temps, tant en robes, saintures que aultres choses
    XVIème siècle
DESPORTES: « Mais que vous servira ceste fleur de beauté, De jeunesse et d'amour richement couronnée, Si, sans estre cueillie, elle devient fennée Et perd sa desirable et chere nouveauté ? »
AMYOT: « Ces choses, à l'adventure, plairont plus aux lecteurs pour la nouveauté et curiosité, qu'elles ne les offenseront pour leur faulseté »
AMYOT: « Haïssant ceulx qui machineroient quelques nouvelletez »
MONT.: « Les lieux et les livres que je reveoy me rient toujours d'une fresche nouvelleté »
MONT.: « La fuyte de la nouvelleté et de l'estrangeté »

ÉTYMOLOGIE
    Bourg. nôveàtai ; provenç. noveletat, noeletat ; du lat. novellitatem, qui vient de novellus (voy. NOUVEAU).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE NOUVEAUTÉ.

 5   Ajoutez :
    On appelle nouveautés les plantes chauffées, c'est-à-dire celles qui sont produites par les cultures forcées, Journ. offic. 31 mai 1875, p. 3869, 2e col.

 9   Locution vieillie. à la nouveauté que, dans le premier moment que.
MALH.: « Un étourdi se pourra bien revancher, et surtout à la nouveauté qu'on lui aura fait plaisir »


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Qualité de ce qui est nouveau, ce qu'il y a de nouveau dans une chose. "La plaît à la plupart des hommes. Cet air, que j'ai entendu si souvent, a toujours pour moi le charme de la . La d'une opinion, d'une doctrine, d'un sentiment, d'une découverte. Souvent la d'une mode en fait tout l'agrément. La du fait me surprend."
Il signifie aussi, Chose nouvelle. "Je n'avais jamais entendu parler de cela, c'est une pour moi."
Fam., "C'est , c'est une que de vous voir," se dit À une personne qu'on avait coutume de voir souvent, et qu'il y a longtemps qu'on n'a vue.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en parlant De religion, de politique, signifie, Innovation, introduction de quelque doctrine, de quelque pratique nouvelle. "Toute trouve des partisans. Il ne faut introduire qu'avec prudence des s dans un État. Le peuple est amateur de s, court après les s."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi Des étoffes les plus nouvelles et les plus à la mode. "On trouve toujours quelque chez ce marchand. Ce marchand est toujours fourni de s. Cette femme se ruine en s, à acheter des s."
Il se dit également Des livres qui viennent de paraître. "Ce libraire a toujours quelque . Cet homme aime à lire toutes les s qui paraissent."
"Marchand de s," Celui qui fait particulièrement métier de vendre des étoffes nouvelles, ou des livres nouveaux. "Vous trouverez de cette étoffe chez les marchands de s. Cette brochure se trouve chez tous les marchands de s."
"Magasin de s," Magasin où l'on vend toute sorte d'objets de fantaisie, en mercerie, bijouterie, tabletterie, etc.



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi d'Un spectacle, d'une pièce nouvelle qui a une certaine vogue. "Avez-vous vu la ? Je n'ai pas encore vu la ."
Il se dit aussi Des légumes, des fruits qui sont dans leur primeur. "Des pois au commencement d'avril, c'est de la , c'est une ."



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit encore Du temps pendant lequel une chose est nouvelle. "Cette mode est encore dans sa . J'ai vu cette tragédie dans sa . Les cerises sont encore dans leur ."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


Qualité de ce qui est nouveau, ce qu'il y a de nouveau dans une chose. "La plaît à la plupart des hommes. Cela a les grâces, les charmes de la . La d'une opinion, d'une doctrine, d'un sentiment, d'une découverte. La de la mode".
Il signifie aussi, Chose nouvelle. "Je n'avois jamais ouï parler de cela, c'est une pour moi. Toute doit? être suspecte. Les s sont dangereuses en matière de Religion. Il ne fant point introduire de s dans un État. Le peuple est amateur de s, court après les s".
On dit d'Un Marchand qui est toujours fourni des étoffes les plus nouvelles et les plus à la mode, qu'"On trouve toujours quelque chez lui".
On dit aussi, qu'"Un Libraire a toujours quelque ," pour dire, qu'Il a toujours quelque Livre nouveau.
Et on dit dans le même sens, qu'"Un homme aime à voir, à lire toutes les s, " pour dire, qu'Il aime à voir, à lire tout ce qui s'ecrit, tout ce qui s'imprime de nouveau.
On appelle aussi "Nouveauté," Les légumes, les fruits et autres mets dans la primeur. "Des pois au commencement du printemps, c'est de la ".
On dit communément d'Un homme qu'on avoit accoutumé de voir souvent, et qu'il y a long-temps qu'on n'a vu, quoiqu'il ne soit pas éloigné du lieu où l'oniest, "C'est que de vous voir".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


Qualité de ce qui est noveau, ce qu'il y a de nouveau dans une chose. "La plaît à la plupart du monde. Cela a les grâces, les charmes de la . La d'une opinion, d'une doctrine, d'un sentiment, d'une découverte. La de la mode."
Il signifie aussi, Chose nouvelle. "Je n'avois jamais ouï parler de cela, c'est une pour moi. Toute dois être suspecte. Les s sont dangereuses en matière de Religion. Il ne faut point introduire de s dans un État. Le peuple est amateur de s, court après les s."
On dit d'Un Marchand qui est toujours fourni des étoffes les plus nouvelles & les plus à la mode, qu'"On trouve toujours quelque chez lui."
On dit aussi, qu'"Un Libraire a toujours quelque ," pour dire, qu'Il a toujours quelque Livre nouveau.
Et on dit dans le même sens, qu'"Un homme aime à voir, à lire toutes les s," pour dire, qu'il aime à voir, à lire tout ce qui s'écrit, tout ce qui s'imprime de nouveau.
On appelle aussi "Nouveauté," Les pois, les féves, & quelques autres fruits dans la primeur. "Des pois au commencement du Printemps, c'est de la ."
On dit communément d'Un homme qu'on avoit accoutumé de voir souvent, & qu'il y a long-temps qu'on n'a vû, quoiqu'il ne soit pas éloigné du lieu où l'on est, "C'est que de vous voir."




Emplacement dans le dictionnaire :

nourrisseur
nourrisson
nourriture
nous
nouure
nouveau
nouveau
nouveau ou
nouveau-né
nouveauté
nouvel
nouvelle
nouvellement
nouvelles
nouvelliste
novale
novales
novateur
novation
novelles
novembre


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