Obédience (nom féminin, subst. féminin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom féminin 

XII e siècle. Emprunté du latin oboedientia, « obéissance, soumission ».

I.
1. Obéissance due par des religieux à leur supérieur. En vertu de la sainte . Par ext. Soumission à une règle monastique ; cette règle elle-même. Loc. De stricte , se dit des religieux d'un ordre qui en observent toujours la règle d'origine, sans tenir compte des réformes ultérieures. Par méton. L'ensemble des maisons religieuses soumises à la règle d'un ordre. L' de Cîteaux. S'est dit particulièrement de la soumission à l'autorité spirituelle du pape. Ambassade, ambassadeur d'obédience, autrefois envoyés par un souverain, un État ou un groupe de fidèles pour assurer le pape de leur soumission filiale. Pays d'obédience, provinces réunies à la Couronne de France après le concordat de 1516 et dans lesquelles le roi nommait aux bénéfices en vertu d'indults du pape. Obédience, durant le grand schisme d'Occident (1378-1417), se disait de l'ensemble des États qui reconnaissaient l'autorité de l'un ou l'autre pape. L'Angleterre faisait partie de l' d'Urbain, la France de celle de Clément.
2. Anciennt. Autorisation écrite qu'un supérieur donne à un religieux ou à une religieuse, pour leur permettre de quitter la maison à laquelle ils sont attachés.
3. Fonction dont est chargé un religieux, une religieuse par son supérieur. Cette religieuse est cellérière, c'est son . Ces tâches sont de son . Spécialt. Lettre d'obédience, en application de la loi Falloux de 1850, écrit par lequel le supérieur d'une congrégation reconnaissait l'aptitude d'un de ses religieux à exercer une charge d'enseignement dans un établissement scolaire.

II. Par anal.
1. Fidélité, soumission à une autorité spirituelle, idéologique ou politique. Faire acte d'obédience. L' chrétienne. Les partis d' marxiste.
2. . Ensemble des loges qui reconnaissent une même autorité. Le Grand Orient de France et la Grande Loge de France sont les principales s maçonniques françaises.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Obéissance. Il ne se dit ordinairement qu'en parlant des Religieux. "Le supérieur a commandé à ce religieux en vertu de la sainte ." Il a vieilli.
Il désigne aussi l'Ordre, la permission par écrit qu'un supérieur donne à un religieux ou à une religieuse pour aller en quelque endroit, pour passer d'un couvent à un autre. "Il ne saurait partir sans , s'il n'a son ."
Il désigne encore l'Emploi particulier qu'un religieux ou une religieuse a dans son couvent. "Cette religieuse est cellérière, c'est son ."
Il désigne aussi Certaines maisons religieuses dépendant d'une maison principale.



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Action de celui qui obéit (il ne se dit qu'en parlant des religieux).
PATRU: « La vie religieuse consiste en trois parties essentielles, pauvreté, obédience, chasteté »

 2   Congé par écrit du supérieur, permettant à un religieux d'aller en quelque endroit, ordinairement pour changer de couvent.
BOSSUET: « Vous aurez une obédience de moi pour aller avec madame votre soeur »
BOSSUET: « Je m'offre à demander votre obédience à M. l'archevêque »

 3   Emploi particulier qu'un religieux ou une religieuse a dans son couvent. Cette religieuse est cellérière, c'est son obédience.

 4   Nom donné à des maisons religieuses inférieures aux maisons principales, dont elles dépendaient, et qui en étaient éloignées.

 5   Ambassade d'obédience, ambassade qu'un roi ou un corps de fidèles envoie vers le pape, pour l'assurer de son obéissance filiale.
VOLT.: « Les derniers jours du pontificat de Grégoire XIII furent célébrés par cette ambassade d'obédience qu'il reçut du Japon »
    Ambassadeur d'obédience, ambassadeur envoyé au pape à cet effet.
    L'ambassadeur fut reçu à l'obédience ; c'est-à-dire il fut reçu par le pape en plein consistoire, avec les cérémonies accoutumées.
    On dit dans le même sens : serment, hommage d'obédience.
VOLT.: « Le roi [Charles VIII] vint prêter ce qu'on appelle hommage d'obédience »

 6   Pays d'obédience, nom qu'on donnait, en France, aux provinces qui n'étaient pas comprises dans le concordat, telles que la Bretagne, la Lorraine, etc. où, pendant huit mois de l'année, le pape conférait de plein droit les bénéfices vacants ; il se dit aussi de tous les pays où le pape exerce le même droit.
VOLT.: « Son parti [d'Arnauld] fut toujours persécuté dans les Pays-Bas catholiques, pays qu'on nomme d'obédience, et où les bulles sont des lois souveraines »

 7   Dans les temps de schisme, obédience a été le nom donné aux différents pays qui reconnaissaient l'un ou l'autre pape.
FÉN.: « Les papes et les autres évêques des obédiences d'Urbain et de Clément avaient aussi l'imposition des mains successive »

 8   Prêtres, frères d'obédience, membres de la 4e des cinq classes de l'ordre de Malte ; ils prononçaient des voeux pour posséder des bénéfices.

 9   Lettres d'obédience, lettres qu'un supérieur donne à des religieux ou à des religieuses appartenant aux ordres enseignants, et que le gouvernement reçoit comme équivalent d'un certificat de capacité.
ROULAND: « Les lettres d'obédience sont évidemment un privilége.... la lettre d'obédience n'est point l'équivalent vrai du certificat de capacité ; la lettre d'obédience est un acte purement potestatif, qui appartient en entier au supérieur qui le délivre »

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Th. le mart. 40: À l'arcevesque en vunt li evesque parler, Dient que lur estut [convient] les leis le rei guarder ; Car par obedience les lur fist graanter
    XIIIème siècle
VILLEH.: « Il metra tout l'empire de Constantinoble à l'obedience de Rome, dont elle estoit departie pieça »
RUTEB.: « Desous la loi de Rome n'a nule region, Qui à Rome obeisse de cuer se France non, Et de s'obedienche a si bel guerredon Que on li tolt [enlève] souvent sa laine et sa toison »
    XVème siècle
COMM.: « Et luy fit le roy l'obedience filiale, en toute humilité »
     Lancelot du lac, t. I, f° 13, dans LACURNE: Je m'en voys presentement sans sejourner aucun petit, par une nostre obedience [couvent], que nous avons près d'icy
    XVIème siècle
DESPÉR.: « L'intention du fondateur estoit qu'ils vequissent en humilité, chasteté et obedience »

ÉTYMOLOGIE
    Lat. obedientia, d'obedire, obéir.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Obéissance. Il ne se dit ordinairement qu'en parlant Des religieux. "Le supérieur a commandé à ce religieux en vertu de sainte ."
Il signifie aussi, L'ordre, la permission par écrit qu'un supérieur donne à un religieux ou à une religieuse pour aller en quelque endroit, pour passer d'un couvent à un autre. "Il ne saurait partir sans , s'il n'a son . Elle a montré son ."
Il signifie encore, L'emploi particulier qu'un religieux ou une religieuse a dans son couvent. "Cette religieuse est cellérière, c'est son ."
"Ambassadeur d'obédience," Ambassadeur que le roi envoie vers le pape, pour l'assurer de son obéissance filiale. "L'ambassadeur fut reçu à l'obédience," Il fut reçu par le pape en plein consistoire, avec les cérémonies accoutumées.
"Pays d'obédience," Pays dans lequel le pape nomme aux bénéfices qui viennent à vaquer dans certains mois de l'année. "L'Allemagne est un pays d'obédience. La Bretagne était un pays d'obédience."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



dans les temps de schisme, où il y avait deux papes à la fois, servait à désigner Les différents pays qui reconnaissaient l'un ou l'autre pape. "L' d'Urbain, et l' de Clément."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


Obéissance. Il ne se dit ordinairement qu'en parlant des Religieux. "Le Supérieur a commandé à ce Religieux en vertu de sainte obédience".
Il signifie aussi, L'ordre, le congé par écrit, qu'un Supérieur donne à un Religieux, pour aller en quelque endroit, pour passer d'un Couvent à un autre. "Il ne sauroit partir sans , À n'a son . Il a montré son obédience".
On appelle aussi "Obédience" dans une Maison religieuse, l'emploi particulier auquel un Religieux est attaché. "Cette Religieuse est Célérière, c'est son obédience".
On appelle "Ambassadeur d'obédience," Un Ambassadeur envoyé par le Roi vers le Pape, pour l'assurer de son obeissance filiale. Et l'on dit, que "L'Ambassadeur a été reçu à l'obédience," pour dire, qu'Il a été reçu en cette qualité par le Pape en plein Consistoire, avec les cérémonies accoutumées.
On appelle "Pays d'obédience," Les Pays où le Pape nomme aux Bénéfices, ou dans lesquels il exerce une Juridiction plus étendue que dans les autres. Dans cette acception on dit, que "L'Allemagne est un Pays d'obédience. La Bretagne est un Pays d'obédience".
Dans les temps de Schisme, où il y avoit deux Papes à la fois, on a dit, l'"Obédience d'Urbain," l'"Obédience de Clément, " pour Désigner les différens Pays qui reconnoissoient ces Papes.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


Obéissance. Il ne se dit ordinairement qu'en parlant des Religieux. "Le Supérieur a commandé à ce Religieux en vertu de sainte ."
Il signifie aussi, L'ordre, le congé par écrit, qu'un Supérieur donne à un Religieux, pour aller en quelque endroit, pour passer d'un Couvent à un autre. "Il ne sauroit partir sans , s'il n'a son . Il a montré son ."
On appelle "Ambassadeur d'obédience," Un Ambassadeur envoyé par le Roi vers le Pape, pour l'assurer de son obéissance filiale. Et l'on dit, que "L'Ambassadeur a été reçu à l'obédience," pour dire, qu'Il a été reçu en cette qualité par le Pape en plein Consistoire, avec les cérémonies accoutumées.
On appelle "Pays d'obédience," Les pays où le Pape nomme aux Bénéfices, & où il exerce une Juridiction plus étendue que dans les autres. Dans cette acception on dit, que "L'Allemagne est un pays d'obédience. La Bretagne est un pays d'obédience."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. féminin 

["Obédi-ance": 1re "é" fer. 3e lon. 4e. "e" muet.] Il s'est dit autrefois pour "obéïssance". = Il n'est resté que chez les Religieux, pour signifier l'ordre ou le congé que done un supérieur pour pâsser d'un Couvent à l'aûtre; et dans ces deux phrâses, "Ambassade d' ", celle qui se fait au Pape de la part d'un souverain pour l'assurer de son obéissance filiale; et "pays d'obédience", où le Pape a une Juridiction plus étendûe que dans les aûtres. 'La Bretagne est un "pays d'obédience". Acad.




Emplacement dans le dictionnaire :

nymphéacées
nymphée
nymphomane
nymphomanie
oaristys
oasis
oasite
oba
obconique
obédience
obedience
obédiencier
obédientiel
obeir
obéïr
obéir
obeissance
obeïssance
obéissance
obeïssant
obéissant




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)

...êtes. - hé ! Monsieur, - répondait l'autre aigrement. - l'ignorez-vous ? Le suprême conseil de la stricte observance a suspendu les obligations de tous nos ateliers envers les loges françaises à l'obédience du grand Orient, qui tolère l'exécrable tyrannie de Buonaparte. L'ordre du suprême conseil exige que la ligue de la vertu arme tous les adeptes contre la fortune de Napoléon. Le roi de Prusse,...


Citation n°2 de Rodolphe TOEPFFER (Nouvelles genevoises)

...miss redoubla de pudique malaise, et milord, outré de cette récidive : - vos été iune malproper, monsieur ! J'avé dite à vos de ne pas prononcer cette sale mote ! Jé payé vos, c'été vos d'avoir de l'obédience ! (à sa fille.) piqué la miulette, Clara. La caravane reprit sa route. Le guide, simple chasseur de chamois, guide seulement par occasion, et point au fait, comme le sont ceux de Chamonix, des...


Citation n°3 de Prosper de BARANTE (Histoire des ducs de Bourgogne de la maison de Valois : 1364-1477)

...toute la chrétienté ; mais il avait vainement offert au roi de France les plus grands avantages, il n'avait pu le décider. Dès que Clément VII fut pape, le conseil de France se mit sous son obédience. Bientôt après, il vint établir le siége pontifical à Avignon. Ainsi commença un schisme qui divisa l'église durant plus de quarante ans : l'Espagne et la France tenaient seules pour le pape...


Citation n°4 de Prosper de BARANTE (Histoire des ducs de Bourgogne de la maison de Valois : 1364-1477)

...tout âge, de tout sexe et de tout état, prenaient déjà le chemin de Rome pour y aller gagner les indulgences promises à cette solennelle époque. Ce n'était pas à dire pour cela qu'on se rangeât à l'obédience de Boniface, mais la ville de Rome était toujours regardée comme la sainte capitale de la chrétienté. Le conseil du roi considéra que ces pèlerinages pourraient être si nombreux, que le royaume se...


Citation n°5 de Prosper de BARANTE (Histoire des ducs de Bourgogne de la maison de Valois : 1364-1477)

...en Flandre préparer le siége de Calais, et le duc d'Orléans, de se rendre dans la Guyenne. L'état du roi allait toujours empirant : il retomba malade peu après qu'il eut signé la restitution d'obédience, eut quelques bons intervalles vers la fin du mois de juin, puis demeura sans raison jusqu'au mois de décembre. On prenait beaucoup moins de soin de lui, et l'on n'espérait plus le guérir. Cependant...


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