Obéir (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

XII e siècle. Emprunté du latin oboedire, de même sens, lui-même dérivé de audire, « entendre ».
1. Se soumettre à la volonté d'une personne, exécuter ses ordres. Obéir à ses parents. Commandez et j'obéirai. Il n'a fait qu' à vos ordres. Il sait se faire de ses subordonnés. Ce chien obéit à la voix de son maître. Par ext. Obéir aux lois, s'y soumettre. Absolt. Pour bien commander, il faut avoir obéi. Expr. Obéir, se faire au doigt et à l'œil, aveuglément, au moindre signe. Obéir de gré ou de force. Obéir ayant été autrefois transitif, il s'emploie aussi à la voix passive. Être obéi. J'entends être obéi sur-le-champ. Vous serez obéi. Il est obéi de ses élèves. Se dit spécialement des peuples, des provinces, des villes, etc., qui sont dans un état de dépendance à l'égard d'une autorité souveraine. Les peuples soumis qui obéissaient à l'Empire romain.
2. Fig. Céder, se soumettre à quelque chose. Obéir à la volonté divine. Obéir à la contrainte, à la nécessité. Obéir à sa nature. Obéir à un sentiment, à une impulsion. La bête obéit à ses instincts. Ce cheval obéit bien aux aides, il se laisse gouverner, manier aisément.
3. Par anal. En parlant de choses. Être soumis à, subir l'action de. Les corps obéissent à la loi de l'attraction, de la gravitation. Le travail de la terre obéit au cycle des saisons. Obéir à la barre, au gouvernail, prendre une direction nouvelle sous l'impulsion du gouvernail. L'avion n'obéissait plus aux commandes.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Se soumettre à la volonté, aux ordres de quelqu'un, et les exécuter. "Obéir à Dieu, aux lois. Commandez et j'obéirai. Il a obéi à vos ordres. Il sait bien se faire . Il obéit aveuglément. Pour bien commander, il faut avoir obéi. Obéir de gré ou de force. Ce chien, ce cheval obéit docilement à la voix de son maître." Le participe passé s'emploie au sens passif. "Être obéi. Vous serez obéi."
Il signifie aussi, figurément, Céder à. "Obéir à la force, à la nécessité. Obéir à l'instinct, à sa nature."
"Ce cheval obéit bien à l'éperon, à la main, aux aides," Il se laisse gouverner, manier aisément.
OBÉIR se dit aussi des Peuples, des provinces, des villes qui sont soumises à l'autorité d'un prince, d'un État. "Les provinces qui obéissent au roi. Les peuples qui obéissaient à l'empire romain."
Il signifie encore, en parlant des Choses, Être soumis à, subir l'action de. "Les corps obéissent à la loi de l'attraction, de la gravitation, etc.," Ils suivent les mouvements qui leur sont imprimés par celles de leurs propriétés naturelles qu'on nomme Attraction, Gravitation, etc.
En termes de Marine, "Obéir à la barre, au gouvernail," Prendre une direction nouvelle sous l'impulsion du gouvernail.



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Faire ce que veut un autre, faire ce qui est commandé.
CORN.: « Qui ne peut être aimé, se peut faire obéir »
CORN.: « Comme Phorbas avait mal obéi.... »
PASC.: « Il est meilleur d'obéir à Dieu qu'aux hommes »
PASC.: « Il serait bon qu'on obéît aux lois et coutumes, parce qu'elles sont lois.... qu'ainsi il faut seulement suivre les reçues : par ce moyen on ne les quitterait jamais »
BOSSUET: « Le prince obéit à la décision d'un sage religieux »
FLÉCH.: « Madame la Dauphine, éloignée de toute curiosité et présomption, ne savait que deux choses : obéir et croire »
BOILEAU: « La rime est une esclave et ne doit qu'obéir »
RAC.: « Et, l'amour seul alors se faisant obéir, Vous m'aimeriez, madame, en me voulant haïr »
RAC.: « La gloire d'obéir est tout ce qu'on nous laisse »
RAC.: « Vous avez entendu ce que je vous demande, Madame : je le veux et je vous le commande, Obéissez »
MONTESQ.: « Quoique je les [les femmes d'un sérail] garde pour un autre, le plaisir de me faire obéir me donne une joie secrète »
J. J. ROUSS.: « Un peuple libre obéit, mais il ne sert pas ; il a des chefs, et non pas des maîtres ; il obéit aux lois, mais il n'obéit qu'aux lois ; et c'est par la force des lois qu'il n'obéit pas aux hommes »
DELILLE.: « Eh ! quel bien, dites-moi, vaut le charme suprême D'obéir à son âme et de plaire à soi-même ? »

 2   Être sujet d'un prince.
CORN.: « Sans lui j'obéirais où je donne la loi »
BOSSUET: « Écoutez la suite de la prophétie : je veux que ces peuples lui obéissent, et qu'ils obéissent encore à son fils, jusqu'à ce que le temps des uns et des autres vienne »
RAC.: « Trézène m'obéit »
ID.: « Ainsi par le destin nos voeux sont traversés, J'obéissais alors, et vous obéissez »
MONTESQ.: « Plus heureux d'obéir à une nation barbare qu'à un gouvernement corrompu »
VOLT.: « Pour qu'on vous obéisse, obéissez aux lois »

 3   Il se dit des animaux. Le chien obéit à son maître. Le chat n'obéit pas.
RAC.: « Ces superbes coursiers qu'on voyait autrefois Pleins d'une ardeur si noble obéir à sa voix »
    Ce cheval obéit bien à l'éperon, à la main, aux aides, il se laisse gouverner, manier aisément.

 4   Faire ce à quoi on est contraint par une certaine nécessité. Obéir à la force. Obéir à la nécessité. Il faut que les passions obéissent à la raison.
    S'obéir à soi-même, suivre les conseils qu'on reçoit de sa propre raison.
BOSSUET: « La volonté commande, et elle-même qui commande ne s'obéit pas ; éternel obstacle à ses désirs propres, elle est toujours aux mains avec ses propres désirs »

 5   Fig. En parlant des choses inanimées, céder, plier. L'osier obéit. Ce bois obéit sans se rompre.
RAC.: « Tel qu'un ruisseau docile Obéit à la main qui détourne son cours »
SAUSSURE: « Cette pierre n'est point schisteuse ; elle obéit très bien au ciseau »
    Il se dit aussi des choses qui cèdent aux lois, aux forces naturelles. Les corps obéissent à la gravitation.
CONDIL.: « C'est ainsi qu'obéissant aux deux forces combinées, ce corps descendra comme il est monté, c'est-à-dire de diagonale en diagonale, jusqu'au point le plus bas »
GIRARD: « Ce levier obéissant à des contre-poids suspendus extérieurement au bras opposé »
    Terme de marine. Obéir à la barre, au gouvernail, céder à l'effort que fait le gouvernail pour changer la direction de la route.

 6   Se dit, à plusieurs jeux de cartes, de l'action de celui qui fournit la couleur demandée.

 7   Obéir est un verbe neutre dont, par exception, le participe passé se prend au sens passif.
BOSSUET: « À quoi la force doit-elle servir qu'à défendre la raison ? et pourquoi commandent les hommes si ce n'est pour faire que Dieu soit obéi ? »
BOURDAL.: « Il y a des hommes qui doivent être obéis par d'autres hommes et servis par d'autres hommes »
MAINTENON: « Il est dangereux de l'habituer [Louis XV enfant] à obéir aveuglément : car ou il serait gouverné, ou il voudrait être obéi de même »
RAC.: « Quand vous commanderez, vous serez obéi »
VOLT.: « Lorsque vous aviez cette passion furieuse, votre volonté n'était plus obéie par vos sens »
J. J. ROUSS.: « La nature a fait les enfants pour être aimés et secourus ; mais les a-t-elle faits pour être obéis et craints ? »

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Th. le mart. 38: Ço que reis volt [veut] est leis, ço dient li alquant ; As terriens seignurs sunt tuit obeisant
     ib. 27: Clerc ne deivent, fait-il, à voz leiz obeir
    XIIIème siècle
     Ms. de poés. franç. avant 1300, t. III, p. 1196, dans LACURNE: Cil a le cuer et felon et salvage, Ki vers amours ne se veut obeir
     Liv. des mét. 365: Et que en quelque lieu ou joustice que il se transporteront dedans la vicomté de Paris, oiberront aus mestres du mestier de Paris
BEAUMANOIR: « Il doivent obeir à le [la] requeste de lor sougès »
    XIVème siècle
LANFRANC: « Lesquels [ligaments de la tête et du col] se ilz fussent fors, ilz n'obeisissent pas legierement à mouvement »
LANFRANC: « Ce sang [épanché sur la dure-mère dans les plaies de tête] n'est pas englué en la substance de la mere si comme en appostumes ; pour quoy il obeit plus à l'expulsion de nature, et mieulx obeit à l'atraction de medecine »
     Ménagier, I, 6: Il n'est nul si meschant mary qui ne veuille estre obei de sa femme
DU CANGE: « Icellui Thibaut respondi que il obeissoit [s'engageait] à paier le dit Chiviere, s'il lui estoit en aucune chose tenuz »
    XVIème siècle
PARÉ: « Comme un feutre ou balle de laine, qui obeit doucement aux choses qui l'attouchent »
RONS.: « Je suis fol, ma raison n'obeyt plus au frein »

ÉTYMOLOGIE
    Bourguig. oboïtre ; provenç. obedir, obezir ; catal. obeir ; ital. ubbidire ; du lat. obedire ; l'orthographe archaïque en est oboedire, de ob, et audire, écouter ; oe se rattache à l'u de audire, comme dans moenia et munire, poena et punire.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Se soumettre à la volonté, aux ordres de quelqu'un, et les exécuter. "Obéir à Dieu, aux lois, au prince, au magistrat. Obéir à justice. Commandez et j'obéirai. Obéir aux ordres de quelqu'un. Il sait bien se faire . Il s'est fait par force. Il obéit aveuglément. Pour bien commander, il faut avoir obéi. Obéir de gré ou de force. Ce chien, ce cheval obéit docilement à la voix de son maître. Il veut être obéi." Dans ce dernier exemple, "obéi" est participe passif, comme si "Obéir" était verbe actif.
Fig., "Obéir à la force, à la nécessité," Faire ce que la force, ce que la nécessité contraint de faire.
Fig., "Il faut que les passions obéissent à la raison," Il faut que les passions soient soumises, soient assujetties à la raison.
Fig., "Les corps obéissent à la loi de l'attraction, de la gravitation, etc.," Ils suivent les mouvements qui leur sont imprimés par celles de leurs propriétés naturelles qu'on nomme Attraction, Gravitation, etc.
Fig., "Ce cheval obéit bien à l'éperon, à la main, aux aides," Il se laisse gouverner, manier aisément.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi Des peuples, des provinces, des villes qui sont soumises à l'autorité d'un prince, d'un État. "Les provinces qui obéissent au roi. Les peuples qui obéissaient à l'empire romain."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



figurément et en parlant De choses inanimées, signifie, Céder, plier. "L'acier obéit plus que le fer. Du fer qui obéit sous le marteau. Une lame d'épée qui obéit. L'osier obéit. Ce bois obéit sans se rompre, sans se casser."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Se soumettre à la volonté, aux ordres de quelqu'un, et les exécuter. "Obéir à Dieu. Obéir aux Lois. Obéir à un Prince. Obéir au Magistrat. Il n'obéit pas aux Arrêts. Obéir à Justice. Commandez et J'obéirai. Il sait bien se faire . Il s'est fait par force. Il obéit aveuglément. Pour bien commander, il faut avoir obéi".
On dit, "Obéir à la force, à la" "nécessité", pour dire, Faire ce que la force, ce que la nécessité contraint de faire.
On dit figurément, qu'"Il faut que les passions obéissent à la raison," pour dire, qu'Il faut que les passions soient soumises, soient assujetties à la raison.



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Obéir, signifie aussi, Être sujet d'un Prince, d'un État. "Les Provinces qui obéissent au Roi. Les peuples qui obéissoient à l'Empire Romain". En ce sens, il ne se dit point Des personnes particulières, mais seulement des Peuples, des Provinces, des Villes.
En parlant d'Un cheval qui se laisse manier aisément, on dit, qu'"Il obéit bien à l'éperon, à la main".



3ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Obéir, signifie figurément, Céder, plier; et il se dit Des choses inanimées. "L'acier obéit plus que le fer. Du fer qui obéit sous le marteau. Une lame d'épée qui obéit. L'osier obéit. Il obéit sans se rompre, sans se casser".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Se soumettre à la volonté, aux ordres de quelqu'un, & les exécuter. "Obéir à Dieu. Obéir aux Lois. Obéir à un Prince. Obéir au Magistrat. Il n'obéit pas aux Arrêts. Obéir à Justice. Commandez & j'obéirai. Il sait bien se faire . Il s'est fait par force. Il obéit aveuglément. Pour bien commander, il faut avoir obéi."
On dit, "Obéir à la force, à la nécessité," pour dire, Faire ce que la force, ce que la nécessité contraint de faire.
On dit figurément, qu'"Il faut que les passions obéissent à la raison," pour dire, qu'Il faut que les passions soient soumises, soient assujetties à la raison.



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



signifie aussi, Être sujet d'un Prince, d'un État. "Les Provinces qui obéissent au Roi. Les peuples qui obéissoient à l'Empire Romain." En ce sens il ne se dit point des personnes particulières, mais seulement des Peuples, des Provinces, des Villes.
En parlant d'Un cheval qui se laisse manier aisément, on dit qu'"Il obéit bien à l'éperon, à la main."
Il signifie figurément, Céder, plier; & il se dit des choses inanimées. "L'acier obéit plus que le fer. Du fer qui obéit sous le marteau. Une lame d'épée qui obéit. L'osier obéit. Il obéit sans se rompre, sans se casser."




Emplacement dans le dictionnaire :

oasite
oba
obconique
obédience
obedience
obédiencier
obédientiel
obeir
obéïr
obéir
obeissance
obeïssance
obéissance
obeïssant
obéissant
obel
obélisque
obelisque
oberer
obérer
obèse


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