Payé (part. passé)


Dictionnaire d'Emile Littré

Part. Passé 



 1   Acquitté, en parlant d'une dette. Une forte somme payée par le débiteur.
    Cela est bien payé, n'est pas payé, se dit d'une chose dont on offre tout ce qu'elle vaut, ou moins cher qu'elle ne vaut.
    Une fois payé, se dit pour exprimer qu'on est quitte de toute demande nouvelle ou réclamation.
VOLT.: « Je ne puis assez admirer votre désintéressement de me sacrifier de si grands intérêts pour la somme de 3000 livres, une fois payée »
    Payé cent francs à valoir. Quand payé est ainsi placé avant le nom, il n'y a point d'accord.

 2   Il se dit de celui à qui l'on devait. Des créanciers payés jusqu'au dernier.
FLÉCH.: « Il disait quelquefois que les ambitieux que l'on loue tant étaient des glorieux qui font des bassesses, ou des mercenaires qui veulent être payés »
VOLT.: « Bellone va réduire en cendres Les courtines de Philipsbourg Par cinquante mille Alexandres Payés à quatre sous par jour »
MASSON: « Vers sa gauche, le prince a ces bandes vénales Qui vinrent, pour de l'or, sous ses lois se ranger ; Vingt peuples différents et d'armes inégales Composent ce ramas payé pour égorger »

 3   Fig. Qui a reçu un juste dédommagement.
CORN.: « L'amant est trop payé quand son service oblige »
MAINTENON: « Allez la voir, je vous prie : et vous serez payée de toutes vos peines »
MASS.: « Un instant de contrainte qui doit être payé d'une félicité sans fin et sans mesure »
    Ironiquement. Qui a reçu un juste châtiment.
MOL.: « Ma foi, chevalier, tu en tiens, et te voilà payé de ta raillerie »
VOLT.: « M. de Pompignan attaqua tous les gens de lettres dans son discours à l'Académie ; il en a été payé »
    Il est payé pour, c'est-à-dire il a fait une assez triste expérience de la chose pour...
D'ALEMB.: « Il est pourtant payé pour en être moins étonné qu'un autre ; car il n'a que trop bien appris combien les hommes sont méchants, injustes et cruels »
    Il n'est pas payé pour..., c'est-à-dire il a de justes raisons pour ne pas...
DIDER.: « Ceux qui ne connaissent Mme d'Holbach que sur la parole de M. Suard ne la connaissent point, parce que M. Suard n'était pas payé pour en dire du bien »

 4   Plus payé, voy. PLUS.

PROVERBE Tant tenu, tant payé, c'est-à-dire il faut payer à proportion des services ; et fig. rendre juste la pareille.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française



"Une somme e. Des créanciers, des ouvriers s. De la marchandise e. Une lettre de change e."
Subst., "Plus-payé." Voyez PLUS.
"Cela est bien , n'est pas ," se dit D'une chose, d'une marchandise dont on donne tout ce qu'elle vaut, ou dont on n'offre pas la valeur.
Prov., "Tant tenu, tant ," se dit Pour exprimer que le service d'une personne, ou que l'usage d'une chose, a été ou sera en raison de sa durée.
Prov., "Je suis pour cela," J'ai fait, à mes dépens, l'expérience de ce que telle chose a de dangereux, de nuisible, de désagréable. "Je ne retournerai plus dans cette maison, je suis pour cela. Il ne fréquentera plus ces étourdis, il est pour cela." On dit de même, "Il n'est pas pour aimer cet homme, pour se fier à cet homme."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)



"Il a été bien de sa peine".
On dit figurément et familièrement, qu'"Un homme a été bien de quelque" "injure qu'il a dite à un autre," ou "de quelque insulte qu'il lui a faite," pour dire, qu'Il en a été bien puni, qu'on s'en est bien vengé sur lui.
On dit proverbialement, "Tant tenu, tant ," pour dire, qu'On ne doit de salaire à un ouvrier qu'à proportion du temps qu'on l'a fait travailler. Et pour signifier, qu'On n'est pas obligé à faire quelque chose, on dit aussi proverbialement, qu'"On n'est pas pour cela;" et pour dire, qu'On a lieu de se repentir d'avoir rendu service, "J'en suis plaisamment ". On dit absolument, "Il est ," pour dire, Il a ce qu'il mérite.
On dit aussi, "Cela est bien , cela n'est pas ," pour dire, qu'On donne d'une chose tout ce qu'elle vaut, ou qu'on n'en offre pas la valeur.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



.
On dit figurément & familièrement, qu'"Un homme a été bien de quelque injure qu'il a" "dite à un autre," ou "de quelque insulte qu'il lui a faite," pour dire, qu'Il en a été bien puni, qu'on s'en est bien vengé sur lui.
On dit proverbialement, "Tant tenu, tant ," pour dire, qu'On ne doit de salaire à un ouvrier qu'à proportion du temps qu'on l'a fait travailler. Et pour signifier, qu'On n'est pas obligé à faire quelque chose, on dit aussi proverbialement, qu'"On n'est pas pour cela."



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)



Il a les significations de son verbe.
On dit prov. "Tant tenu, tant ," pour dire, qu'On ne doit de salaire à un ouvrier qu'à proportion du temps qu'on l'a fait travailler. Et proverb. pour dire, qu'On n'est pas obligé à faire quelque chose, on dit qu'"On n'est pas pour cela".




Emplacement dans le dictionnaire :

paveur
pavillon
pavillonné
pavion
pavois
pavoiser
pavot cornu
payable
payant
payé
paye
payelle
payement
payen
payer
pays
paysage
paysager
paysan
pda
peabody


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