Pouvoir (verbe, nom masculin)
1ère signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
("Je puis" ou "je peux, tu peux, il peut; nous pouvons, vous pouvez, ils peuvent. Je pouvais. Je pus, tu pus, il put; nous pûmes, vous pûtes, ils purent. J'ai pu. Je pourrai. Je pourrais. Que je puisse. Que je pusse. Que j'eusse pu. Pouvant.") Avoir la faculté, être en état de. "Pouvoir marcher. Je pourrais sortir. Je ne puis vous répondre. Je ne peux pas dormir. Il n'a pu réussir dans cette affaire". Quand le pronom "je" doit suivre le verbe, on préfère "puis" à "peux. Puis-je vous être utile?"
"Sauve qui peut", Se sauve qui pourra, se tire du péril qui pourra. "Le cri de sauve qui peut se fit entendre."
Prov., "Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait!" Si la jeunesse avait de l'expérience et que la vieillesse eût de la force!
POUVOIR s'emploie au subjonctif présent par une manière de voeu, de souhait. "Puisse le ciel vous donner de longs jours! Puissiez-vous réussir dans vos projets! Puissent vos projets réussir! Puisse-t-il arriver bientôt!"
POUVOIR se dit encore pour marquer la possibilité de quelque événement, de quelque dessein. "Un accident pourrait arriver. Cela se peut faire. Cela pourrait bien être. Cela se peut. Cela ne se peut pas. Il pourrait bien en mourir".
Il s'emploie impersonnellement soit seul, soit avec le pronom Se, dans cette acception. "Il se peut que votre projet réussisse. Il pourra venir un temps meilleur. Il pourra, il pourrait arriver que... Il se pourrait que..."
"Peut-être". Voyez cette expression à son rang alphabétique.
POUVOIR s'emploie aussi transitivement et signifie Avoir l'autorité, le crédit, le moyen, la faculté, etc., de faire. Vous pouvez tout sur lui, sur son esprit. Si je puis quelque chose pour votre service, je m'y emploierai avec joie. C'est un homme qui peut beaucoup dans l'affaire dont il s'agit. Je ne puis rien en cela. Il peut tout ce qu'il veut. Je ne puis pas y aller.
On ne peut plus, on ne peut mieux, Il n'est pas possible de faire ou d'être plus, de faire ou d'être mieux. "Il est on ne peut plus aimable. Il s'y conduisit on ne peut mieux."
"N'en pouvoir plus, N'en plus pouvoir", Être dans un accablement causé soit par la vieillesse, soit par la maladie, soit par la fatigue, le travail, la faim, la soif, ou encore par la souffrance morale, l'inquiétude, le chagrin. "Je n'en puis plus. Il est fatigué à n'en pouvoir plus. Il est accablé de travail, il n'en peut plus. Je n'en puis plus de soif, de lassitude. Quand il est arrivé chez lui, il n'en pouvait plus. J'ai trop souffert, je n'en puis plus. Après tout ce qu'il a enduré, il n'en peut plus. Ce cheval n'en peut plus."
"N'en pouvoir mais", Ne pouvoir plus ou N'y rien pouvoir. "Je suis désolé de ce qui arrive : je n'en peux mais, je n'en puis mais".
2ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Nom masculin |
Faculté de faire. En ce sens il ne se dit qu'au singulier. "Je n'ai ni le pouvoir ni la volonté de vous nuire. Je n'en ai pas le pouvoir. Il est en pouvoir d'obliger."
"Avoir une chose en son pouvoir" signifie aussi La posséder, en avoir la possession. "La plupart des choses que nous avons en notre pouvoir cessent de nous plaire".
POUVOIR signifie spécialement, en termes de Physique, Propriété. "Pouvoir absorbant. Pouvoir émissif."
Il se dit encore spécialement, en termes de Jurisprudence, de la Capacité de faire une chose. "Un fou, un mineur n'ont pas pouvoir de faire un testament".
POUVOIR signifie encore Droit, faculté d'agir pour un autre, en vertu de l'ordre, du mandat qu'on en a reçu, soit verbalement, soit par écrit. "J'ai pouvoir de lui. Agir en vertu de pouvoir. Donner un pouvoir limité. Il lui a donné pouvoir d'acheter une maison, un domaine. Il fit cet achat de tableaux pour un tel, suivant le pouvoir qu'il en avait".
"Être fondé de pouvoir, de pouvoirs", Avoir reçu d'une personne l'autorisation de suivre une affaire à sa place. Substantivement, "Un fondé de pouvoir, de pouvoirs".
POUVOIR désigne spécialement, en termes de Jurisprudence, l'Acte par lequel on donne pouvoir d'agir, de faire, etc.; et, en ce sens, il se met souvent au pluriel. "Il a donné un pouvoir à son homme d'affaires; il lui a donné un pouvoir fort étendu. J'ai un pouvoir, un bon pouvoir par-devant notaire. J'ai montré, j'ai communiqué mon pouvoir. Le notaire étant chargé des pouvoirs de toutes les parties. Les ambassadeurs se sont communiqué leurs pouvoirs. Il a reçu pleins pouvoirs. Ce ministre a plein pouvoir pour traiter de la paix. Votre pouvoir n'est pas en bonne forme. Cela excède vos pouvoirs. Il a outrepassé ses pouvoirs. Procéder à la vérification des pouvoirs. Ses pouvoirs ont été vérifiés et ont été trouvés en règle."
"Bon pour pouvoir", Formule qui s'emploie dans certains actes donnant pouvoir à quelqu'un et qui se met avant la signature.
POUVOIR signifie encore Puissance, autorité, droit de commander. "Pouvoir absolu, arbitraire, tyrannique, illimité. Pouvoir sans bornes. Abuser de son pouvoir. Commettre un abus de pouvoir. Parvenir au pouvoir. Aimer le pouvoir. Affermir son pouvoir. Limiter son pouvoir. Ambitionner le pouvoir. Les dépositaires du pouvoir. Usurper le pouvoir suprême. Faire sentir son pouvoir. Exercer le pouvoir. Pouvoir royal. Pouvoir législatif, exécutif, judiciaire. La division des pouvoirs. La lutte des pouvoirs. Le pouvoir paternel. Le pouvoir temporel, le pouvoir spirituel du pape."
"Être en pouvoir de mari" se dit d'une Femme qui ne peut faire aucun acte sans autorisation de son mari.
POUVOIR se dit quelquefois des Personnes mêmes qui sont investies du pouvoir, de l'autorité politique. "Flatter, encenser le pouvoir." Il se dit aussi au pluriel. "Les pouvoirs publics."
Il signifie aussi Crédit, empire, ascendant. En ce sens il ne se dit qu'au singulier. "Il a beaucoup de pouvoir dans cette maison. Il a beaucoup de pouvoir auprès du ministre, sur l'esprit du ministre. Il n'a pas de pouvoir sur lui-même, sur ses passions. Il exerce un grand pouvoir sur les esprits".
POUVOIRS, au pluriel, et en termes de Discipline ecclésiastique, désigne le Pouvoir de confesser donné à un prêtre par son évêque. "Ce prêtre a des pouvoirs. Il n'a pas pris de pouvoirs. On lui a refusé les pouvoirs. On lui a retiré ses pouvoirs."
1ère définition d'Emile Littré
1 Avoir la faculté de, être en état de.
CORN.: « Chimène : Va, je ne te hais point. - Rodrigue : Tu le dois. - Chimène : Je ne puis »
MOL.: « Et quand je vous demande après quel est cet homme [à qui vous venez de faire tant d'amitiés], à peine pouvez-vous dire comme il se nomme »
MOL.: « Il faut bien.... Répondre comme on peut à ses empressements »
MOL.: « Je me vois dans l'estime autant qu'on y peut être, Fort aimé du beau sexe, et bien auprès du maître ; Je crois qu'avec cela, mon cher marquis, je croi Qu'on peut par tout pays être content de soi »
BOILEAU: « Sans songer où je vais, je me sauve où je puis »
RAC.: « Par quel gage éclatant et digne d'un grand roi Puis-je récompenser le mérite et la foi ? »
RAC.: « Dans leur sang odieux [des Romains] j'ai pu tremper mes mains »
LA BRUY.: « L'on peut s'enrichir dans quelque art, ou dans quelque commerce que ce soit, par l'ostentation d'une certaine probité »
VOLT.: « Gouverne qui peut ; et, quand on est parvenu à être le maître, on gouverne comme on peut »
Elliptiquement, après un verbe à l'impératif : qui peut, celui qui peut. Sauve qui peut ! se tire du péril qui pourra !
On dit par une construction analogue : le fera qui pourra, c'est-à-dire celui qui pourra le faire le fera.
GRESSET: « Je ne m'ennuierai point pour ma chère moitié ; Aimera qui pourra »
On ne peut être.... on ne peut faire.... il est impossible d'être.... de faire....
VOLT.: « On ne pouvait pas avoir été plus mal pendu que je l'avais été »
Au tric-trac, jan qui ne peut (voy. JAN 1).
Je ne puis qu'y faire, je n'ai aucun moyen d'empêcher la chose dont il s'agit.
MOL.: « Je vois bien que j'ai tort, mais je n'y puis que faire »
2 Ne pouvoir pas que.... ne..., ou ne pouvoir que.... ne.... (avec le subjonctif), être dans l'impossibilité de ne pas....
BALZ.: « Je ne puis, monseigneur, qu'au milieu de mes maux je ne m'estime fort heureux »
CORN.: « Je ne puis, cher ami, qu'avec toi je ne rie Des subtiles raisons de sa poltronnerie »
MOL.: « Vous ne pouvez pas que vous n'ayez raison »
SÉV.: « Je ne puis, ma bonne, que je ne sois en peine de vous, quand je songe.... »
BOSSUET: « Je ne puis que je n'admire cette modestie »
BOILEAU: « Je ne puis cette fois que je ne les excuse »
Ne pouvoir que ne, avec un nom de chose pour sujet, ne pouvoir point ne pas.
CORN.: « Ce reproche vraiment ne peut qu'il ne m'étonne »
Auteurs déguisés, p. 63: La nouvelle ne put qu'elle ne causât quelque mouvement dans la faculté de théologie
3 En parlant des choses, être capable de.
FLÉCH.: « Si la réputation et la vertu pouvaient dispenser de la loi commune, l'illustre Julie vivrait encore »
FLÉCH.: « Plus le prince [fils de Louis XIV] qu'il gouvernait avait de bonté et de docilité naturelle, plus il éloignait tout ce qui pouvait le corrompre »
RAC.: « L'honneur seul peut flatter un esprit généreux »
L. RAC.: « Rien ne peut prospérer sur des terres ingrates »
STAAL: « Le vrai est comme il peut, et n'a de mérite que d'être ce qu'il est »
C. DELAV.: « Tu sais qu'un mot de moi peut donner le trépas »
4 Avoir la permission, la liberté de.
CORN.: « Puis-je me plaindre a vous d'un retour inégal.... »
RAC.: « Cependant aujourd'hui puis-je vous demander Quels amis vous avez prêts à vous seconder ? »
5 Souvent il exprime le doute, la possibilité.
Avec un nom de personne pour sujet.
CORN.: « Non, non, ce cher objet à qui j'ai pu déplaire »
FLÉCH.: « On pouvait le prévenir, mais on ne pouvait le corrompre »
RAC.: « Pourriez-vous n'être plus ce superbe Hippolyte, Implacable ennemi des amoureuses lois.... »
RAC.: « Oenone, il peut quitter cet orgueil qui te blesse »
VOLT.: « Il rit de cette perfidie [enlever une maîtresse à un autre], Et j'aurais pu m'en courroucer ; Mais je sais qu'il faut se passer Des bagatelles dans la vie »
STAËL: « Pouvant mourir dans peu d'instants, il ne disait pas un mot qui fût religieux ni sensible »
Avec un nom de chose pour sujet.
CORN.: « Quelque juste pourtant que puisse être sa peine »
MOL.: « Sganarelle : J'ai une grande inclination pour la fille. - Marphurius : Cela peut être »
DIDER.: « Le traité de Versailles qui durera ce qu'il pourra »
Il se dit aussi impersonnellement en ce sens. Il pourra venir un temps meilleur.
MOL.: « Il en sera ce qu'il pourra »
BOSSUET: « Tout allait comme il pouvait »
D'HOLBACH: « Il ne peut y avoir de moeurs, il ne peut point y avoir de bonne éducation, partout où c'est l'argent et non le talent qui conduit aux grandes places »
Il peut être midi, c'est-à-dire il est probable qu'il est midi.
BERN. DE ST-P.: « Il pouvait être dix heures : je venais d'éteindre ma lampe et de me coucher »
6 Se résoudre à.
CORN.: « Et je puis dans son sein enfoncer un poignard ! »
RAC.: « Et qui peut immoler sa haine à sa patrie, Lui pourrait bien aussi sacrifier sa vie »
RAC.: « Lui qui me fut si cher, et qui m'a pu trahir ! »
VOLT.: « Tyrans que j'ai vaincus, je pourrais vous servir ! Peuples que j'ai sauvés, je pourrais vous trahir ! »
7 Cette salle est grande, il y peut cent personnes, il y a place pour cent personnes.
VAUGEL.: « On se sert de ce verbe d'une façon bien étrange, qui néanmoins est si ordinaire à la cour, qu'il est certain qu'elle est très française ; on dit en parlant d'une table ou d'un carrosse : il y peut huit personnes, pour dire il y a place pour huit personnes, ou il y peut tenir huit personnes »
8 Au subjonctif, il sert à exprimer un voeu, un souhait ; alors il se met en tête de la phrase, avec son sujet après lui.
CORN.: « Puissent tous ses voisins [de Rome] ensemble conjurés Saper ses fondements encor mal assurés.... Puissé-je de mes yeux y voir tomber ce foudre.... »
RAC.: « Vos yeux me reverront dans Oreste mon frère ; Puisse-t-il être, hélas ! moins funeste à sa mère ! »
RAC.: « Puisse périr comme eux quiconque leur ressemble ! »
Avec un nom exprimé avant le verbe, il faut ajouter après le verbe un pronom.
RAC.: « Les dieux de ce dessein puissent-ils le distraire ! »
9 Le se peut se placer devant pouvoir, sans que pouvoir soit pour cela verbe réfléchi ; se appartient alors au verbe à l'infinitif qui suit : Il se peut faire, pour il peut se faire.
LA FONT.: « Mais ce champ ne se peut tellement moissonner, Que les derniers venus n'y trouvent à glaner »
FLÉCH.: « Partout où se pouvait étendre son pouvoir, l'oppression et l'injustice n'étaient pas libres »
Dans ce cas, pouvoir se conjugue comme les verbes réfléchis, c'est-à-dire avec le verbe être.
DESCH.: « Je ne voulus point commencer à rejeter tout à fait aucune des opinions qui s'étaient pu glisser autrefois en ma créance sans y avoir été introduites par la raison »
D'ABLANCOURT: « Je m'imagine que tu ne t'es pu empêcher de rire »
PASC.: « Un embarras qui a continué et qui ne s'est pu débrouiller »
10 V. a. Avoir l'autorité, le crédit, le moyen, etc.
BALZ.: « Sachant ce que vous pouvez.... je ne me mets plus en peine de mon intérêt »
BOSSUET: « Sous lui [Louis XIV], la France a appris à se connaître.. . si les Français peuvent tout, c'est que leur rot est partout leur capitaine »
RAC.: « J'ai vengé l'univers autant que je l'ai pu »
RAC.: « Vous pouvez sur Pyrrhus ce que j'ai pu sur lui [Hector] »
RAC.: « Que peuvent contre lui [Dieu] tous les rois de la terre ? »
FÉN.: « Je lui demandai en quoi consistait l'autorité du roi, et il me répondit : il peut tout sur les peuples ; mais les lois peuvent tout sur lui »
FONTEN.: « Peut-être ne ferait-on pas tout ce qu'on peut, sans l'espérance de faire plus qu'on ne pourra »
BARON: « Lorsqu'on ne peut, monsieur, faire ce que l'on veut, Il faudrait essayer à vouloir ce qu'on peut »
BUFF.: « L'homme ne peut rien sur le produit de la création ; il ne peut rien sur les mouvements des corps célestes, sur les révolutions de ce globe qu'il habite ; il ne peut rien sur les animaux, les végétaux, les minéraux en général ; il ne peut que sur les individus »
BARTHÉL.: « Ils raisonnent comme s'ils ne pouvaient rien ; ils agissent comme s'ils pouvaient tout »
Absolument.
CORN.: « Lui seul pouvait pour soi, cédez alors qu'il tombe »
BARTHÉL.: « Adieu, madame, adieu, je n'ai pu davantage »
11 Il se dit, en un sens analogue, des choses qui exercent une action.
CORN.: « Ce que n'a pu jamais combat, siége, embuscade, Ce que n'a pu jamais Aragon, ni Grenade »
CORN.: « Essayez sur Cinna ce que peut la clémence »
PASC.: « La violence et la vérité ne peuvent rien l'une sur l'autre »
BOSSUET: « La fortune ne pouvait rien sur elle : ni les maux qu'elle a prévus, ni ceux qui l'ont surprise, n'ont abattu son courage »
RAC.: « Mais que peuvent pour lui vos inutiles soins ? »
ROLLIN: « On ne saurait comprendre ce que peut sur les esprits une parole, un air de bonté, un regard du général, dans un jour d'action »
12 On ne peut rien de plus habile, de plus plaisant, etc.
SÉV.: « que..., c'est-à-dire on ne peut faire, on ne peut dire rien de plus.... On ne peut rien de plus plaisant que ce que vous dites »
SÉV.: « On ne peut rien de plus joli que toutes vos imaginations »
VOLT.: « On ne peut certainement rien de plus fort que ce que dit Votre Altesse Royale pour prouver la nécessité absolue »
BERN. DE ST-P.: « On ne peut rien de plus précis, pour prouver l'innocence naturelle de l'homme »
13 Les mots beaucoup, peu, plus moins, construits avec pouvoir, doivent être considérés comme les régimes directs de ce verbe, qui reste actif.
BALZ.: « Pouvant beaucoup sur l'esprit du roi comme vous pouvez »
DESC.: « Commençant dès lors à ne compter pour rien les miennes propres [opinions], à cause que je les voulais remettre toutes à l'examen, j'étais assuré de ne pouvoir mieux que de suivre celle des mieux sensés »
CORN.: « Mais sur le grand César je puis fort peu de chose »
VOLT.: « Et l'État qu'il soutient ne pouvait moins pour lui »
On ne peut plus, on ne peut mieux, c'est-à-dire il n'est pas possible de faire plus, de faire mieux.
MARIV.: « Vous voilà on ne peut pas mieux, ajouta-t-elle en me prenant par la main pour me faire asseoir »
CONDIL.: « Les métaphysiciens plagiaires sont on ne peut pas plus communs »
14 N'en pouvoir plus, être fatigué, abattu, sans force.
SACI: « Donnez, je vous prie, du pain à ceux qui sont avec moi, parce qu'ils n'en peuvent plus »
LA FONT.: « Enfin, n'en pouvant plus d'effort et de douleur, Il met bas son fagot »
SÉV.: « J'ai le coeur serré à n'en pouvoir plus, quand je suis dans cette grande chambre où j'ai tant vu ma très chère et très aimable enfant »
BOSSUET: « L'empire d'Occident n'en pouvait plus »
HAMILT.: « Ce pauvre garçon n'en pouvait plus d'amour pour elle »
VOLT.: « L'horreur pour le fanatisme s'introduit dans tous les esprits éclairés... je ne suis plus bon à rien ; je suis comme ce Danois qui, étant las de tuer à la bataille d'Hochstett, disait à un Anglais : brave Anglais, va-t'en tuer le reste, car je n'en puis plus »
VOLT.: « Candide, n'en pouvant plus [il passait par les verges], demanda en grâce qu'on voulût bien avoir la bonté de lui casser la tête »
VOLT.: « Vous n'en pouvez plus, lui dit-il [Charles XII], mon cher Reichel ; j'ai dormi une heure, je suis frais.... »
N'en pouvant plus que.... avec le verbe au subjonctif, impatient de....
LA FONT.: « À peine tenait-elle à terre, n'en pouvant plus qu'elle ne fût seule pour donner un libre cours à sa joie »
Il n'en peut mais, ce n'est pas sa faute (dans cette locution, mais représente le latin magis).
LA FONT.: « Le malheureux lion se déchire lui-même, .... Bat l'air qui n'en peut mais »
MOL.: « Sur la tentation ai-je quelque crédit, Et puis-je mais, chétif, si le coeur leur en dit ? »
MOL.: « Faut-il de vos chagrins sans cesse à moi vous prendre, Et puis-je mais des soins qu'on ne va pas vous rendre ? »
Tel en pâtit qui n'en peut mais, c'est-à-dire on porte la peine de ce dont on n'est point cause.
15 Se pouvoir, v. réfl. Être possible (mot à mot, être pu ; c'est le réfléchi de pouvoir, actif).
VOIT.: « Avez-vous donc espéré de faire l'impossible, que vous n'êtes pas satisfait d'avoir fait tout ce qui s'est pu ? »
MOL.: « Je ne sais pas si cela se peut ; mais je sais bien que cela est »
Impersonnellement.
MOL.: « Le pauvre : [Mon occupation est] de prier le ciel tout le jour pour la prospérité des gens de bien qui me donnent quelque chose. - D. Juan : Il ne se peut donc pas que tu ne sois bien à ton aise ? »
MOL.: « Il ne se peut rien de plus beau »
DANGEAU: « On ne saurait assez louer tout ce qu'a dit et fait Monsieur le Prince [Condé] jusqu'au dernier moment, et sa mort est, s'il se peut, plus belle que sa vie »
QUIN.: « Se peut-il que Renaud tienne Armide asservie ? »
LA BRUY.: « Il peut haïr les hommes en général, où il y a si peu de vertu ; mais il excuse les particuliers.... et il s'étudie à mériter le moins qu'il se peut une pareille indulgence »
FONT.: « Il se peut que la vue de toutes ces étoiles favorise la rêverie »
Tout ce qui se peut, autant qu'il est possible.
BAYLE: « Les sociniens étaient ignorants, tout ce qui se peut, dans la connaissance des Pères »
16 L'infinitif pris substantivement.
BOSSUET: « Une action que nous faisons ... doit encore venir immédiatement de Dieu, qui étant, comme premier être, cause immédiate de tout être, comme premier agissant doit être cause de toute action ; tellement qu'il fait en nous l'agir même, comme il y fait le pouvoir agir »
PROVERBES
REMARQUE
On dit : je ne puis et je ne puis pas. Dans le premier exemple la négative est moins forte. Je ne puis suppose des embarras, des difficultés, des inconvénients. Je ne puis pas, exprime une impossibilité absolue.
HISTORIQUE
IXème siècle
Serment: In quant Deus savir et podir me dunat [me donne de savoir et de pouvoir]
ib.: Si io returnar non l'int pois [si je ne puis l'en détourner]
Xème siècle
Eulalie: Ne ule cose non la pouret omque pleier [fléchir]
ib. p. 469: E repausar se podist, Fragm. de Valenc. p 468. Que lo posciomes [que nous le puissions]
XIème siècle
St Alexis, XXXII: Ne poet estre altre, turnent el consirrer [à faire ce qui est dit] ; Mais la dolur ne pothent ublier
Ch. de Rol. XVIII: Respond Rolans : j'i puis aler mult bien
ib. LXXIX: Si come il pout [put], du pin est avalet
ib. CCXVIII: Souz ciel n'a [il n'y a] gent qui plus poissent en champ [de bataille]
ib. CCXX: Onze millie chevaliers [ils] poent estre
ib. CCLXXXVI: Il ne poet estre [il est impossible] qu'il seient desevrez
XIIème siècle
Couci, II: [Amour] Me fait chanter de la plus debonaire Qu'on puist au mont [monde] ne vouer ne trouver
ib. III: Diex ! car [je] le [la] peüsse tenir Un seul jour à ma volenté !
ST BERN.: « Par nule raison dewerpir [abandonner] ceu [ce] où li primier puyent [peuvent] mettre lor mains »
XIIIème siècle
VILLEH.: « C'est grant enfance kant li hons [l'homme] ne set refraindre son couraige ; qui plus peut, plus deit soufrir, Proverbes de Seneke le philos. Ceste gent ne puent plus paier »
Berte, III: Chose que on me puist [puisse] à mal blasme atourner
ib. VII: Aliste, se je puis très bien [je] marierai
ib. XIII: Ainsi [ils] l'ont devisé, Diex les puisse honnir
Ren. 1227: Li veneor les chiens atice, Et amoneste durement ; Et Ysengrin bien se deffent ; As denz les mort ; qu'en puet-il mès ?
BEAUMANOIR: « Il fu jugié que noz, de nostre of. fice..., poyons et devions tenir les parties emprisonées »
BEAUMANOIR: « Et c'est bien resons que cil qui a esté à mon conseil ou avocat en me [ma querele, ne puist puis estre contre moi de celle meisme querele »
XIVème siècle
J. DE CONDÉ: « De grises nonains à vous plaindre Nous vencns, qui passer nous vuelent, Et se painent quank'eles puelent »
XVème siècle
FROISS.: « Car bien savoit [le comte de Flandre] que il les [les Gantois] avoit si avant menés que ils n'en pouvoient plus »
FROISS.: « Si manda par des herauts au duc de Normandie son cousin, que bataille se put faire entre eux »
FROISS.: « Une bastide de gros merriens à maniere d'une recueillette, où bien pouvoient mille hommes »
FROISS.: « Et avoient fait charpenter un engin, auquel avoit trois estages, et en chascun estage pouvoient vingt arbalestriers »
FROISS.: « Et estoit l'intention [du roi de France] que [ses gens] se delivrassent de prendre Evreux, ou de l'avoir par composition au plutost que ils pouvissent »
FROISS.: « Quand ils furent tous assemblés à St-Quentin.... ils regarderent quel nombre de gens ils pouvoient estre ; si trouverent qu'ils estoient bien six mille armures de fer... »
E. DESCH.: « Riens ne se puet comparer à Paris ; C'est la cité sur toutes couronnée »
FENIN: « Et laissa de ses gens dedens pour garder que ceux du chastel ne peusissent saillir »
Bouciq. I, 16: Et pour ce que il luy sembloit que il n'en pouvoit assez faire, ne prenoit aussi comme point de repos
COMM.: « Et jamais n'en estoit peu venir à bout »
XVIème siècle
RAB.: « Transportezvous vers luy.... pourra estre que de luy aurez ce que pretendez »
RAB.: « Si eschapper te puis en bonne sorte, Rien ne m'escrips, mais toi mesmes apporte Cette faconde et eloquente bouche »
DU BELLAY: « Peusse-je au moins d'un pinceau plus agile De ces palais les portraits façonner ! »
AMYOT: « J'ay grande pitié de toy, veu que, n'estant point prisonniere, tu puis endurer un si meschant homme que Alexandre »
AMYOT: « Que desormais autant en puisse il prendre à qui voudra telle chose entreprendre »
RONS.: « ....Se pourroit-il bien faire Qu'elle pensast, parlast, ou se souvinst de moy ? »
MARGUER.: « Je ne me suis peu garder d'envoyer ce porteur pour sçavoir de vos nouvelles »
MONT.: « Ce desplaisir se peult signifier par larmes, les autres surpassant tout moyen de se pouvoir exprimer »
MONT.: « Il se pouvoit vanter d'estre.... »
MONT.: « Ce sexe n'y est encores pu arriver »
MONT.: « Sa façon externe pouvoit n'estre pas [n'était peut-être pas] civilisée à la courtisane »
MONT.: « Autant d'hommes qu'il en pourroit en une telle espace »
MONT.: « Si aggravé de.... que nature n'en pouvoit plus »
COTGRAVE: « Contre fortune nul ne peut »
COTGRAVE: « Qui mieux ne peut à sa vieille retourne »
ÉTYMOLOGIE
Bourguig. pôvoi ; wallon, poleur ; provenç. et espagn. poder ; ital. potere ; d'une forme latine potere (1er e long), au lieu de posse, justifiée par le bas-latin poteret pour posset, potemus pour possumus, potebat pour poterat, etc. (voy. DIEZ, à potere). La forme wallone poleur se rapporte à puelent pour peuvent, qui s'est dit dans le Hainaut (voy. l'historique). La forme ancienne est pooir, le v est moderne et de prononciation.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE 1. POUVOIR. - REM. Ajoutez :
2. Dans le XVIème siècle et au commencement du XVIIe, on écrivait peu ce que nous écrivons pu. Régnier l'a fait rimer avec feu : Es cendres d'Alexis amour nourrit le feu Que jamais par mes pleurs éteindre je n'ai peu, Dial. Était-ce une rime pour les yeux, ou prononçait-on en effet peu ?
3. La tournure : il s'est pu faire, vieillit ; et au n° 10 je n'en cite d'exemples que pris chez des écrivains du XVIIe siècle. En voici un du XVIIIe :
VOLT.: « Quiconque s'est pu livrer aux superstitions Elle n'est donc pas tombée en désuétude ; et on peut s'en servir. »
4. Par un gallicisme singulier, mais reçu, on dit : il peut tant de personnes à cette table ; il peut tant de linge en cette armoire. Mais c'est une faute de dire : tant de personnes peuvent à cette table, tant de linge peut en cette armoire. Cette faute ou, si l'on veut, ce provincialisme se rencontre souvent dans la bouche des Normands.
5. Voltaire a dit :
VOLT.: « Peut-être, en vous parlant ainsi, C'est vous donner trop de louanges ; Mais il se pourrait bien aussi Que je fais trop d'honneur aux anges Que je fais ou que je fasse ? cela dépend de l'intention de celui qui parle. L'indicatif est plus affirmatif que ne serait le subjonctif. »
2ème définition d'Emile Littré
| Subst. masculin |
1 Faculté par laquelle on peut ; ce que l'on peut.
CORN.: « Et vous l'allez servir de tout votre pouvoir ? »
PASC.: « Autant qu'il est en notre pouvoir »
Faire son pouvoir, faire ce qu'on peut (on dit aujourd'hui, faire son possible).
CORN.: « J'ai fait mon pouvoir, sire, et n'ai rien obtenu »
MOL.: « Faites votre pouvoir, et nous ferons le nôtre »
Faire son pouvoir à, s'efforcer de, faire tout ce qu'on peut.
CORN.: « J'obéis avec joie, et ferai mon pouvoir à vous dire bientôt ce qui s'en peut savoir »
En pouvoir, à la disposition de.
RÉGNIER: « Nos biens, comme nos maux, sont en notre pouvoir »
VOLT.: « Je viens me mettre en ton pouvoir »
Au pouvoir de, même sens.
SÉV.: « Nous sommes tous si généreux et si bons amis, qu'il ne me paraît pas au pouvoir de l'inconstante fortune de nous faire changer d'avis »
SÉV.: « Ce chevalier de Tac, après avoir tué M. de Schomberg.... pour le prince d'Orange, il n'a pas été à mon pouvoir de rendre sa blessure mortelle »
J. J. ROUSS.: « L'honneur d'un homme comme vous n'est point au pouvoir d'un autre, il est en lui-même et non dans l'opinion du peuple »
En pouvoir de, signifie aussi : avec la faculté de.
MOL.: « Il n'est plus en pouvoir de me faire du mal »
LA BRUY.: « Elle [la véritable grandeur] s'abandonne quelquefois, se néglige, se relâche de ses avantages, toujours en pouvoir de les reprendre et de les faire valoir »
Avoir une personne ou une chose en son pouvoir, avoir la faculté d'en disposer à son gré.
On dit de même : être, tomber au pouvoir de quelqu'un, en son pouvoir.
VOLT.: « En y comprenant les domestiques du roi [Charles XII] et d'autres personnes suivant l'armée, il y en eut 18746 [Suédois] au pouvoir du vainqueur [à Pultawa] »
Avoir une chose en son pouvoir, signifie aussi la posséder.
Une femme en pouvoir de mari, une femme mariée qui ne peut faire aucun acte sans l'autorisation de son mari.
2 Il se dit aussi des choses.
Dict. de l'Acad.: Le feu a le pouvoir de calciner
3 Droit d'agir pour un autre. J'ai pouvoir de lui. Agir en vertu de pouvoir. On lui a donné un pouvoir fort ample.
Être fondé de pouvoir, de pouvoirs, avoir reçu d'une personne l'autorisation de suivre une affaire à sa place.
On dit aussi substantivement : un fondé de pouvoirs.
4 Acte par lequel on donne pouvoir d'agir (en ce sens il se dit souvent au pluriel). J'ai un pouvoir par-devant notaire. Les ambassadeurs se sont communiqué leurs pouvoirs. J'ai montré mon pouvoir, mes pouvoirs. Cela excède vos pouvoirs.
PELLISSON: « Grotius repartit pour aller à La Haye et à Amsterdam se faire donner, comme l'on dit, des pleins pouvoirs »
MAINTENON: « On peut vous donner un plein pouvoir, sans craindre que vous en abusiez »
Il a reçu des pleins pouvoirs ou de pleins pouvoirs, suivant que l'on considère pleins pouvoirs comme deux mots ou comme un seul mot.
5 Autorité, empire. Le pouvoir paternel.
VOIT.: « Lorsqu'ils apprendront que, du temps de son ministère [de Richelieu], les Anglais ont été battus et chassés, Pignerol conquis, Casal secouru, toute la Lorraine jointe à cette couronne, la plus grande partie de l'Alsace mise sous notre pouvoir.... »
CORN.: « Mais le coeur d'Émilie est hors de son pouvoir »
SACI: « Ne donnez point pouvoir sur vous pendant votre vie à votre fils, à votre femme, à votre frère ou à votre ami »
MOL.: « Un emploi ne saurait être que glorieux, Quand il vient du pouvoir [le roi] qui m'envoie en ces lieux »
PASC.: « L'homme n'a pas même pouvoir sur sa propre vie »
BOSSUET: « Il faut que nous exercions sur le cerveau un pouvoir immédiat, puisque nous pouvons être attentifs quand nous le voulons »
BOSSUET: « Tant qu'elle a été heureuse, elle a fait sentir son pouvoir au monde par des bontés infinies »
RAC.: « Quand Dieu par plus d'effets montra-t-il son pouvoir ? »
VOLT.: « Louis le Débonnaire avait été le premier exemple du pouvoir des évêques sur les empereurs »
En pouvoir, revêtu d'une autorité, d'une puissance.
STAËL: « Ne pas traiter séparément avec les hommes en pouvoir »
CHATEAUB.: « Le caractère des personnages en pouvoir »
6 Particulièrement. L'autorité qui gouverne l'État. Affermir le pouvoir. Usurper le pouvoir.
MALH.: « Et, de la majesté des lois Appuyant les pouvoirs suprêmes, [la paix] Fait demeurer les diadèmes Fermes sur la tête des rois »
CORN.: « Le pouvoir absolu »
RAC.: « De l'absolu pouvoir vous ignorez l'ivresse »
MONTESQ.: « C'est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser »
MONTESQ.: « Pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir »
Pouvoir temporel, autorité civile. Pouvoir spirituel, autorité ecclésiastique. La distinction des deux pouvoirs s'établit durant le moyen âge.
Les trois pouvoirs, le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire.
MONTESQ.: « Il y a dans chaque État trois sortes de pouvoirs : la puissance législative, la puissance exécutrice des choses qui dépendent du droit des gens, et la puissance exécutrice de celles qui dépendent du droit civil »
MONTESQ.: « Les anciens, qui ne connaissaient pas la distinction des trois pouvoirs dans le gouvernement d'un seul, ne pouvaient se faire une idée juste de la monarchie »
Les trois pouvoirs se dit quelquefois de la réunion d'un souverain et de deux chambres.
7 Les personnes mêmes qui exercent le pouvoir.
M. J. CHÉN.: « On peut, sans s'abaisser, respecter le pouvoir »
Homme du pouvoir, homme dévoué à la fortune politique de ceux qui exercent le pouvoir.
8 Crédit, ascendant.
CORN.: « Voilà notre pouvoir sur les esprits des hommes »
CORN.: « Mais ai-je sur son âme encor quelque pouvoir ? »
PASC.: « Nous n'avons pas autant de pouvoir sur les magistrats que sur les confesseurs »
BOILEAU: « Cependant, à l'entendre, il [un poëte] chérit la critique ; Vous avez sur ses vers un pouvoir despotique »
Il se dit aussi des choses.
CORN.: « Et sur lui la raison a repris son pouvoir »
BOILEAU: « Enfin Malherbe.... D'un mot mis en sa place enseigna le pouvoir »
FONTEN.: « Il est vrai que les comédies de ce temps-là faisaient partie du gouvernement, et avaient un grand pouvoir sur le peuple »
L'empire exercé par ce qui charme en amour.
RAC.: « Il a trop bien senti le pouvoir de vos charmes »
RAC.: « Mais dis-moi de quel oeil Hermione peut voir Son hymen différé, ses charmes sans pouvoir »
9 Terme de jurisprudence. Capacité de faire une chose. Un mineur n'a pas pouvoir de tester.
10 Au plur. Terme de droit canonique. Faculté d'exercer licitement et validement certaines fonctions du ministère ecclésiastique, comme de célébrer, prêcher, confesser, etc. Ce prêtre a des pouvoirs.
11 Au plur. Titres d'éligibilité et pièces à l'appui de l'élection d'un député. La chambre procède à la vérification des pouvoirs de chacun des députés récemment élus.
12 Terme de physique. Pouvoir émissif, rayonnant, réfléchissant, absorbant, faculté qu'a un corps d'émettre, de rayonner, de réfléchir, d'absorber la chaleur ou la lumière.
Pouvoir réfringent, faculté qu'ont les cristaux et les fluides de réfracter la lumière.
SYNONYME
POUVOIR, PUISSANCE. Pouvoir est l'infinitif du verbe ; puissance est le participe présent avec la finale ance ; de la sorte, pouvoir marque l'action simplement ; et puissance, quelque chose de durable, de permanent : On a la puissance de faire une chose ; et on exerce le pouvoir de la faire. C'est pour cela qu'on dit la puissance d'une machine, et non son pouvoir.
HISTORIQUE
XIIème siècle
Couci, III: Che que je l'ai [amour] à mon pooir Servie sans desloiauté
ID.: « Par tantes foiz [j'] ai esté assailliz, Que je n'ai mais pouoir de moi defendre »
ID.: « Ains [j'] ai mis en li [elle] servir Cuer et cors, force et pooir »
Sax. XXXII: Ainz se porpensera li rois aucune fie [fois], Qu'il de vous ait la force, le pooir et l'aïe [aide]
XIIIème siècle
BRUN. LATINI: « Donques savons nos que li pooirs est devant le faire »
VILLEH.: « Et ce dient li message, avons-nos plain pooir d'asseürer, se vos volés »
VILLEH.: « Li empereres Marchufles estoit venu herbergier, devant l'assaut, en une place à tout son pooir [avec son armée] »
Berte, LXV: Se Diex lui donnoit vie, qui sur tout a pooir...
JOINV.: « Par le pouer que il donnerent aus trois preudes homes mestres du mestier, Liv. des mét, 365. Les grans nefz n'avoient pooir de venir jusques à terre »
JOINV.: « Quant le roi vint à Biaukaire et je le vi en sa terre et en son pooir, je pris congé de li »
XVème siècle
FROISS.: « Monseigneur, respondit Yvain [au duc d'Anjou], à [selon] mon loyal pouvoir je obeirai à votre commandement »
FROISS.: « Ils dirent que ils en feroient leur pouvoir temprement »
FROISS.: « Et dit au roi de France [le héraut] comment le roi anglois estoit arresté sur les champs, et lui requeroit à avoir bataille, pouvoir contre pouvoir »
Perceforest, t. v, f° 33: Elle en fit confession sans repentance, en remonstrant qu'elle l'avoit dit à non povoir [malgré elle]
ib. t. IV, f° 71: Contre povoir n'a commandement [on ne peut demander à un homme plus qu'il ne peut]
DU CANGE: « Le suppliant vint demourer ou povoir [district, territoire] de Demencourt, es faubours d'Arras »
XVIème siècle
LEROUX DE LINCY: « Il a peu de pouvoir qui ne peut nuire »
ÉTYMOLOGIE
Pouvoir 1.
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
("Je puis" ou "je peux, tu peux, il peut; nous pouvons, vous pouvez, ils peuvent. Je pouvais. Je pus, tu pus, il put; nous pûmes, vous pûtes, ils purent. J'ai pu. Je pourrai. Je pourrais. Que je puisse. Que je pusse. Que j'eusse pu. Pouvant.") Avoir la faculté, être en état de. "Pouvoir marcher. Je pourrais sortir. Je puis dépenser. Je ne puis vous répondre. Je ne peux pas dormir. Il n'a pu réussir dans cette affaire." Quand le pronom "je" doit suivre le verbe, on préfère "puis" à "peux:" on dit mieux, "Puis-je vous être utile?" que "Peux-je vous être utile?"
"Sauve qui peut," Se sauve qui pourra, se tire du péril qui pourra. "Le cri de sauve qui peut se fit entendre."
Au Trictrac, "Jan qui ne peut," se dit Lorsqu'on bat une dame ou le coin à faux. Cela se dit aussi Lorsqu'une dame ne peut pas être jouée.
"N'en pouvoir plus," Être dans un accablement causé, soit par la vieillesse, soit par la maladie, soit par la fatigue, le travail, la faim, la soif, etc. "Je n'en puis plus. Il est fatigué à n'en pouvoir plus. Il est accablé de travail, il n'en peut plus. Je n'en puis plus de soif, de chaud, de lassitude. Quand il est arrivé chez lui, il n'en pouvait plus. Cet homme n'a plus guère à vivre, il n'en peut plus. Ce cheval n'en peut plus."
Fam., "Ne pouvoir mais d'une chose," N'avoir contribué en aucune manière à quelque chose de fâcheux, à un malheur, n'en être pas cause. "Je ne puis mais de cela. Je n'en puis mais. On l'accuse fort injustement de telle chose, il n'en peut mais." On emploie cette façon de parler à l'affirmative avec interrogation. "Si cela est arrivé, en puis-je mais? Pouvait-il mais de cela? Puis-je mais de ce qui vous est arrivé?"
Prov., "Tel en pâtit qui n'en peut mais," se dit en parlant D'une personne qui porte la peine d'une faute à laquelle elle n'a point de part.
Prov., "Si jeunesse savait et vieillesse pouvait!" Si la jeunesse avait de l'expérience, et que la vieillesse eût de la force!
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
s'emploie au subjonctif par une manière de voeu, de souhait. "Puisse le ciel vous donner de longs jours! Puissiez-vous réussir dans vos projets! Puissent vos projets réussir! Puisse-t-il arriver bientôt!"
3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
se dit souvent pour marquer la possibilité de quelque événement, de quelque dessein. "Cela pourra arriver. Cela se peut faire. Cela pourrait bien être. Cela se peut. Cela ne se peut pas. Il pourrait bien en mourir."
Il s'emploie impersonnellement, dans cette signification. "Il se peut que votre projet réussisse. Il pourra venir un temps meilleur. Il pourra, il pourrait arriver que... Il se pourra faire que... Il se pourrait que... Il peut se faire qu'il ne vienne pas."
"Peut-être." Voyez cette expression à son rang alphabétique.
4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
s'emploie aussi activement, et signifie, Avoir l'autorité, le crédit, le moyen, la faculté, etc., de faire. "Vous pouvez tout sur lui, sur son esprit. Si je puis quelque chose pour votre service, je m'y emploierai avec joie. C'est un homme qui peut beaucoup dans l'affaire dont il s'agit. Je ne puis rien en cela. Il peut beaucoup auprès de vos chefs. Il peut tout ce qu'il veut. Je ne crois pas le pouvoir."
Fam., "Je ne puis qu'y faire," Je n'ai aucun moyen d'empêcher la chose dont il s'agit.
5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Subst. masculin |
Faculté de faire. En ce sens, il ne se dit qu'au singulier. "Je n'ai ni le pouvoir ni la volonté de vous nuire. Je n'en ai pas le pouvoir. Il est en pouvoir d'obliger. Il n'est pas au pouvoir de l'esprit humain de concevoir de telles choses. Je m'emploierai pour vous de tout mon pouvoir. Ce que vous souhaitez de moi n'est pas en mon pouvoir. Cela passe mon pouvoir." On le dit aussi Des choses. "Le feu a le pouvoir de calciner, de dissoudre tous les corps."
"Avoir une personne" ou "une chose en son pouvoir," L'avoir en sa disposition, pouvoir en disposer à son gré. "Il a tous ces papiers en son pouvoir." On dit de même, "Être, tomber au pouvoir de quelqu'un, en son pouvoir."
"Avoir une chose en son pouvoir," signifie aussi, La posséder, en avoir la possession. "La plupart des choses que nous avons en notre pouvoir cessent de nous plaire."
6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie encore, Droit, faculté d'agir pour un autre, en vertu de l'ordre, du mandement qu'on en a reçu, soit de bouche, soit par écrit. "J'ai pouvoir de lui. Agir en vertu de pouvoir. Donner un pouvoir limité. Il lui a donné pouvoir d'acheter une maison, un domaine. Il fit cet achat de tableaux pour un tel, suivant le pouvoir qu'il en avait. Il lui a donné un pouvoir fort ample."
"Être fondé de pouvoir, de pouvoirs," Avoir reçu d'une personne l'autorisation de suivre une affaire à sa place. On dit aussi substantivement, "Un fondé de pouvoirs."
7ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie en outre, L'acte par lequel on donne pouvoir d'agir, de faire, etc.; et, en ce sens, il se met souvent au pluriel. "Il a donné un pouvoir à son frère de transiger pour lui. Il a donné un pouvoir à son homme d'affaires. J'ai un pouvoir, un bon pouvoir par-devant notaires. J'ai montré, j'ai communiqué mon pouvoir. Le notaire étant chargé des pouvoirs de toutes les parties. Les ambassadeurs se sont communiqué leurs pouvoirs, ont exhibé leurs pleins pouvoirs, ont fait apparaître de leurs pouvoirs. Il a reçu des pleins pouvoirs. Ce ministre a un plein pouvoir pour traiter de la paix. Votre pouvoir n'est pas en bonne forme. Cela excède vos pouvoirs. Il a outre-passé ses pouvoirs. Procéder à la vérification des pouvoirs. Ses pouvoirs ont été vérifiés et ont été trouvés en règle."
8ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie, dans une acception particulière, Puissance, autorité, droit de commander. "Pouvoir absolu, arbitraire, tyrannique, illimité. Pouvoir sans bornes. Abuser de son pouvoir. Commettre un abus de pouvoir. Ces deux princes se sont partagé le pouvoir. Parvenir au pouvoir. Aimer le pouvoir. Affermir son pouvoir. Limiter son pouvoir. Ambitionner le pouvoir. Les dépositaires du pouvoir. Usurper le pouvoir suprême. Faire sentir son pouvoir. Exercer le pouvoir. Pouvoir royal. Pouvoir législatif, exécutif, judiciaire. La division des pouvoirs. La lutte des pouvoirs. La balance des pouvoirs. Des pouvoirs balancés. Le pouvoir paternel."
Il se dit quelquefois Des personnes mêmes qui sont investies du pouvoir, de l'autorité politique. "Flatter, encenser le pouvoir."
Il signifie aussi, Crédit, empire, ascendant. En ce sens, il ne se dit qu'au singulier. "Il a beaucoup de pouvoir dans cette maison. Il a beaucoup de pouvoir auprès du ministre, sur l'esprit du ministre. Il n'a pas de pouvoir sur lui-même, sur ses passions. Cette vertu a un grand pouvoir sur les âmes. Il exerce un grand pouvoir sur les esprits."
9ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
en termes de Jurisprudence, Capacité de faire une chose. "Un furieux, un mineur n'ont pas pouvoir de faire testament. Une femme n'a pas pouvoir d'agir en justice sans l'autorisation de son mari."
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Verbe |
["Pou-voar".] Je "puis", (et quelquefois, "je peux") tu "peux", il "peut": nous "pouvons", vous "pouvez", ils "peuvent"; je "pouvois" ou "pouvais;" je "pus", j'"ai pu", je "pourrai", je "pourrois" ou "pourrais"; que je "puisse", je "pusse", "pouvant", "pu". = La conversation et la poésie soufrent je "peux". Académie. = Le participe passif ne se décline jamais: on ne dit point, chôses "qu' "il "a pues", comme on dit, qu'il a faites.
POUVOIR, neutre: avoir la faculté de... Il régit l'infinitif sans préposition. 'Je "puis" le "faire". = V. impers. 'Il "peut se faire", il "peut arriver que", etc. = V. act. Avoir l'autorité, le moyen, la faculté. 'Vous "pouvez tout" sur son esprit. 'Il est dificile, quand on "peut tout" ce qu'on veut, de ne vouloir que ce qu'on doit. Il "peut" bien "des" chôses; mais il ne "peut" pas "celle-là". 'Il "peut beaucoup": je ne "puis rien" en cela.
"Rem." On écrivait autrefois, au prétérit: je "peus", tu "peus", il "peut", nous "peumes", vous "peutes", ils "peurent". On écrit depuis long-tems, je "pus", etc. nous "pûmes", etc. = "Bossuet" dans un de ses ouvrages, done à "pouvoir" le v. "être" pour auxiliaire: qui ne "s'est pu" faire pour, qui "n'a pu" se faire. L'illustre Auteur, en mettant, selon son usage, le pronom "se" devant le verbe régissant, et non pas devant l'infinitif régi, a été induit en erreur; car le pronom "se" traine toujours à sa suite l'auxiliaire "être". M. "Arnaud" a dit aussi: je ne sais comment vous "vous êtes pu" promettre que, "etc." Et "Pluche", comment "s'est-"il "pu" faire, "etc." C'est la même faûte, produite par la même erreur. = "Pouvoir" s'emploie à l'impératif, ou, pour mieux dire, à l'optatif, sans la conjonction "que": "Puissent" les Dieux vous "conserver" à vos enfans. "Télém." '"Puisse" votre exemple "aprendre" aux enfans combien il est dangereux de s'écarter de l'obéissance paternelle et du chemin de la vertu! "Marin", Julie.
On dit, dans le st. fam. "n'en pouvoir plus": il ne faut pas le confondre avec "ne pouvoir plus". Le 1er signifie, être fatigué, harassé; le 2d, n'avoir plus le pouvoir de faire: "N'en pouvoir plus", n'est pas une expression noble. elle est à sa place dans une Fable:
Un Lion décrépit, goutteux, "n' en pouvant plus",
Voulut que l'on trouvât remède à sa vieillesse.
"La Fontaine".
Mais quand on lit dans "Bossuet": la Foi Chrétienne s' affermissoit et s'étendoit tous les jours; mais l'Empire d'Occident "n' en pouvoit plus": on desirerait que cet illustre Écrivain eût choisi une aûtre expression. = "N'en pouvoir mais", était, du tems de "Vaugelas", une expression ordinaire à la Cour: mais il la trouvait bien bâsse. On ne peut s'en servir en écrivant, dit-il, si ce n'est en satire, en comédie, en épigramme, encôre faut-il que ce soit dans le burlesque.
- Elle est du style proverbial. "Acad." = On dit, dans le st. familier: Je "ne puis qu'y faire", pour, je "ne sais qu'y faire". 'On va crier au paradoxe":" "je ne puis qu'y faire": qu'on prouve que j'ai tort. "Linguet". = On dit aussi, "je ne puis que je ne fasse", pour, je "ne puis m'empêcher de faire":
"Je ne puis qu'"en cette préface;
"Je ne partage" entre elle et vous,
Un peu de cet encens qu'on recueille au Parnasse.
"La Fontaine".
Un des Auteurs des "Let. Édif." ajoute "pas", contre l'usage, ce me semble. 'On "ne peut pas qu'on ne soit affligé" de voir le mêlange de leurs erreurs avec des vérités catholiques. = Avec l'infinitif, on met "pas" aux deux membres de la phrâse: je "ne puis pas ne pas faire". MALHERBE a retranché le second "pas".
"Ne peuvent pas n'être" surpris.
Il faudrait dit~ "Ménage": "ne peuvent pas n'être pas" surpris. Et moi je dis, qu'à retrancher un "pas", il faudrait que ce fût le premier. Je ne condamnerais pas "Malherbe", s'il avait dit:
"Ne peuvent n'être pas" surpris.
Car avec le verbe "pouvoir", on retranche volontiers la négative "pas", et je "ne puis le faire", est tout aussi bien, et souvent mieux que, je "ne puis pas le faire". = "Je ne puis", joint à des verbes à l'infinitif, qui expriment l'opinion, régit la conjonction "que", la particule "ne" et le subjonctif. 'Je "ne puis croire que" vous "ne l'ayiez" trouvé. 'Il "ne pouvoit s'ôter de l'esprit que" sa femme "ne" lui "fut" infidèle. "Let. Édif." = Dans le style fam. on suprime quelquefois le verbe "pouvoir" dans des ocasions où le sens parait l'exiger. 'Il est bon d'avoir quelqu'un avec qui "se délasser". MARM. On sous-entend, "l' on puisse".
- "Il se peut", régit aussi "que" et le subjonctif":" "il se peut qu'"il le "veuille": mais j' en doute. 'Pourquoi cette délicatesse te paraît-elle si étrange?
- Et comment se "pourroit-il qu'"elle ne me le "parût" pas? "Font." = C'est une négligence d'employer le verbe "pouvoir" avec "peut-être", "possible", "impossible". '"Peut-être", avec le secours de ses amis, "pourra-t-il réussir"? Dites, "réussira-t-il"? 'Il "est impossible qu'"on "puisse" s'imaginer quelle douleur lui causa cette mort. Dites":" "on ne peut s'imaginer", etc. "Wailly". = On "pourrait faire", etc. se dit quelquefois en menaçant. 'Obéissez à l'Empereur, sans quoi "l'on pourrait" vous "faire souffrir" de cruels tourmens. GRIFET, "Ann. Chrét."
- Cette expression n'est pas fort noble, et n'est guère bonne que dans le st. fam.
POUVOIR, s. m. Autorité, crédit, faculté de faire. Il régit "de" devant les noms et les verbes. 'La femme est "au pouvoir du" mari: 'Il sied bien de mépriser les injûres, quand on "a le pouvoir de s'en venger". = "Pouvoir", "puissance", "faculté" (synon.) Le 1er vient des secours ou de la liberté d' agir; le 2d, des forces; le 3e, des propriétés naturelles. 'L'homme sans la grâce "n'a pas le pouvoir de faire" le bien (surnaturel), la jeunesse manque de sagesse pour délibérer, et la vieillesse, de "puissance" pour exécuter. L'âme humaine "a la faculté" de raisoner, et en même tems "la faculté" de le faire tout de travers. "Gir." Synon. = "Le pouvoir" diminûe: "la puissance" s'afaiblit":" "la faculté" se perd. 'L'habitude diminûe beaucoup le "pouvoir" de la liberté: l'âge n'afaiblit que "la puissance" et non le desir de satisfaire ses passions: l'âme ne perd de "ses facultés", que par les accidens qui arrivent aux organes du corps. "Id." Ibid.
"Rem." 1°. "Pouvoir" ne se dit au pluriel, que de l'étendûe de la comission ou de l'autorité donée à des Envoyés, à des Médiateurs, à des arbitres. '"Ses pouvoirs" sont fort étendus. Il a pâssé "ses pouvoirs". = On dit, en ce sens, "pleins-pouvoirs", et l'on doit dire "des pleins-pouvoirs", et non pas, "de pleins pouvoirs", comme on dit "des petits-maitres", et non pas "de petits-maitres". 'Il fit expédier "des pleins pouvoirs" à son frere. "Hist. de France".
Emplacement dans le dictionnaire :
| poussiéreux poussif poussin poussoir poutrage poûtre poutre | poutrelle pouture pouvoir poüacre ppcm pradelle pragmatique | pragmatisme praire prairial prairie praline praliner praticable |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)...vieux psautier, infiniment petit entre ses fermoirs d'argent, comme un livre de poupée, et qui avait dû être une merveille typographique à son époque. Il était ainsi en miniature, me disait-on, pour pouvoir se dissimuler sans peine ; à l'époque des persécutions, des ancêtres à nous avaient dû souvent le porter, caché sous leurs vêtements. Il y avait surtout, dans un carton, une liasse de lettres sur...
Citation n°2 de Edmond ROSTAND (Cyrano de Bergerac)
...d'esprit, ô le plus lamentable des êtres, vous n'en eûtes jamais un atome, et de lettres vous n'avez que les trois qui forment le mot : sot ! Eussiez-vous eu, d'ailleurs, l'invention qu'il faut pour pouvoir là, devant ces nobles galeries, me servir toutes ces folles plaisanteries, que vous n'en eussiez pas articulé le quart de la moitié du commencement d'une, car je me les sers moi-même, avec assez de...
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...actes les plus blâmables sont si souvent absous par le succès que la limite entre ce qui est permis et ce qui est prohibé, ce qui est juste et ce qui ne l'est pas, n'a plus rien de fixe, mais paraît pouvoir être déplacée presque arbitrairement par les individus. Une morale aussi imprécise et aussi inconsistante ne saurait constituer une discipline. Il en résulte que toute cette sphère de la vie...
Citation n°4 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)
...mesure où autrui est empêché de mettre à profit la supériorité physique, économique ou autre dont il dispose pour asservir ma liberté, et seule, la règle sociale peut mettre obstacle à ces abus de pouvoir. On sait maintenant quelle réglementation compliquée est nécessaire pour assurer aux individus l'indépendance économique sans laquelle leur liberté n'est que nominale. Mais ce qui fait, aujourd'hui...
Citation n°5 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)
...L'activité d'une profession ne peut être réglementée efficacement que par un groupe assez proche de cette profession même pour en bien connaître le fonctionnement, pour en sentir tous les besoins et pouvoir suivre toutes leurs variations. Le seul qui réponde à ces conditions est celui que formeraient tous les agents d'une même industrie réunis et organisés en un même corps. C'est ce qu'on appelle la...
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